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| Le trafic des bateaux devant Fort Cochin |
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Ce
matin j’étais content que la nuit se
termine.
Depuis
qu’on a éteint la lumière hier soir vers 10h, Véro s’est endormie pour ne se
réveiller que parce que je la réveille et moi j’ai passé la nuit avec une espèce
d’insecte qui était plus gros qu’une puce et plus petit qu’une punaise avec la
forme d’une mini coccinelle.
Putain,
panne de courant. Véro est sous la douche dans le noir, je débranche l’ordi, un générateur prend
rapidement le relai mais on n’a plus de clim.
L’intérêt
pour moi et il y a un moment que je voulais vous le dire c’est que je ne prends
plus de mini décharge chaque fois que je pose les poignets sur l’ordi. En
principe je tape le blog sans m’appuyer, seulement les doigts frappent les
touches.
Comme
je suis sur la batterie je peux me poser sur la carcasse métallique de ce mac.
Apparemment il n’était pas prévu de s’en servir au tiers monde.
Donc,
ma bestiole dès la lumière éteinte m’a dévoré les poignets, puis la nuque et
les épaules et en regardant à la lampe électrique pour voir ce que j’avais je
ne voyais rien. Je ne voulais pas réveiller Véro pour qui le sommeil est
beaucoup plus important que pour moi. Et puis elle ne semblait souffrir de
rien.
J’ai
pensé coup de soleil sur les bras, la nuque avec la moto. J’ai pensé mauvais
rinçage de la douche et le savon me mange la peau, bref ce n’est que vers deux
heures du mat, 4h que je me débattais que j’ai aperçu sur mon bras droit qui me
brûlait de démangeaison tout une enfilade de boutons.
Je
me dis que Véro avec son huile essentielle de lavande dont elle parfume ses
oreillers chaque soir a du se protéger de ce qui pique.
Sur
le coup j’ai pensé moustiques et je me suis aspergé d’anti moustique Odomo en
spray.
Pas
de résultat, et puis avec la clim il ne doit pas y avoir de moustique.
J’essaye
de mette un T-shirt et le résultat est que je ne suis plus mangé sous le
T-shirt. Je pense à des punaises de matelas et je décide de dormir sur le sol
en marbre. Je prends les deux coussins des fauteuils pour me faire un petit
matelas, mais ça ne change rien je suis moins piqué mais toujours piqué.
Je
décide donc de me séparer des coussins et de mettre sur le sol mon longi parce
que le marbre c’est froid.
Finalement
le marbre ce n’est pas si dur et je plonge dans des phases de sommeil profond.
dont je sors parce que je suis toujours dévoré. Trois heure, puis quatre, cinq,
six et enfin sept heure.
Je
me lève je peux réveiller Véro et en cherchant sur les draps j’aperçois mon
bourreau, Véro le voit aussi qui cherche à se
cacher. Je l’écrase d’un coup d’ongle et une traînée de sang tache le
drap blanc.
La
bête était gavé de mon sang. Il ne me reste plus que quelques boutons sur le
ventre et les hanches qui disparaîtront comme les autres.
On
va au petit dèj, des toasts toastés dans une poêle, l’horreur, un peu de beurre
et une confiture de fruits St Gobain.
On
prépare nos sacs et on se met en route vers 9h. Je pense que nous avons 170km à
faire en fait un panneau annonce 210km, en réalité nous en ferons 200.
Une
route pourrie pour la fin du Tamil Nadu et le début de Kerala.
Et
chargée ne camions dont certains ont un longueur exceptionnelle,
vraisemblablement des 45 tonnes.
Au
Kerala c’est toujours la fête de l’huma, la route est bordée de petits drapeaux
du PC, faucille et marteau sur fond rouge et apparemment des hommes sont
chargés de planter des mâts là ou les drapeaux manquent.
Autre
caractéristique du Kerala sur cette route déjà abondamment fournie en nids de
poule, des hommes sont chargés de faire dans la route des trous carrés, on les
voit œuvrer avec leur grande barre à mine.
On
leur pardonne tout car en plus ils sont super cathos, des églises partout avec
un dieu qu’il vénère : le Che.
C’est
eux qui ont raison que peut-être un catho autre que communiste s’il partage les
commandements ?
Je
ne pense pas qu’il y ait un commandement qui dise « enrichi toi comme une
bête même si c’est au dépend des autres ». « Ou « une fois que
tu leur a tout pris fais leur la charité » Ou quand tu les auras bien
pillés dans la cadre des colonies, fait de l’humanitaire »
Tout
ça pour dire que j’aime bien cet état qui affiche ses opinions et qui est un
des états les plus évolués de l’Inde avec un taux de scolarisation des femmes
très important. Comme quoi on doit pouvoir faire de bonnes choses en
partageant.
A
Trissur on s’arête déjeuner dans un resto route Indien.
Ça y
est le courant est revenu et j’en prends
plein les bras.
Restaurant
grand standing pour un prix dérisoire, mais avec un choix limité de plats
préparés et dont on se sert en système buffet.
Les
gens sont sympathiques et le chaouch surveille nos affaires laissées sur
la moto.
On
reprend la route, cette fois ça avance, depuis le restau route c’est
l’autoroute, avec des feux, des arrêts de bus, des croisements inattendus, des
villages. C’est ainsi on s’y fait. La vitesse maximum est de 70km/h, personne
ne respecte sauf moi.
Chacun
conduit pour lui, comme en France. J’ai toujours pensé que la route était une
belle représentation du fonctionnement de notre société. Il y a des règles,
mais personne ne souhaite les respecter, alors il y a de l’hypocrisie. Ici en
Inde il y a des règles et il ne viendrait à l’idée de personne de les
respecter. Ce qui donne une conduite plus sur et plus responsable. On sait qu’à
un stop personne ne va s’arrêter, donc ce n’est pas la faute de l’autre s’il
grille un stop il faut toujours être maître de son véhicule, on sait que même
s’il y a un stop ou un feu rouge on n’a aucune priorité et qu’on doit pouvoir
s’arrêter. On est responsable de sa conduite alors qu’en France on dit c’est la
faute de l’autre il n’a pas respecté le
stop, on oublie de penser que si on avait été maître de son véhicule on aurait
anticipé la connerie de l’autre. C’est ce
qu’on fait en Inde sur la route on anticipe les connerie et il y en a à
anticiper, surtout aujourd’hui sur cette autoroute surchargée.
Ah
oui une des règles de conduite majeure que tout le monde respecte ici, sauf moi, c’est si tu dois
t’arrêter commence par dépasser le véhicule qui est devant toi et ensuite
freine et arrête toi pile devant lui, ça ne manque jamais.
La
ville commence 20km avant le cœur de
ville. C’est long.
Arrivée
à Ernakulam je me rappelle bien avoir pris avec le bus un pont aérien. Il est
devant nous mais un flic m’arrête en me disant je suis désolé mais c’est
interdit aux motos.
Il
nous explique la route à suivre pour rejoindre MG road qui va nous conduire
direct vers les ponts pour Cochin.
Dans
cette cohue, la moto fatiguée commence à caler et dans les embouteillages, il
faut la pousser sur le côté pour la remettre en route.
Une
autre règle aussi, un homme qui pousse une moto n’existe pas tout le monde va
saisir l’occasion de lui passer devant et personne ne cèdera la place pour que
le motard, moi en l’occurrence, se rapproche du bord.
C’est
un gros bordel la circulation dans cette ville mais on y arrive.
On
boit un pot à Fort Cochin on reprend les plans et les adresses des guests. Dans
la rue Princesse il y en a deux qui
pourrait convenir, ce n’est pas loin on
y va.
Véro
voit la chambre pendant que je garde la moto. Ils ne peuvent nous la louer que pour 3 nuits mais
si on veut rester plus ils nous aiderons à trouver une autre chambre. On prend
déjà 3 nuits et on verra pour la suite.
La
chambre est bien, grande, clim, frigo, coffre, télé et deux lits ce qui est
indispensable pour un dormeur de mon
acabit.
On
s’installe, on va boire un pot vers les inévitables filets chinois qui ne sont
plus là que pour les touristes et des touristes il y en a, plus que d’Indiens.
On est dans une ville occidentale, ce pourrait être Venise ou le Mont St Michel, que des blancs, après
tout ce qu’on vient de traverser, ça nous fait un choc.
Si
la terre de Fort Cochin est envahie par les blancs, la mer elle, est bien aux
Indiens et lorsqu’on voit toute cette vie sur
l’eau on pense à Istambul.
On
marche pour retrouver nos repères d’il y a 4 ans et on dîne dans un petit
restaurant de la rue Peter Celli le
Teapot. Cuisine presque occidentale, poulet pomme de terre un régal.
En
sortant deux Anglais demande à Véro comment est le restaurant ? Elle leur
dit il est super et je suis Française, alors les Anglais disent dans ce cas on
y va.
Retour
à la chambre le train-train quotidien la douche et la coupure d’électricité,
apparemment ça n’a pas changé depuis 4ans, pas d’électricité entre 20h et 20h30
pour des raisons d’économie d’énergie, mais comme tout le monde passe sur son
générateur perso, il faudra m’expliquer où est l’économie.
Voilà
Véro peut mettre en ligne avant la coupure d’électricité non programmé.
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