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lundi 25 février 2013

Kochin !!!!!! On a traversé !

Le trafic des bateaux devant Fort Cochin

Les autres photos sont ici
  
Ce matin  j’étais content que la nuit se termine.

Depuis qu’on a éteint la lumière hier soir vers 10h, Véro s’est endormie pour ne se réveiller que parce que je la réveille et moi j’ai passé la nuit avec une espèce d’insecte qui était plus gros qu’une puce et plus petit qu’une punaise avec la forme d’une mini coccinelle.

Putain, panne de courant. Véro est sous la douche dans le noir,  je débranche l’ordi, un générateur prend rapidement le relai mais on n’a plus de clim.

L’intérêt pour moi et il y a un moment que je voulais vous le dire c’est que je ne prends plus de mini décharge chaque fois que je pose les poignets sur l’ordi. En principe je tape le blog sans m’appuyer, seulement les doigts frappent les touches.

Comme je suis sur la batterie je peux me poser sur la carcasse métallique de ce mac. Apparemment il n’était pas prévu de s’en servir au tiers monde.

Donc, ma bestiole dès la lumière éteinte m’a dévoré les poignets, puis la nuque et les épaules et en regardant à la lampe électrique pour voir ce que j’avais je ne voyais rien. Je ne voulais pas réveiller Véro pour qui le sommeil est beaucoup plus important que pour moi. Et puis elle ne semblait souffrir de rien.

J’ai pensé coup de soleil sur les bras, la nuque avec la moto. J’ai pensé mauvais rinçage de la douche et le savon me mange la peau, bref ce n’est que vers deux heures du mat, 4h que je me débattais que j’ai aperçu sur mon bras droit qui me brûlait de démangeaison tout une enfilade de boutons.

Je me dis que Véro avec son huile essentielle de lavande dont elle parfume ses oreillers chaque soir a du se protéger de ce qui pique.

Sur le coup j’ai pensé moustiques et je me suis aspergé d’anti moustique Odomo en spray.
Pas de résultat, et puis avec la clim il ne doit pas y avoir de moustique.

J’essaye de mette un T-shirt et le résultat est que je ne suis plus mangé sous le T-shirt. Je pense à des punaises de matelas et je décide de dormir sur le sol en marbre. Je prends les deux coussins des fauteuils pour me faire un petit matelas, mais ça ne change rien je suis moins piqué mais toujours piqué.

Je décide donc de me séparer des coussins et de mettre sur le sol mon longi parce que le marbre c’est froid.
Finalement le marbre ce n’est pas si dur et je plonge dans des phases de sommeil profond. dont je sors parce que je suis toujours dévoré. Trois heure, puis quatre, cinq, six et enfin sept heure.

Je me lève je peux réveiller Véro et en cherchant sur les draps j’aperçois mon bourreau, Véro le voit aussi qui cherche à se  cacher. Je l’écrase d’un coup d’ongle et une traînée de sang tache le drap blanc.
La bête était gavé de mon sang. Il ne me reste plus que quelques boutons sur le ventre et les hanches qui disparaîtront comme les autres.

On va au petit dèj, des toasts toastés dans une poêle, l’horreur, un peu de beurre et une confiture de fruits St Gobain.

On prépare nos sacs et on se met en route vers 9h. Je pense que nous avons 170km à faire en fait un panneau annonce 210km, en réalité nous en ferons 200.

Une route pourrie pour la fin du Tamil Nadu et le début de Kerala.
Et chargée ne camions dont certains ont un longueur exceptionnelle, vraisemblablement des 45 tonnes.
Au Kerala c’est toujours la fête de l’huma, la route est bordée de petits drapeaux du PC, faucille et marteau sur fond rouge et apparemment des hommes sont chargés de planter des mâts là ou les drapeaux manquent.

Autre caractéristique du Kerala sur cette route déjà abondamment fournie en nids de poule, des hommes sont chargés de faire dans la route des trous carrés, on les voit œuvrer avec leur grande barre à mine.

On leur pardonne tout car en plus ils sont super cathos, des églises partout avec un dieu qu’il vénère : le Che.
C’est eux qui ont raison que peut-être un catho autre que communiste s’il partage les commandements ?
Je ne pense pas qu’il y ait un commandement qui dise « enrichi toi comme une bête même si c’est au dépend des autres ». « Ou « une fois que tu leur a tout pris fais leur la charité » Ou quand tu les auras bien pillés dans la cadre des colonies, fait de l’humanitaire »

Tout ça pour dire que j’aime bien cet état qui affiche ses opinions et qui est un des états les plus évolués de l’Inde avec un taux de scolarisation des femmes très important. Comme quoi on doit pouvoir faire de bonnes choses en partageant.

A Trissur on s’arête déjeuner dans un resto route Indien.

Ça y est le courant  est revenu et j’en prends plein les bras.

Restaurant grand standing pour un prix dérisoire, mais avec un choix limité de plats préparés et dont on se sert en système buffet.
Les gens sont sympathiques et le chaouch surveille nos affaires laissées sur la  moto.

On reprend la route, cette fois ça avance, depuis le restau route c’est l’autoroute, avec des feux, des arrêts de bus, des croisements inattendus, des villages. C’est ainsi on s’y fait. La vitesse maximum est de 70km/h, personne ne respecte sauf moi.
Chacun conduit pour lui, comme en France. J’ai toujours pensé que la route était une belle représentation du fonctionnement de notre société. Il y a des règles, mais personne ne souhaite les respecter, alors il y a de l’hypocrisie. Ici en Inde il y a des règles et il ne viendrait à l’idée de personne de les respecter. Ce qui donne une conduite plus sur et plus responsable. On sait qu’à un stop personne ne va s’arrêter, donc ce n’est pas la faute de l’autre s’il grille un stop il faut toujours être maître de son véhicule, on sait que même s’il y a un stop ou un feu rouge on n’a aucune priorité et qu’on doit pouvoir s’arrêter. On est responsable de sa conduite alors qu’en France on dit c’est la faute de l’autre il n’a  pas respecté le stop, on oublie de penser que si on avait été maître de son véhicule on aurait anticipé la connerie de  l’autre. C’est ce qu’on fait en Inde sur la route on anticipe les connerie et il y en a à anticiper, surtout aujourd’hui sur cette autoroute surchargée.

Ah oui une des règles de conduite majeure que tout le monde  respecte ici, sauf moi, c’est si tu dois t’arrêter commence par dépasser le véhicule qui est devant toi et ensuite freine et arrête toi pile devant lui, ça ne manque jamais.

La ville commence 20km avant le cœur de  ville. C’est long.

Arrivée à Ernakulam je me rappelle bien avoir pris avec le bus un pont aérien. Il est devant nous mais un flic m’arrête en me disant je suis désolé mais c’est interdit aux motos.
Il nous explique la route à suivre pour rejoindre MG road qui va nous conduire direct vers les ponts pour Cochin.

Dans cette cohue, la moto fatiguée commence à caler et dans les embouteillages, il faut la pousser sur le côté pour la remettre en route.
Une autre règle aussi, un homme qui pousse une moto n’existe pas tout le monde va saisir l’occasion de lui passer devant et personne ne cèdera la place pour que le motard, moi en l’occurrence, se rapproche du bord.

C’est un gros bordel la circulation dans cette ville mais on y arrive.

On boit un pot à Fort Cochin on reprend les plans et les adresses des guests. Dans la rue Princesse il y en a  deux qui pourrait convenir, ce n’est pas loin  on y va.

Véro voit la chambre pendant que je garde la moto. Ils ne  peuvent nous la louer que pour 3 nuits mais si on veut rester plus ils nous aiderons à trouver une autre chambre. On prend déjà 3 nuits et on verra pour la suite.

La chambre est bien, grande, clim, frigo, coffre, télé et deux lits ce qui est indispensable pour un dormeur de  mon acabit.

On s’installe, on va boire un pot vers les inévitables filets chinois qui ne sont plus là que pour les touristes et des touristes il y en a, plus que d’Indiens. On est dans une ville occidentale, ce pourrait être Venise  ou le Mont St Michel, que des blancs, après tout ce qu’on vient de traverser, ça nous fait un choc.

Si la terre de Fort Cochin est envahie par les blancs, la mer elle, est bien aux Indiens et lorsqu’on voit toute cette vie sur  l’eau on pense à Istambul.

On marche pour retrouver nos repères d’il y a 4 ans et on dîne dans un petit restaurant de la rue Peter Celli  le Teapot. Cuisine presque occidentale, poulet pomme de  terre un régal.

En sortant deux Anglais demande à Véro comment est le restaurant ? Elle leur dit il est super et je suis Française, alors les Anglais disent dans ce cas on y va.

Retour à la chambre le train-train quotidien la douche et la coupure d’électricité, apparemment ça n’a pas changé depuis 4ans, pas d’électricité entre 20h et 20h30 pour des raisons d’économie d’énergie, mais comme tout le monde passe sur son générateur perso, il faudra m’expliquer où est l’économie.

Voilà Véro peut mettre en ligne avant la coupure d’électricité non programmé.

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