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dimanche 3 février 2013

Dimanche cool

Le village de pêcheurs

Les autres photos sont ici

Ce matin lever 7h, il fait toujours aussi bon le matin, même un peu frais.
Véro dort, je vais au pain.

Il n’y a personne sur MS pourtant un scoot passe à fond la caisse lumière éclairée et klaxonnant comme une furie. Pourquoi ? Mystère.

Le petit marchand de lait de la rue Montorsier a une cliente.

Rue petit canal tout le monde semble éveillé, sur son tricycle plateau l’homme assis a enlevé son drap couverture.

J’ai encore l’esprit tout perturbé de la journée d’hier qui me donne le sentiment de ne plus être aussi bien ici.
J’espère que ça va vite passer.

De la cathédrale sortent à toute puissance les chants de la messe. La petite marchande de lait, la rangée des mendiantes attendent sur le côté la sortie des fidèles.

Rue Ranga Poullé un couple d’occidentaux. D’abord je crois que ce sont deux hommes. Je constate qu’ils marchent très proches l’un de l’autre, je finis par me rendre compte que l’un est une femme, cheveux un peu plus long, boucles d’oreilles, une silhouette plus ronde.

Quelques personnes déjeunent au Hot Bread.

Sur le retour j’évite une petit Yam 100cc et un scooter parce que c’est lui qui cherche à m’éviter. On n’est plus dans les codes et c’est encore plus dangereux.

Je passe rapidement perdu dans mes pensées de la journée d’hier et je ne profite plus de ce qui se passe.

Petit dèj et on part pour le marché Goubert, Véro veut acheter des crevettes pour ce soir.

Tout à coup dans MGroad c’est la folie. Plus moyen d’avancer quel que soit le sens. Un embouteillage fabuleux, étonnant, qui est tellement énorme qu’on a envie d’en rire.
On avance dans cette foule de gens mais aussi de motos et d’autres véhicules qui essaient de se faufiler comme ils peuvent. Tout le monde essaie d’avancer comme il faut. Et tout à coup ça va mieux, on est à nouveau à Pondy, dans cette vie dense où tout le monde se retrouve au même niveau quelque soit la puissance de son véhicule, quelque soit la couleur de sa peau, quelque soit ses origines. Ça fait du bien on est là parmi tous à égalité comme des bactéries dans un bouillons de culture. C’est la folie et c’est bon.
J’avance en filmant cette vie incroyable et le calme qui règne malgré tout, des klaxons mais jamais d’agressivité, chacun pour soi mais sans volonté d’écraser les autres, on est dans le même bain.

On sort de tout ça une fois passé la rue Nidarajappayer, d’où vient une circulation inhabituelle qui se dirige ensuite vers le sud de MG road. Des gendarmes s’essayent à la circulation, comme ils peuvent. La majorité respecte les ordres.

On prend un thé et là tout est calme.

On se dirige vers le marché Goubert, on rencontre F&D qui font toujours des courses et qui vont eux aussi aller au marché. On va se retrouver à midi au Banana Café rue Cazy.

Le marché aux poissons c’est aussi un énorme embouteillage avec le bruit qui résonne dans le bâtiment et l’odeur dense, terrible mélange de toutes les odeurs de chaque poisson, des crevettes, des crabes et des chairs découpées, débitées, mises à l’air.

Véro prend des crevettes et on ressort.

Retour par MGroad et le Sunday Market l’embouteillage est terminé car les gendarmes empêchent la circulation  d’aller dans MG road. Un gros attroupement au niveau du petit séminaire comme si on empêchait les gens d’entrer ou de sortir.

À l’appart. On étend le linge.

Infos à la télé, puis le son disparaît et au bout d’un moment revient, sans que l’on sache vraiment pourquoi. On se dit que ce n’est pas la télé parce que sur les chaînes indiennes nous avons le son.

Vers midi on va au Banana Café, c’est rue Cazy à deux pas de chez nous. Il suffit de traverser la rue de Bussy et de remonter la rue Cazy jusqu’au petit panneau posé sur le sol et indiquant l’entrée du banana café qui se trouve tout en haut d’un bâtiment sur la terrasse et sous un pandale.

F&D sont là installés à une table, ils nous attendent.

On commande.

On se rencontre que c’est certainement un restau en relation avec Auroville puisque la carte propose ce qu’il y a au restaurant du Visitors Center. Petit à petit les pieuvres Auroville et Ashram vont prendre complètement possession de Pondy.

Mais il faut reconnaître que ce qu’on mange est bon. Les spaghettis sont al dente cuits par quelqu’un qui manifestement sait faire.

On discute de notre journée d’hier et de notre incompréhension pour ce qui s’est passé, mais on y est pour rien.

Ils nous racontent leurs aventures d’hier soir avec P au Space, le n’importe quoi, une descente de flics, la dissimulation des bouteilles d’alcool dans des coffres et le paiement pour que tout rentre dans l’ordre.

C’est chaque soir une défonce.

Ils nous racontent aussi qu’un soir vers 21h30 en marchant sur l’avenue Goubert ils ont vu sortir d’un bâtiment qui borde l’avenue une colonie de filles en tenue d’écolière, qui on traversé l’avenue, puis sur le bord de l’Océan toutes se sont accroupies pour pisser. C’était surréaliste nous disent-ils.

On leur dit qu’on va les inviter demain à midi au Seagul restaurant pour qu’ils gardent un beau souvenir de la baie de Pondichéry que l’on voit bien depuis le balcon en front de mer.


On les laisse et on se donne rendez-vous demain à midi chez nous.
On revient prendre un café à l’appart, on attend un peu que la chaleur tombe.

Vers 15h30 on prend la moto et on va au Nord côté village des pêcheurs à la recherche du Van Cleef Hall nouveau lieu d’exposition artistique à Pondy au cœur de Vaithikuppam.
Le village de pêcheurs est bien à Vaithikuppam, mais personne ne connaît le Van Cleef Hall. Ça nous fait rire d’ailleurs tellement le décalage est grand entre cette population et la prestigieuse galerie.

Bon, comme on ne trouve pas l’étalage de beauté de la haute société, on reste avec les pêcheurs. Du côté où il y a des résidences de l’Ashram on sent une certaine méfiance par rapport à nous.
Dans une petite rue perpendiculaire à l’Océan, on est bien accueilli.

Des femmes âgées jouent à un jeu qui ressemble au jeu des petits chevaux en avançant des pions sur un parcours qui pourrait être un corps humain avec un chemin en forme de colonne vertébrale et de bras et de jambes. Elles lancent des dès très curieux de longs prismes métalliques sur les faces desquels il y a des  chiffres.
On a l’impression qu’il ne suffit pas de lancer les dés mais qu’il y a une réflexion en fonction du résultat pour définir une sorte de stratégie.

On reste longtemps dans cette rue où Véro fait des photos et où l’on regarde les vieilles femmes jouer au jeu de dés que Georgette, si on parle du même jeu mais ça y ressemble, appelle le Sokatan.
On regardent les enfants jouer à la toupie, certain savent à peine marcher mais ils savent déjà faire tourner leur toupie et même la faire sauter avec le fil.

Les hommes eux jouent aux cartes. Dans leurs jeux il y a beaucoup de cartes comme s’ils jouaient avec deux jeux de 54 cartes.

On est dimanche entre la sieste et la fin de l’après midi et on dirait que ces gens se sont accordés un moment de répit avant de reprendre ce que nous nous n’appellerions pas une vie.

On reprend la moto qui était garée devant une petite église copie conforme de Notre Dame des Anges mais en plus petit.

Je gare la moto de l’autre côté de la promenade au début de la rue de Bussy parce qu’il est 17h passé et qu’ils vont bientôt fermer la promenade aux véhicules.

De là on revient pour le plaisir en marchant parmi tous les Indiens jusqu’à la statue de Gandhi.
Rien n’est aussi beau que d’être parmi ces gens qui font en famille leur promenade du dimanche parce qu’ils n’ont certainement pas d’autre endroit où aller et qui profitent d’une vue magnifique face à l’Océan, un front de mer que beaucoup envierait.

Aller retour, on reprend la moto et on rentre rue Candappa.

Véro nous prépare son repas de crevettes au riz et avec salade de tomates et salades de fruits, un régal.

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