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| Le village de pêcheurs |
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Ce matin lever 7h, il fait
toujours aussi bon le matin, même un peu frais.
Véro dort, je vais au pain.
Il n’y a personne sur MS pourtant
un scoot passe à fond la caisse lumière éclairée et klaxonnant comme une furie.
Pourquoi ? Mystère.
Le petit marchand de lait de la
rue Montorsier a une cliente.
Rue petit canal tout le monde
semble éveillé, sur son tricycle plateau l’homme assis a enlevé son drap
couverture.
J’ai encore l’esprit tout
perturbé de la journée d’hier qui me donne le sentiment de ne plus être aussi
bien ici.
J’espère que ça va vite passer.
De la cathédrale sortent à toute
puissance les chants de la messe. La petite marchande de lait, la rangée des
mendiantes attendent sur le côté la sortie des fidèles.
Rue Ranga Poullé un couple
d’occidentaux. D’abord je crois que ce sont deux hommes. Je constate qu’ils
marchent très proches l’un de l’autre, je finis par me rendre compte que l’un
est une femme, cheveux un peu plus long, boucles d’oreilles, une silhouette plus
ronde.
Quelques personnes déjeunent au
Hot Bread.
Sur le retour j’évite une petit
Yam 100cc et un scooter parce que c’est lui qui cherche à m’éviter. On n’est
plus dans les codes et c’est encore plus dangereux.
Je passe rapidement perdu dans
mes pensées de la journée d’hier et je ne profite plus de ce qui se passe.
Petit dèj et on part pour le
marché Goubert, Véro veut acheter des crevettes pour ce soir.
Tout à coup dans MGroad c’est la
folie. Plus moyen d’avancer quel que soit le sens. Un embouteillage fabuleux,
étonnant, qui est tellement énorme qu’on a envie d’en rire.
On avance dans cette foule de
gens mais aussi de motos et d’autres véhicules qui essaient de se faufiler
comme ils peuvent. Tout le monde essaie d’avancer comme il faut. Et tout à coup
ça va mieux, on est à nouveau à Pondy, dans cette vie dense où tout le monde se
retrouve au même niveau quelque soit la puissance de son véhicule, quelque soit
la couleur de sa peau, quelque soit ses origines. Ça fait du bien on est là
parmi tous à égalité comme des bactéries dans un bouillons de culture. C’est la
folie et c’est bon.
J’avance en filmant cette vie
incroyable et le calme qui règne malgré tout, des klaxons mais jamais
d’agressivité, chacun pour soi mais sans volonté d’écraser les autres, on est
dans le même bain.
On sort de tout ça une fois passé
la rue Nidarajappayer, d’où vient une circulation inhabituelle qui se dirige
ensuite vers le sud de MG road. Des gendarmes s’essayent à la circulation,
comme ils peuvent. La majorité respecte les ordres.
On prend un thé et là tout est
calme.
On se dirige vers le marché
Goubert, on rencontre F&D qui font toujours des courses et qui vont eux
aussi aller au marché. On va se retrouver à midi au Banana Café rue Cazy.
Le marché aux poissons c’est
aussi un énorme embouteillage avec le bruit qui résonne dans le bâtiment et
l’odeur dense, terrible mélange de toutes les odeurs de chaque poisson, des
crevettes, des crabes et des chairs découpées, débitées, mises à l’air.
Véro prend des crevettes et on
ressort.
Retour par MGroad et le Sunday
Market l’embouteillage est terminé car les gendarmes empêchent la
circulation d’aller dans MG road. Un
gros attroupement au niveau du petit séminaire comme si on empêchait les gens
d’entrer ou de sortir.
À l’appart. On étend le linge.
Infos à la télé, puis le son
disparaît et au bout d’un moment revient, sans que l’on sache vraiment
pourquoi. On se dit que ce n’est pas la télé parce que sur les chaînes
indiennes nous avons le son.
Vers midi on va au Banana Café,
c’est rue Cazy à deux pas de chez nous. Il suffit de traverser la rue de Bussy
et de remonter la rue Cazy jusqu’au petit panneau posé sur le sol et indiquant
l’entrée du banana café qui se trouve tout en haut d’un bâtiment sur la
terrasse et sous un pandale.
F&D sont là installés à une
table, ils nous attendent.
On commande.
On se rencontre que c’est
certainement un restau en relation avec Auroville puisque la carte propose ce
qu’il y a au restaurant du Visitors Center. Petit à petit les pieuvres
Auroville et Ashram vont prendre complètement possession de Pondy.
Mais il faut reconnaître que ce
qu’on mange est bon. Les spaghettis sont al dente cuits par quelqu’un qui
manifestement sait faire.
On discute de notre journée
d’hier et de notre incompréhension pour ce qui s’est passé, mais on y est pour
rien.
Ils nous racontent leurs
aventures d’hier soir avec P au Space, le n’importe quoi, une descente de flics,
la dissimulation des bouteilles d’alcool dans des coffres et le paiement pour
que tout rentre dans l’ordre.
C’est chaque soir une défonce.
Ils nous racontent aussi qu’un
soir vers 21h30 en marchant sur l’avenue Goubert ils ont vu sortir d’un
bâtiment qui borde l’avenue une colonie de filles en tenue d’écolière, qui on
traversé l’avenue, puis sur le bord de l’Océan toutes se sont accroupies pour
pisser. C’était surréaliste nous disent-ils.
On leur dit qu’on va les inviter
demain à midi au Seagul restaurant pour qu’ils gardent un beau souvenir de la
baie de Pondichéry que l’on voit bien depuis le balcon en front de mer.
On les laisse et on se donne
rendez-vous demain à midi chez nous.
On revient prendre un café à
l’appart, on attend un peu que la chaleur tombe.
Vers 15h30 on prend la moto et on
va au Nord côté village des pêcheurs à la recherche du Van Cleef Hall nouveau
lieu d’exposition artistique à Pondy au cœur de Vaithikuppam.
Le village de pêcheurs est bien à
Vaithikuppam, mais personne ne connaît le Van Cleef Hall. Ça nous fait rire
d’ailleurs tellement le décalage est grand entre cette population et la
prestigieuse galerie.
Bon, comme on ne trouve pas
l’étalage de beauté de la haute société, on reste avec les pêcheurs. Du côté où
il y a des résidences de l’Ashram on sent une certaine méfiance par rapport à
nous.
Dans une petite rue
perpendiculaire à l’Océan, on est bien accueilli.
Des femmes âgées jouent à un jeu
qui ressemble au jeu des petits chevaux en avançant des pions sur un parcours
qui pourrait être un corps humain avec un chemin en forme de colonne vertébrale
et de bras et de jambes. Elles lancent des dès très curieux de longs prismes
métalliques sur les faces desquels il y a des
chiffres.
On a l’impression qu’il ne suffit
pas de lancer les dés mais qu’il y a une réflexion en fonction du résultat pour
définir une sorte de stratégie.
On reste longtemps dans cette rue
où Véro fait des photos et où l’on regarde les vieilles femmes jouer au jeu de
dés que Georgette, si on parle du même jeu mais ça y ressemble, appelle le
Sokatan.
On regardent les enfants jouer à
la toupie, certain savent à peine marcher mais ils savent déjà faire tourner
leur toupie et même la faire sauter avec le fil.
Les hommes eux jouent aux cartes.
Dans leurs jeux il y a beaucoup de cartes comme s’ils jouaient avec deux jeux
de 54 cartes.
On est dimanche entre la sieste
et la fin de l’après midi et on dirait que ces gens se sont accordés un moment de
répit avant de reprendre ce que nous nous n’appellerions pas une vie.
On reprend la moto qui était garée
devant une petite église copie conforme de Notre Dame des Anges mais en plus
petit.
Je gare la moto de l’autre côté
de la promenade au début de la rue de Bussy parce qu’il est 17h passé et qu’ils
vont bientôt fermer la promenade aux véhicules.
De là on revient pour le plaisir
en marchant parmi tous les Indiens jusqu’à la statue de Gandhi.
Rien n’est aussi beau que d’être
parmi ces gens qui font en famille leur promenade du dimanche parce qu’ils
n’ont certainement pas d’autre endroit où aller et qui profitent d’une vue
magnifique face à l’Océan, un front de mer que beaucoup envierait.
Aller retour, on reprend la moto
et on rentre rue Candappa.
Véro nous prépare son repas de
crevettes au riz et avec salade de tomates et salades de fruits, un régal.
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