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samedi 9 février 2013

Crevaison et tête dans le mur.

Dans les miroirs du marché Goubert

Les autres photos sont ici
  
Ce matin un peu de fraîcheur dans l’appart, c’est agréable.
Je me connecte sur Internet, rien à voir avec ce qu’on avait précédemment, une vraie bonne connexion.

Je me mets en route un peu tard. Les dormeurs de rue sont déjà debout, leurs sacs faits, ils se mettent en route pour je ne sais quelle destination. J’en croise quelques-uns.

La rue est plus animée, Pondy s’est réveillé.

La salle du Hot Bread est pleine de convives en train de prendre leur petit-déjeuner. Sur le bord du canal les bus se vident et les rickshaw collectifs déversent leur lot d’écolières.

Le mendiant qui se réveille chaque matin lorsque je passe, est encore sous sa couverture, ni les pieds ni la tête ne dépassent. Hier j’ai trouvé qu’il avait beaucoup de peine à se déplacer.
Je ne peux m’empêcher de me demander s’il n’est pas mort comme l’homme l’autre jour devant la banque.
Un peu plus loin je vois d’autres mendiants, j’ai l’impression qu’ils vont aller le voir.

La vie ici ne nous épargne pas. La mort, le vol, l’odeur de merde et de pisse, le bruit, l’agression par l’afflux de véhicules.

Tout à l’heure au niveau de rue Petit-Canal un motard débouche devant moi, s’arrête, il me barre le passage, c’est moi qui doit l’éviter en passant à côté. J’entends qu’il cale en redémarrant. Il y a des dieux pour me venger.

Tout cela est usant. Il faut réussir à faire le vide pour ne pas s’enfuir d’ici.

Véro est levée. Elle aussi constate la qualité de la connexion Internet ce que nous n’avions jamais eu jusqu’à présent même lorsqu’on avait l’impression que ça marchant bien. On trouvait toujours une excuse en pensant que c’était l’Inde et on avait, par racisme pur, moins d’exigence, alors que dans ce domaine, ils n’ont certainement pas de retard, lorsqu’on voit les villes et les campagnes défigurées par gigantesques et d’horribles antennes métalliques.

On va aller de bonne heure acheter des crevettes parce que ce soir nous avons une invitée. C la Belge.
Vu les stalles réfrigérées du marché Goubert, Véro préfère y aller tôt.

Je tourne la moto pour la sortir du hall-garage de chez A et je trouve qu’il faut beaucoup forcer pour la faire avancer, alors que cette moto justement est très roulante lorsqu’il faut la pousser. 
Je regarde, la roue arrière est crevée.

Il faut la porter chez le réparateur qui n’est pas très loin heureusement. Mais il faut quand même remonter MS jusqu’à la rue de Bussy, puis de là aller jusqu’au canal. Rue de Bussy des Indiens me disent d’aller chez le petit garagiste qui est au bout de la rue Capitaine Marius Xavier. Je n’ai pas envie d’y pousser la moto parce que je sais qu’il ne fait pas la réparation des crevaisons. Ils insistent. Véro va voir et effectivement il ne fait pas ça. Alors les Indiens m’indiquent celui où je vais au bord du canal en face de VK le voyagiste qui nous avait envoyé un taxi à l’arrivée à Chennai.

Il n’y a personne, mais quelqu’un de l’agence nous reconnaît, enfin me reconnaît moi plutôt. Car Véro, qui est allée à l’agence pour demander s’il y a quelqu’un pour réparer, en principe c’est le frère du patron de l’agence qui répare, a vu un homme qui ne la reconnaît pas mais qui nous remet dès qu’il me voit. Elle est un peu vexée.

Bon le gars va arriver, il faut l’attendre un peu, 10mn ce n’est rien mai en Inde ce peut-être une demie journée, pas plus. On a envie de laisser les clés, mais le réparateur arrive finalement sur son TVS.

Il faut une heure pour réparer.

On prend un rickshaw pour aller au marché Goubert, comme il a dû voir toute la scène, il comprend qu’on n’est pas des touristes ordinaires et nous demande 50Rs ce qui est correct, difficile d’avoir moins pour des Occidentaux.

On le fait arrêter devant le « salon de thé », il nous dit qu’il veut nous poser devant le marché mais on lui explique qu’avant d’y aller on veut boire un thé. Ça le fait sourire et il est content aussi d’avoir rendu service et pas fait simplement un transport de corps de touristes.

Après le thé, on va au marché.

Véro a sa poissonnière assise derrière des piles de crevettes, entassées par catégorie.  Juste à côté d’elle il y a une autre personne qui nous propose de décortiquer les crevettes, mais Véro préfère le faire elle-même.

On revient en passant par la petite rue du tailleur Diagu Mudaliar, théoriquement c’est aujourd’hui qu’on doit avoir nos vestes. Il est trop tôt la boutique est fermée.

On passe devant un tout petit atelier de bijoutier d’où sort une musique comme litanie qui reprendrai le son « OM ». J’hésite à dire ça parce que ça fait très bouddhiste et qu’en principe le petit peuple est hindouiste, sauf que Ambedkar rédacteur de la constitution indienne avait incité les intouchables à devenir bouddhistes pour échapper à leur caste.
Véro demande s’il ferait de petites réparations sur de l’or et sur de l’argent, oui, il fait ça. On va revenir chez le tailleur aujourd’hui et on va lui demander si on peut faire confiance à cet artisan.

On revient à pied par MS.

Véro prépare tout de suite les crevettes. Le tailleur justement appelle pour nous dire que c’est prêt et que nous pouvons passer. Nous allons passer vers 16h.

On va déjeuner au Banana Café Cazy street ce restau que nous ont fait connaître F&D. On prend des gratins tant qu’à faire, gratin de champignons et gratin d’épinard. La micro-onde fonctionne bien et ils sont bien chauds.
La nourriture est bonne et occidentale et il fait très bon sous le pandal, beaucoup d’air frais de l’Océan.

On passe par chocolat pour prendre un dessert pour ce soir et on se prend deux petites bouchées de chocolat pour notre café.

On boit le café et on se repose.

Puis on part chez le tailleur. Les vestes de Véro vont bien, mais pour la mienne il n’y avait pas assez de tissus.
On va donc chez Linen world  dans MS, en fait c’est juste à côté de la rue du couturier.

On se gare. Deux jeunes Indiens m’aident lorsque je recule la moto. C’est pour qu’on soit bien disponible pour répondre à leur question qui est : où se trouve Baker Street. Ça nous fait rire, parce que ça à l’air vachement important pour eux, on leur explique au bout de MS, rue de Bussy à droite etc …

Là ce ne sont que des tissus en lin. On n’a pas de peine à trouver pour ma veste, on trouve même une chemise en lin et une chemise chasuble pour Véro.

On retourne chez le couturier, avec le tissu qu’on vient d’acheter et avec l’ancien dans lequel il veut me faire un pantalon. Il  prend mes mesures et le tout sera prêt samedi prochain.

On revient poser les vestes de Véro à l’appart puis on retourne chez Sanatha pour acheter un pantalon pour aller avec la chemise chasuble noire. Récupération de la robe à rectifier chez Fior India, tout va bien.
On revient par la petite boulangerie de MGroad pour prendre des brioches et des gâteaux secs pour demain.

Je pose Véro à l’appart et je vais mettre de l’essence dans la moto et faire vérifier la pression des pneus. Je fais bien car le pneu arrière qui a été réparé ce matin est un peu faiblard. En passant sur le bord du canal je vois mon clochard de ce matin qui dormait sous sa couverture en train de se mettre au lit pour la nuit.

Je rentre la moto.

Véro a préparé le repas, ce soir nous attendons C la Belge pour manger avec nous.
C’est une amie d’Abel et nous avons au moins en commun, ce centre d’intérêt.

Lorsqu’elle est partie et que nous apprêtons à nous coucher, je rejoins la chambre en réglant mon téléphone pour qu’il sonne à 6h demain matin, je fais ça en marchant depuis le séjour et tout à coup je m’éclate la tête contre l’angle du mur de cuisine.

Véro entend un grand bruit et croit que c’est quelque chose qui est arrivée chez les voisins.

Je viens dans la chambre pour achever mon réglage et Véro s’aperçoit que je saigne. Le choc a été si violent que je me suis ouvert le front au niveau des cheveux.

Les Urgences Véro me font un pansement pour la nuit.

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