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| Jno et la vache |
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Il fait un peu plus frais, depuis
deux ou trois jours on vivait dans une moiteur un peu tropicale.
Hier soir après le blog on est
allé voir pour la connexion internet, Véro avait un doute. On a bien fait parce
que ce n’était pas fait bien qu’on ait payé le matin même 1300Rs.
Il va le faire demain matin avant
11h.
J’espère qu’il va tenir parole
parce que ce matin nous avons une connexion de merde.
Ce que je voulais surtout dire
c’est que hier soir vers 19h MG road était éventrée, avec plein de tuyaux à
mettre. A 21h tout était rebouché, il ne manquait que le goudron,
impressionnant.
Ce matin MS il n’y a personne
mais une voiture passe en klaxonnant et je trouve ça fatigant ce bruit pour rien.
Le petit marchand de lait,
Ibrahim store, rue Petit-Canal, je vois une femme sortir de la rue traverser MS
et passer de l’autre côté de rue petit canal. En marchand elle noue ses
cheveux. Elle s’arrête de l’autre côté de la route et c’est le bruit qui attire
mon attention, je regarde et je vois qu’elle est en train de pisser debout,
comme si de rien n’était.
Je me dis qu’il y a un côté de MS
pour vivre rue petit canal et l’autre côté pour faire ses besoins, ce que je
trouve bizarre c’est que pour les besoins c’est en amont. C’est le genre
d’interrogation qu’on n’a pas ici, et puis l’amont, l’aval … quand il n’y a pas
d’eau…
Devant le chantier une équipe se
lance toujours des briques pour les monter à l’étage. Le bâtiment prend forme
je remarque qu’ils ont mis les encadrements de fenêtre.
De la cathédrale sort un groupe
d’écolières, la petite marchande de lait est toujours dans ses cahiers et
carnets, les mendiantes à leur poste.
Rue Ranga Poulé une femme jeune,
blonde enfermée dans un sari rouge. Il n’y a pas à dire il manque quelque chose
aux femmes occidentale. À côté une Indienne superbe dans un sari violet le
corps altier la tête haute. Il n’y a pas, il manque à la femme blonde ce port
du corps qui fait la beauté du sari, en plus elle marche la tête baissée.
Sur le canal toujours l’odeur que
je commence à trouver difficile à supporter.
Un couple d’hommes à Hot Bread
dévalise la vitrine des viennoiseries, qu’ils empilent sur un plateau, je sens
chez eux le besoin d’Occident.
Retour par le canal. Beaucoup de
bus qui semblent venir de l’extérieur et apportent leur lot de travailleurs de
la ville.
Au début de la rue Candappa un
tracteur benne et des femmes qui vident un réceptacle à ordures en béton à
l’aide de pelle recourbée.
J’aperçois au loin au niveau de MS une silhouette que je reconnais.
Un homme grand, légèrement voûté
au niveau des épaules, la tête haute, droite et mobile. Il a une T-shirt
marron, un short rigolo à rayures verticales rouge et blanche comme un caleçon,
au pied des chaussures de sport pour le jogging.
Je m’approche c’est bien lui, il
discute avec deux hommes dont l’un est sur un scoot il s’est arrêté pour lui
parler.
Je lui dis bonjour, il me sert la
main, la sienne immense est mouillée de sueur et il me fait son sourire
accueillant qui vient heureusement adoucir toute la force farouche qu’on sent
en lui.
Je l’aime bien parce que c’est un
passeur. Il vit entre deux mondes, entre deux civilisations qu’il essaye de
toute sa volonté de faire communiquer.
Il aide les gens et c’est déjà
beaucoup.
Je prépare le petit dèj, Véro se
lève, met la machine à laver en route, va à la salle de bain.
On décide d’aller boire un thé et
revenir à Pothys où il y a toujours quelques courses à faire, et puis à cette heure
ci il n’y a vraiment personne, le personnel se met juste au boulot.
On attend près de l’ascenseur où
il y a la pointeuse et les personnes vienne pointer en mettant leur index sur
la vitre d’un lecteur, un petit son est émis par le lecteur et les gens vont au
boulot.
Pas mal pour un pays sous-développé, qu’il faut
aider !
En sortant de Pothys au sommet de
la pente qui mène au garage, là où ils ont éprouvé le besoin de mettre des
barrières pour faire une petite chicane, une nana s’amène en scoot en pleine
droite. Elle ne peut pas s’arrêter je suis donc obligé de m’arrêter en
catastrophe, la moto cale, avec une tête affolée la nana descend dans le garage
sans demander son reste.
Impossible de redémarrer immédiatement.
Tous les gardiens sont massés autour de moi. Ils sont gentils et voudraient
certainement bien m’aider. L’un d’entre eux veut même me pousser dans la pente,
mais je n’arrive même plus à enclencher la seconde.
A force de ténacité, la moto fini
par redémarrer. Je nous lance dans la pente et elle cale à nouveau. Je suis
devant Pothys, contre les escaliers et je recommence à me démener sur le kick.
Mon équipe d’admirateurs m’a suivi, l’un d’entre eux m’indique même qu’il y a
un mécanicien pas très loin. Je la mets sur la béquille centrale et elle finit
par redémarrer. Bonne petite transpiration.
Retour à l’appart où j’ai besoin
de boire un grand verre, d’eau fraîche.
On étend le linge.
On repart chez Félix en passant
par la galerie d’aquarelle qui est toujours fermée. On file chez Félix que j’ai
oublié de payer pour le mois de février.
Je lui dis que j’ai fait plus de
500km et il vérifie le niveau d’huile. Autrement tout va bien, je lui explique
mes problèmes de démarrage. Il me remontre la technique du piston qui doit
remonter et après il faut appuyer sur le kick. Cette année j’ai bien compris
mais la pratique ce n’est pas encore ça.
Véro essaye d’appeler Abel, mais
il ne répond pas.
On décide d’aller sur Kamaraj
Salai pour voir chez le fournisseur d’accessoires pour moto s’ils vendent des
casques.
On galère un peu pour retrouver
le magasin, mais on y arrive. C’est chez Rexine, ils nous disent que pour les
casques c’est dans leur magasin qui est sur Thirvalluvar Salai. On laisse la
moto où elle est garée et on y va à pied. Effectivement c’est une belle
construction qui s’appelle Rexine House.
Je me remets au blog parce qu’on
a eu pendant deux heures une coupure d’électricité et je n’ai pas de batterie
sur cet ordi.
Il y a tout un mur avec des
étagères et des casques posés dessus.
Véro explique qu’elle veut un
jet. Le vendeur nous en présente 5 ou 6. On écarte vite ceux qui n’ont pas la
bonne taille et il en reste trois, puis deux.
Les casques ressemblent beaucoup
à ceux qu’on trouve en Europe sauf pour ce qui est de la mousse intérieure. Une
toile et un tout petit rembourrage recouvrent simplement la partie dure.
Véro essaye de fixer le casque
sur sa tête. Parmi l’un des deux il y en a un dont la mentonnière est beaucoup
trop grande même au minimum.
Il n’en reste qu’un noir qui n’a
pas de boucle pour le verrouiller à la moto mais on va trouver une solution.
930Rs le casque un peu moins de
15€ j’espère qu’il sera efficace en cas de nécessité mais surtout je vais tout
faire pour qu’il n’y ait pas besoin de vérifier ses capacités au choc.
On revient récupérer la moto qui
est garée dans Kamaraj Salai.
On repasse par la galerie qui est
toujours fermée. Véro appelle à nouveau
Abel et pas de réponse, on commence à s’inquiéter.
On revient par MG road pour voir
notre fournisseur internet Reliance qui s’appelle Gandhi.
Gandhi nous dit que ça marchera
dans une heure. Il est midi, on va déjeuner au Surguru. On prend des noodles
végétariennes et envahies de poivrons. Le poivron ainsi que les germes de soja
sont devenus les deux accompagnements des cuisines du monde. C’est pire que Mac
Do.
Je m’arrête devant Focus pour
acheter des cartes pour les enfants et je trouve un atlas routier de l’Inde qui
donne des informations beaucoup plus précises que toutes les cartes que j’ai
vues jusqu’à présent.
Sous format d’un livre j’ai donc
toutes les routes pour le trip et le plan de beaucoup de villes.
Au Surguru on mange un plat de
noodles. Aujourd’hui il n’y a personne pour prendre la commande et pour venir
prendre l’addition, mais entre temps ils nous ont bousculés pour enlever notre
assiette.
On revient par la petite rue qui
donne dans NS au niveau de la prison et dans laquelle se trouve quantité de couturiers
et réparateurs de sacs pour voir s’il peuvent mettre une boucle au casque. Ils
nous envoient à la Metal House qui est juste à côté et où l’on trouve un anneau
brisé qu’on va pouvoir glisser au niveau d’une couture et qui permettra de
passer l’antivol.
On se dit que le voleur ne
viendra jamais regarder qu’il peut lui aussi enlever l’anneau.
On repasse à MR road, Reliance
est fermé maintenant.
A l’appart on s’aperçoit qu’il
n’a pas tenu parole.
On équipe le nouveau casque de
Véro , on boit un café et on se repose un peu, malgré deux coups de fil, l’un
d’Abel, l’autre de C la Belge.
On décide de retourner voir si
Reliance est à nouveau ouvert, mais c’est fermé. On remonte la rue Candappa car
au 80 et au 94, dans son guide, Georgette signale deux belles maisons. Au 80 la
maison n’est plus qu’un terrain vague sur lequel une classe fait de la gymnastique
avec des cerceaux. Au 94 la façade est conservée pour l’instant, mais derrière
une construction nouvelle est en cours. Certainement deux témoignages de
l’histoire de Pondy, livrés aux promoteurs.
On revient à la maison pour
attendre Abel qui doit passer.
Coupure d’électricité. Je
m’arrête et j’essaye de repérer dans les guides les hôtels pour Yercaud et
Mysore. Je n’ai pas le temps d’aller plus loin, Abel arrive.
On renonce au graphiste de
Coimbatore qui est très bon mais ne s’est pas encore manifesté depuis 3
semaines et nous on attend pour valider.
On essaye de tout reprendre sur
Pondy. Abel s’en charge.
On discute des difficultés qu’ils
rencontrent en France avec les autres aquarellistes.
Mais c’est à eux de trouver la
solution.
Abel part et souhaite qu’on aille
ensemble chez Félix pour louer une Royal Enfield. Je lui dis, pas de problème
dès qu’il nous rappelle pour le graphiste on fixe un jour.
On décide de retourner voir
Reliance, mais la boutique est fermée, elle doit ouvrir à 19h, on reviendra
donc à 19h.
On revient à l’appart, nouvelle
coupure de courant.
Vers 19h retour chez Reliance
avec l’ordi. Le responsable n’est pas là. Il y a quelqu’un qui parle français
et qui nous rassure sur le fait que c’est bien un problème technique et non pas
une arnaque du responsable. Ce pb nous dit-il arrive régulièrement avec Reliance,
ça prend deux ou trois jours.
On reviendra voir le gars tout à
l’heure. Il n’y a toujours pas de courant ça ne concerne que la rue Candappa.
Dans les rues voisines il y a de la lumière.
Je rentre la moto. Dans le noir
je n’arrive pas à voir l’aiguille de compression et bien sûr elle ne démarre
pas.
Je la pousse pour la monter
dans le garage. Je cale sur la fin,
heureusement Antoine est sortie et me donne un coup de main.
Il me dit qu’il n’y en plus que
pour une demie heure de coupure.
En effet nous nous apprêtons à
dîner et la lumière revient.
Soupe de noodles, salade
composée, salade de fruit.
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