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dimanche 5 février 2012

Baptème

Le baptême d’Hélène

Véro a mis le réveil à 5h15, une demi-heure pour se préparer. Hier soir j'ai préparé la cafetière électrique et je n'ai plus qu'à la mettre en route, pour boire au moins un café.

La moto qui a dû se rendre compte que c'est important démarre au quart de poil.

En deux minutes on est devant la façade du Sacré Cœur de Jésus. Il y a déjà C la Belge et C.
La messe où quelque chose qui y ressemble diffuse dans tout le quartier à fond la caisse. Les gens qui passent sur leur moto font le signe de croix en conduisant.

Ce n'est plus un minibus qui doit passer mais 4 voitures.
Ça a l'air compliqué. Un couple de Suisses arrive C&G le temps de faire connaissance, C la Belge et C se sont installé dans une voiture qui doit partir immédiatement, mais non le départ est différé.
Puis les autres voitures arrivent.
Les acteurs indiens se téléphonent entre eux. Maintenant on part tous pour aller à la Cathédrale rue Mission, il est déjà 6h passé.
On suit les voitures qui n'ont qu'un désir celui de nous semer. Je les serre de près et ils n'y arrivent pas.

On se rend compte devant la cathédrale que c'est un second point de rendez vous.
Des occidentaux montent dans les voitures et le célèbre portraitiste belge qui est là lui aussi est sur un scooter.

Les voitures démarrent, la course commence. On double le célèbre portraitiste belge en le saluant. À voir sa tête on se rend compte qu'il n'a aucune certitude dans le pilotage de son engin. On ne peut pas s'attendrir sur lui si on ne veut pas être semé par les voitures qui sont censées nous guider.

En peu de temps je me rends compte que le célèbre portraitiste belge est largué. Nous, nous avons réussi à nous placer entre deux voitures, mais celle de derrière ne cherche qu'une seule chose : me doubler.
Je réussis non sans peine à garder le contact jusqu'à l'église du Saint Esprit.

C'est une église récente qui se veut moderne et ringarde, comme un décor de carton pâte et de sucre d'orge.

Abel nous accueille il est 6h45, la messe est commencée depuis longtemps, il nous dit d'entrer.
Il faut se déchausser pour entrer.
A l'intérieur c'est bourré à craquer, à gauche les femmes, à droite les hommes.
On nous apporte des fauteuils de jardin en plastique rouge pour que nous puissions nous asseoir. Ça ne dérange personne tellement la sono est à fond la caisse avec des chœurs enregistrés qui balancent à mort.
Il y a une réelle ferveur qui se marque par la concentration des fidèles à suivre le déroulement de ce qui se passe au niveau de l'autel.
On subit la fin de la messe.
Au plafond sont accrochées des guirlandes en tissus de toutes les couleurs
Aux lustres-ventilateurs sont suspendus des bouquets de fleurs artificielles qui tournent sur eux-mêmes entraînés par le courant d'air du ventilo juste au-dessus d'eux.

Au dessus de l'hôtel il y a une sorte de caisson vitré avec à l'intérieur un Jésus qui tient une sorte de fanion de la main gauche et qui fait un signe de la main droite comme un appel et je rapproche ce geste, je ne sais pourquoi du tableau du radeau de la méduse.

Un Christ sur une croix avec les genoux bien marqués de rouge et une trace de sang au côté droit.

Des vitraux dans un style BD représentent des personnages de la bible : Adam au milieu des pommiers, Abraham avec une tête de père Noël sans les habits, Joseph affublé d'une tiare de roi égyptien, Moïse, Salomon. De l'autre côté un vitrail dédié à Don Bosco, avec ces mots en anglais "merci mon dieu de nous avoir donné Don Bosco", Ste Thérèse, une Mary je ne sais plus quoi qui a une tête de poissonnière et derrière elle collée à elle une tête d'homme à ne pas rencontrer un soir au coin d'un bois, un vitrail dédié à St Jean puis le suivant à Isaï, Marie, images naïves qui veulent imiter les vitraux des églises occidentales.
L'église est tournée vers l'Ouest et l'on voit le soleil se lever dans la vitrine du Jésus qui fait un signe de la main. Ça c'est très sympa, je me demande si c'est volontaire et si à une certaine époque de l'année, aux solstices par exemple ce rayon de soleil éclaire quelque chose de particulier. Je ne pense pas ça aurait un côté païen, je trouve que c'est dommage.

Communion, on voit que le célèbre portraitiste belge va aussi communier, il se double donc d'un saint homme ce dont nous n'avions jamais douté.

Récolte du pognon et c'est terminé.

Baptême, pas  de fonds baptismaux, le parrain et la marraines des Français portent  le bébé devant le prêtre qui officie.
Le bébé pleure, elle a raison, c'est  pas cool ce qu'on est en train de lui faire sans lui demander son avis.

Photos de groupe devant l'autel.
Puis photos de groupe devant l'église.

Il est 8h on part chez Abel et Esther, c'est juste à côté. Pour une fois on a un motard qui nous guide et qui ne cherche pas à nous semer, il a dû être touché par la grâce.

On se retrouve dans ce fameux appartement qui est au deuxième étage d'une maison un peu comme la nôtre, et dans un quartier résidentiel avec jardin public et espace vert.
On entre dans un séjour qui distribue toutes les pièces à droite la cuisine et une chambre, au fond la salle de bain, toilettes, à gauche deux chambres.
Une des chambres sert d'atelier à Abel.
C'est ce fameux appartement qu'il loue d'une manière extraordinaire. On peut en Inde remettre au propriétaire un petit capital 6000€ dans ce cas. Le proprio fait fructifier pour lui ce capital pendant tout le temps où le locataire occupe l'appartement, quand le locataire s'en va, il lui rend son capital, soit les 6000€. Nous nous payons 300€ par mois de location c'est certainement 10 fois le prix que ça pourrait-être loué à un Indien. On peut imaginer que son loyer mensuel serait de 30€, il aurait donc donné au proprio l'équivalent de 16 ans de location ou de 8 ans si son loyer est le double.

Au mur sont collées au double face des reproduction d'aquarelle d'Abel, sur lesquelles tous les occidentaux s'extasient mielleusement.

On rencontre le cousin qui avait conduit la voiture jusqu'au village d'Abel l'an dernier, Ejoumalé, le graphiste des cartes de Véro, un ami d'Abel qui est venu l'autre soir chez nous avec lui pour nous apporter l'invitation.

On connaît mieux les Indiens que les occidentaux qui sont là. Du coup on suit les Indiens et on monte sur la terrasse où est servi le petit dèj indien évidemment. On mange donc avec les autochtones tandis que les autres blancs suivent dans l'appart la remise des foulards à tous ceux qui ont de l'importance.
Le petit dèj indien n'est pas si mauvais pour une fois.

On redescend à l'appart et c'est la remise des cadeaux. Chacun remet donc son cadeau et c'est la photo souvenir obligatoire. Les cadeaux évidemment ne sont pas ouverts. Comme nous avons aussi apporté un cadeau pour la grande sœur, celle-ci est ravie et se promène en tenant son cadeau dans les bras mais sans jamais l'ouvrir.

Lorsque les blancs montent sur la terrasse pour le petit dèj, on salue tout le monde et on s'en va.

Dans le sens du retour on retrouve facilement Pondy, mais je ne sais pas si je saurais retrouver la maison d'Abel.

On se change et on repart à pied au marché Goubert pour acheter de quoi manger ce soir.
On remonte le Sunday market et on croise les Belges d'hier soir. Je dis à Véro qu'il y a certainement plus à apprendre ici dans la rue que dans un ashram mais ils ne nous croiraient pas.

Le thé du matin qui rend serein, proverbe indien que je viens d'inventer.

On pénètre dans le marché côté poissons pour acheter des crevettes, l'odeur nous saute au nez, ça en est insupportable. Il y a foule ce matin et les poissonnières crient toutes ensemble pour appâter le client.
Ensuite on prend des bananes, des aubergines blanches aussi  appelées eggs plants.

On revient par Nilgiris pour prendre du fromage, on passe dans la petite rue des marchands de fil et d'aiguilles, qui est dans l'axe de l'entrée et de la tour de l'horloge.

Puis on revient à l'appart.
On est bien fatigué et on décide d'aller déjeuner au Satsanga mais à moto.
Steak poivre vert frites et (ou) purée et on revient pour se reposer.

Puis Véro peint et je prépare un petit film sur une petite partie de la journée d'hier. L'inconvénient d'être devant la cohorte c'est qu'on ne peut ni filmer, ni photographier. Heureusement pour les photos d'autres l'ont fait.

On décide d'aller voir un film à l'Alliance Française un film indien "I am" sorti en 2011, c'est ce qu'on voit sur le site de l'AF.

Lorsqu'on arrive à l'AF ce n'est plus du tout ça.

Ça a changé et maintenant c'est une projection à la maison Colombani d'un film intitulé le « Piano des sables » sur un pianiste Marc Vella, à 18h30.

Comme d'habitude à la maison Colombani rien n'est prêt, il faut soi-même se mettre des fauteuils. On retrouve C la Belge qui est venue aussi.

Le directeur de l'AF tjs le même tjs aussi incompétent, nous explique qu'en fait ce n'était pas 18h30 mais 19h, il s'en excuse, il a informé tout le monde par Internet. Véro lui dit que nous nous cotisons mais qu'on nous a expliqué à son AF que nous ne pouvions pas recevoir les mails parce que nous ne restions pas toute l'année. Il est étonné qu'on ait pu nous faire cette réponse et il nous demande des noms. On lui rit au nez.
Il nous explique aussi que bien que l'annonce ait prévu que le personnage principal du film jouerait du piano, il n'a pas pu trouver un piano à Pondy. Les gens ou association qui en possède n'ont pas voulu lui en prêter un. On les comprend.

Comme toujours aussi, on est au premier rang et ils installent des fauteuils devant nous. Puis au bout d'un moment ils disent qu'on peut venir s'installer dessus. Toujours le bordel quoi.

Le film commence par un discours un peu curieux sur tout le monde il est beau et aimez vous les uns les autre, puis c'est l'histoire d'un pianiste qui part de France en car avec un piano, pour l'Afrique et qui va traverser le Maroc, la Mauritanie, pour arriver au Sénégal, en bus avec un piano.
Rencontre avec les populations, la voix off tient un discours toujours le même sur tout le monde il est beau.
J'avoue que je regarde avec aveuglement cette route que j'aurais toujours voulu faire. Après le Maroc, Cingetti, Adrar, Nouakchott, Rosso, St Louis du Sénégal.

Véro réagit beaucoup plus vite et comprend que ce type n'est pas clair. Suite aux questions posées après le film il ne répond rien sur son financement et se lance dans un discours d'amour, ses parents qui souffraient, les autres qui n'ont pas été aimés, l'autre qui crée en nous une vibration si on sait le recevoir, on devient vrai.

On se barre parce qu'on en peu plus d'entendre ces conneries et surtout parce que le directeur de l'AF ne vient pas pour recadrer le discours. D'ailleurs on ne sait pas où il est passé.
On rentre pour s'apercevoir que ce Marc Vella est signataire dans le cadre du
Regroupement des minorités spirituelles d'un texte qui s'oppose à l'action de la MIVILUDES (Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).

Sa tournée en Inde c'est surtout Auroville et pour finir par l'Alliance Française qui envisage de le recevoir encore l'année prochaine dans le cadre d'un voyage en Inde comme celui qu'il a effectué pour le film.
Il envisage une caravane de l'amour en France du 7 avril au 21 mai 2012 au départ de sa région des Charentes.

On s'est fait une bonne idée sur le personnage et sur l'incompétence du directeur de l'AF


On dîne, crevettes et courgettes.

1 commentaire:

  1. Bonjour les GoJoJo,

    Il est en forme le polèmiste Jean-No, en forme je sous entend, lucide...!

    Joli passage sur notre portraitiste belge préféré et sur l'incompétant et antipathique directeur de l' AF...

    Mais aussi penseur Sri Maha Jean-No GoJoJo avec :
    "Le thé du matin qui rend serein"...
    Grand, simple !

    Aller je file sur la sortie frog's

    Biz LouLou Misseï

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