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lundi 13 février 2012

Soirée concert





Ce matin, on se laisse dormir dans la fraîcheur, avant d’attaquer la journée.
Comme je sais que les températures vont s’améliorer en France j’ai moins de scrupule à dire que nos minimas sont à 22, 23 degrés et les maximas à 31, 32 degrés, ce qui est très supportable, même si parfois dans la journée on a des coups de chaud.

Grosse activité ce matin autour de la fontaine : toilettes, linges, lavage de voitures et de vélo.

Je regarde devant la maison, il y a un rickshaw et le conducteur le pousse pour essayer de faire un créneau entre la moto et le scoot du proprio. Je surveille la manœuvre, un scoot passe à côté de moi je ne fais pas attention jusqu’à ce que je réalise que c’est Predibane. Je retourne vers son portail pour le saluer et m’excuser, en plus d’être mal réveillé malgré l’heure tardive j’étais concentré sur ce rickshaw qui manoeuvrait.
Il est arrivé lorsque je sortais pour le pain et il est toujours là. Quelqu’un a dû lui téléphoner et il attend. Je me dis que nous les Occidentaux nous les prenons trop en considération et du coup ils nous volent. Apparemment les Indiens ne s’en préoccupent pas, ce sont eux qui sont aux ordres et ça marche.

Bon c’est pas brillant comme considération philosophique mais parfois ça fait du bien.

On prend la moto direction le thé. Puis direction Promenade pour remettre de l’ordre dans l’accrochage des aquarelles car tous ceux qui en ont achetées sont venus les prendre.
Puis Véro se renseigne pour le paiement et on nous entraîne dans les sous sol de Promenade. Ça change de l’accueil. On se faufile dans des couloirs étroits, dans lesquels sont déposés des marchandises, pour arriver au service comptabilité.
Dans un espace de 5 m2, il y a 4 personnes dont le comptable. Dans un bureau à coté de 1m de large sur deux de long il y a trois personnes et un coin cuisine. Le bureau du directeur qui est en face n’est pas plus brillant sauf qu’il est seul dans sa cave.
Il n’y pas de problème pour faire un open chèque c’est à dire un chèque non barré pour pouvoir le toucher immédiatement.

On revient faire quelques courses au Nilgiris et ensuite acheter de la bière en face. Pour la bière maintenant on est connu. Ils savent celle qu’on prend et il n’essaye plus de nous refiler de la Blue qui est plus alcoolisée et plus chère.

On revient à l’appart pour poser tout ça et on repart presque aussitôt car il est midi, pour aller déjeuner au Surguru. Aujourd’hui je me sens apte à sentir la cuisine indienne.

A l’entrée du Surguru, Véro scrute un groupe de 3 personnes et elle reconnaît P et son mari G et une autre française avec qui ils discutent.
On est content de se revoir après une année. En peu de temps on remet tout à jour et ils nous invitent à venir prendre le café chez eux un après-midi. P dessine un plan et il me semble que c’est vers chez Félix, là où il nous avait emmenés pour voir les motos.

On déjeune et ça passe bien.
On revient à l’appart pour le café et pour que je me repose.

Vers 14h30 on part à la recherche du petit temple avec ses centaines de statures en ciment peint.

Véro a écrit le trajet que nous devons faire et nous l’avons bien en tête.

On retrouve sans problème Thalakuppam jonction sur la route de Cuddalore, ensuite c’est assez simple il faut tourner deux fois à gauche et c’est là.
Le seul problème, la route est pourrie et bourrée de casse vitesse, aussi haut qu’il est permis et dissimulés dans l’ombre des arbres. C’est une souffrance. La route est bordée par les arbres déracinés par le cyclone, c’est impressionnant.

Arrivés au temple on est en avance sur la lumière et on a donc du temps à passer. En plus on ne passe pas inaperçu. On fait le tour, on suit du début à la fin toutes les rangées de pèlerins-statues dont les regards sont tous tournés vers le temple. Des rangées sont simples, d’autres doubles ou triples. On estime qu’il y a vraisemblablement un millier de statuettes hommes, femmes, enfants.  Sous certaines il y a une plaque avec des inscriptions en tamoul. La seule chose qu’on puisse lire ce sont des années et 2004, 2008, 2010, 2011 et aussi des mois.

Un peu en retrait, il y a un atelier où sont fabriquées, sur demande nous semble-t-il, les statuettes.
Je pense que chaque statuette doit être une forme de remerciement pour un vœux qui se serait réalisé. C’est une hypotèse.

En attendant que la lumière veuille bien se mettre dans un éclairage idéal pour photographe on se repose sur un espace couvert où les Indiens viennent aussi se poser, manger, dormir.

De là on est derrière une triple rangée de personnage et on peut observer tout ce qui se passe dans le premier sanctuaire. Il y en a trois mais ce premier semble un passage obligé.

Trois prêtre officient dans un espace clos qui contient 4 divinités 2 dieux et 2 déesses. Une des déesse s’est prise un coup d’arbre abattu par le cyclone et embrasse presque le sol, mais apparemment ça ne lui enlève rien à son efficacité.

Une femme en sari vert remet à un prêtre un papier comme une lettre sur lequel elle a rédigé son vœu, je suppose. Elle lui remet aussi un sac contenant des offrandes. Les autres prêtres officient avec d’autres personnes, notamment un couple avec un enfant, des gens derrière les barrières qui parlent avec les prêtres.
La femme remet au prêtre un sachet qui doit contenir à mon avis du méta, qu’il va ouvrir en le frottant contre les lames d’un trident shivaïste qui fait face aux dieux.
Il met ce que je considère comme du méta c’est à dire du pétrole solidifié, dans une petite coupelle et l’allume. La coupelle allumée est mise dans quelque chose qui ressemble à une poêle pour la transporter sans se brûler. Le feu est présenté aux dieux, puis à la demanderesse et aussi au passage à d’autres personnes qui sont là accrochées aux grilles qui entourent l’espace réservé au rituel. Chacun se met les mains au-dessus des flammes et fait le geste de les attirer vers lui, puis joint les mains, et se recueille.
La lettre est aussi passée au-dessus des flammes divines. Le prêtre pose la poêle dans laquelle les flammes continuent.
Il prend la lettre qu’il plie, entoure d’un fil et l’attache à une sorte de bâton tenu par le dieu et qui est complètement déformé par la quantité incroyable de vœux qui y sont attachés. En fait on ne doit jamais les enlever.
Le prêtre prend un citron qu’il passe au-dessus de ce porte vœux et le donne à la demanderesse qui ressort de la zone pour aller à l’extérieur planter ce citron dans l’une des piques du trident de Shiva.
Elle revient, le prêtre lui donne à elle et à d’autres un petit peu de cendre blanche et de matière rouge pour se marquer le front. Ce qu’ils font tous.
Dans le sac à offrande, le prêtre prend une noix de coco qu’il brise. Il redonne après l’avoir présentée au dieu une moitié avec d’autres ingrédients que la femme remporte, je pense que ce sont certainement des offrandes pour son autel personnel.

Elle cherche dans son porte monnaie de l’argent qu’elle donne au prêtre. Il dépose cet argent dans un sac en plastique dissimulé sous la robe du dieu. La femme fait le tour des quatre dieux et déesses en faisant le geste de leur baiser les pieds et les mains et elle s’en va.

Comme on est là depuis un bon moment un prêtre veut nous donner à manger on fait parti du truc maintenant. Véro mange quelque chose qui pourrait ressembler à des haricots rouges mais avec une forme ronde. Moi je décline. Comme ils se rendent compte qu’on est pas très attiré par cette bouffe ils nous donnent deux bananes chacun. Je suis sûr que c’était des bananes d’offrande aux dieux. Toujours ça de pris.

Pendant ce temps un autre prêtre est en train de bénir un TVS tout neuf. Il passe autour avec la poêle allumée et puis pose dessus des petits bouts de cendre ou autre produit bénéfique.

Bien que la lumière soit bonne l’endroit très particulier suit un axe Est Ouest, est entouré d’arbres,(il en reste encore), le monde qui entoure les rituels, les ombres tout cela n’est pas propice selon Véro à faire une bonne photo.

On revient par la même route pourrie, mais avec une lumière divine de fin d’après midi ou peut-être qu’on ramène avec nous.

On a juste le temps de poser la moto, de passer à l’appart et de repartir pour le lycée français où c’est la semaine des arts et de la science et ce soir à 18h15 il y a un concert puis de la danse.

On s’installe et comme d’habitude rien n’est prêt. Les musiciens arrivent petit à petit. Réglage du son, enfin ça commence avec une demi-heure de retard, rien de catastrophique.

La première partie musique classique de l’Inde, se décompose en trois parties.
C’est pas simple pour moi de vous parler musique je n’ai jamais été foutu d’entendre un rythme quelque soit le type de musique. On peut vivre quand même mais c’est pas toujours compris.

Deux percussionnistes, un violon et un chanteur joueur de guimbarde. Comment vous dire je ne sais jamais avec ce genre de musique si c’est quelque chose de composé que chaque musicien joue comme dans un orchestre. J’ai l’impression que tous les instruments se valent, c’est à dire que tour à tour c’est l’un d’entre eux qui mène la musique et que les autres suivent. Puis j’ai aussi le sentiment que tout est improvisé et que les instruments se répondent, ce qui se remarque au niveau des musiciens qui dans ces cas-là semblent avoir beaucoup de complicité.
Le chanteur prend le dessus et émet des sons, comme des onomatopées, soit longs, soit très brefs et saccadés.
Tout ça crée une atmosphère qui donne l’impression que les musiciens dont on ne sait pas s’ils forment un groupe, se découvrent et se mettent à jouer ensemble petit à petit.

Deuxième partie un tabla et un percussionniste, et je redis la même chose bien que ce ne soit pas les mêmes sons. Même façon d’être, même complicité qui petit à petit sans en avoir l’air, emmènent l’auditeur dans la musique qu’ils offrent.

Troisième partie tout le monde se regroupe et ils font la même chose et on voudrait que ça ne finisse pas, tellement c’est un bonheur de les voir jouer et tellement c’est beau.

Tout se termine par la remise des écharppes, rituel inévitable de toutes manifestations publiques qui doit faire le bonheur des marchands d’étoffe.

Véro s’est fait une copine qui a presque la même tunique qu’elle et qui est assise à coté d'elle.


La danse Barathanatiam. Un flûtiste, un violon, un percussionniste, une chanteuse qui est la chef de l’orchestre et la chorégraphe.
La danseuse semble très jeune par rapport à ces adultes qui la font danser. La première danse est superbe, beaucoup de fraîcheur chez cette jeune danseuse.

Après il semble que la fatigue ait pris le dessus pour les deux danses suivantes et j’ai l’impression de voir un jeune animal dressé qui essaye de donner satisfaction à ses maîtres. Plus de personnalité, des gestes de danseuses sans une réelle présence.

Je suis content que ça se termine pour elle.

Les écharpes.

Un pot qui nous permet de retrouver Predibane et  B&F.
On rentre un peu crevé.

Véro prépare vite de quoi dîner.

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