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mercredi 8 février 2012

coocooning mais pas pour tout le monde

Les gentilles femmes du petit village d'avant hier

Pas de photos aujourd'hui, mais demain, y'en aura plein !

Ça y est ce matin ça va beaucoup mieux j’ai retrouvé la forme.
Ouf !

Le pain du matin, le soleil se lève plus tard et arrive plus tardivement dans l’appartement ce qui permet de bénéficier un peu plus longtemps de la fraîcheur de la fin de nuit.

J’ai oublié de dire que Véro est tombée en manquant une marche dimanche soir en sortant de la maison Colombani et qu’elle s’était à nouveau fait mal au genou "entorsé".
Ce matin, ça va mieux aussi après un traitement à la pommade anti-inflammatoire.

Je conduis Véro à la galerie et je reviens en passant par le marché Goubert pour essayer de capter le maximum de lumière.

Ce marché se caractérise par des contrastes étonnants de lumières, de sons, d’odeurs. C’est d’abord un mélange de lumière et d’obscurité, une opposition saisissante à la fois douce et forte.

Des fleurs épluchées, il ne reste plus dans les paniers que les pétales qui sont vendus pour faire des offrandes, des fleurs tressées rouges jaunes comme de longues nattes pour les temples ou entrelacées comme les fleurs de jasmin pour les cheveux des femmes.

Ce mélange à la fois d’odeur d’herbe, de jasmin, d’œillet d’Inde, s’oppose à l’odeur de l’allée des poulets, cailles et autre volatiles, dominée par des senteurs de chairs découpées et de plumes mouillés.

Plus loin ce sont les odeurs des viandes de boucherie et à l’entrée du marché celles des poissonniers, relents de crevettes sous la chaleur, d’eau souillée, juste à côté des toilettes pour femmes et hommes.

Le calme apaisant des marchands de fleurs et de légumes, où chacun fait ses courses d’une manière un peu flegmatique, s’oppose à la criée de la salle aux poissons, aux appels des poissonnières et à la rumeur de la foule qui se presse comme dans une rame de métro parisien un jour de grève.

Au milieu de tout ça des hommes de peine portent des charges au volume étonnant, en se pressant sous le poids de la charge ou pour en porter plus, afin de faire une meilleure journée. Ils lancent un signal verbal convenu et les gens s’écartent pour les laisser passer.

Je reviens à l’appart. Il y a encore la femme de ménage qui lave toujours le sol comme tous les jours pour rien vraisemblablement mais c’est certainement ce qu’on lui a dit de faire.

Je vide le caméscope, et commence à traiter les rush sur iMovie Véro m’appelle pour me dire de venir la chercher. Je sens dans sa voix que la matinée n’a pas du correspondre à ses espérances.

Abel ne s’est pas occupé d’elle ni de T, il doit travailler pour une expo à Caussade qui lui demande d’envoyer des aquarelles même s’il ne peut pas venir. C’est pour mars. Véro n’a pas fait non plus cette expo puisque nous nous sommes pas à Toulouse.

Chaque salon doit vouloir son aquarelliste « étranger » pour donner une valeur supplémentaire. En 2011 c’était Eugène le Moldave, en 2012 ce sera peut-être Abel.

On revient poser les affaires et on va déjeuner au Satsanga. Véro me confirme que son genou va mieux et on décide pour demain de se faire une journée balade, puisqu’Abel n’est plus disponible.

En revenant on passe par Baker Street pour voir la gérante et lui dire que Véro accrochera ses aquarelles pour le mois de mars. Elle n’est pas au courant mais va voir avec A.

De retour Véro contact A  par Internet pour lui dire de faire le nécessaire, comme prévu.

A 15h on a pris rendez vous pour Coiffeur et pédicure pour Véro et pour manucure et pédicure pour moi.

On est tout de suite séparé. Les femmes avec les femmes et les hommes avec les hommes. J’entre dans un salon où des hommes sont déjà en train de se faire coiffer.

On me fait asseoir sur un fauteuil qui tourne le dos au salon, ce que je regrette évidemment parce que devant moi il n’y a rien pour l’instant.

Au sol, des serviettes sont censées protéger mes pieds nus, moi-même j’ai marché dessus en m’asseyant et l’employé qui est en chaussure marche aussi allègrement dessus. Sur les serviettes est posé un appareil électrique qui contient de l’eau et qui fait vibreur pour masser les pieds.

Je me déchausse donc et je pense que je vais passer par l’étape les pieds dans l’eau et bien non. Directement l’employé qui est assis devant moi sur un petit tabouret prend mon pied droit qu’il pose délicatement sur ses genoux recouverts d’une serviette de même catégorie que celles qui sont au sol.

Il commence à me couper les ongles des pieds avec un coupe-ongle classique muni d’un petit levier.

J’ai bien sûr un petit moment de déception en pensant à une jolie pédicuriste en décolleté, mais il faut s’y faire. Les garçons dans le salon sont assez beaux gosses et je pense donc qu’il n’y en a que pour les homos.

À côté de moi est assis sur un petit tabouret en plastique rose un homme jeune qui regarde attentivement comment s’y prend celui qui s’occupe de moi.

Une fois les ongles du pied droit coupé, je peux mettre le pied dans l’eau et sentir les petites vibrations occasionnées par le bouillonnement d’eau.

Même chose pour le pied gauche.

Il sort mon pied droit de l’eau, pour m’enlever, à l’aide d’une petit spatule les petites peau sur l’ongle, Il commence par bien nettoyer la spatule sur un kleenex à la fin du premier ongle, après il oublie et frotte la spatule directement sur la serviette. A la fin, il m’essuie le pied avec la serviette sur laquelle il y a toutes les cochonneries qu’il a ôtées. Idem pour le pied gauche.

Dès qu’il a utilisé un  outil qu’il a pris dans une sorte de casier en plastique noir pour donner confiance au client, il le pose sur la serviette sur laquelle tout le monde marche, et le reprend le cas échéant.

Ensuite, je crois comprendre «scrapping », c’est le grattoir sur lequel il pose une gelée pas très engageante. Ce n’est finalement pas désagréable, je retrouve des sensations sous la plante des pieds là où je ressens souvent de l’insensibilité.
Puis il utilise un grattoir plus fin.
Je raconte ça rapidement, mais en fait c’est très long.

Il commence le massage des pieds et moi  je suis déjà fatigué de tout ça. Il me dit qu’il masse aussi le corps et je lui dis qu’il n’y compte pas je déteste ça. Je sens que ça lui paraît bizarre.

Avec le massage des pieds commencent les mains. Le gars assis sur le petit tabouret rose attendait en fait son tour.

Il est assis à ma gauche sur un tabouret qui supporte une petite cuvette plate dans laquelle il y a de l’eau trop chaude pour que j’y trempe mes mains. J’y vais doucement, mais il a l’air pressé.
Il commence par ma main gauche. Je ne le sens pas bien ce type, je me demande si ce n’est pas un apprenti.

Pendant ce temps, en face, le massage du pied droit continue et je lui dit de faire attention à mon pouce qui est toujours un peu enflammé depuis que je me le suis éclaté au Sri Lanka et qu’il s’est réinfecté l’an dernier ici, je me demande s’il n’y a pas une merde qui est resté dedans.

Il comprend, douleur, et ça se voit en plus, c’est rouge à la source de l’ongle il me dit oui, mais oublie aussitôt avec ses gestes de masseur automate il repasse régulièrement avec force sur  mon pouce. Ça me crispe.

L’autre pendant ce temps me pince sans me couper avec son coupe-ongles qui finit par lui échapper des mains et tombe sur les serviettes paillasson. Il le ramasse sans problème et continue.
Sauf que pour le ramasser, il se lève du tabouret auquel est fixé l’appui de la cuvette, dans laquelle trempe ma main droite et sur laquelle je suis un peu crispé compte tenu de ce qui m’arrive aux mains et aux pieds, et je vois la cuvette qui se met  à pencher, réflexe, je retiens le tout, pour ne pas tout prendre sur mes genoux, sur lesquels il avait été mis par précaution une serviette.

À partir de ce moment je tiens mes coudes levés pour ne pas appuyer sur le bassin et laisser quand même mes mains tremper dedans.

Lorsqu’il passe à la main droite l’autre passe au pied gauche. J’ai ma main gauche plongée dans la bassine, la droite qui croise au-dessus pour qu’il me coupe les ongles, j’ai le dos droit pour ne pas appuyer sur la cuvette et le pied gauche tendu sur les genoux du masseur. Je pense qu’il y a mieux comme position pour se détendre.

J’ai chaud et je transpire et j’ai l’impression que je vais tout envoyer promener.

Par chance le manucure arrête pour que le masseur puisse finir tranquillement son massage avec un crème qui contient des éléments durs qui me râpe les pieds.

Quand il arrête, le manucure reprend lui aussi avec des massages des mains, mais ça je m’en fous mes mains vont bien et puis les mains on les soigne naturellement.

Le pédicure revient et me met à l’aide d’un pinceau de l’huile de paraffine chaude sur les pieds et il m’emballe chaque pied dans du papier alu. J’ai deux papillotes au bout des pieds.

Et il s’en va. Je dois toujours subir l’autre, mais un seul à supporter c’est plus facile pour moi. Il me propose des choses qui rendent les mains plus douces, je dis non, je m’en fou d’avoir les mains plus douces ce que je veux c’est que ça s’arrête.

Un grand homme vient, il fait nettoyer le coin d’un deuxième fauteuil comme le mien. Une femme balaye le sol. Puis tout autour du fauteuil sont mises des serviettes immaculées sur lesquelles marchent sans vergogne avec leurs chaussures les employés, le blanc en devient un peu plus gris.

Je sens qu’on prépare ce coin pour un client important. On met la clim, je comprends mieux pourquoi je transpirai.

Un homme en sarong blanc et en chemise kaki s’installe dans le fauteuil. Le gros homme lui règle le dossier pour qu’il soit parfaitement bien, pousse de toute sa force le fauteuil en avant, apporte des sachets à verser dans l’eau.

Lui commence par se mouiller les pieds, ce n’est pas le même rituel pour les Indiens, avant de se faire couper les ongles.

Pour moi ça se termine enfin, j’ai mal au dos de toutes ces torsions et on m’enlève mes chaussures alu, et la paraffine je peux enfin y aller. On me demande comment je me sens et je dis, je me sens fatigué. Je vois à leur tête que ce n’est pas la réponse qu’ils attendaient.

À la caisse, on me propose d’attendre Véro, je dis non, je paie pour moi et je m’en vais.

Je suis tout content de me retrouver dans la rue. Le monde indien me manquait. La foire de la vie, les troupeaux de vaches dans les rues, les klaxons.

Je me dis que j’y reviendrai mais uniquement pour les pieds et en faisant plus simple sans la paraffine. 
Les pieds c’est devenu pour moi quelque chose d’important le jour au j’ai vu un vieil homme aux pieds déformés d’une manière incroyable parce qu’il n’avait jamais du s’en occuper de sa vie.
Ce devait être un paysan ou un ouvrier, c’était dans un hôpital psychiatrique et je n’arrive pas à me souvenir s’il était mort ou si c’était un patient qui avait les pieds sales en plus. Depuis j’ai toujours pensé que c’était important de surveiller ses pieds.

Regarder les pieds des autres et aussi regarder leurs oreilles donne souvent des informations originales sur les gens.

Véro revient, elle contente du dépoilage, et du pédicure, mais un peu moins du coiffeur qui lui coupe les cheveux courts comme si elle était un homme.

On part faire des courses au Nilgiris et on fait aussi le plein d’essence pour pouvoir partir tôt demain matin.

On mange des pâtes aux champignons et à la crème un régal qui va nous mettre en forme pour demain.

2 commentaires:

  1. Message spécial à l'attention exclusive de
    Jean-No :

    J'ai beaucoup de compassion pour toi à la lecture de la quasi torture que fut ta séance pédicurie-manucurie...

    Il y des momments dans la vie dont on se passerai bien...

    Néanmoins un conseil si tu permets ; la prochaine fois tu fais appeller par un indien pour le rdv, qui précisera bien que tu es un cinéaste français de renom, marié à une artiste renommée, que vous séjournez à Pondy et que vous connassez bien le consul de France et que vous êtes amis avec le directeur de l'AF...

    Et puis n'aarivez pas avec la moto et les courses du Nilgiris et du Goubert Market, attachés au guidon ; non !

    Opter pour le gros 4X4 avec le petit drapeau sur le devant du capot.

    Dans ces conditions tu aura le traitement VIP que tu n'as pa eu...

    C'était le conseil "People" de LouLou Misseï, qui vus embrasse

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    1. C'est certain que parfois on manque un peu d'allure !!!!!!!!! Et attends, on n'a pas encore fait de trip avec notre superbe bagagerie indienne à l'arrière de la moto ... C'est prévu pour début mars et à mon avis une fois qu'on nous aura vu passer dans Pondy avec notre harnachement, on n'aura plus qu'à prendre le vol de retour !!!!!!!!!!

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