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| Les gentilles femmes du petit village d'avant hier |
Pas de photos aujourd'hui, mais demain, y'en aura plein !
Ça y est ce matin ça va
beaucoup mieux j’ai retrouvé la forme.
Ouf !
Le pain du matin, le soleil
se lève plus tard et arrive plus tardivement dans l’appartement ce qui permet
de bénéficier un peu plus longtemps de la fraîcheur de la fin de nuit.
J’ai oublié de dire que Véro
est tombée en manquant une marche dimanche soir en sortant de la maison
Colombani et qu’elle s’était à nouveau fait mal au genou "entorsé".
Ce matin, ça va mieux aussi
après un traitement à la pommade anti-inflammatoire.
Je conduis Véro à la galerie
et je reviens en passant par le marché Goubert pour essayer de capter le
maximum de lumière.
Ce marché se caractérise par
des contrastes étonnants de lumières, de sons, d’odeurs. C’est d’abord un
mélange de lumière et d’obscurité, une opposition saisissante à la fois douce
et forte.
Des fleurs épluchées, il ne
reste plus dans les paniers que les pétales qui sont vendus pour faire des
offrandes, des fleurs tressées rouges jaunes comme de longues nattes pour les temples
ou entrelacées comme les fleurs de jasmin pour les cheveux des femmes.
Ce mélange à la fois d’odeur
d’herbe, de jasmin, d’œillet d’Inde, s’oppose à l’odeur de l’allée des poulets,
cailles et autre volatiles, dominée par des senteurs de chairs découpées et de
plumes mouillés.
Plus loin ce sont les odeurs
des viandes de boucherie et à l’entrée du marché celles des poissonniers,
relents de crevettes sous la chaleur, d’eau souillée, juste à côté des
toilettes pour femmes et hommes.
Le calme apaisant des
marchands de fleurs et de légumes, où chacun fait ses courses d’une manière un
peu flegmatique, s’oppose à la criée de la salle aux poissons, aux appels des
poissonnières et à la rumeur de la foule qui se presse comme dans une rame de
métro parisien un jour de grève.
Au milieu de tout ça des
hommes de peine portent des charges au volume étonnant, en se pressant sous le
poids de la charge ou pour en porter plus, afin de faire une meilleure journée.
Ils lancent un signal verbal convenu et les gens s’écartent pour les laisser
passer.
Je reviens à l’appart. Il y
a encore la femme de ménage qui lave toujours le sol comme tous les jours pour
rien vraisemblablement mais c’est certainement ce qu’on lui a dit de faire.
Je vide le caméscope, et
commence à traiter les rush sur iMovie Véro m’appelle pour me dire de venir la
chercher. Je sens dans sa voix que la matinée n’a pas du correspondre à ses
espérances.
Abel ne s’est pas occupé
d’elle ni de T, il doit travailler pour une expo à Caussade qui lui demande
d’envoyer des aquarelles même s’il ne peut pas venir. C’est pour mars. Véro n’a
pas fait non plus cette expo puisque nous nous sommes pas à Toulouse.
Chaque salon doit vouloir
son aquarelliste « étranger » pour donner une valeur supplémentaire.
En 2011 c’était Eugène le Moldave, en 2012 ce sera peut-être Abel.
On revient poser les
affaires et on va déjeuner au Satsanga. Véro me confirme que son genou va mieux
et on décide pour demain de se faire une journée balade, puisqu’Abel n’est plus
disponible.
En revenant on passe par
Baker Street pour voir la gérante et lui dire que Véro accrochera ses
aquarelles pour le mois de mars. Elle n’est pas au courant mais va voir avec A.
De retour Véro contact
A par Internet pour lui dire de
faire le nécessaire, comme prévu.
A 15h on a pris rendez vous
pour Coiffeur et pédicure pour Véro et pour manucure et pédicure pour moi.
On est tout de suite séparé.
Les femmes avec les femmes et les hommes avec les hommes. J’entre dans un salon
où des hommes sont déjà en train de se faire coiffer.
On me fait asseoir sur un
fauteuil qui tourne le dos au salon, ce que je regrette évidemment parce que
devant moi il n’y a rien pour l’instant.
Au sol, des serviettes sont
censées protéger mes pieds nus, moi-même j’ai marché dessus en m’asseyant et
l’employé qui est en chaussure marche aussi allègrement dessus. Sur les
serviettes est posé un appareil électrique qui contient de l’eau et qui fait
vibreur pour masser les pieds.
Je me déchausse donc et je
pense que je vais passer par l’étape les pieds dans l’eau et bien non.
Directement l’employé qui est assis devant moi sur un petit tabouret prend mon
pied droit qu’il pose délicatement sur ses genoux recouverts d’une serviette de
même catégorie que celles qui sont au sol.
Il commence à me couper les
ongles des pieds avec un coupe-ongle classique muni d’un petit levier.
J’ai bien sûr un petit
moment de déception en pensant à une jolie pédicuriste en décolleté, mais il
faut s’y faire. Les garçons dans le salon sont assez beaux gosses et je pense
donc qu’il n’y en a que pour les homos.
À côté de moi est assis sur
un petit tabouret en plastique rose un homme jeune qui regarde attentivement
comment s’y prend celui qui s’occupe de moi.
Une fois les ongles du pied
droit coupé, je peux mettre le pied dans l’eau et sentir les petites vibrations
occasionnées par le bouillonnement d’eau.
Même chose pour le pied
gauche.
Il sort mon pied droit de
l’eau, pour m’enlever, à l’aide d’une petit spatule les petites peau sur
l’ongle, Il commence par bien nettoyer la spatule sur un kleenex à la fin du
premier ongle, après il oublie et frotte la spatule directement sur la
serviette. A la fin, il m’essuie le pied avec la serviette sur laquelle il y a
toutes les cochonneries qu’il a ôtées. Idem pour le pied gauche.
Dès qu’il a utilisé un outil qu’il a pris dans une sorte de
casier en plastique noir pour donner confiance au client, il le pose sur la
serviette sur laquelle tout le monde marche, et le reprend le cas échéant.
Ensuite, je crois comprendre
«scrapping », c’est le grattoir sur lequel il pose une gelée pas très
engageante. Ce n’est finalement pas désagréable, je retrouve des sensations
sous la plante des pieds là où je ressens souvent de l’insensibilité.
Puis il utilise un grattoir
plus fin.
Je raconte ça rapidement,
mais en fait c’est très long.
Il commence le massage des
pieds et moi je suis déjà fatigué
de tout ça. Il me dit qu’il masse aussi le corps et je lui dis qu’il n’y compte
pas je déteste ça. Je sens que ça lui paraît bizarre.
Avec le massage des pieds
commencent les mains. Le gars assis sur le petit tabouret rose attendait en
fait son tour.
Il est assis à ma gauche sur
un tabouret qui supporte une petite cuvette plate dans laquelle il y a de l’eau
trop chaude pour que j’y trempe mes mains. J’y vais doucement, mais il a l’air
pressé.
Il commence par ma main
gauche. Je ne le sens pas bien ce type, je me demande si ce n’est pas un
apprenti.
Pendant ce temps, en face,
le massage du pied droit continue et je lui dit de faire attention à mon pouce
qui est toujours un peu enflammé depuis que je me le suis éclaté au Sri Lanka
et qu’il s’est réinfecté l’an dernier ici, je me demande s’il n’y a pas une
merde qui est resté dedans.
Il comprend, douleur, et ça
se voit en plus, c’est rouge à la source de l’ongle il me dit oui, mais oublie
aussitôt avec ses gestes de masseur automate il repasse régulièrement avec
force sur mon pouce. Ça me crispe.
L’autre pendant ce temps me
pince sans me couper avec son coupe-ongles qui finit par lui échapper des mains
et tombe sur les serviettes paillasson. Il le ramasse sans problème et
continue.
Sauf que pour le ramasser,
il se lève du tabouret auquel est fixé l’appui de la cuvette, dans laquelle
trempe ma main droite et sur laquelle je suis un peu crispé compte tenu de ce
qui m’arrive aux mains et aux pieds, et je vois la cuvette qui se met à pencher, réflexe, je retiens le tout,
pour ne pas tout prendre sur mes genoux, sur lesquels il avait été mis par
précaution une serviette.
À partir de ce moment je
tiens mes coudes levés pour ne pas appuyer sur le bassin et laisser quand même
mes mains tremper dedans.
Lorsqu’il passe à la main
droite l’autre passe au pied gauche. J’ai ma main gauche plongée dans la
bassine, la droite qui croise au-dessus pour qu’il me coupe les ongles, j’ai le
dos droit pour ne pas appuyer sur la cuvette et le pied gauche tendu sur les
genoux du masseur. Je pense qu’il y a mieux comme position pour se détendre.
J’ai chaud et je transpire
et j’ai l’impression que je vais tout envoyer promener.
Par chance le manucure
arrête pour que le masseur puisse finir tranquillement son massage avec un
crème qui contient des éléments durs qui me râpe les pieds.
Quand il arrête, le manucure
reprend lui aussi avec des massages des mains, mais ça je m’en fous mes mains
vont bien et puis les mains on les soigne naturellement.
Le pédicure revient et me
met à l’aide d’un pinceau de l’huile de paraffine chaude sur les pieds et il
m’emballe chaque pied dans du papier alu. J’ai deux papillotes au bout des
pieds.
Et il s’en va. Je dois
toujours subir l’autre, mais un seul à supporter c’est plus facile pour moi. Il
me propose des choses qui rendent les mains plus douces, je dis non, je m’en
fou d’avoir les mains plus douces ce que je veux c’est que ça s’arrête.
Un grand homme vient, il
fait nettoyer le coin d’un deuxième fauteuil comme le mien. Une femme balaye le
sol. Puis tout autour du fauteuil sont mises des serviettes immaculées sur
lesquelles marchent sans vergogne avec leurs chaussures les employés, le blanc
en devient un peu plus gris.
Je sens qu’on prépare ce
coin pour un client important. On met la clim, je comprends mieux pourquoi je
transpirai.
Un homme en sarong blanc et
en chemise kaki s’installe dans le fauteuil. Le gros homme lui règle le dossier
pour qu’il soit parfaitement bien, pousse de toute sa force le fauteuil en
avant, apporte des sachets à verser dans l’eau.
Lui commence par se mouiller
les pieds, ce n’est pas le même rituel pour les Indiens, avant de se faire
couper les ongles.
Pour moi ça se termine enfin,
j’ai mal au dos de toutes ces torsions et on m’enlève mes chaussures alu, et la
paraffine je peux enfin y aller. On me demande comment je me sens et je dis, je
me sens fatigué. Je vois à leur tête que ce n’est pas la réponse qu’ils
attendaient.
À la caisse, on me propose
d’attendre Véro, je dis non, je paie pour moi et je m’en vais.
Je suis tout content de me
retrouver dans la rue. Le monde indien me manquait. La foire de la vie, les
troupeaux de vaches dans les rues, les klaxons.
Je me dis que j’y reviendrai
mais uniquement pour les pieds et en faisant plus simple sans la paraffine.
Les pieds c’est devenu pour
moi quelque chose d’important le jour au j’ai vu un vieil homme aux pieds
déformés d’une manière incroyable parce qu’il n’avait jamais du s’en occuper de
sa vie.
Ce devait être un paysan ou
un ouvrier, c’était dans un hôpital psychiatrique et je n’arrive pas à me
souvenir s’il était mort ou si c’était un patient qui avait les pieds sales en
plus. Depuis j’ai toujours pensé que c’était important de surveiller ses pieds.
Regarder les pieds des
autres et aussi regarder leurs oreilles donne souvent des informations
originales sur les gens.
Véro revient, elle contente
du dépoilage, et du pédicure, mais un peu moins du coiffeur qui lui coupe les
cheveux courts comme si elle était un homme.
On part faire des courses au
Nilgiris et on fait aussi le plein d’essence pour pouvoir partir tôt demain
matin.
On mange des pâtes aux
champignons et à la crème un régal qui va nous mettre en forme pour demain.

Message spécial à l'attention exclusive de
RépondreSupprimerJean-No :
J'ai beaucoup de compassion pour toi à la lecture de la quasi torture que fut ta séance pédicurie-manucurie...
Il y des momments dans la vie dont on se passerai bien...
Néanmoins un conseil si tu permets ; la prochaine fois tu fais appeller par un indien pour le rdv, qui précisera bien que tu es un cinéaste français de renom, marié à une artiste renommée, que vous séjournez à Pondy et que vous connassez bien le consul de France et que vous êtes amis avec le directeur de l'AF...
Et puis n'aarivez pas avec la moto et les courses du Nilgiris et du Goubert Market, attachés au guidon ; non !
Opter pour le gros 4X4 avec le petit drapeau sur le devant du capot.
Dans ces conditions tu aura le traitement VIP que tu n'as pa eu...
C'était le conseil "People" de LouLou Misseï, qui vus embrasse
C'est certain que parfois on manque un peu d'allure !!!!!!!!! Et attends, on n'a pas encore fait de trip avec notre superbe bagagerie indienne à l'arrière de la moto ... C'est prévu pour début mars et à mon avis une fois qu'on nous aura vu passer dans Pondy avec notre harnachement, on n'aura plus qu'à prendre le vol de retour !!!!!!!!!!
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