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| L'Indian Coffee House |
Déjà
une nouvelle reçue
hier à Toulouse lui plombe
un peu le moral.
Mais au fond ce n'est peut-être pas une si mauvaise nouvelle, seulement le prix de la liberté d'être ce qu'elle est.
Mais au fond ce n'est peut-être pas une si mauvaise nouvelle, seulement le prix de la liberté d'être ce qu'elle est.
Je vais
au pain.
Il est
un peu plus tard et il y a un peu plus d'animation.
Une
femme qui doit habiter en face salue nos voisines du dessous qui doivent être sur leur balcon.
Le
marchand de lait remet un sachet de lait à
un client.
Dans la
rue Savaryrialu, une femme dessine un kolam. Il ne se passe souvent pas grand
chose dans cette rue.
Rue
Petit Canal personne n'est levé,
mais le soleil haut ce matin éclaire
toute la scène des corps
allongés, des toiles de
tentes, des foyers éteints.
Avec le réchauffement l'odeur
monte aussi.
Rue
Sainte Thérèse, le rickshaw est revenu à sa place ainsi que la petite
famille, femme et enfants sont assis encore dans leur couverture. Le père vraisemblablement, est assis
dans l'angle en face dans un rayon de soleil, qui n’aurait pas déplu à Véro
pour prendre une photo.
Le
cagettes de lait toujours empilées
mais pas de petite marchande ce matin.
Les
mendiants et mendiantes regroupés
d'un côté de la cathédrale.
Le
camion de banana world, la rue Ranga Pillai quelques femmes et un homme attendent
assis sur le trottoir de l'autre côté de la rue en face du Sri
Aurobindo autocares service.
Une
bouse en bon état au virage
du quai.
Une
femme et deux enfants déjeunent
à une table du Hot Bread.
Un
Indien me passe devant parce qu'il parle tamoul. Je le regarde mais lui ne me
regarde pas, il n'est pas fier de ce
qu'il fait, mais il le fait.
Je
repars avec mon pain tranché.
Rien de
spécial, les rickshaws et
les dormeurs avant la station service. Le clochard jésus est
assis sur le trottoir après l'arrêt
de bus, je vais vers lui pour lui donner dix roupies. Je sens sa main glacée lorsqu'elle touche la mienne
en prenant le billet.
Un peu
d'animation sous la halle qui recouvre le canal.
Des élèves
infirmières qui sortent de
leur pension et se suivent pour aller à
l'hôpital de l'autre
côté du canal.
Rue
Surcouf une femme a lavé toute
la rue devant sa maison et maintenant dessine un kolam.
Rue
Capitaine Marius Xavier, en face de la belle maison une maison a été
détruite avant notre
arrivée et aujourd'hui je
vois un chantier qui démarre.
Une typique maison tamoule va être
remplacée par une maison
immeuble recouvrant l'ancienne maison et son jardin. Il sort du chantier un
tuyau qui rejette beaucoup d'eau comme si une pompe vidait de l'eau pour construire
les fondations. L'eau est rejetée
dans le caniveau. Au début
de la rue Candappa s'activent les nettoyeuses de rues et l’une
d'entre elle sort des détritus
du caniveau inondé par l'eau rejeté
par le chantier.
On petit
déjeune.
Toujours
petit moral de Véro qui
vient une fois de plus de se faire descendre non pas pour ce qu'elle peint,
mais pour ce qu'elle est.
Ces gens
lui disent "faites des choses plus artistiques".
Ont-ils
regardé ce que faisait Véronique. Ils devrait lire Sade,
lire Céline pour savoir
qu'il y a l'Art, mais pas de choses ou
de thèmes artistiques. De
quoi parlent-ils ? Ils savent ce qu'est l'art, quelle chance ils ont, et il
faut que le monde fasse ce qu'ils pensent être
de l'art.
Manque
de copinage, manque de bêlements
avec les moutons, l'originalité ne
convient pas aux organisations.
Pour
s'agréger il ne faut pas être différente, il ne faut pas être ce que l'on est. Il ne faut pas faire peur par
son originalité. Il faut se
dissimuler, ce que ne sait pas faire Véro.
On prépare la chambre pour nos amis.
Puis on
va au Promenade pour récupérer les affiches et les flyer.
Toujours
là aussi la même incompréhension, personne ne sait ou est
ce qu'on vient chercher et le responsable est toujours injoignable. Il y a
longtemps qu'on ne s'énerve
plus.
C'est
dommage, c'est un peu méprisant
parce qu'en France on râlerait
et là on se dit :
c'est l'Inde.
C'est
aussi parce qu'on n'a pas les clés
pour savoir comment ça
fonctionne.
Véro appelle la responsable et lui
passe l'homme qui s'occupe de nous. On comprendra lorsqu'il arrivera un peu
plus tard avec les affiches qu'elle a dû
lui dire, que si le type qui s'occupe des affiches est en réunion qu'il aille lui demander où sont les affiches et là il le fait.
Au
retour il nous dit même que le responsable des
affiches peut quitter sa réunion
pour venir voir Véro, on
lui dit que ce n'est pas la peine.
On file à "Tout Pondy" voir
Marie la personne qui a dit à Véro de lui apporter une affiche
et des flyers et en plus elle passe l'info sur le site du journal. Quelqu'un
que Véro a vu lors du
vernissage du Red Lotus et qui essaye de rendre service à Véro
pour faire venir du monde au vernissage du Promenade. Une belle inconnue qui a
sympathisé avec Véro et qui offre quelque chose
sans que Véro ait rien
demandé. Il faut dire que
les gens qui fonctionnent comme ça
avec beaucoup d'humanité étaient
au vernissage du Red Lotus.
C'est
aussi une amie de Pichaya et nous lui donnons des nouvelles parce qu'elle ne
savait pas qu'il était
hospitalisé.
Elle
nous confirme qu'ici une personne ne peut pas être
hospitalisée seule. Jour et
nuit il doit y avoir quelqu'un pour aller acheter ce dont le personnel médical a besoin pour les soins.
On va
faire des courses à Pothys
pour qu'il y ait tout ce qu'il faut à la maison pour nos invités.
On pose
tout ça à
l'appart.
On va déjeuner à l'Indian Coffee, notre cantine préférée, là où l'Inde
existe parce qu'à Pondy il
n'est pas facile de trouver ce genre d'endroit qui s'adresse à tous les Indiens.
On
revient rapidement à l'appart
parce qu'à l'Indian Coffee
on déjeune rapidement,
c'est l'Inde.
Café et repos
A 13h30
on est au Red Lotus. On voit en premier le manager qui est toujours aussi
sympathique avec nous.
Le
patron est là aussi il ne
sait pas quoi nous dire depuis que eux aussi on tiré le maximum de ce que nous pouvions leur donner.
A notre
arrivée, dès qu'ils nous ont vu, elle a
sauté au coup de Véro en lui demandant d'exposer
dans son hôtel.
Ils
poursuivaient aussi un autre but, qu'on les emmène
au banian tri-centenaires et au champ des arbres pétrifiés.
Ce que
nous avons fait naïvement
parce que lorsqu'on nous demande quelque chose on a la fâcheuse tendance à dire oui.
Après on ne les voit plus ou épisodiquement, ils ne s'occupent
pas du vernissage, bien que ça
se passe chez eux et aujourd'hui, elle la demandeuse de l'expo a disparu.
Lui s'en
va et nous dit de ne pas hésiter
à demander un café ou quelque chose à boire. Mais le patron parti il
n'y plus personne et l'on se contente d'un verre d'eau tiré à la bonbonne.
On fait
ce qu'on a à faire,
nettoyer toutes les aquarelles qui ont pris la poussière pendant ces 15 jours. On les enveloppe de bulle.
On récupère le livre d'or. Des compliments et aussi ces mots
:
"Des
progrès...
C'est
mieux...
Amma."
Un
membre de la congrégation
des aquarellistes a dû passer
à Pondy.
Je
descends les aquarelles au rez de chaussée.
Puis je
vais chercher un auto-rickshaw.
On
charge les aquarelles, et on l'on débarque
tout notre matériel au
Promenade.
On déballe tout et on commence l'installation qui nous prend 2 heures. Ici
c'est différent, bien que
les oeuvres sont un peu séparées en fonction de la disposition
du hall de l'hôtel, il y a énormément de passage, du fait de l'hôtel lui même, du restaurant, du bar, de la piscine. Déjà
des gens font des compliments à
Véro sur son
travail. Ils n'ont pas l'air de trouver tout ça
répétitif. C'est bon pour Véro de recevoir des avis positifs.
On est
un peu fatigués.
On livre
une dernière aquarelle et
l'on revient à l'appartement.
Une petite bière en
attendant la masseuse.
Elle
arrive un peu en avance comme toujours, et elle fait du bien à Véro.
Salade
de tomates et concombre, fromage, raisins.



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