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jeudi 5 février 2015

Systématique ... !!!! Je vous oublie et tout est pardonné.

L'Indian Coffee House

 Véro se lève à 6h30 et moi à 7h.

Déjà une nouvelle reçue hier à Toulouse lui plombe un peu le moral.
Mais au fond ce n'est peut-être pas une si mauvaise nouvelle, seulement le prix de la liberté d'être ce qu'elle est.

Je vais au pain.

Il est un peu plus tard et il y a un peu plus d'animation.

Une femme qui doit habiter en face salue nos voisines du dessous qui doivent être sur leur balcon.

Le marchand de lait remet un sachet de lait à un client.

Dans la rue Savaryrialu, une femme dessine un kolam. Il ne se passe souvent pas grand chose dans cette rue.

Rue Petit Canal personne n'est levé, mais le soleil haut ce matin éclaire toute la scène des corps allongés, des toiles de tentes, des foyers éteints. Avec le réchauffement l'odeur monte aussi.

Rue Sainte Thérèse, le rickshaw est revenu à sa place ainsi que la petite famille, femme et enfants sont assis encore dans leur couverture. Le père vraisemblablement, est assis dans l'angle en face dans un rayon de soleil, qui n’aurait pas déplu à Véro pour prendre une photo.

Le cagettes de lait toujours empilées mais pas de petite marchande ce matin.

Les mendiants et mendiantes regroupés d'un côté de la cathédrale.

Le camion de banana world, la rue Ranga Pillai quelques femmes et un homme attendent assis sur le trottoir de l'autre côté de la rue en face du Sri Aurobindo autocares service.

Une bouse en bon état au virage du quai.

Une femme et deux enfants déjeunent à une table du Hot Bread.

Un Indien me passe devant parce qu'il parle tamoul. Je le regarde mais lui ne me regarde  pas, il n'est pas fier de ce qu'il fait, mais il le fait.
Je repars avec mon pain tranché.

Rien de spécial, les rickshaws et les dormeurs avant la station service. Le clochard jésus  est assis sur le trottoir après  l'arrêt de bus, je vais vers lui pour lui donner dix roupies. Je sens sa main glacée lorsqu'elle touche la mienne en prenant le billet.

Un peu d'animation sous la halle qui recouvre le canal.
Des élèves infirmières qui sortent de leur pension et se suivent pour aller à l'hôpital de l'autre côté du canal.

Rue Surcouf une femme a lavé toute la rue devant sa maison et maintenant dessine un kolam.

Rue Capitaine Marius Xavier, en face de la belle maison une maison a été détruite avant notre arrivée et aujourd'hui je vois un chantier qui démarre. Une typique maison tamoule va être remplacée par une maison immeuble recouvrant l'ancienne maison et son jardin. Il sort du chantier un tuyau qui rejette beaucoup d'eau comme si une pompe vidait de l'eau pour construire les fondations. L'eau est rejetée dans le caniveau. Au début de la rue Candappa s'activent les nettoyeuses de rues et l’une d'entre elle sort des détritus du  caniveau inondé par l'eau rejeté par le chantier.

On petit déjeune.

Toujours petit moral de Véro qui vient une fois de plus de se faire descendre non pas pour ce qu'elle peint, mais pour ce qu'elle est.
Ces gens lui disent "faites des choses plus artistiques".
Ont-ils regardé ce que faisait Véronique. Ils devrait lire Sade, lire Céline pour savoir qu'il y a l'Art, mais pas  de choses ou de thèmes artistiques. De quoi parlent-ils ? Ils savent ce qu'est l'art, quelle chance ils ont, et il faut que le monde fasse ce qu'ils pensent être de l'art.
Manque de copinage, manque de bêlements avec les moutons, l'originalité ne convient pas aux organisations.
Pour s'agréger il ne faut pas être différente, il ne faut pas être ce que l'on est. Il ne faut pas faire peur par son originalité. Il faut se dissimuler, ce que ne sait pas faire Véro.

On prépare la chambre pour nos amis.

Puis on va au Promenade pour récupérer les affiches et les flyer.

Toujours là aussi la même incompréhension, personne ne sait ou est ce qu'on vient chercher et le responsable est toujours injoignable. Il y a longtemps qu'on ne s'énerve plus.
C'est dommage, c'est un peu méprisant parce qu'en France on râlerait et là on se dit : c'est l'Inde.
C'est aussi parce qu'on n'a pas les clés pour savoir comment ça fonctionne.
Véro appelle la responsable et lui passe l'homme qui s'occupe de nous. On comprendra lorsqu'il arrivera un peu plus tard avec les affiches qu'elle a dû lui dire, que si le type qui s'occupe des affiches est en réunion qu'il aille lui demander où sont les affiches et là il le fait.
Au retour il  nous dit même que le responsable des affiches peut quitter sa réunion pour venir voir Véro, on lui dit que ce n'est pas la peine.

On file à "Tout Pondy" voir Marie la personne qui a dit à Véro de lui apporter une affiche et des flyers et en plus elle passe l'info sur le site du journal. Quelqu'un que Véro a vu lors du vernissage du Red Lotus et qui essaye de rendre service à Véro pour faire venir du monde au vernissage du Promenade. Une belle inconnue qui a sympathisé avec Véro et qui offre quelque chose sans que Véro ait rien demandé. Il faut dire que les gens qui fonctionnent comme ça avec beaucoup d'humanité étaient au vernissage du Red Lotus.
C'est aussi une amie de Pichaya et nous lui donnons des nouvelles parce qu'elle ne savait pas qu'il était hospitalisé.
Elle nous confirme qu'ici une personne ne peut pas être hospitalisée seule. Jour et nuit il doit y avoir quelqu'un pour aller acheter ce dont le personnel médical a besoin pour les soins.

On va faire des courses à Pothys pour qu'il y ait tout ce qu'il faut à  la maison pour nos invités.

On pose tout ça à  l'appart.


On va déjeuner à l'Indian Coffee, notre cantine préférée, là où l'Inde existe parce qu'à Pondy il n'est pas facile de trouver ce genre d'endroit qui s'adresse à tous les Indiens.


On revient rapidement à l'appart parce qu'à l'Indian Coffee on déjeune rapidement, c'est l'Inde.

Café et repos

A 13h30 on est au Red Lotus. On voit en premier le manager qui est toujours aussi sympathique avec nous.
Le patron est là aussi il ne sait pas quoi nous dire depuis que eux aussi on tiré le maximum de ce que nous pouvions leur donner.
A notre arrivée, dès qu'ils nous ont vu, elle a sauté au coup de Véro en lui demandant d'exposer dans son hôtel.
Ils poursuivaient aussi un autre but, qu'on les emmène au banian tri-centenaires et au champ des arbres pétrifiés.
Ce que nous avons fait naïvement parce que lorsqu'on nous demande quelque chose on a la fâcheuse tendance à dire oui.

Après on ne les voit plus ou épisodiquement, ils ne s'occupent pas du vernissage, bien que ça se passe chez eux et aujourd'hui, elle la demandeuse de l'expo a disparu.

Lui s'en va et nous dit de ne pas hésiter à demander un café ou quelque chose à boire. Mais le patron parti il n'y plus personne et l'on se contente d'un verre d'eau tiré à la bonbonne.

On fait ce qu'on a à faire, nettoyer toutes les aquarelles qui ont pris la poussière pendant ces 15 jours. On les enveloppe de bulle.
On récupère le livre d'or. Des compliments et aussi ces mots :

"Des progrès...
C'est mieux...
Amma."

Un membre de la congrégation des aquarellistes a dû passer à Pondy.

Je descends les aquarelles au rez de chaussée.
Puis je vais chercher un auto-rickshaw.

On charge les aquarelles, et on l'on débarque tout notre matériel au Promenade.

On déballe tout et on commence  l'installation qui nous prend 2 heures. Ici c'est différent, bien que les oeuvres sont un peu séparées en fonction de la disposition du hall de l'hôtel, il y a énormément de passage, du fait de l'hôtel lui même, du restaurant, du bar, de la piscine. Déjà des gens font des compliments à Véro sur son travail. Ils n'ont pas l'air de trouver tout ça répétitif. C'est bon pour Véro de recevoir des avis positifs.

On est un peu fatigués.

On livre une dernière aquarelle et l'on revient à l'appartement. Une petite bière en attendant la masseuse.
Elle arrive un peu en avance comme toujours, et elle fait du bien à Véro.

Salade de tomates et concombre, fromage, raisins.

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