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| Sur la promenade. |
Véro
a super dormi elle se lève à 6h30 et moi à 7h.
Je vais au pain.
Ce matin un tracteur benne et son équipe sont à l'oeuvre juste devant le
portail.
Il y a le proprio qui leur donne les
sacs poubelles de l'immeuble.
L'air est toujours frais.
L'homme sur son mur écoute son transistor et en fait
profiter tous les passants de la rue.
Les mendiants et mendiantes ont quitté les marches de la cathédrale, l’une d'elle fait un
bout de chemin avec moi, comme je marche plus vite je la laisse derrière moi.
La petite marchande de lait arrive de
la cathédrale et rejoint
ses cagettes de berlingots de lait.
Sur les marches de Focus chaque
mendiante est en train de commencer son petit déjeuner
en sortant des sacs ce qu'elle a préparé. Une s'est isolée sur les marches d'Arcadia,
elle est toute concentrée
sur sa nourriture.
Deux corps allongés sur les marches de PT export
et l'autre sur les marches de Cute Kitchen. Ce que je remarque c'est qu'ils
sont très emballés dans leur couverture de nuit.
Il fait de plus en plus chaud la journée
mais il semble que les nuits sont encore froides avec ce beau ciel découvert tout le jour et toute
la nuit.
Un chariot de marchand des 4 saisons
est magnifiquement agencé avec
des bananes d'un côté, du raisin blanc de l'autre et
des papayes au milieu. Il pousse son chariot et part pour sa journée.
Beaucoup de bouses ce matin rue Ranga
Pillai et je dois faire attention avec le soleil qui m'arrive de face.
Beaucoup de monde aussi assis sur le
trottoir ou debout devant le bureau de
Sri Aurobindo autocares services. Des touristes indiens qui attendent
l'ouverture et le bus.
C'est calme ce matin au cool cat. Au
Hot Bread des clients indiens déjeunent.
Je prends mon pain, le caissier avec sa charlotte sur la tête s'occupe lui même de le trancher.
Je reviens par le quai.
La femme qui dort à côté du rickshaw et de son chien
avant la station service est elle aussi toute enroulée dans ses couvertures.
Le clochard jésus est allongé
légèrement adossé au mur juste avant l'arrêt de bus je ne le dérange pas.[1]
Je continue mon chemin et croise le
livreur de bouteilles de gaz rouges qui pousse son chargement ce matin.
Petit déjeuner.
On descend ensuite chez les proprio
pour leur montrer le résultat
des photos. Il n'y a que lui pour les regarder et Véro pense qu'il n'est pas très emballé,
c'est une impression.
Je lui dis qu'une des aquarelles est
tombée dans le couloir et Véro et moi on voudrait récupérer celle qui est chez les voisines du dessous pour
la faire vérifier par
l'encadreur avant qu'elle ne tombe elle aussi.
Le proprio a une attitude encore plus
bizarre que lorsqu'il regardait les photos et nous dit qu'il y en avait une
deuxième qu'elle est là parce que ces dames du dessous
l'on remplacée par une
aquarelle d'Ejoumalé.
Il va derrière un fauteuil dans l'entrée qui est là
parce qu'ils ne doivent pas savoir quoi en faire et il en extrait une
aquarelle de Véro couverte
de poussière. Il
bredouille, il est un peu gêné et nous dit qu'il comptait
faire repeindre chez lui et la mettre. Vu la quantité de poussière
ça fait certainement une
année qu'elle est là. Ce qui correspondrait au
passage d'Ejoumale il y a un an dans leur appartement.
Le proprio n'apprécie pas ce dernier qu'il considère comme quelqu'un qui n'est pas
respectable mais on n'arrive pas à
comprendre pourquoi. Ce n'est pas la première
fois qu'il nous parle de lui en ces termes.
Véro
me dira après qu'elle s'est
sentie humiliée.
On peut dire que cette année ça
continue.
Le proprio nous dit qu'il va récupérer l'autre dans l'appart de ces dames et qu'il
nous la passera pour révision.
On pourra, vu le cas qu'elles en font et lui aussi, leur rendre une belle copie
de l'aquarelle.
Achats de fruits chez Pazamudhir
qu'on vient poser à l'appart.
En sortant la proprio m'appelle pour
me dire qu'elle va monter voir la machine à
laver avant d'appeler le réparateur.
Je lui dis oui, que dire d'autre. Elle aurait pu venir hier puisqu'on leur a
dit samedi, on aurait gagné une
journée.
Plus que 18 jours et tout à coup on est content qu'il reste
aussi peu de temps.
On va chez Félix pour qu'il jette un coup d'oeil à la moto, nous allons partir 3
jours à Kumbamkonam pour
voir le temple de Darasuram que nous avons toujours survolé mais qui mérite mieux, dans le petit village
de SwamimalaIpour voir les artisans qui fabriquent les statues et objets en
bronze et aussi peut-être
dans le village de Tirubuvanam qui est un grand centre de tissage de la soie.
Félix
n'est pas là, on attend un
peu parce qu'évidemment
tout est grand ouvert. Et on repart.
On va chez Pichaya qui est de retour
chez lui.
On le trouve à sa place de la table d'hôte là où tous les matins il déjeune avec ses hôtes. Aujourd'hui il est seul.
Il est ému
de nous voir et nous embrasse.
On prend place et on discute, tout en
lui disant qu'il nous a fait peur. Il nous parle de sa santé qui va mieux, de son anémie.
Comme toujours, en hôte bien élevé il nous propose un café.
Comme toujours, avec Daya il est en train de régler des problèmes avec le Space, le restaurant du dessous lui coupe l'électricité pour l'ennuyer.
Comme toujours, avec Daya il est en train de régler des problèmes avec le Space, le restaurant du dessous lui coupe l'électricité pour l'ennuyer.
On discute de choses et d'autres, Véro lui parle des petites filles
qu'elle prend en photo et qui ont des attitudes étranges
pour les gens d'ici, et l'on pourrait croire qu'elles sont déjà
dans la séduction.
Pichaya comprend et attribue tout ça
aux règles trop strictes
aux codes sociaux rigoureux et parfois les gens explosent et se lâchent, toute pudeur balayée.
Hier il est allé faire un tour sur la promenade
Goubert je lui dis qu'on était
à l'expo au parc Barathi et
il me dit qu'il n'y va jamais il n'y a
que des peintres, il n'y a pas d'artistes.
Comme c'est bon d'entendre ça.
Il dit que ce sont des techniciens,
des artisans qui font tous la même
chose. On pourrait croire qu'il parle de la France.
Je me dis que si cet homme devait
disparaître je ne sais si ça vaudrait le coup de revenir à Pondy. Pour l'instant, et on le
connaît depuis 18 ans avec
ses défauts nombreux et ses
qualités nombreuses, jamais
il n'a manqué à son devoir
d'être humain, d'hôte accueillant et sans
hypocrisie.
Je ne pense pas qu'il existe
quelqu'un qui lui ressemble à Pondy,
mais on ne connaît pas tout
le monde.
Sa soeur arrive et c'est la même délicatesse de personne ayant de l'éducation et la mettant en
pratique.
Vis à vis de gens
comme ça on se sent un peu
rustre.
On n'est pas dupe de tous leurs défauts mais ils les assument et
c'est ce qui fait qu'on les aime.
Je crois que c'est tout simplement
que malgré
un égoïsme assumé, il y a en eux quelque part de la générosité. Et chez Pichaya cette générosité est partagée avec tout le monde, quel qu'il
soit, Indien ou Occidental.
On le laisse en lui disant qu'on part
pour Kombakonam pour voir le temple de Darasuram, il veut que Véro lui ramène des photos du temple et des
fresques.
Il demande à Véro
si elle a peint ici et elle lui dit : -non ici je fais des photos.
C'est vrai que tu fais des photos comme une pro, lui dit Pichaya et c'est
flatteur car il sait bien lui que les vrais artistes sont des touche à tout comme lui qui est toujours
dans un nouveau projet, de peinture ou de films, ou de photos, ou de chants, ou
de danse.
On retourne chez Félix, il est là. Il regarde rapidement l'huile,
la chaîne tout est OK pour
notre trip. Il part.
Il est midi, on décide d'aller déjeuner au restaurant Tanto à Auroville.
Oven fisch
On passe un moment et on revient en
s'arrêtant chez Pazamudhir
de la rue Ranga Pillai Véro
y prend des champignons pour faire des pâtes
ce soir.
Repos à
l'appart.
Café.
On part pour une balade sur la promenade toujours pour garder
la forme et à l'occasion
glaner quelques photos.
On revient par la rue Nehru parce que
Véro tient à savoir pourquoi sur la photo
derrière la porte du
Surguru pour riches, on ne voit pas mes pieds.
On passe par le temple et on constate
que Lakshmi l'éléphante n'est pas là.
Devant la porte du Surguru on s'aperçoit que le bas de la porte vitrée avec le plan de Pondy est
terminé par une planche en
bois, c'est horrible mais c'est indien et c'était ce qui cachait mes pieds.
La suggestion de sauter derrière la porte n'est pas réalisable.
Véro
repart donc en cherchant une idée
de ce qu'on pourrait mettre sur le seuil pour refaire la photo afin qu'on voit
aussi mes pieds, c'est ça
un artiste, c'est fatiguant, ça
ne fait pas que peindre.
On pose le matériel photo à
l'appart et on demande à Antoine
ce qu'il en est pour la machine à laver, il nous dit que sa
femme y a fait quelque chose avec le réparateur au téléphone
il faut essayer. Véro met
une petite lessive.
On part chez l'encadreur pour récupérer les cadres qu'on y a déposés la
semaine dernière. Chez
l'encadreur il y a Abel qui est là
pour faire encadrer une grande aquarelle de danseuses parce que le WE
prochain il y a une expo, près
de l'ancien phare, de peintres pondicherriens et il y participe.
On lui raconte le changement de
l'aquarelle de Véro par une
d'Ejoumalé à l'étage au-dessous et Abel devient
tout à coup mal à l'aise comme le proprio.
Comme on n'a peur de rien et que ça nous fait plaisir de le penser, on se demande et on imagine ce qui a pu se passer pour le prix d'une aquarelle.
Comme on n'a peur de rien et que ça nous fait plaisir de le penser, on se demande et on imagine ce qui a pu se passer pour le prix d'une aquarelle.
Véro
revient en auto-rickshaw.
A l'arrivée il y a la femme du proprio je lui dis qu'on veut
récupérer l'aquarelle du 1er étage pour la faire vérifier afin qu'elle ne tombe
pas. Elle et lui montent à l'étage et il n'y a personne ils
entrent et récupèrent l'aquarelle.
Véro
pendant ce temps est montée
et on leur dit que la machine à laver
le linge fonctionne à nouveau.
Tout est bien. Toujours pas de merci
pour les photos d'hier ni des proprios, ni de la fille à laquelle Véro
les a envoyées ce matin.
De vrais franco-pondicherriens et une
vraie française.
Pourtant c'est souvent les Indiens
qui passent pour des gens mal élevés.
J'espère
que leur dieu en tiendra compte. ça
me fait penser qu'hier sur un stand il y avait ces mots : dieu n'a pas de
religion.
Voilà
je termine par ça,
par le repas du soir pâtes
papillons aux champignons, persil, fromage de comté et au lait de coco. Dessert bananes.

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