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lundi 23 février 2015

On a retrouvé Pichaya.

Sur la promenade.



Véro a super dormi elle se lève à 6h30 et moi à 7h.

Je vais au pain.
Ce matin un tracteur benne et son équipe sont à l'oeuvre juste devant le portail.
Il y a le proprio qui leur donne les sacs poubelles de l'immeuble.

L'air est toujours frais.

L'homme sur son mur écoute son transistor et en fait profiter tous les passants de la rue.

Les mendiants et mendiantes ont quitté les marches de la cathédrale, l’une d'elle fait un bout de chemin avec moi, comme je marche plus vite je la laisse derrière moi.

La petite marchande de lait arrive de la cathédrale et rejoint ses cagettes de berlingots de lait.

Sur les marches de Focus chaque mendiante est en train de commencer son petit déjeuner en sortant des sacs ce qu'elle a préparé. Une s'est isolée sur les marches d'Arcadia, elle est toute concentrée sur sa nourriture.
Deux corps allongés sur les marches de PT export et l'autre sur les marches de Cute Kitchen. Ce que je remarque c'est qu'ils sont très emballés dans leur couverture de nuit.
Il fait de plus en plus chaud la  journée mais il semble que les nuits sont encore froides avec ce beau ciel découvert tout le jour et toute la  nuit.

Un chariot de marchand des 4 saisons est magnifiquement agencé avec des bananes d'un côté, du raisin blanc de l'autre et des papayes au milieu. Il pousse son chariot et part pour sa journée.

Beaucoup de bouses ce matin rue Ranga Pillai et je dois faire attention avec le soleil qui m'arrive de face.

Beaucoup de monde aussi assis sur le trottoir ou debout devant le bureau  de Sri Aurobindo autocares services. Des touristes indiens qui attendent l'ouverture et le bus.

C'est calme ce matin au cool cat. Au Hot Bread des clients indiens déjeunent. Je prends mon pain, le caissier avec sa charlotte sur la tête s'occupe lui même de le trancher.

Je reviens par le quai.

La femme qui dort à côté du rickshaw et de son chien avant la station service est elle aussi toute enroulée dans ses couvertures.

Le clochard jésus est allongé légèrement adossé au mur juste avant l'arrêt de bus je ne le dérange pas.[1] 

Je continue mon chemin et croise le livreur de bouteilles de gaz rouges qui pousse son chargement ce matin.

Petit déjeuner.

On descend ensuite chez les proprio pour leur montrer le résultat des photos. Il n'y a que lui pour les regarder et Véro pense qu'il n'est pas très emballé, c'est une impression.
Je lui dis qu'une des aquarelles est tombée dans le couloir et Véro et moi on voudrait récupérer celle qui est chez les voisines du dessous pour la faire vérifier par l'encadreur avant qu'elle ne tombe elle aussi.
Le proprio a une attitude encore plus bizarre que lorsqu'il regardait les photos et nous dit qu'il y en avait une deuxième qu'elle est là parce que ces dames du dessous l'on remplacée par une aquarelle d'Ejoumalé.
Il va derrière un fauteuil dans l'entrée qui est là parce qu'ils ne doivent pas savoir quoi en faire et il en extrait une aquarelle de Véro couverte de poussière. Il bredouille, il est un peu gêné et nous dit qu'il comptait faire repeindre chez lui et la mettre. Vu la quantité de poussière ça fait certainement une année qu'elle est là. Ce qui correspondrait au passage d'Ejoumale il y a un an dans leur appartement.
Le proprio n'apprécie pas ce dernier qu'il considère comme quelqu'un qui n'est pas respectable mais on n'arrive pas à comprendre pourquoi. Ce n'est pas la première fois qu'il nous parle de lui en ces termes.

Véro me dira après qu'elle s'est sentie humiliée.
On peut dire que cette année ça continue.

Le proprio nous dit qu'il va récupérer l'autre dans l'appart de ces dames et qu'il nous la passera pour révision. On pourra, vu le cas qu'elles en font et lui aussi, leur rendre une belle copie de l'aquarelle.

Achats de fruits chez Pazamudhir qu'on vient poser à l'appart.

En sortant la proprio m'appelle pour me dire qu'elle va monter voir la machine à laver avant d'appeler le réparateur. Je lui dis oui, que dire d'autre. Elle aurait pu venir hier puisqu'on leur a dit samedi, on aurait gagné une journée.

Plus que 18 jours et tout à coup on est content qu'il reste aussi peu de temps.

On va chez Félix pour qu'il jette un coup d'oeil à la moto, nous allons partir 3 jours à Kumbamkonam pour voir le temple de Darasuram que nous avons toujours survolé mais qui mérite mieux, dans le petit village de SwamimalaIpour voir les artisans qui fabriquent les statues et objets en bronze et aussi peut-être dans le village de Tirubuvanam qui est un grand centre de tissage de la soie.

Félix n'est pas là, on attend un peu parce qu'évidemment tout est grand ouvert. Et on repart.

On va chez Pichaya qui est de retour chez lui.

On le trouve à sa place de la table d'hôte là où tous les matins il déjeune avec ses hôtes. Aujourd'hui il est seul.
Il est ému de nous voir et nous embrasse.
On prend place et on discute, tout en lui disant qu'il nous a fait peur. Il nous parle de sa santé qui  va mieux, de son anémie.
Comme toujours, en hôte bien élevé il  nous propose un café.
Comme toujours, avec Daya il est en train de régler des problèmes avec le Space, le restaurant du dessous lui coupe l'électricité pour l'ennuyer.
On discute de choses et d'autres, Véro lui parle des petites filles qu'elle prend en photo et qui ont des attitudes étranges pour les gens d'ici, et l'on pourrait croire qu'elles sont déjà dans la séduction. Pichaya comprend et attribue tout ça aux règles trop strictes aux codes sociaux rigoureux et parfois les gens explosent et se lâchent, toute pudeur balayée.

Hier il est allé faire un tour sur la promenade Goubert je lui dis qu'on était à l'expo au parc Barathi et il me dit qu'il  n'y va jamais il n'y a que des peintres, il n'y a pas d'artistes.
Comme c'est bon d'entendre ça.
Il dit que ce sont des techniciens, des artisans  qui font tous la  même chose. On pourrait croire qu'il parle de la France.
Je me dis que si cet homme devait disparaître je ne sais si ça vaudrait le coup de revenir à Pondy. Pour l'instant, et on le connaît depuis 18 ans avec ses défauts nombreux et ses qualités nombreuses, jamais il n'a manqué à son devoir d'être humain, d'hôte accueillant et sans hypocrisie.
Je ne pense pas qu'il existe quelqu'un qui lui ressemble à Pondy, mais on ne connaît pas tout le monde.
Sa soeur arrive et c'est la même délicatesse de personne ayant de l'éducation et la mettant en pratique. 
Vis à vis de gens comme ça on se sent un peu rustre.

On n'est pas dupe de tous leurs défauts mais ils les assument et c'est ce qui fait qu'on les aime.

Je crois que c'est tout simplement que  malgré un égoïsme assumé, il y a en eux quelque part de la générosité. Et chez Pichaya cette générosité est partagée avec tout le monde, quel qu'il soit, Indien ou Occidental.

On le laisse en lui disant qu'on part pour Kombakonam pour voir le temple de Darasuram, il veut que Véro lui ramène des photos du temple et des fresques.
Il demande à Véro si elle a peint ici et elle lui dit : -non ici je fais des photos. C'est vrai que tu fais des photos comme une pro, lui dit Pichaya et c'est flatteur car il sait bien lui que les vrais artistes sont des touche à tout comme lui qui est toujours dans un nouveau projet, de peinture ou de films, ou de photos, ou de chants, ou de danse.

On retourne chez Félix, il est là. Il regarde rapidement l'huile, la chaîne tout est OK pour notre trip. Il part.

Il est midi, on décide d'aller déjeuner au restaurant Tanto à Auroville.

Oven fisch

On passe un moment et on revient en s'arrêtant chez Pazamudhir de la rue Ranga Pillai Véro y prend des champignons pour faire des pâtes ce soir.

Repos à l'appart.

Café.

On part pour une  balade sur la promenade toujours pour garder la forme et à l'occasion glaner quelques photos.

On revient par la rue Nehru parce que Véro tient à savoir pourquoi sur la photo derrière la porte du Surguru pour riches, on ne voit pas mes pieds.

On passe par le temple et on constate que Lakshmi l'éléphante n'est pas là.

Devant la porte du Surguru on s'aperçoit que le bas de la porte vitrée avec le plan de Pondy est terminé par une planche en bois, c'est horrible mais c'est indien et c'était ce qui cachait mes pieds.
La suggestion de sauter derrière la porte n'est pas réalisable.
Véro repart donc en cherchant une idée de ce qu'on pourrait mettre sur le seuil pour refaire la photo afin qu'on voit aussi mes pieds, c'est ça un artiste, c'est fatiguant, ça ne fait pas que peindre.

On pose le matériel photo à l'appart et on demande à Antoine ce qu'il en est pour la machine à laver,  il nous dit que sa femme y a  fait quelque chose avec le réparateur au téléphone il faut essayer. Véro met une petite lessive.

On part chez l'encadreur pour récupérer les cadres qu'on y a déposés la semaine dernière. Chez l'encadreur il y a Abel qui est là pour faire encadrer une grande aquarelle de danseuses parce que le WE prochain il y a une expo, près de l'ancien phare, de peintres pondicherriens et il y participe.
On lui raconte le changement de l'aquarelle de Véro par une d'Ejoumalé à l'étage au-dessous et Abel devient tout à coup mal à l'aise comme le proprio.
Comme on n'a peur de rien et que ça nous fait plaisir de le penser, on se demande et on imagine ce qui a pu se passer pour le prix d'une aquarelle.

Véro revient en auto-rickshaw.

A l'arrivée il y a la femme du proprio je lui dis qu'on veut récupérer l'aquarelle du 1er étage pour la faire vérifier afin qu'elle ne tombe pas. Elle et lui montent à l'étage et il n'y a personne ils entrent et récupèrent l'aquarelle.

Véro pendant ce temps est montée et on leur dit que la machine à laver le linge fonctionne à nouveau.

Tout est bien. Toujours pas de merci pour les photos d'hier ni des proprios, ni de la fille à laquelle Véro les a envoyées ce matin.
De vrais franco-pondicherriens et une vraie française.
Pourtant c'est souvent les Indiens qui passent pour des gens mal élevés.
J'espère que leur dieu en tiendra compte. ça me fait penser qu'hier sur un stand il y avait ces mots : dieu n'a pas de religion.

Voilà je termine par ça, par le repas du soir pâtes papillons aux champignons, persil, fromage de comté et au lait de coco. Dessert bananes.



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