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| Les pêcheurs du nord de Pondy |
Je me lève un peu avant 7h
Véro est déjà levée depuis longtemps, elle ne va
pas très fort.
Je vais
au pain.
Je ne
sais pas pourquoi mais j'ai l'impression que les rues sont vides ce matin. Il
est pourtant la même heure
que d'habitude.
Le
marchand de lait discute avec un homme qui est devant lui sur un scoot. Il
semble avoir des difficultés
à faire démarrer son engin. J'entends le
bruit grinçant du démarreur.
Ibrahim
store n'est pas encore ouvert pourtant il est 7h passé.
Rue
Petit Canal c'est le sommeil total, personne n'est encore levé, que des corps recouverts de
couvertures sur les berges du canal.
Rue
Sainte Thérèse le rickshaw et seulement un
corps allongé et emballé.
Par
contre ce matin il y a beaucoup de voitures garées
depuis la maison de l'archevêque
jusqu'à la cathédrale. Je me demande si c'est un
jour particulier parce que je me rappelle que ce matin déjà le
muezzin ne s'arrêtait pas de hurler.
Dans les
voitures les chauffeurs attendent. Est-ce parce qu'ils ne sont pas chrétiens ou est-ce simplement pour
garder la voiture ?
Plus
j'avance plus j'entends des chants liturgiques qui débordent sur la rue. La petite marchande de lait est
là debout derrière ses cagettes vides. Ce matin
son visage me semble moins sombre que la description que j'en ai faite hier.
Toujours
la même vingtaine de
mendiantes.
Sur la
murette de l'école publique
en face de la boutique de poulets Mamala Protéines,
un chien allongé attend en
ne perdant pas de vue la boutique.
Des
bouses dès le début de la rue Ranga Pillai,
devant la boutique de légumes
et de fruits Pazhamudir dont les grilles sont encore fermées, les livreurs ont déposé leur chargement de fruits et de légumes.
Des
hommes ont fait un petit feu à même la chaussée pour détruire quelques détritus.
Une
bouse marque le croisement avec le quai et une autre m'indique ma direction.
La femme
qui dort sur les marches un peu avant Hot Bread est là, mais sans enfant et sans couverture, elle est
simplement assise sur les marches.
J'entre dans
Hot Bread il n'y a pas de clients aux tables. Devant moi un occidental remplit
un grand sac plastique de croissants.
La belle
aide-caissière d'hier n'est
pas là ce matin.
Je paie
et prend mon pain tranché.
Je
ressors et suit le quai. La femme assise sur le trottoir n'est plus là.
Deux
rickshaws sont garés à côté de la femme qui dort avant la
station service, le chien est là aussi.
Le
clochard jésus est allongé juste avant l'arrêt de bus, il est réveillé et me regarde passer.
Je me
dis que sous la halle qui est au-dessus du canal il y a moins de familles
installées, ce matin il n'y
a qu'une seule femme debout.
Lee
gardien de nuit est assis dans son fauteuil de jardin en plastique orange
devant le département de
l'hôpital publique homéopathique.
Il n'y a
qu'une seule infirmière
tout en blanc qui attend devant le portail de leur pensionnat.
Au début de la rue Candappa, un
tracteur benne est garé,
mais la poubelle en rond de ciment et
tous les détritus
autour ne sont pas ramassés
et il y n'y a ni le conducteur du tracteur ni les femmes qui nettoient.
Je
remonte à l'appart et on
prend le petit déjeuner.
Notre
ami part avec son chauffeur pour la journée.
Véro et moi nous allons au Red
Lotus pour voir s'il y a du nouveau et dire que nous enlèverons les aquarelles jeudi.
Les
proprios ne sont pas là,
mais il y a le nouveau manager qui dit à
Véro que sont
travail est très bien et
qu'il ne faut pas exposer ici, ce n'est pas un lieu où les gens viennent voir. Il a déjà
contacté la personne qui permet à
Véro de faire son
expo à Promenade pour lui
demander si elle connaît le
travail de Véro.
Il prend
des cartes de Véro et des
invitations pour Promenade. Il aimerait que Véro
puisse, une prochaine fois, exposer dans un lieu digne de son travail.
La vie
nous envoie parfois de la part d'inconnus des signes spontanés d'amitiés qui sont réconfortants
et rassurants.
Ensuite
on va chez Félix parce que
depuis hier la moto fait un cliquetis côté chaîne et je pense que c'est effectivement la chaîne qui a du se détendre.
Félix nous confirme le diagnostic
et garde la moto.
On
repart à pied. Passage au
marché Goubert pour acheter
du café. Puis on va chez un
marchand d'instruments de cuisine à
l'angle avec Nehru pour acheter des cuillères
à riz ou à servir car on est un peu démuni dans ce domaine à l'appartement.
Ensuite
on va au magasin Casablanca pour trouver un étui
pour le téléphone portable de Véro. Mais ils n'en vendent pas.
On
reprend la rue Mission jusqu'à chez
Focus, Véro veut acheter un
cahier.
Elle
leur fait remarquer qu'ils n'ont pas accroché
l'affiche qu'ils ont prise au début
de l'expo au Red Lotus. Le patron baisse la tête
et ne répond pas.
On
revient à l'appart.
On déjeune des restes de notre
byriani d'hier, banane, raisin.
Puis
repos parce que Véro en a
besoin et café.
Ensuite
Véro s'occupe de ses photos
et moi du blog.
Vers 16h
on part à
pied pour récupérer la moto. On remonte la rue
Candappa et on enfile toute la rue Barathi. En passant on salue le patron de la
boutique d'encadrement qui nous dit que la commande de Véro pour les "passes" suit son cours.
Puis
ensuite on prend la rue Kama Chiamman Koil en direction de Ana Salai et on
arrive au garage de Félix.
Félix n'est pas là mais la moto est prête.
On prend
la direction de la promenade et la moto n'a plus le cliquetis. On la laisse dans la rue de Bussy près de la Promenade Goubert.
On
remonte la promenade en direction du Nord. Au niveau de la statue de Gandhi il
y a un tournage de film bolliwood. Pour le tournage, on été enlevées toutes les petites boutiques
roulottes et le bord de l'océan
est vide depuis la statue de Gandhi jusqu’au
Café. C'est assez curieux
car sur le coup on se demandait ce qui était
différent jusqu'à ce qu'on réalise. On se demande aussi ce
qu'ils ont pu faire de toutes ces boutiques à
roulettes qu'on ne voit pas.
Pendant
qu'on regarde le tournage, passe une vingtaine de motos qui n'ont rien à voir et qui ne s'arrêtent pas. Ce sont des japonaises et tous les
pilotes portent un casque blanc. Un petit camion les suit sur la
bâche duquel il est marqué
"Rally Coast Gard". Ils disparaissent côté Sud
de la Promenade Goubert.
On
revient jusqu'à la moto et
on rentre rue Candappa.
Dans le
hall il y a Antoine qui nous attend, puis sa femme Sylvie sort de chez elle
avec un plateau sur lequel il y a trois récipients
contenant de la crème aux
oeufs spécialité d'Antoine qui dans sa jeunesse
a été apprenti pâtissier.
C'est notre dessert pour ce soir nous disent-ils.
Cette
journée gentillesse, le
manager inconnu ce matin et Antoine et Sylvie ce soir, rattrape bien des
choses.
On
remonte, notre ami est rentré
et il nous raconte sa journée
et nous lui racontons la nôtre. Il a acheté des coca light que Véro
adore et qui nous rafraîchissent
bien. Il les trouve au "Grand Baker" qui est dans la rue de Bussy pas
très loin de chez nous.
Véro se met aux photos et à la cuisine et moi au blog.
La
masseuse Lakshmi arrive bien à l'heure,
elle a fini par comprendre.
Ce soir
salade de tomates et de concombre avec nuggets de KFC et crème aux oeufs.

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