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samedi 28 février 2015

Marcher décolle les semelles

Kumbakonam. Procession derrière l'éléphant du temple


Ce matin on se laisse dormir jusqu'à 7h30 car malgré la douche du proprio  à 4h30, les cloches de l'église à 5h, le muezzin à 5h30 et les croassements des corbeaux sur la terrasse juste au-dessus de notre tête, ça ne fera jamais le bruit d'un klaxon de bus sous nos fenêtres.

Il fait chaud dans l'appartement dès le matin.

Je vais au pain.

Cinq balayeuses de rue sont assises sur le trottoir juste avant Mission street. C'est la première fois que je les vois dans cette situation.

Le marchand de lait est encore là et une femme sort d'une porte pour venir vers lui.

Rue Petit Canal tout le monde est debout et une femme accroupie s'occupe du foyer.

Devant la cathédrale qui est fermée la petite marchande de lait discute avec un homme qui doit être le conducteur de l'auto-rickshaw qui est stationné juste devant eux.

Six mendiantes sur la pente, je ne sais ce qu'elles attendent puisqu'il n'y a rien à la cathédrale.

Un homme se réveille sur les marches de Church Gate et juste à côté sur les marches de Cute Kitchen un autre est encore endormi.

La marchande de noix de coco est installée assise sur son tapis en plastique blanc, à côté d'elle un énorme tas de noix de coco.

Il y a le camion de Banana World et juste en face un autre camion qui est marqué "A.Barath"

Rue Ranga Pillai, Pazamudir est ouvert et j'entends l'horrible bruit de l'instrument qui permet de faire les jus de fruits.

Devant Sri Aurobindo autocare service des gens attendent, et le bus qui va les emmener attend lui aussi.

Les gardiens de l'hôtel Karnathik et du Sun  Parck sont en grande discussion.

Pas de bouse en arrivant sur le quai et l'impression que tout a déjà été nettoyé. La femme au visage rond que je ne voyais plus depuis quelque temps est là assise sur le trottoir avant Hot Bread.

Presque toutes les tables sont occupées ce matin par des clients occidentaux ce qui provoque  une queue à  la caisse car il y a aussi les serveurs qui amènent les factures avec le règlement pour le "change".

A la caisse il y a la jolie caissière avec ses lunettes rectangulaires sur le nez. Je trouve qu'elles ne lui vont pas très bien. Elle encaisse, rend la monnaie c'est elle qui tient la caisse aujourd'hui, même si c'est un responsable qui tape sur la caisse enregistreuse.

Mon pain est tranché je repars.

La femme sur le trottoir n'est plus là.

La femme qui dort à côté d'un rickshaw avant la station service n'est plus là non plus, mais le rickshaw est là.
Le clochard jésus dort en chien de fusil juste avant l'arrêt de bus.

A l'angle de la rue Sainte Ange une marchande de noix de coco s'est installée avec une charrette   de 4 saisons sur laquelle sont posées les noix.
Le petit débit de thé est lui aussi ouvert.

Plus loin à l'angle de la rue Vicomte de Souillac le comptoir qui avait été détruit est dissimulé derrière des bâches publicitaires certainement récupérées.

Une énorme bouse dans son état originel est posée à  l'angle de la rue  Laporte.

Je prends la rue Candappa et j'arrive.

On déjeune.
On récapitule ce que nous avons à faire.

Première chose aller prendre des nouvelles de Pichaya.

En descendant on dit aux proprios que la machine à laver fuit. C'est elle qui sort depuis l'histoire de l'aquarelle posée derrière un fauteuil on ne voit plus son mari.



Pichaya est seul devant sa table en train de dessiner avec les pastels gras que Véro lui avait achetés pour son premier séjour à l'hôpital.
Il n'a pas l'air d'aller très fort.
Il nous dit qu'à l'hôpital il avait des tas de projets, mais que revenu ici il se rend compte qu'il a un tas de soucis avec son guest, avec le space, et comme tout le monde, avec le quotidien de la vie.

Il aime parler de ce qui le préoccupe. Je crois qu'il a confiance en nous, parce qu'il sent que comme lui on essaie d'être sincères et de ne pas se dissimuler derrière des masques pour faire semblant d'être ce qu'on n'est pas.

Il revient sur sa vie. Il aimerait faire des choses pour aider les autres, pour aider des artistes, de jeunes artistes qui ne pourraient pas se payer des études artistiques.

En fait on ne se quitterait pas tellement on de choses en commun à échanger.

Heureusement ou malheureusement il y a toujours une autre visite qui nous chasse. Des gens qui viennent pour lui parler d'eux et qui ne l'écoutent pas. D'ailleurs dans ce cas Pichaya se tait et écoute.

Une amie dit à Véro que son nom a une signification. Il est l'aîné de la famille mais avant lui il y avait eu d’autres enfants qui étaient mort et son nom à lui est comme une prière au ciel pour dire celui-là, laisse le moi, ne me le prend pas.

Et nous aussi on dit au ciel "Pichaya" c'est à dire aie pitié, ne nous le prend pas tout de suite, on a encore besoin de lui pour revenir à Pondy et profiter de cet Homme et de toute son humanité.

Pothys, c'est un autre monde, mais pourquoi pas, il faut bien que le quotidien s'assume.

Retour à l'appart pour tout poser.

La proprio nous dit qu'un homme va venir à 13h pour la machine à laver et qu'elle a tout nettoyé.

Cordonnier rue Saint Ange pour recoller les chaussures de Véro qui se sont décollées à un autre endroit et pour faire recoudre mon sac.

Ensuite on va au Café des Arts chez qui la semaine dernière on a commandé deux T-shirt Enfield. Personne ne s'en souvient plus, mais ils seront prêts mercredi prochain. A mon avis on ne les aura pas avant notre départ qui s'approche.
On avait décidé de manger ici mais compte tenu de leur sérieux on préfère aller ailleurs.

Direction le Surguru des riches rue Nehru. Arrivée devant Véro a envie de déjeuner à l'hôtel du Parc qui est juste en face. On n'y est jamais allé c'est une occasion.
La salle de restaurant est très bien et même le garçon tire la chaise de Véro pour qu'elle puisse s'asseoir, c'est tellement étonnant ici qu'elle s'assied sur une autre chaise et c'est moi qui ait droit à la chaise tirée.

Un groupe de Français arrive, à l'accent ils sont du Sud Ouest, certains vers Cahors, d'autres vers Auch d'après ce qu'on comprend de leur conversation qui tourne autour du rugby et du match de ce soir, ils vont tous se retrouver dans une chambre pour suivre le match sur TV5 Monde, ce que je ferai peut-être d'ailleurs maintenant que j'ai l'information.
La bière ne leur fait pas peur, mais l'anglais les fuit.

On rentre à l'appart, il est près de 14h et personne n'est venu pour la machine à laver.

On se repose et on boit notre café.

Vers 16h on décide d'aller faire un tour à pied à la promenade.
Dans la partie de la rue Candappa on se fait héler par quelqu'un d'une terrasse et on reconnaît des amis qui n'habitent pas ici mais qui sont chez des amis à eux pour un anniversaire.
Ils nous disent de monter.
C'est inattendu parce que cette maison c'est celle du frère de Mohamed qui nous à loué notre premier appartement à Pondy et on y était venu pour un problème me semble-t-il de contreplaqué, pour faire une planche pour peindre.

On apprend que depuis deux ans il loue sa  maison à des gens qui sont arrivés à Pondy et c'est donc chez eux qu'on est invités à monter sur la terrasse.

Il y a beaucoup de personnes que l'on connaît parce que Pondy est un petit monde. Ainsi on peut discuter le coup avec nos amis et participer à l'anniversaire c'est à dire boire un coup et manger du gâteau.

Un homme qui habite à côté dans un collectif neuf raconte qu'il avait des notes d’électricité d'un montant étonnant. A force de chercher il est allé voir au niveau du compteur pour constater que d'autres personnes s'étaient branchées sur son compteur en faisant sauter le sceau. 
Je crois qu'il a été obligé de payer quand même, c'est vrai que ça ne fait jamais des sommes phénoménales en comparant avec la France. Certains Indiens sont sans scrupules pour entuber un occidental.

Du coup on ne fait pas notre promenade, on ne va pas chercher les cadres chez l'encadreur, on revient à la maison parce que la masseuse vient pour 18h.

Elle arrive sur nos pas et même directement dans l'appart parce que la grille d'en bas était ouverte et la porte de notre appart n'est jamais fermée.


Ce soir salade composée, banane et raisins.

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