![]() |
| Perçage de langue ! |
Ce matin notre invité est déjà levé et a mis une machine à
laver en route pour son dernier jour.
Véro
n'est pas encore levée,
mais je pense qu'elle ne dort pas...
Dom et moi allons au pain.
On suit le parcours habituel, il
n'est pas encore 7h.
Le marchand de lait de la rue
Montorsier est là.
Ibrahim store n'est pas encore
ouvert.
Rue Petit Canal, tout le monde dort.
Rue Sainte Thérèse
il y a le rickshaw et un corps endormi.
Trois petites scolaires arrivent par
cette rue à bicyclette et
dans leur uniforme bleu. Elles mettent leur bicyclette sur le trottoir que
longe la maison de l'archevêque
car leur école est en face.
Devant la cathédrale la petite marchande de lait, et le groupe des
mendiantes.
Le camion de banana world est garé sous le Nilgiris et les
marchands ambulants de bananes ont rempli leur plateau monté sur des roues de vélo.
Un peu de lumière du soleil dans la rue Ranga Pillai. Le
Pazhamudir n'est pas encore ouvert et j'ai peur qu'on arrive trop tôt au Hot Bread mais non il est
7h05.
Les bouses abondantes écrasées et étalées nous accueillent sur le quai.
Pas de clients au Hot Bread et je
suis servi rapidement.
Nous revenons par le quai. Deux
rickshaws et la dormeuse avec son chien avant la station service de l'Ashram.
Le clochard jésus est levé.
En passant je lui donne 10Rs pour son thé.
A l'angle de la rue Vicomte de
Souillac, le comptoir en ciment dont j'ai parlé
les jours précédents est cassé, brisé, comme avec une masse, j'ai le sentiment d'un règlement de compte.
Malgré
les nuages matinaux le soleil est au rendez vous du lycée français.
On tourne rue Surcouf puis rue
Capitaine Marius Xavier et enfin rue Candappa, où
il y a un tracteur benne et l'équipe
en train de nettoyer la rue.
On prend tous ensemble le petit déjeuner.
Moïse
arrive pour nous emmener à Mailam
où il y a la fête de Cavadee au temple de
Murugan.
On passe par l'autoroute et la grande
route de Mailam. On ne prend pas les petites routes comme samedi, pour ne pas
perdre de temps.
Arrivée
au niveau du premier temple et des bassins, on descend, tandis que Moïse va garer la voiture.
Sur la digue entre les deux bassins
pour rejoindre le temple du bas et le tonsure hall, un groupe de pèlerins se précipite en face de nous et
descend les escaliers faits comme des gaths et se jettent à l'eau, hommes et femmes
confondus.
Puis ils en ressortent et remontent
sur la digue et comme nous retournent au temple.
La foule est importante et il faut se
faufiler. A côté du temple il y a un espace
couvert sur lequel se tiennent des hommes et des femmes le visage recouvert
d'un enduit blanc.
Entre ce lieu et l'entrée du temple il y a un va et
vient qui forme comme des courants dans la foule. Des femmes colorées rouge et jaune, portent des
pots de fleurs sur la tête.
Tout à
coup tambours et flutes projettent des sons stridents et des percutions
de plus en plus forts, de plus en plus rapides. La foule se met à hurler des répons et tout à coup ça ressemble à
de l'hystérie
collective.
Devant l'entrée du temple des hommes se font percer les joues
avec de grandes tiges de fer. Véro
me confie son sac pour se faufiler et s'approcher davantage. Je filme d'un peu
plus loin, je vois les hommes avec de longues tiges métalliques. D'autres hommes et des femmes ont des
tiges moins longues et peut-être
moins épaisses, comme s'il
y avait dans cette cérémonie des degrés différents de percing.
La foule hurle toujours ses répons comme pour encourager ceux
qui se font transpercer. Certains reviennent se placer dans le petit espace
couvert pour laisser la place à d'autres.
Il n'y a pas de sang, mais c'est
horrible quand même.
Par la suite Véro me dit qu'elle a vu qu'ils essayaient de
transpercer l'arcade sourcilière
d'un enfant d'environ deux ans, mais ils n'y sont pas arrivés, des femmes se faisaient
transpercer les paupières,
et la tige pendait sur l'oeil.
Les personnes qui se sont faites
transpercer semblent bien allumées,
certains nous disent par la foi, nous pensons qu'ils sont chargés en produits illicites.
Lorsque tout prend fin il se forme une procession qui monte vers le grand temple.
Nous suivons, des gens sont soutenus, d'autres s'évanouissent.
Les hommes portent sur leurs épaules des sortes de demi cercle
en bois et fleuri, les femmes portent sur leur tête
des pots fleuris. Les couleurs dominantes des processionnaires est le rouge et
le jaune. Cela ressemble à une
pérahéra du Sri Lanka.
La montée
est lente, chaque petit temple qui se trouve sur le bord de la montée est traversé par la troupe et l'orchestre de
tambourin et de flutes.
Sur certaines marches il y a des feux
et les dévots prennent les
flammes dans leur main et les attirent vers leur visage et vers leur coeur.
Au pied du temple nous devons nous déchausser. Moïse qui nous suit se charge de
tout.
Nous arrivons sur la plateforme du
grand temple. La procession fait le tour du temple et revient devant puis monte sous le hall et pénètre
dans le temple tout à l'intérieur, là où sont
faites les pujas.
Nous ne suivons pas et prenons place
devant un foyer d'environ un mètre
sur un mètre qui contient
un tas de cendres et une plaque métallique.
Deux hommes avec de longues tiges de bois activent le feu et en même temps étalent les cendres pour que le niveau corresponde à celui de la plaque qui est posé
aussi sur des cendres.
Petit à
petit la foule forme un cercle autour de ce foyer.
Les deux hommes qui s'en occupent
s'arrosent d'eau puisée
dans une barrique en plastique bleu avec des pots en terre, tellement il fait
chaud et tellement ils ont chaud. L'eau tiédie
ruisselle sous nos pieds car nous sommes très
près d'eux.
On attend assez longtemps dans la
chaleur de ce foyer.
Puis un passage est formé dans la foule. Des gendarmes
sont là pour surveiller que
tout se passe bien. Ils ont leur nom sur leur uniforme et l'un d'eux s'appelle Murugam
du nom du dieu à qui est dédié
la cérémonie. Evidemment Véro le lui fait remarquer et il
est content et se marre. On devient ami et il veille à ce qu'on puisse bien filmer et photographier.
Une femme boiteuse qui doit être une grande prêtresse, les yeux complètement allumés, vient jeter dans le feu
quelque chose qui a comme une odeur de camphre.
Le foyer est prêt et les deux hommes qui s'en
occupaient se transpercent les joues devant tout le monde avec d'énormes tiges métalliques.
La musique des tambours et des flutes
se fait de plus en plus présente,
la procession est de retour, elle sort du temple et se dirige vers le passage
aménagé dans la foule qui se met à hurler les mêmes répons que tout à
l'heure, et les premiers pénitents
font le tour du foyer et les candidats à
la mortification se lancent sur les braises, puis sur la plaque métallique et ressortent du cercle
des spectateurs pour y revenir.
La grande prêtresse boiteuse en pleine frénésie
y passe plusieurs fois comme si de rien n'était,
certains en plein délire
tiennent à peine debout et
sont soutenus pour pouvoir marcher sur le feu.
La foule hurle toujours ses répons, l'hystérie monte et certains
spectateurs exaltés, sans
habits de cérémonie commencent à marcher eux sur les braises et
sur la plaque métallique.
Il se dégage une odeur de
chair brûlée qui donne faim à Véro
nous avouera-t-elle après.
Cela semble se calmer, mais un autre
groupe vient et l'hystérie
recommence, le hurlement des répons
et les spectateurs qui y vont aussi, la prêtresse
en transe qui passe et repasse le foyer avec un pied sur lequel elle ne peut
s'appuyer que sur la pointe.
Enfin il y a de moins en moins de
gens qui franchisse le foyer et la foule des spectateurs commence à se défaire.
Chacun gagne le temple et surtout le
hall qui précède le temple.
Une distribution de riz et de
lentilles est faite et chacun s'assied appuyé
contre les piliers du hall. C'est ce que je fais aussi, mais sans manger
tandis que nos deux photographes arpentent encore le hall pour savoir s'il n'y
a pas la "photo" qui les attend et qu'ils risqueraient de laisser
passer.
On descend du temple par les marches
et la rue des marchands. On commence à
ressentir une fatigue comme une lassitude dû à toute cette folie collective.
On mange quelques amuses gueules
baignés dans l'huile.
On traverse la digue entre les deux
bassins, dernières photos,
et on reprend la route pour Pondy.
Arrêt
sur la route pour le repas de Moïse.
Il prend un thali dont on ne lui ménage
pas la quantité. Nous, nous
prenons une omelette chacun.
On rentre vers 15h.
Un café
et un peu de repos.
On va faire un tour sur la promenade
Goubert.
On croise Moïse qui est allé
chercher ses enfants à l'école adventiste et qui propose
de nous apporter des crevettes cuisinées
pour ce soir.
Il y a toujours le tournage du film d'hier
avec la même équipe.
On revient par la rue Surcouf et on
s'arrête boire un coca
light au Gallery Café dont
on ne connaissait pas la terrasse, mais que Dom connaissait. Bel endroit à deux pas de chez nous tenu par
une américaine qui parle
bien français.
On rentre et au boulot photos et
blog.
Beignets de Crevettes Moïse, Pâte aubergine, salade de fruits avec Kassery Moïse.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Faites nous un petit coucou ici ! N'oubliez pas de mettre votre nom ...