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vendredi 27 février 2015

Kumbakonam et sur la route vers Pondy

Le temple de Swamimalai


Notre superbe hôtel Raya's est situé près de la gare des bus et jour et nuit le chauffeur de chaque bus qui part, se croit obligé de le signaler par un coup de klaxonne à réveiller un mort, alors un dormeur.
Lorsqu'on a visité la chambre j'ai tout de suite vu la rue et la gare des bus mais à l'heure où l'on est arrivé il y avait un calme apparent. Comme la chambre était climatisée nous pensions que les fenêtres fermaient efficacement. Sur la façade de l'immeuble il y a en déco comme des colonnes mais qui sont en fait des triangles. Certainement pour ne pas rompre l'unité de la façade l'architecte ou quelqu'un d'autre a dû décider que les fenêtres suivraient la forme triangulaire de la déco de la façade.
Il ne savait certainement pas comme nous l'avons appris à nos dépends qu'il ne faut jamais demander à un Indien de faire quelque chose qu'il ne sait pas faire. Autant ils savent faire  des choses superbes lorsqu'ils ont appris à les faire, autant ça peut-être catastrophique s'ils ne l'ont jamais fait. Le problème c'est que comme tout asiatique ils disent toujours oui.
Les fenêtres donc, en partant certainement d'une fenêtre classique à deux battants, les châssis laissent passer un grand jour de chaque côté du mur et les battants ne se joignent pas. Pour la clim ce n'est pas vraiment notre problème si l'on peut dire, c'est comme les robinets qui fuient toute la journée malgré les problèmes d'eau…
On n'a compris qu'ensuite qu'il ne fallait pas compter sur les fenêtres pour assourdir les bruits et en Inde c'est important, et bien qu'on soit au 3ème étage le bruit monte.
C'est con parce que tout le reste est bien dans cet hôtel.

Tout ça pour dire que ça nous a rappelé un séjour au Caire à la fin des années 80.

Mais par contre ici, contrairement au Caire, ou à Pondy, ou à Bali pas de chant du coq le matin, que le hurlement inhumain des bus.

A 6h30 on est donc bien réveillés. 

On descend dans la rue profiter en plus du trafic des bus pour que ce soit complet. On boit un thé et on mange une brioche dans une gargote qui borde la gare des bus.

Il y a des nuages dans le ciel et la lumière n'est pas au top.

On fait le tour du bassin sacré par l'extérieur des grilles qui l'entourent. Des gens ont déjà commencé leur toilette et leur lessive.
Sur le bord opposé il y a une colonie de prêtres en dhoti blanc qui font leurs ablutions et même de la natation, crawl tête hors de l'eau sur 10m. Apparemment ce ne sont pas de grands nageurs même en piscine sacrée.

On s'y rend.

Tout le long il y a des toilettes, des lessives, mais aussi des cérémonies sur le bord du bassin.

Nos prêtres ne semblent pas du tout gênés par notre présence. Il y a chez eux quelque chose qui relève de la séduction, la manière dont ils se peignent, comme ils s'apprêtent en jetant toujours un regard pour savoir où Véro en est de la photo.

On reste un grand moment à les regarder, certains se mettent en slip d'autres sont en caleçon, d'autres gardent leur dhoti qui moule savamment leurs petites fesses lorsqu'il est mouillé.

Un homme vient nous parler, ils sont tous venu de Chennai pour une cérémonie qui a lieu 15 jours après la mort de quelqu'un dont on ne comprend pas bien qui c'est. Il nous présente son neveu, le fils de sa sœur, est-ce elle qui est morte ?

On les laisse à leurs ablutions, après ils vont certainement aller au temple.

On continue notre tour du bassin sacré, mais par l'intérieur cette fois. A certains endroits sous les monuments et dans les angles il nous faut descendre sur les dernières marches hors d'eau.

On passe encore un grand moment à regarder tout ce petit monde.

Tout à coup c'est un car entier qui débarque dans le bassin. Les gens viennent toucher l'eau s'asperger en se jetant des poignées d'eau par dessus la tête. Puis aussi vite ils repartent.

Un groupe de femmes fait une cérémonie sous le guide d'un prêtre qui lit dans un livret pour leur indiquer ce qu'elles doivent faire sur le bord du bassin. Ce qu'on voit avec nos yeux de naïf c'est qu'elles mettent des pétales de fleur sur l'eau.

Comme il n'y a que des femmes sauf le prêtre on se demande si cette cérémonie est liée à celle des prêtres hommes qu'on a vu précédemment.

Petit à petit le bassin sacré se vide. On part nous aussi et on va boire un café au grand Raya's parce qu'on pense y trouver de la clim. Véro est en nage, après le bassin ça pourrait paraître normal, mais il fait déjà tellement chaud, le ciel s'est dégagé, que des gouttes de sueur lui tombent dans les yeux.

Malheureusement pas de clim efficace au grand Raya's, des ventilos. On boit notre café.

On retourne à l'hôtel dans la clim efficace malgré les fenêtres,  pour préparer nos bagages et prendre le chemin du retour.

On a déjà fait un bout de cette route hier pour aller au temple, on continue. C'est une très belle route pas toujours en très bon état mais entouré d'une végétation luxuriante et bordée de rizières et de réservoirs d'eau recouverts de fleur de lotus.
Il y a beaucoup de vie car beaucoup de petits villages et plein de gens dans les rues.

Après une heure on s'arrête dans la ville de Mayiladdduturai pour boire un thé. On arrête la moto au bord de la route. Véro descend et je pense que le sol est suffisamment dur pour mettre la moto sur la béquille centrale. Mais le sol est trop mou et la béquille s'enfonce. Je veux donc la retirer en la poussant avec mon pied mais elle est bien enfoncée et je ne suis que sur une jambe et je force avec le  pied de l'autre jambe, la moto soudain se déséquilibre et commence à pencher du côté opposé à  moi, trop tard, elle m'entraîne, je la retiens au maximum pour qu'elle se couche en douceur et je tombe dessus et m'éclate le tibia sur une partie métallique. Je n'ai pas  le temps de me relever que déjà 4 ou 5 Indiens m'ont remis la moto debout, m'aide à enlever la béquille centrale pour la mettre sur la béquille de côté. Ceci fait ils retournent à leurs activités et j'ai à peine le temps de leur dire merci. Mais ça fait plaisir cette solidarité spontanée.
J'ai mal au tibia, c'est le coup, c'est toujours douloureux un coup sur le tibia, la peau est à  peine abîmé et ce soir je n'ai plus aucune douleur.

On boit quand même notre thé et on mange aussi une brioche. Le proprio est inquiet pour ma jambe, je m'assieds un moment, puis on repart.

Toujours la même route très sympa et on arrive à Vaithisvarankoil, là où il y a un bassin avec une eau qui a des vertus curatives et miraculeuses.

Devant le temple, à côté d'une débitrice de thé on gare la moto. La mère nous prépare un thé, tandis que son fils un grand ado nous dit qu'il aura l'oeil sur la moto. On lui fait confiance, on n'a pas le choix. Je prends avec moi la sacoche de réservoir dans laquelle on a mis tout ce qui est précieux. Restent quand même dans une sacoche l'ordi et Ipad.
On découvre qu'il y a dans ce village un ashram avec un gourou qui peut tout pour nous. On nous remet même un document qui cite tout ce qu'on peut obtenir avec un peu de finances.
Notre horoscope ou celui de tous les membres de notre famille ainsi que les prédictions sur l'avenir.
L'argent, les maladies, la maison, les voitures, les terrains et les plaisirs. les problèmes des femmes sans enfant et de l'adoption. Le mariage et la position des planètes pour la future mariée. La longévité, les accidents, les dangers qui nous guettent. La chance. Les prédictions pour un futur job. La possibilité d'un second  mariage.
Il y a trois gourous et chacun a sa spécialité, l'un est plus branché péchés, l'autre sur  la prévision des troubles apportés par des gens malveillants, enfin le dernier sait comment s'y prendre avec les longues maladies, il a la méthode.

On décline l'offre et on dit comme des imbéciles qu'on n'est pas intéressés.

On pénètre dans une partie qui précède le temple et qui est bordée par les marchands du temple.
Puis on passe le gopuram d'entrée. C'est un très vieux temple, très grand et qui est encore dans son jus d'époque avec des couleurs extraordinaires de roses et de bleus passés. Il est à la fois sombre dans certaines parties comme un vieux temple et très lumineux dans d'autres.

On va au bassin et je me mets les pieds dans l'eau sur la première marche recouverte, glissante de vase verte. Je m'asperge comme tout le monde, je n'en mets pas dans ma bouche comme font les vrais dévots. Ils ne la boivent pas, ils la recrachent.
Véro fait comme moi.

J'espère que ça va nous apporter beaucoup et notamment pour mieux accepter ce monde dans lequel on semble être des étrangers, et mieux comprendre les gens qui ne nous aiment pas et font pourtant semblant, on ne sait pas pourquoi.
On se dit que si demain on a la figure pleine de boutons c'est que ça a marché.

On passe notre temps à visiter et à observer parce que vraiment ce temple a quelque chose. Par exemple une vieille femme se trouve mal, quelqu'un la porte à l'air, et comme il voit qu'on s'y intéresse il nous dit que c'est parce qu'elle manque de sucre, hypoglycémie. En Inde, on croit rêver.
Près du lieu de prière où des dizaines de petites lampes à huile illuminent un peu  l'obscurité, une femme est allongée à même le sol. Sur son ventre une autre femme pose des offrandes et une petite lampe à huile dont la mèche est allumée. Les yeux de la femme allongée s'ouvrent et se ferment, elle doit recevoir un soin.

On repart avec la fermeture et l'on va déjeuner dans un hôtel comme on en trouve sur la route pour les touristes indiens.
On est les premiers, mais on est bien vite rejoint par plusieurs familles d'indiens qui viennent aussi pour déjeuner.
La carte est simplifiée au maximum, il n'y a que du thali. Le cadre est pourtant beau, il y un bâtiment avec des chambres et une piscine, ils pourraient faire un effort pour attirer des occidentaux

Lorsqu'on se sent suffisamment reposé on repart.

On est vite sur la grande route de Chidambaram, on peut rouler vite mais c'est le seul intérêt.

Sur cette route arrivent sur la droite d'autres routes qui viennent de la côte.

A l'une d'entre elles, il y a des barrières comme d'habitude ax croisements, et en face arrive une voiture tout phare allumé ce qui attire mon regard, jusqu'à ce que je me rende compte qu'un motard qui vient de la route perpendiculaire a coupé la route devant la voiture éclairée et comme il sait qu'il a fait une connerie il ne regarde que la voiture et vient directement contre moi, heureusement comme il prend la même direction que nous il redresse sa moto, moi j'ai déjà commencé à freiner et je me déporte et  me mets parallèle à lui, c'est à ce moment qu'ils  nous découvrent, moi je suis sur mon freinage et lui toujours sur sa lancé, il passe donc devant nous puis s'arrête au bord de la route et nous fait des signes pour s'excuser. I
l vient de réaliser à quoi il a échappé, en voulant faire le malin et passer sous le nez de la voiture.
Je m'en veux de m'être laissé distraire par les phares de la voiture et de ne pas avoir vu le motard arriver plus tôt. Pourtant c'est le B A ba du motard à une intersection d'anticiper ce qui arrive.

On repart Véro a peur sur cette route où je crois que tous les connards en face de nous on fait le maximum pour que nous  roulions en mode expert. Même à l'arrivée dans Pondy au niveau du départ pour Paradise Beach, un bus complètement à droite, il a fallu sauter dans le contre bas qui a une certaine hauteur à ce niveau et au moment de remonter un autre bus fait la même chose mais laisse quand même un peu de place sur le goudron pour une moto. On n'est pas les seuls motards à faire ce numéro.

On a fait un arrêt à Cuddalore à l'hôtel Devi pour boire un coup.

On arrive un peu avant 4h rue Candappa.

On range tout. Véro fait une machine à laver, la machine marche et elle ne fuit plus.

Puis elle attaque ses photos et moi le blog.

Ce soir il était prévu soupe de noodles, mais en notre absence les fourmis se sont introduites dans les sachets non encore ouverts, fermeture scellée à l'indienne. Véro balance les soupes de noodles et ce sera donc coquillettes, saucisson et fromage, le repas diététique français.



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