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lundi 16 février 2015

Journée à Auroville

Ugo et le Matrimandir

Ce matin Véro se lève vers 6h30 et moi peu de temps après ainsi qu'Isa qui monte sur la terrasse pour peindre.

Je vais au pain.

La voisine d'en face avec son chien aux oreilles pendantes sort en même temps que moi.

Le marchand de lait assis sur le trottoir se lève et fait signe à un homme qui arrive en scoot pour lui signaler que la boutique est ouverte. Ce dernier s'arrête et le marchand lui tend un sachet de lait.

Ibrahim store n'a pas encore ouvert.

Je croise la dame au chapelet qui m'a l'air plus heureuse ce matin, plus souriante.

Rue Petit Canal un homme ou une femme vêtue de haillons noirs et raides de crasse, les cheveux longs et noirs n'ayant peut-être jamais su ce qu'était un peigne, il ou elle se gratte de partout et traverse lentement la rue, certainement pour aller aux toilettes de l'autre côté du pont où personne n'habite.
Je passe juste derrière elle ou lui et une horrible odeur me saute aux narines.
J'allonge le pas pour respirer à nouveau un air plus neutre.

Rue Sainte Thérèse la petite famille dort sur le trottoir.

La petite marchande de lait compte des billets qu'elle range dans une pochette en plastique noir. Les mendiantes attendent ce qui semble être leur principale occupation, l'une d'entre elles, les bras levés passe ses mains dans ses cheveux raides.

Un peu de circulation jusqu'à la rue Ranga Pillai où à l'angle de Nilgiris un marchand ambulant de banane découvre son stock sur sa charrette.

Le soleil s'étale dans la rue Ranga Pillai, les gens qui arrivent en face ne sont que des ombres.

Une voiture rouge du Karnataka est garée devant le Sun Park.

Des bouses marquent le croisement avec le quai.

Hot Bread le petit papy avec bonnet et moustache blanche en sort. Aujourd'hui il n'a pas son bonnet, preuve que la chaleur est revenue.

Une femme seule déjeune à une table.

Je prends un pain au chocolat et surprise ce matin pas de boule de pain, mais des baguettes chaudes. Je prends une baguette.

Le préposé à la caisse coupe ma baguette en deux.

Je ressors. Une odeur désagréable m'agresse les narines.

Avant la station service les deux rickshaws et la dormeuse dont la tête aujourd'hui dépasse des couvertures. Debout près d'elle trois hommes discutent.

La place du clochard jésus est vide juste avant l'arrêt de bus. Deux hommes et une femme attendent assis dans l'arrêt, deux autres femmes attendent debout sur le trottoir juste après. J'aperçois le clochard jésus qui traverse la route comme s'il venait du canal. Il marche comme un automate et s'assied sur le trottoir le dos contre le mur.
Je monte sur le trottoir et lui donne 10Rs. J'ai l'impression ce matin qu'il y a quelque chose de changé dans son regard pas pour moi, pas du fait de me voir, mais quelque chose en lui. Il prend le billet qu'il déplie comme pour voir s'il est entier ou en bon état, je veille toujours à lui donner un billet neuf, ou alors c’est pour s'assurer que c'est bien vrai. Il y a quelque chose d'animal dans la manière qu'il a de prendre ce billet.
Pas de sourire, pas d'hypocrisie, simplement une volonté de prendre. Je ne sais pas ce que ça représente pour lui, mais ça n'a pas d'importance c'est à lui.

Deux élèves infirmières devant le pensionnat, elles attendent.

Rue Surcouf toute ensoleillée.

Rue Capitaine Marius Xavier, le gardien de la belle maison a lavé toute la rue devant le portail.

Au croisement de la rue Candappa les balayeuses rue s'activent.

Petit déjeuner.

A 10h Moïse est là, il a eu des difficultés pour garer sa voiture tellement il y a de voitures ce matin dans la rue Candappa.

Départ pour Auroville avec un arrêt chez le repasseur et un chez le money changeur.

Isa  et moi, on file à moto et on passe ainsi par la petite route de la palmeraie. On rejoint la voiture à l'entrée du premier village.

On passe ensuite par la route qui passe devant la solar kitchen, l'entrée du Matrimandir et on se gare au garage moto devant le visitor  center.

On va à la rencontre des autres parce que les voitures ne se garent pas au même endroit.

Moïse suit le groupe jusqu'au départ pour le Matrimandir.

Le banian qui a une centaine d'années. Je l'aime bien ce banian parce qu'il couvre  une grande surface tout en n’étant pas très haut.
Celui qui a trois cents ans est beaucoup plus haut et couvre une plus petite surface, ça le rend moins spectaculaire car lorsqu'on est dessous on apprécie  moins la hauteur que la surface couverte.

Le Madimandir immense ballon de foot doré, ça fait un temple supplémentaire dans un pays qui en compte tant.

Retour pour faire les boutiques.

D'abord on boit un coup car il commence à faire chaud, il est midi. Pas de Moïse à l'horizon on est content.

J'attends dehors assis sur une murette là où les gens laissent leurs chaussures, un couple d'homos s'interroge sur la signification du balancement de la tête de droite à gauche, je me mêle à leur conversation pour leur dire que ça signifie "Oui" ou que c'est tout au moins un signe positif. Ils ont leur idée et pense que c'est comme un signe de bienvenue  ou de reconnaissance et en partant malgré ses vertèbres cervicales raides, l'un d'entre eux me fait le ce geste et je le lui  rend.

Deuxième boutique, puis troisième, il n'y en a pas d'autre.

Moïse nous a rejoint. Véro et moi on repart à moto pour aller au restaurant  Tanto, les autres avec la voiture et Moïse.

On arrive les premiers et on s'installe et l'on voit arriver Isa, JJ et Ugo suivis de Moïse. Il faudrait lui dire qu'il n'a  rien à faire là en tant que chauffeur mais on n'ose pas.

Il déjeune avec nous d'une pizza qu'il se fait offrir sans remercier personne.

Bien sûr il sent que quelque chose ne va pas et il me demande s'il devait se comporter comme ça et ce qu'il  doit faire. Comme de toute façon il n'y a plus rien à faire je lui dis que c'est bon.

On part direction Serenity Beach. Moïse ne sait pas où c'es nous oui. Nos amis n'osent pas se parler dans la voiture parce qu'il parle parfaitement le français, c'est compliqué.

Il nous accompagne sur la plage et comme  l'océan est paisible et le temps super on décide de se baigner. Véro un peu gênée est obligée de se changer devant nous et devant lui.

L'océan est tiède à son habitude et les vagues sont molles, il n'y a pas de fond et l'on a pied pendant longtemps. Malgré tout on ne s'éloigne pas trop.

A l'entrée de la plage il y a un panneau d'interdiction de se baigner qui précise qu'il y a eu 10 morts sur cette plage.

Sur la plage on est au milieu des barques de pêcheurs et quelques une sont mises à l'eau et partent pour le large.

Isa dessine et peint sur son carnet, Ugo et Moïse jouent ensemble.

On revient par la grand route. Véro et moi  on s'arrête pour prendre du pain. Lorsqu'on arrive Moïse a déposé tout le monde et est reparti.

Ouf, c'est un poids de moins. Il a exactement le comportement qui fait qu'on ne veut pas avoir de chauffeur.
Gobi est un chauffeur complètement différent, il ne parle pas français mais est parfaitement attentionné avec tous ses passagers. Lorsqu'on s'arrête quelque soit la raison, il s'assure que tout est en ordre et il disparaît jusqu'à notre retour à la voiture où, où il réapparaît automatiquement.
Il a cette attitude que ce soit pour les visites, les repas, les nuits à l'hôtel.

On s'offre une petite bière en attendant la masseuse qui arrive à l'heure aujourd'hui, 18h30, c'est Isa qui s'y colle.

Dîner : Salade de tomates, concombres, fromage, oeufs durs, persil, et salade de fruits.

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