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| Ugo et le Matrimandir |
Ce matin Véro se lève
vers 6h30 et moi peu de temps après
ainsi qu'Isa qui monte sur la terrasse pour peindre.
Je vais au pain.
La voisine d'en face avec son chien
aux oreilles pendantes sort en même
temps que moi.
Le marchand de lait assis sur le
trottoir se lève et fait
signe à un homme qui arrive
en scoot pour lui signaler que la boutique est ouverte. Ce dernier s'arrête et le marchand lui tend un
sachet de lait.
Ibrahim store n'a pas encore ouvert.
Je croise la dame au chapelet qui m'a
l'air plus heureuse ce matin, plus souriante.
Rue Petit Canal un homme ou une femme
vêtue de haillons noirs et
raides de crasse, les cheveux longs et noirs n'ayant peut-être jamais su ce qu'était un peigne, il ou elle se
gratte de partout et traverse lentement la rue, certainement pour aller aux
toilettes de l'autre côté du pont où personne n'habite.
Je passe juste derrière elle ou lui et une horrible
odeur me saute aux narines.
J'allonge le pas pour respirer à nouveau un air plus neutre.
Rue Sainte Thérèse
la petite famille dort sur le trottoir.
La petite marchande de lait compte
des billets qu'elle range dans une pochette en plastique noir. Les mendiantes
attendent ce qui semble être
leur principale occupation, l'une d'entre elles, les bras levés passe ses mains dans ses
cheveux raides.
Un peu de circulation jusqu'à
la rue Ranga Pillai où à l'angle
de Nilgiris un marchand ambulant de banane découvre
son stock sur sa charrette.
Le soleil s'étale dans la rue Ranga Pillai, les gens qui
arrivent en face ne sont que des ombres.
Une voiture rouge du Karnataka est
garée devant le Sun Park.
Des bouses marquent le croisement
avec le quai.
Hot Bread le petit papy avec bonnet
et moustache blanche en sort. Aujourd'hui il n'a pas son bonnet, preuve que la
chaleur est revenue.
Une femme seule déjeune à une table.
Je prends un pain au chocolat et
surprise ce matin pas de boule de pain, mais des baguettes chaudes. Je prends
une baguette.
Le préposé à la caisse coupe ma baguette
en deux.
Je ressors. Une odeur désagréable m'agresse les narines.
Avant la station service les deux
rickshaws et la dormeuse dont la tête
aujourd'hui dépasse des
couvertures. Debout près
d'elle trois hommes discutent.
La place du clochard jésus est vide juste avant l'arrêt de bus. Deux hommes et une
femme attendent assis dans l'arrêt,
deux autres femmes attendent debout sur le trottoir juste après. J'aperçois le clochard jésus
qui traverse la route comme s'il venait du canal. Il marche comme un automate
et s'assied sur le trottoir le dos contre le mur.
Je monte sur le trottoir et lui donne
10Rs. J'ai l'impression ce matin qu'il y a quelque chose de changé dans son regard pas pour moi,
pas du fait de me voir, mais quelque chose en lui. Il prend le billet qu'il déplie comme pour voir s'il est
entier ou en bon état, je
veille toujours à lui
donner un billet neuf, ou alors c’est pour s'assurer que c'est bien
vrai. Il y a quelque chose d'animal dans la manière
qu'il a de prendre ce billet.
Pas de sourire, pas d'hypocrisie, simplement une volonté de prendre. Je ne sais pas ce que ça représente pour lui, mais ça n'a pas d'importance c'est à lui.
Pas de sourire, pas d'hypocrisie, simplement une volonté de prendre. Je ne sais pas ce que ça représente pour lui, mais ça n'a pas d'importance c'est à lui.
Deux élèves infirmières devant le pensionnat, elles
attendent.
Rue Surcouf toute ensoleillée.
Rue Capitaine Marius Xavier, le
gardien de la belle maison a lavé
toute la rue devant le portail.
Au croisement de la rue Candappa les
balayeuses rue s'activent.
Petit déjeuner.
A 10h Moïse est là,
il a eu des difficultés
pour garer sa voiture tellement il y a de voitures ce matin dans la rue Candappa.
Départ
pour Auroville avec un arrêt
chez le repasseur et un chez le money changeur.
Isa et moi, on file à
moto et on passe ainsi par la petite route de la palmeraie. On rejoint
la voiture à l'entrée du premier village.
On passe ensuite par la route qui
passe devant la solar kitchen, l'entrée
du Matrimandir et on se gare au garage moto devant le visitor center.
On va à
la rencontre des autres parce que les voitures ne se garent pas au même endroit.
Moïse
suit le groupe jusqu'au départ
pour le Matrimandir.
Le banian qui a une centaine d'années. Je l'aime bien ce banian
parce qu'il couvre une grande surface
tout en n’étant
pas très haut.
Celui qui a trois cents ans est
beaucoup plus haut et couvre une plus petite surface, ça le rend moins spectaculaire car lorsqu'on est
dessous on apprécie moins la hauteur que la surface couverte.
Le Madimandir immense ballon de foot
doré, ça fait un temple supplémentaire dans un pays qui en
compte tant.
Retour pour faire les boutiques.
D'abord on boit un coup car il commence
à faire chaud, il est midi.
Pas de Moïse à l'horizon on est content.
J'attends dehors assis sur une
murette là où les gens laissent leurs
chaussures, un couple d'homos s'interroge sur la signification du balancement
de la tête de droite à gauche, je me mêle à leur conversation pour leur dire que ça signifie "Oui" ou
que c'est tout au moins un signe positif. Ils ont leur idée et pense que c'est comme un
signe de bienvenue ou de reconnaissance
et en partant malgré ses
vertèbres cervicales
raides, l'un d'entre eux me fait le ce geste et je le lui rend.
Deuxième
boutique, puis troisième,
il n'y en a pas d'autre.
Moïse
nous a rejoint. Véro et moi
on repart à moto pour aller
au restaurant Tanto, les autres avec la
voiture et Moïse.
On arrive les premiers et on
s'installe et l'on voit arriver Isa, JJ et Ugo suivis de Moïse. Il faudrait lui dire qu'il
n'a rien à
faire là en tant que
chauffeur mais on n'ose pas.
Il déjeune
avec nous d'une pizza qu'il se fait offrir sans remercier personne.
Bien sûr
il sent que quelque chose ne va pas et il me demande s'il devait se comporter
comme ça et ce qu'il doit faire. Comme de toute façon il n'y a plus rien à faire je lui dis que c'est bon.
On part direction Serenity Beach. Moïse ne sait pas où c'es nous oui. Nos amis n'osent
pas se parler dans la voiture parce qu'il parle parfaitement le français, c'est compliqué.
Il nous accompagne sur la plage et
comme l'océan
est paisible et le temps super on décide
de se baigner. Véro un peu
gênée est obligée
de se changer devant nous et devant lui.
L'océan
est tiède à son habitude et les vagues sont
molles, il n'y a pas de fond et l'on a pied pendant longtemps. Malgré tout on ne s'éloigne pas trop.
A l'entrée de la plage il y a un panneau d'interdiction de
se baigner qui précise
qu'il y a eu 10 morts sur cette plage.
Sur la plage on est au milieu des
barques de pêcheurs et
quelques une sont mises à l'eau
et partent pour le large.
Isa dessine et peint sur son carnet,
Ugo et Moïse jouent
ensemble.
On revient par la grand route. Véro et moi on s'arrête
pour prendre du pain. Lorsqu'on arrive Moïse
a déposé tout le monde et est reparti.
Ouf, c'est un poids de moins. Il a
exactement le comportement qui fait qu'on ne veut pas avoir de chauffeur.
Gobi est un chauffeur complètement différent, il ne parle pas français mais est parfaitement
attentionné avec tous ses
passagers. Lorsqu'on s'arrête
quelque soit la raison, il s'assure que tout est en ordre et il disparaît jusqu'à notre retour à
la voiture où, où il réapparaît
automatiquement.
Il a cette attitude que ce soit pour
les visites, les repas, les nuits à
l'hôtel.
On s'offre une petite bière en attendant la masseuse qui
arrive à l'heure
aujourd'hui, 18h30, c'est Isa qui s'y colle.
Dîner
: Salade de tomates, concombres, fromage,
oeufs durs, persil, et salade de fruits.

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