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dimanche 22 février 2015

Dimanche à Barathi park

Abel en démo 

Je crois que ce matin on s'est levé en même temps, vers 7h30.
Je sors le beurre du frigo parce qu'on a un frigo qui fait un complexe de congélateur, il essaye de dans un premier temps de tout givrer ce qui est à l'intérieur. A l'extérieur il chauffe beaucoup on a mis un crochet ventouse sur le côté ce qui permet de sécher le torchon à vaisselle, économie écologique.

 Je vais au pain.

L'air ce matin est plus frais dans la rue Mission.
Le marchand de lait, Ibrahim store ouvert, tout est calme, même dans la rue Petit Canal, j'ai l'impression qu'ils sont tous partis.

Rue Sainte Thérèse il n'y a plus personne non plus.

Le gardien de la maison de l'archevêque est assis sur son fauteuil de jardin devant le portail d'entrée.

Il y a beaucoup de voitures garées, il y a l'air d'avoir une messe importante à la cathédrale, tous les mendiants et mendiantes ont envahi les escaliers et la pente, impossible de les éviter à la sortie.
La petite marchande de lait n'est pas là.

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18h30, je m'y remets avec un verre de bière et le muezzin qui nous envoie son message pour la prière.

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La pile de cagettes en plastique de sachets de lait est là.

Les chiens réfugiés dans la cour de l'école de garçons en face de Mamala Protein, aboient.

Un autre chien surveille l'entrée de la banque ING.

Le camion World Banana est stationné, les marchands ambulants de bananes commencent à s'installer aux côtés du Nilgiris.
En face un marchand ambulant de fraises et un homme à moto qui lui prend trois cagettes en carton de fraises, les pose sur son réservoir et file.


Le soleil inonde la rue Ranga Pillai.
 Pazamudhir est ouvert.
Le magasin où il y avait l'inauguration est fermé par des rideaux métalliques. Ils doivent faire les finitions.

Le bus est stationné devant le bureau de Sri Aurobindo autocares services.

Une bouse marque le croisement avec le quai.

Musique pour toute la rue, au Cool Cat et de nombreux clients, c'est dimanche.

Le Hot Bread, deux clients attablés, je prends mon pain qui est découpé et je ressors.

Le quai.
Beaucoup de monde pénètre dans le Cottage Restaurant, c'est dimanche les touristes indiens arrivent de toutes parts.

La femme avant la station service est encore endormie sous sa couverture et près de son chien enchaîné qui la garde.

Le clochard jésus n'est pas à son lieu de sommeil juste avant l'arrêt de bus.

Quelques Indiens dans l'arrêt de bus et après je vois le clochard jésus tout allongé sur le trottoir. Il est sur le dos, les jambes repliées et croisées les mains sous la tête, il prend le soleil. Je trouve qu'il a l'air heureux dans sa chemise blanche. Je pense à Diogène et je ne veux pas le déranger dans son bonheur, pour un billet de 10 roupies. Il est des choses plus importantes que l'argent.

Je croise le  livreur de bouteilles de gaz rouges qui poussent son chargement.

Maintenant avec l'allongement  des jours tout le quai est sous le soleil.

Rue Capitaine Marius Xavier les petits tas de détritus sont déjà en place et les nettoyeuses de rue sont en train de les ramasser avec leur plaque de bois qui leur sert de pelle. Elles mettent le tout dans leurs grandes cuvettes métalliques qu'elles portent contre leur hanche et vident dans la benne du tracteur.

Rue Candappa je croise l'homme qui  a des chiens berger allemand, il en promène un. Je le salue, il me répond à peine. C'est un franco-pondicherrien et il parle français comme un français qu'il est, mais il doit avoir aussi pris le caractère français qui consiste à ne pas être poli et a ne plus dire bonjour.
Il aurait dû rester en France, il y avait sa place.

On petit déjeune.

Je me repose un peu parce que je ne me suis pas encore remis de ma fatigue des jours passés. Peut-être que je n'ai plus l'âge d'en faire autant.

On décide d'aller au parc Barathi pour voir l'expo en plein air des artistes de la région.

L'expo se tient tout autour du parc et la rue est interdite à la circulation.
On dirait un peu Garonne expose, mais là malgré toute ma bonne volonté c'est consternant.
Tout le monde fait la même chose, la peinture à l'aquarelle domine, le style indien le même pour tous avec des paysages, des paysages, des paysages hideux..., L'aquarelle a été jusqu'à la fin du XIXème le principal média et le reste encore.
Puis il y a eu Ravi Varma qui découvre en occident la peinture à l'huile, les copies de ce peintre abondent, des dizaines de copies moches de la joueuse de cithare.
Pour le reste, les thèmes rituels autour de la religion, même une copie de la Joconde, enfin en voit toutes les horreurs possibles et rien pour sauver l'expo, mais c'est vraisemblablement au goût indien.


On rencontre un mec délirant posé sur son vélo il nous entreprend par un discours qui n’en finit pas. Il aurait été gardien au Louvres et serait aussi d’origine Bretonne. Nous sommes plusieurs à l’écouter, il nous appelle papi et mamie ce qui fait plaisir à Véro en plus il continue dans le bon sens en assurant qu’un appareil photo Nikon, c’est bien meilleur qu’un Canon. Enfin il nous précise qu’il est né le 28 avril comme Hitler et Saddam Hussein, nous on en connaît un autre ... ça gonfle encore plus Véro. Il nous lasse on se casse.


Ces artistes ne sont pas tous de Pondy, certains viennent du Kerala, du Karnataka, de Mumbai. Il y a même un marchand de pinceaux qui vient de Delhi. Il faut dire qu'il est impossible d'en trouver à Pondy. Véro en achète deux pour les essayer.

Après avoir fait le tour du parc on va au Surguru pour riches et on mange des pâtes. Véro veut faire une photo derrière la porte transparente avec le plan de Pondy. Je m'y colle. Peut-être que vous la verrez.



On revient à l'appart, on se fait un café et Véro essaie les pinceaux. Il y en a un qui est bien. On retourne à moto pour en acheter d'autres et on revient se reposer parce qu'à 16h30 Véro doit prendre en photo les proprios, leur fille attend un bébé pour fin mars et elle veut avoir des photos récentes des grands parents pour les montrer au bébé.

Abel passe un coup de fil pour nous dire qu'il fait une démo au parc Barathi et il veut que Véro vienne pour lui faire des photos. Elle lui dit qu'on arrive.

Antoine et Sylvie se sont faits beaux pour les photos, mais aussi pour la messe à la cathédrale à 17h.

Véro prend les photos devant le portail de la maison.
On leur redit que la machine à laver le linge est en panne. Ils vont faire venir un dépanneur demain.

Puis on reprend la moto et on file au parc Barathi pour voir Abel qui n'y était pas ce matin.

Véro prend des photos de la démo, on voit aussi sa petite famille, puis la famille de Vijay, puis Ejoumalé et sa famille.
Il y a beaucoup de monde et il y a ce soir un petit air de kermesse autour du parc Barathi qui est très sympathique.


On revient fatigués.
La moto est garée avec d'autres motos derrière ce qui m'empêchent de la sortir.

Moi je suis bien garé, et les indiens s'en foutent, ils posent leurs motos verrouillées derrière et tant pis pour moi ou pour tous ceux qui sont bien garés. Il faut déplacer les motos qui gênent. Heureusement les moto japono-indiennes sont légères, mais la  mienne est lourde, un gentil indien me donne un coup de main pour la sortir de ce piège en la faisant riper.

Retour à l'appart et on se sert une bière.
Véro a reçu un courrier du liquidateur judiciaire d’un magazine artistique pour lequel elle avait travaillé. elle ne sera pas payée de son "pas à pas" fait en octobre, son rang de créancier ne le permettra pas.

On a un petit coup de mou.
Peut-être qu'on se trompe, mais on a l'impression de tant donner aux autres, enfin surtout Véro, et elle se retrouve constamment avec des déconvenues que ça en devient décourageant pour elle de vivre dans ce monde.

Je crois qu'on est trop bonne pomme, mais on ne se refait pas. Et puis à quoi bon vivre si c'est pour ne pas être généreux quand on le peut et surtout quand ça ne nous coûte rien.

Même si la nature humaine est décevante, notre force est de ne jamais regretter ce qu'on a donné.
On a malheureusement la faiblesse d'attendre parfois des retours, mais ça n'existe pas.

Ce soir on se consolera avec une soupe de noodles épicées, du pain et du fromage, une banane, et la vie repartira après une bonne nuit de sommeil.



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