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| Le marché Goubert |
Mauvaise nuit.
Fraîcheur ce matin qui fait du
bien.
Pongal a commencé, les kolams
noirs et blancs ou multicolores sont enrichis d’un texte précisant « Happy
Pongal ».
On en a pour trois jours et après
la vie reprendra son cours normal.
Un homme tient deux chiens en
laisse. L’un s’est assis sur la rue et l’homme essaye de le convaincre
d’avancer en lui montrant du doigt un point au loin qui doit représenter leur
destination. Le chien ne semble pas vouloir bouger.
Il y a une grande messe à la
cathédrale, la foule des pratiquants débordent sur le parvis.
Il y a moins de mendiants sur les
marches, ils ont du prendre quelques jours de congés pour retourner dans leur
famille pour les fêtes.
Le mendiant au déambulateur est
en retard et se presse pour arriver pour la sortie de la messe.
D’un énorme camion avec
l’indication « Bananas World » on décharge des bananes pour les
marchands ambulants installés tout autour du Nilgiris. Il y a aussi un marchand
de légumes avec de magnifiques choux fleurs qui font la décoration du pourtour
de son étal à roulette.
Malgré Pongal toujours autant de
bouses dans Ranga Pillai.
Le mendiant installé près du Hot
Bread a changé de tenu il porte aujourd’hui un sarong avec des carreaux gris et
est toujours préoccupé par le rinçage intensif de sa bouteille d’eau.
Quelques touristes indiens
déjeunent au Hot Bread. C’est trop tôt pour les occidentaux. Les touristes
indiens voyagent tôt en règle général pour profiter au maximum de la fraîcheur.
Quai d’Ambour, toute une armada
de tracteurs bennes comme s’il était prévu un nettoyage intense des rues pour
Pongal.
Un homme pisse au bord du canal.
Sous la petite halle des gens se préparent encore pour la journée. D’autres
sont déjà partis. Leur sac, contenant leurs biens sont regroupés aux pieds des
piliers de la halle.
Juste à côté il y a un bâtiment
de forme octogonal qui doit contenir des toilettes publiques. Plusieurs
voitures sont stationnées autour. Des gens semblent attendre, un homme fait sa
toilette en toussant, crachant, éructant.
La rue Capitaine François-Xavier
n’est pas encore nettoyée ce matin. Le
portail de la belle maison s’ouvre et un
homme apparaît avec le style d’un majordome anglais, cheveux blancs et petite
moustache blanche, mais le sarong blanc remonté à mi-cuisse montre qu’on a
affaire au gardien.
Au croisement de la rue Candappa,
une équipe de tracteur-benne ramasse les détritus entassés dans une poubelle
qui n’est autre qu’un rond de ciment de tuyauterie de tout à l’égout, posé
verticalement.
Petit-déjeuner.
C’est le jour de la masseuse,
elle est bien là à 8h30 pétante.
Pendant ce temps j’essaye
d’encoder la démo de Véro parce que cette nuit je n’y suis pas arrivé. Je pense
savoir pourquoi et ce soir je vais réessayer ainsi je pourrais la mettre sur le
web.
On fait un tour au Vijaya New
Café habituel pour prendre notre thé quotidien. Ce matin il faut attendre un
peu car on arrive juste à la fin de la gamelle. Le thé est préparé en continue
mais dans un même récipient alors il faut attendre lorsqu’il n’y en a plus.
Ce n’est pas contraignant car on
repasse toute la gestuelle du faiseur de thé. Le sucre à la cuillère dans la
gamelle. Le passage d’un récipient à l’autre du thé qui va pouvoir être servi
comme une longue cascade, geste qu’il est apparemment nécessaire de répéter
plusieurs fois.
Puis rinçage des verres des
précédents clients dans une bassine à l’eau douteuse mais par sécurité dans
chaque verre propre est versé une rasade d’eau bouillante toujours en
ébullition sur un gaz. C’est dans ce verre ainsi rincé à l’eau bouillante, que
le thé mis dans un quart métallique, est versé.
Inutile de se précipiter le
faiseur de thé sait dans quel ordre on lui a remis les tickets payés à la caisse
et sert dans l’ordre les clents. Quand c’est notre tour à Véro et à moi il nous
tend deux verres d’une main, les doigts serrant le haut du verre.
C’est trop chaud et il fait une
chaleur terrible, mais par petites gorgées, cela finit par nous désaltérer. On
pose notre verre sur la banque qui sert de bar et le cycle reprend pour les
clients suivants.
Il y a ce matin moins de monde en
train d’acheter aux petits commerces qui se sont installés dans MG road depuis
dimanche.
On reprend la moto pour aller rue
Calvet voir Abel car ils doivent demain célébrer l’anniversaire de leur galerie
et nous n’avons pas eu d’info.
Abel est dans la rue avec un
groupe de stagiaires qui débarquent de France. On n’est pas les bienvenues ni
auprès d’Abel qui semble gêner parce que la fête c’est pour ce soir et qu’il ne
nous a pas avertis, ni par les stagiaires qui ne voudraient pas qu’on leur
fasse perdre une minute de stage pour lequel ils ont du payer un max au Belge.
On dit bonjour à Ejoumalé qui
s’occupe de la déco.
Cet après-midi ils vont faire des
démo dans la rue et ce soir à 18h il fête l’anniversaire de la naissance de la
galerie.
On va chez Grindé reprendre des
Caughlet pour ma toux et à la caisse on tombe sur la dame de haute Savoie,
celle du dessous que nous ne reconnaissons pas tellement elle ressemble à toute
les femmes de son âge, mais elle, elle nous reconnaît et se mêle de ce qu’on a
acheté et nous conseille une grande pharmacie Ayurvédique dans MG road.
On ne lui répond même pas et elle
se casse.
Décidément elle ne nous lâche
pas.
On va chez Fabindia rue Mission
où Véro s’achète un pantalon. Pas le haut parce que le vendeur ne lui présente
que des tailles pour grosses.
On déjeune au Surguru. Jusqu’au 19 c’est une carte spéciale
Pongal plus chère.
On prend un plat de l’Inde du
Nord. Ça ressemble étrangement à un Thali du Sud, mais comme ça vient du Nord
c’est un peu plus cher.
On croise notre copine chanteuse
qui est toujours un peu à côté de la plaque. Elle bosse gratuitement pour
l’Ashram, elle ne nous le dit pas mais c’est certainement pour rester dans sa
chambre de l’Ashram qu’on ne peut en principe louer que 2 ou 3 jours.
Un groupe d’ados de Chennai nous
refait le sketch de Muriel Robin pour le règlement de la note.
Celle parmi eux que l’on trouve
la plus rigolote vient nous voir après
le paiement pour demander si on peut lui prêter mon chapeau pour faire une
photo. Pour être sûr que nous lui disions oui, elle commence à communiquer avec
nous avec quelques mots de français puis passe à l’anglais.
Elle emporte le chapeau pour une
copine. En fait c’est le chapeau de Véro de l’an dernier qui ne lui va plus
compte tenu de la pousse des cheveux cette année et qui me va à moi alors que
le mien est complètement destroyed.
Elle nous rapporte le chapeau en nous remerciant
beaucoup.
On se dit qu’on ne doit pas avoir
des têtes trop nases de vieux babes sur le retour pour que des jeunes
s’intéressent à ce que l’on possède, à moins évidemment que ce ne soit le
contraire.
On sort et Véro va à son
rendez-vous épilation et moi je retourne à l’appart. Arrivé devant le portail,
je m’aperçois que c’est Véro qui a la clé.
Je vais donc au salon d’épilation
et j’explique que je vais attendre parce que je sais que n’est pas très long,
environ une demi-heiure et il y a déjà un quart d’heure de passé.
Un homme dans un salon pour femme ça détonne un peu. Mais personne
ne dit rien.
Dès que Véro a terminé on
retourne à l’appart.
Là c’est « power cut »,
plus de jus. Heureusement pour le café du midi c’est chauffage de l’eau avec le
gaz.
On prend le café et on se repose
mais sans air et avec l’odeur de chou cuisiné qui monte des étages, c’est
difficile.
On décide de sortir, mais le
courant revient.
On reste un peu sur l’ordi
jusqu'à la coupure suivante qui nous décide à y aller.
On passe à la poste pour envoyer
une carte de Siva à un ami qui a besoin qu’on veille sur lui. Ne connaissant
pas très bien le Panthéon indien, je pense qu’il aurait peut-être mieux valu
sous la protection de la trimurti (trinité) indienne, mais je crois que Siva
fera l’affaire pour l’aider.
On remonte par la parallèle Nehru
Street qui est elle aussi théoriquement en sens unique, rue Ambalathadaiyar
Madam.
Une place se libère juste au
niveau du passage des couturiers qui fait communiquer avec Nehru Street.
On remonte la rue Ambalathadaiyar
Madam jusqu’à la rue Barathi et on pénètre dans les ruelles des bijoutiers.
On a quelques difficultés à se
faire comprendre. Véro veut faire faire un placage en or sur des boucles
d’oreilles en argent et ils comprennent qu’elle veut acheter des bijoux dorés.
On y arrive enfin et on tombe sur
des gens très sympas qui nous demandent un prix indien. Ils nettoient les
bijoux en argent et peuvent aussi les plaquer par électrolyse. Tout ça se passe
sous nos yeux et prend une petite demi-heure. Les boucles sont attachées à un
fil d’or que l’opérateur tient d’une main, et trempées dans une solution tandis
que de l’autre il tient le fil qui plongé dans le liquide va permettre
l’électrolyse.
Juste comme l’opération se
termine, coupure générale d’électricité.
Véro est contente du résultat.
On traverse Nehru Street et on
entre dans le marché Goubert pour aller chez Aroule pour voir s’il a des kurtas
courtes pour aller avec le pantalon de ce matin.
Véro ne trouve pas ce qu’elle
cherche.
On passe chez le marchand de café
qui semble très heureux de nous revoir. Il nous souhaite une bonne année, un
bon Pongal et nous offre deux petites tasses métalliques en inox.
On revient récupérer la moto et
on passe par la galerie d’aquarelle. Dans la rue Ejoumalé fait une démo.
On ne correspond pas du tout au
public de connaisseurs en aquarelle qui est captivé par la démo.
On a l’impression qu’ils ne
veulent pas qu’on leur pique leurs Indiens.
On revient à l’appart. On rentre
la moto. On se pose un moment. Puis on repart à pied pour la rue Calve. Ça fait
une petite promenade d’une quinzaine de minutes, mais comme ce soir on n’est
pas allé sur la promenade Goubert, ça rattrape.
Lorsqu’on arrive il y a déjà tout
un groupe de français qui restent entre eux. On s’assied en attendant que la
cérémonie commence. Les gens passent devant nous sans nous voir et restent
entre eux. Ils sont une vingtaine et semblent tous se connaître.
On salue Ejoumlalé, Abel et
Rajkumar et on s’en va discrètement pour ne pas perturber l’équilibre de cette
agrégation formé par l’agence de voyage Belge : découverte de l’Inde et
stages d’aquarelle. Un vrai bon plan.
Les mecs ressemblent à des beaufs, barbe, chemisette d’été, short
et chaussettes qui montent comme des scouts. Les femmes déguisées en Indiennes
fleuries et colorées comme parées pour une perahera cinghalaise.
Et bien sûr tous super cathos
comme le Belge.
Véro prépare le repas du soir.
Sami monte pour récupérer le mot
de passe de notre connexion internet, parce qu’Antoine veut changer sa télé et
ils vont regarder ce qui se fait de mieux, mais pas une Samsung, ni une LG,
c’est nul, plutôt une Sony.
Véro se dit que comme ça il va
peut-être nous filer sa vieille télé qui est certainement meilleure que la
nôtre.
Dîner : spaghettis pesto et
aubergine, un petit délice sous les tropiques, camembert, fin de la salade de
fruits et raisins.

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