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| Dans le marché Goubert |
Bonne nuit fraîche.
5h30 le muezzin se défonce,
peut-être que lui aussi veut faire Pongal.
Véro est déjà réveillée lorsque je
me réveille.
On se lève.
Je vais chercher le pain, il est plus tôt que d’habitude et la rue Candappa
est vide.
Personne aussi sur la rue
Mission.
Le marchand de lait vend deux
sachets à une femme qui se met à marcher devant moi.
Ibrahim store n’est pas encore
ouvert.
La mendiante aux sacs a transféré
une partie de ses stocks de l’autre côté de la rue.
Je regarde plus attentivement la
femme qui marche devant moi et qui va rue Savari en se retournant pour voir qui
la suit.
Elle est en sari et a un tout
petit sac à main suspendu à sa main gauche. Avec la droite, elle porte les
sachets de lait.
Tout d’un coup je réalise que ce
n’est pas une ménagère qui fait ses courses, c’est vraisemblablement une femme
de ménage qui se rend dans une maison et apporte le lait en venant.
Rue Petit Canal tout le monde
dort encore. Il fait bon dormir ce matin dans la fraîcheur.
Sur le trottoir de l’archevêché
un corps allongé complètement recouvert par
une couverture et les jambes pliées aux genoux et relevées à la
verticale.
Messe à la cathédrale, toujours
aussi peu de mendiants, un rickshaw se positionne pour réceptionner les clients
lorsque la messe sera finie.
Je trouve que la petite marchande
de lait a l’air très triste ce matin. Son cahier de compte est fermé sur ses
genoux.
Puis plus rien de particulier
jusqu’à Ranga Pillai.
Au début de la rue, trois
occidentaux deux femmes et un homme, des français vraisemblablement, prennent
en photo trois buffles qui viennent du canal et qui se rendent certainement au
marché Goubert.
Les trois occidentaux sont ravis
de voir ces animaux dans la rue. Ils ne savent pas encore que ces machines à
merde vont en mettre plein la chaussée. Ce qui est déjà fait au croisement avec
le quai d’Ambour ou d’énormes bouses puantes se suivent.
Le mendiant du Hot bread est
revenu.
Du monde ce matin à la caisse.
Tout le monde me passe devant car ce sont des coursiers qui viennent faire leur
provision de pain et de viennoiserie pour
les hôtels.
Mon tour vient et je suis le
dernier. Ce matin, ils ne me rendent pas les 5 roupies que je donne dans la
journée à un mendiant, mais me font un avoir sur ma facture, pour demain.
Ça ne me convient pas à cause du
mendiant qui ne va pas avoir ses 5 roupies, mais je n’ai pas le choix.
C’est la galère dans tous les
commerces pour se faire rendre des pièces, ils nous réclame toujours l’appoint
et essayent de ne jamais nous rendre de pièces.
Les trois occidentaux aux
buffles, s’installent à une table pour le petit dèj.
Au Cool Cat un groupe de jeunes
routards, gars et filles, 5 ou 6, énormes sacs à dos, s’installent eux aussi.
Le quai d’Ambour est vide.
Un car avec ses passagers est un signe de reprise
d’activité après Pongal.
Un tracteur benne arrive avec son
équipe.
Sous la petite halle il y a
encore du monde qui essaye de se sortir de la nuit.
Rue Surcouf deux femmes
s’apprêtent à dessiner chacune un kollam.
Rue Capitaine Marius Xavier la
chaussée n’est pas encore nettoyée, mais au bout, vers la rue Candappa un
tracteur benne est en place pour que le nettoyage commence.
Sur le balcon du premier étage de
notre immeuble, les dames prennent leur petit-déjeuner.
Petit dèj pour nous.
Arrivée de la masseuse. Je finis
d’étendre le linge sur le Tancarville.
J’en profite pour faire un brin
de toilette et notamment rasage.
Lorsque je descends ouvrir le
cadenas du portail pour que la masseuse puisse sortir, il y a devant la maison
un rickshaw qui attend avec une jeune femme souriante. Lorsque je referme une
de nos dames se précipite comme une furie pour que je laisse le portail ouvert.
Trop tard, je lui ouvre le cadenas, le portail et je referme derrière elle.
A peine bonjour, pas de merci,
elle passe entre moi et la porte comme un mégère coiffée soit d’une perruque,
soit des cheveux longs en paille raide et dorée, noués comme une auréole tout
autour de la tête. Elle une chevelure tellement bizarre qu’on n’arrive pas à comprendre
ce que c’est comme cheveux.
Elle porte un cahier et une boite
archive qui doivent contenir toute son activité humanitaire.
Je remonte. On se prépare à partir chez Pichaya.
On passe par le repasseur mais sa
boutique est fermée, il doit toujours
être en congés de Pongal, on reviendra demain.
Pichaya est là en compagnie d’un
Français avec lequel on discute un peu.
Il parle d’une voix de gorge qui
rend son discours peu audible et ne fait aucun effort pour qu’on comprenne. Il
critique l’Inde nouvelle qui pour lui n’est plus la vraie Inde. Il parle de
tout ça dans sa barbe comme s’il s’adressait à lui-même et nous regarde avec
son regard de myope sans lunettes qui ne veut surtout pas voir le monde autour
de lui.
Bref on le dérange, mais tout à
l’air de le déranger. Il est vêtu de la traditionnelle chemise orange des vieux
babs occidentaux et d’un pantalon à
patte d’eph en tissu rayé comme un vrai costard de maffioso.
Il dit qu’il n’aime pas se
déplacer en voiture, mais il se déplace en voiture et va ainsi d’hôtels de
luxe en hôtels de luxe et de sites
touristiques en sites touristiques parce qu’il suit deux femmes qui voyagent
avec lui et qui font d’après lui un pèlerinage en revenant dans des endroits
qu’elles ont déjà visités.
Il traîne son ennui de tout.
Personnage désagréable s’il en
est et que ne semble pas apprécier non plus Pichaya qui ne fait même pas cas de
lui.
Pichaya s’ennuie aussi et il veut
qu’on vienne déjeuner demain. Il pensait que nous devions venir déjeuner hier,
mais il ne nous avait pas invités.
On va venir demain matin vers 10h
et il pourra peindre avec Véro et ensuite on déjeunera.
Il peint d’une manière spontanée
sur n’importe quel support pour faire sortir quelque chose et c’est souvent
n’importe quoi et parfois c’est bien.
Il y a actuellement chez lui des
représentations de ses parents on ne peut pas dire portrait mais ce sont eux et
il y a aussi une toile géante avec deux personnages étonnants de force, formés
de grands à plat de couleur.
Actuellement, sur une toile posée
sur un matelas mis verticalement sur son plus petit côté, il peint ses grands
parents.
Sa sœur qui a vu son travail lui
a dit : « ce sont aussi mes grands parents » et il lui a répondu
non, ce sont uniquement les miens parce que je les peins tel que je les
imagine.
C’est une vraie définition de son
art.
Pich s’ennuie lorsqu’il n’est pas
entouré de quantité de gens, ce matin il y a celui qui s’occupe de son ordi et
de son téléphone portable, il y a ses femmes de ménages mais qui sont aussi
pour lui des copines, des sœurs et des
mères.
Heureusement des guests arrivent
pour le 21, ça va l’occuper.
On part et il trouve qu’on ne
reste pas assez longtemps, mais on revient demain, ça le rassure.
On passe à l’appart prendre des
aquarelles pour les faire encadrer parce que Véro veut aussi en accrocher dans
le couloir qui mène aux chambres. Ça va faire une vraie belle déco pour nos
AAAAAAAAAAAAAAAmis qui arrivent mardi.
On va sur MG road en face du
petit séminaire pour voir chez un fabricant de meuble « pin et rotin »
s’il y aurait un petit lit pour enfant. Il a ce qu’il faut en bambou, fait en
deux jours et livrable à domicile.
Super, on reviendra pour passer
la commande.
Détour par Fior d’India pour
acheter l’écharpe parfaitement assorti à la tenue de Véro achetée hier au
Visitor Center d’Auroville.
On va déjeuner au « Café des
Amis » rue Romain Rolland. Il faut toujours y aller un peu tôt parce que
tout est préparé sur commande et ça prend un peu de temps et s’il y a déjà des
clients, ça prend encore plus de temps.
Poulet moutarde avec légumes pour
Véro et poisson grillé avec légumes pour moi.
C’est très bon et on félicite le
patron pour sa nourriture mais aussi pour la propreté de son établissement il a
certainement les toilettes les plus propres de tout Pondy.
Retour à l’appart pour le café et
repos.
Véro prend rendez-vous chez
l’ostéo pour essayer de trouver une solution pour sa douleur au bras.
On part faire un tout au marché
Goubert pour les photos du jour.
Puis Véro va à son rendez vous.
En l’attendant je vais au temple de Ganesh. Le temple est en réfection et
l’éléphante Lakshmi n’est pas là. Il faut qu’on se renseigne pour savoir ce
qu’il en est exactement.
Devant la boutique « Lahora »
je vois des hauts comme Véro en cherche.
Je retourne la chercher et je lui
dis.
On va à la boutique et elle
trouve un haut très bien assorti avec son pantalon.
On traverse toute la ville depuis
la rue Desbassyins de Richemont qui de l’autre côté du canal devient la rue
Kama Chiamman Koil et qui est celle dans laquelle se trouve le garage de Félix près
d’Anna Salai.
Il a bien les sacoches, on les
lui règle et on lui dit de les garder pour les mettre sur la Bullet grise d’Alain.
Mais la Bullet grise il l’a louée
pour 3 semaines…
Il essaye de nous refiler une
Thunderbird, il n’en est pas question même son mécano considère que c’est de la
merde et nous aussi.
Il va remettre en état une Bullet
noire pour mercredi matin pas de problème.
Espérons qu’il tienne parole.
Sinon on trouvera une solution.
On revient à l’appart.
Blog et dîner.
Ratatouille au riz, fromage,
salade de fruits.

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