Pages

samedi 11 janvier 2014

Aujourd'hui, on marche.

Sur la promenade



Lever 7h sans le réveil. Je l’avais en prévision de l’arrivée de la masseuse Lakshmi à 8h30.

Même temps qu’hier fraîcheur du matin qui annonce une belle journée.

Rue Mission le marchand de lait est là sans son acolyte mendiant qui ne doit pas être bien loin car je vois son sac posé sur le trottoir.

Plus de la mendiante aux cent sacs plastiques qui n’est pas au milieu de ses sacs. Elle est de l’autre côté de la rue et elle a accroché des sacs au portail d’une maison. Les proprios vont être contents à moins que la maison ne soit vide…

Rue Petit Canal une petite fille est debout en chemise de nuit face au canal vide et qui pue, comme si elle faisait sa toilette.

Un peu plus loin sur la droite des soldats en tenue de parade kaki et béret noir avec une fleur rouge sur l’avant s’entraînent sur les conseils d’un supérieur, à marcher en levant la cuisse et le genou à hauteur de l’épaule le reste de la jambe pend et frappe durement le sol en retombant comme pour faire un bruit très fort qui donne à ce pas un air martial.
Les 5 où 6 jeunes qui s’exercent ressemblent à des conscrits et doivent se préparer pour la fête de la nation qui aura  lieu le 26 janvier.

Le mendiant au déambulateur est assis sur le trottoir devant la cathédrale son déambulateur posé devant lui.

Un conscrit qui doit avoir du retard se presse pour rejoindre les autres.

La petite marchande de lait parle tout sourire à un homme debout devant elle, peut-être un client, si c’est le cas il a de la chance de recevoir un sourire pareil.

À l’angle de la rue Needarajapayar, côté canal, un énorme tas de coconuts a été déposé à même le sol, à côté la marchande attend le client.

Rue Ranga Pillai toujours parsemée de bouses écrasées et qui ainsi se multiplient par petites touches sur la chaussée.

Un Asiatique semble attendre son tour devant le Cool Cat, puis s’en va.

Je tiens la porte du Hot Bread à un Indien chargé de pains. C’est comme si je n’existais pas, il ne faut pas s’attendre à un remerciement. Au début ça fait bizarre et puis on s’y fait et au fond pourquoi pas.

Je reviens par le quai.

Rue Capitaine Xavier François deux petites balayeuses de rue s’activent avec énergie, elle sont peut-être en retard. Au bout de la rue dans la rue Candappa un tracteur benne attend.

Je prépare le petit dèj, Véro se lève.

On attend la masseuse tout en se préparant. Un coup de sonnette étrange et assourdi, je regarde du balcon, c’est la masseuse, je descends lui ouvrir. Au premier étage, j’entends la dame de Haute Savoie qui dit » j’arrive j’arrive » et elle ouvre la porte et me voit. Elle a perdu un peu de sa superbe en chemise de nuit de poissonnière et je lui explique que la personne que nous attendons a sonné au mauvais étage. Elle me répond que si c’est pour nous c’est bon.

J’ouvre à la masseuse. Je comprends mieux pourquoi le bruit de la sonnette nous a paru bizarre. Ça nous fait rire que ce petit incident ce soit produit.

Je termine le film de la démo, mais il faut que je coupe encore deux minutes pour ne pas avoir de problème sur You tube. Je finirai plus tard.

On descend pour partir.
Dans le hall on croise la dame de Haute Savoie à qui on fait un bonjour poli, sans plus.
Elle nous branche pour nous dire qu’avec notre arrivée c’est la mauvaise saison qui s’installe, la chaleur revient.
Sous-entendu quand vous n’étiez pas là le temps était merveilleux.
Véro lui répond qu’elle préfère la chaleur à la moiteur de décembre avec ses queues de mousson qui amènent des pluies tropicales.
Elle se casse, un Indien sur un scooter l’attend pour l’embarquer.
Quelle conne quand même !

On part à moto chez le tailleur rue Laporte récupérer un pantalon que Véro a fait faire dans un tissu qu’elle avait. On boit un thé sur MGroad, Ranga Pillai. Il est un peu plus de 10h et il y a un monde de folie. C’est le dernier WE avant Pongal équivalant aux fêtes de fin d’année pour nous.

Conduire, c’est assez inimaginable, je ne pense pas qu’un créateur ait encore inventé un jeu vidéo qui pourrait représenter cette réalité. Je commence à bien maîtriser notre engin qui en retour commence lui aussi à me connaître. Du coup moins de frayeur pour se faufiler.

On file sur la boutique Himalaya complètement au Nord, sur Anna Salai, là la moitié de la chaussée du boulevard est ouverte.

Trafic inexplicable il faut le voir pour le croire, tout le monde passe partout. Je reste au début de la rue Barathi. Véro se lance pour traverser à pieds la chaussée. Elle commence à bien maîtriser cette folie véhiculaire.

Il commence à faire chaud comme dirait la dame de Haute Savoie. Véro revient,  elle a trouvé ce qu’elle voulait.

On prend La rue Perimal pour rejoindre la rue Mission. Je me gare rue Ranga Pillai, Véro veut prendre des fruits pour faire une salade de fruits, il n’y a plus de mangues, ils ont été dévalisés à cause de Pongal, mais il y a des fraises, aussi à cause de Pongal.

Une procession passe dans la rue Mission, on la suit puisque c’est notre route pour rentrer chez nous. On a même droit a un prospectus qui explique que c’est en  l’honneur du 150ème anniversaire du gourou Swami Vivekananda’s, un pépère bien nourri qui a vécu de 1863 à 1902. Pour les intéressés toutes les informations sur le site www.chennaimath.org

On pose nos courses à l’appart et on repart à pieds parce que la moto en ce moment c’est périlleux, mais Pongal se termine Mercredi.

On passe par la rue Ellaiaman Koil pour laisser à l’angle avec la rue Montorsier notre linge à repasser. Le repasseur n’est pas là on laisse le sac sur sa table. Il a dû aller prendre un thé.

On va chez le marchand de tissus Le Royal Emporium rue Mission qui possède tous les tissus qui existent, encore faut-il dans ce capharnaüm les découvrir. D’ailleurs le vendeur dit à Véro qu’il n’a pas ce qu’elle cherche. Alors Véro cherche et trouve ce qu’elle veut pour faire faire une tunique au petit couturier de la rue Laporte.

À La caisse il y a un jeune couple de deux français qui font semblant de ne pas nous voir pour ne pas avoir à nous saluer. Chacun veut être le seul en Inde. Il laisse sa nana partir à pied avec 3 sacs et lui part les mains dans les poches en scoot.

On passe à Casablanca, on regarde les habits pour enfant et on ressort, tout est cher ici. Titanic pour les mêmes raisons.

On s’arrête chez Diva pour jeter un coup d’œil.

Puis on va chez le marchand de vaisselle pour la maison rue Calve acheter un décapsuleur. Une semaine sans décapsuleur pour la bière du soir ça ne peut pas durer.

On remonte la rue en direction du canal et Véro s’arrête dans un magasin de linge de maison.
On traverse le canal pour aller déjeuner au petit restau sur la promenade Goubert. On remonte la rue Saint Gilles celle du magasin Harpagon, on passe à côté du consulat de France et on longe la promenade.

Le restau est mitoyen avec un petit square qui donne l’impression lorsqu’on est sur la terrasse de déjeuner dans la nature avec en face l’océan bleu et le ciel d’un autre bleu. C’est beau.

Le serveur nous reconnaît et nous fait un accueil chaleureux à l’étonnement des autres consommateurs.

On prend un Paneer Byrianni qu’on trouve bon.

On remonte la promenade en allant vers le Sud pour retourner à l’appart.

Devant la statue de Gandhi, une grosse voiture monte sur le trottoir, chassant les piétons, la vitre électrique arrière gauche  se baisse, un objectif ridicule sort, la vitre remonte, la voiture repart, ce sont des touristes qui visitent l’Inde…

On prend la rue de Labourdonnais, ce qui nous étonne parce que la rue Labourdonnais est tout près du canal et qu’il y a le restau Satsanga et ce n’est pas du tout ici.
On vient de découvrir quelque chose à Pondy. Il y a deux rues Labourdonnais !

On rencontre Pichaya et son mignon Jaya qui porte un appareil d’orthodontie. C’est vrai que l’année dernière il avait les dents vachement en avant.
Pich achète des racines de palmier qu’il nous fait goûter. Ça a un goût de patate douce avec énormément de fibres.
Pich nous dit que pour son anniversaire ce n’est pas demain midi mais demain soir au Space. Ça nous libère la journée.

On prend la rue Dumas parce que je veux m’assurer que le petit bistrot Express Café existe toujours, ce qui est le cas.
Ensuite on prend la rue Romain Rolland pour voir si un autre petit restaurant, le Bar des Amis est toujours là à côté du théâtre. Lui aussi est bien là.
Ce sont deux endroits assez sympas où l’on peut venir déjeuner pour changer.

On reprend la rue Surcouf et la rue Laporte pour porter le tissu au couturier et dire au repasseur que le linge c’était nous. Mais il le savait déjà et à tout repasser. Véro lui donne le même prix que l’an dernier et ça va.

L’appart, le café, et non pas la sieste pour moi, mais le coma pendant une demi-heure.

À 16h on repart pour aller à la bibliothèque de l’AF. On repasse chez le couturier.
A l’AF le gardien nous salue toujours en français ce qui est agréable.

On va ensuite sur la promenade Goubert où la foule des grands jours de Pongal commence déjà à se rassembler.

Il faut dire qu’à cette heure c’est l’endroit le plus agréable de Pondy avec le soleil sur terre mais qui éclaire l’océan de sa belle lumière de fin de journée. L’air frais balaie la chaleur de la journée et l’on peut marcher parmi tous ces gens qui sont heureux d’être là. Il y a des touristes indiens, de jeunes filles nous disent qu’elles viennent du Kerala.
Un groupe de scolaires arpente aussi la promenade. Ce soir ils vont certainement coucher par terre dans un temple et demain ils retourneront chez eux.

Des regroupements d’artisans se font dans des locaux improvisés pour les fêtes. Certains se sont installés dans le gros œuvre d’une construction, la dalle du premier étage leur sert de toit.

Dans le grand hall d’exposition en face de la statue de Gandhi il y a un marché de Pongal, comme un marché de Noël avec des espaces individuels pour les commerçants.

Des ouvriers montent une estrade pour un orchestre avec des bouts de bois de guingois, mais ça a de la gueule et ça à l’air solide.
Deux gros humanitaires comme des canards trop gavés regardent la construction et commentent en disant : « ça ils savent bien faire »

J’ai envie de leur dire (mais à quoi bon) ils savent aussi faire des bombes atomiques, ils savent envoyer des satellites, ils savent faire de l’acier qui rapporte, voir : Arcelor Mital, ils savent faire des voitures, ils savent vivre de ce qu’ils fabriquent pour rester indépendants.

J’ai envie de leur dire Gandhi, le rouet, le fil c’est fini.

L’Inde est devenu un grand pays avec ses problèmes de pauvreté, mais comme nous avons les nôtres.
Ils ont des gens très riches qui doivent aussi cacher leur argent aux iles CaÏman, ils ont une classe moyenne qui se porte certainement mieux que le nôtre, ils ont des pauvres qui vivent et meurt dans la rue, le tout à une autre échelle, mais vraiment est-ce si différent ?

On revient à l’appart pour préparer le blog et le repas.

Pour le repas on a découvert une nouveauté c’est qu’il y au rez-de-chaussée un robinet d’eau pour la cuisine pour tous les étages et qui est alimenté 6h par jour de 5 à 8h le matin et de 17 à 20h le soir.
On donc l’eau pour les toilettes, pour les lessives et pour se laver qui vient de la nappe phréatique, l’eau pour la cuisine qui vient de la ville,  l’eau pour boire qu’on achète par bidon de 20l .

Un vrai progrès écologique.

Soupe de Noodles, camembert et pain, salade de fruits dont Véro choisi la couleur des fruits comme pour réaliser une aquarelle.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Faites nous un petit coucou ici ! N'oubliez pas de mettre votre nom ...