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| Sur la promenade |
Lever 7h sans le réveil. Je
l’avais en prévision de l’arrivée de la masseuse Lakshmi à 8h30.
Même temps qu’hier fraîcheur du
matin qui annonce une belle journée.
Rue Mission le marchand de lait
est là sans son acolyte mendiant qui ne doit pas être bien loin car je vois son
sac posé sur le trottoir.
Plus de la mendiante aux cent
sacs plastiques qui n’est pas au milieu de ses sacs. Elle est de l’autre côté
de la rue et elle a accroché des sacs au portail d’une maison. Les proprios vont
être contents à moins que la maison ne soit vide…
Rue Petit Canal une petite fille
est debout en chemise de nuit face au canal vide et qui pue, comme si elle
faisait sa toilette.
Un peu plus loin sur la droite
des soldats en tenue de parade kaki et béret noir avec une fleur rouge sur
l’avant s’entraînent sur les conseils d’un supérieur, à marcher en levant la
cuisse et le genou à hauteur de l’épaule le reste de la jambe pend et frappe
durement le sol en retombant comme pour faire un bruit très fort qui donne à ce
pas un air martial.
Les 5 où 6 jeunes qui s’exercent
ressemblent à des conscrits et doivent se préparer pour la fête de la nation
qui aura lieu le 26 janvier.
Le mendiant au déambulateur est
assis sur le trottoir devant la cathédrale son déambulateur posé devant lui.
Un conscrit qui doit avoir du
retard se presse pour rejoindre les autres.
La petite marchande de lait parle
tout sourire à un homme debout devant elle, peut-être un client, si c’est le
cas il a de la chance de recevoir un sourire pareil.
À l’angle de la rue
Needarajapayar, côté canal, un énorme tas de coconuts a été déposé à même le
sol, à côté la marchande attend le client.
Rue Ranga Pillai toujours
parsemée de bouses écrasées et qui ainsi se multiplient par petites touches sur
la chaussée.
Un Asiatique semble attendre son
tour devant le Cool Cat, puis s’en va.
Je tiens la porte du Hot Bread à
un Indien chargé de pains. C’est comme si je n’existais pas, il ne faut pas
s’attendre à un remerciement. Au début ça fait bizarre et puis on s’y fait et
au fond pourquoi pas.
Je reviens par le quai.
Rue Capitaine Xavier François
deux petites balayeuses de rue s’activent avec énergie, elle sont peut-être en
retard. Au bout de la rue dans la rue Candappa un tracteur benne attend.
Je prépare le petit dèj, Véro se
lève.
On attend la masseuse tout en se
préparant. Un coup de sonnette étrange et assourdi, je regarde du balcon, c’est
la masseuse, je descends lui ouvrir. Au premier étage, j’entends la dame de
Haute Savoie qui dit » j’arrive j’arrive » et elle ouvre la porte et
me voit. Elle a perdu un peu de sa superbe en chemise de nuit de poissonnière
et je lui explique que la personne que nous attendons a sonné au mauvais étage.
Elle me répond que si c’est pour nous c’est bon.
J’ouvre à la masseuse. Je
comprends mieux pourquoi le bruit de la sonnette nous a paru bizarre. Ça nous
fait rire que ce petit incident ce soit produit.
Je termine le film de la démo,
mais il faut que je coupe encore deux minutes pour ne pas avoir de problème sur
You tube. Je finirai plus tard.
On descend pour partir.
Dans le hall on croise la dame de
Haute Savoie à qui on fait un bonjour poli, sans plus.
Elle nous branche pour nous dire
qu’avec notre arrivée c’est la mauvaise saison qui s’installe, la chaleur revient.
Sous-entendu quand vous n’étiez
pas là le temps était merveilleux.
Véro lui répond qu’elle préfère
la chaleur à la moiteur de décembre avec ses queues de mousson qui amènent des
pluies tropicales.
Elle se casse, un Indien sur un
scooter l’attend pour l’embarquer.
Quelle conne quand même !
On part à moto chez le tailleur
rue Laporte récupérer un pantalon que Véro a fait faire dans un tissu qu’elle
avait. On boit un thé sur MGroad, Ranga Pillai. Il est un peu plus de 10h et il
y a un monde de folie. C’est le dernier WE avant Pongal équivalant aux fêtes de
fin d’année pour nous.
Conduire, c’est assez
inimaginable, je ne pense pas qu’un créateur ait encore inventé un jeu vidéo
qui pourrait représenter cette réalité. Je commence à bien maîtriser notre engin
qui en retour commence lui aussi à me connaître. Du coup moins de frayeur pour
se faufiler.
On file sur la boutique Himalaya
complètement au Nord, sur Anna Salai, là la moitié de la chaussée du boulevard
est ouverte.
Trafic inexplicable il faut le voir
pour le croire, tout le monde passe partout. Je reste au début de la rue
Barathi. Véro se lance pour traverser à pieds la chaussée. Elle commence à bien
maîtriser cette folie véhiculaire.
Il commence à faire chaud comme
dirait la dame de Haute Savoie. Véro revient,
elle a trouvé ce qu’elle voulait.
On prend La rue Perimal pour
rejoindre la rue Mission. Je me gare rue Ranga Pillai, Véro veut prendre des
fruits pour faire une salade de fruits, il n’y a plus de mangues, ils ont été
dévalisés à cause de Pongal, mais il y a des fraises, aussi à cause de Pongal.
Une procession passe dans la rue
Mission, on la suit puisque c’est notre route pour rentrer chez nous. On a même
droit a un prospectus qui explique que c’est en
l’honneur du 150ème anniversaire du gourou Swami
Vivekananda’s, un pépère bien nourri qui a vécu de 1863 à 1902. Pour les
intéressés toutes les informations sur le site www.chennaimath.org
On pose nos courses à l’appart et
on repart à pieds parce que la moto en ce moment c’est périlleux, mais Pongal
se termine Mercredi.
On passe par la rue Ellaiaman
Koil pour laisser à l’angle avec la rue Montorsier notre linge à repasser. Le
repasseur n’est pas là on laisse le sac sur sa table. Il a dû aller prendre un
thé.
On va chez le marchand de tissus
Le Royal Emporium rue Mission qui possède tous les tissus qui existent, encore
faut-il dans ce capharnaüm les découvrir. D’ailleurs le vendeur dit à Véro
qu’il n’a pas ce qu’elle cherche. Alors Véro cherche et trouve ce qu’elle veut
pour faire faire une tunique au petit couturier de la rue Laporte.
À La caisse il y a un jeune
couple de deux français qui font semblant de ne pas nous voir pour ne pas avoir
à nous saluer. Chacun veut être le seul en Inde. Il laisse sa nana partir à
pied avec 3 sacs et lui part les mains dans les poches en scoot.
On passe à Casablanca, on regarde
les habits pour enfant et on ressort, tout est cher ici. Titanic pour les mêmes
raisons.
On s’arrête chez Diva pour jeter
un coup d’œil.
Puis on va chez le marchand de
vaisselle pour la maison rue Calve acheter un décapsuleur. Une semaine sans
décapsuleur pour la bière du soir ça ne peut pas durer.
On remonte la rue en direction du
canal et Véro s’arrête dans un magasin de linge de maison.
On traverse le canal pour aller
déjeuner au petit restau sur la promenade Goubert. On remonte la rue Saint
Gilles celle du magasin Harpagon, on passe à côté du consulat de France et on
longe la promenade.
Le restau est mitoyen avec un
petit square qui donne l’impression lorsqu’on est sur la terrasse de déjeuner
dans la nature avec en face l’océan bleu et le ciel d’un autre bleu. C’est
beau.
Le serveur nous reconnaît et nous
fait un accueil chaleureux à l’étonnement des autres consommateurs.
On prend un Paneer Byrianni qu’on
trouve bon.
On remonte la promenade en allant
vers le Sud pour retourner à l’appart.
Devant la statue de Gandhi, une
grosse voiture monte sur le trottoir, chassant les piétons, la vitre électrique
arrière gauche se baisse, un objectif
ridicule sort, la vitre remonte, la voiture repart, ce sont des touristes qui visitent
l’Inde…
On prend la rue de Labourdonnais,
ce qui nous étonne parce que la rue Labourdonnais est tout près du canal et
qu’il y a le restau Satsanga et ce n’est pas du tout ici.
On vient de découvrir quelque
chose à Pondy. Il y a deux rues Labourdonnais !
On rencontre Pichaya et son
mignon Jaya qui porte un appareil d’orthodontie. C’est vrai que l’année
dernière il avait les dents vachement en avant.
Pich achète des racines de
palmier qu’il nous fait goûter. Ça a un goût de patate douce avec énormément de
fibres.
Pich nous dit que pour son
anniversaire ce n’est pas demain midi mais demain soir au Space. Ça nous libère
la journée.
On prend la rue Dumas parce que
je veux m’assurer que le petit bistrot Express Café existe toujours, ce qui est
le cas.
Ensuite on prend la rue Romain
Rolland pour voir si un autre petit restaurant, le Bar des Amis est toujours là
à côté du théâtre. Lui aussi est bien là.
Ce sont deux endroits assez sympas
où l’on peut venir déjeuner pour changer.
On reprend la rue Surcouf et la
rue Laporte pour porter le tissu au couturier et dire au repasseur que le linge
c’était nous. Mais il le savait déjà et à tout repasser. Véro lui donne le même
prix que l’an dernier et ça va.
L’appart, le café, et non pas la
sieste pour moi, mais le coma pendant une demi-heure.
À 16h on repart pour aller à la
bibliothèque de l’AF. On repasse chez le couturier.
A l’AF le gardien nous salue
toujours en français ce qui est agréable.
On va ensuite sur la promenade
Goubert où la foule des grands jours de Pongal commence déjà à se rassembler.
Il faut dire qu’à cette heure
c’est l’endroit le plus agréable de Pondy avec le soleil sur terre mais qui
éclaire l’océan de sa belle lumière de fin de journée. L’air frais balaie la
chaleur de la journée et l’on peut marcher parmi tous ces gens qui sont heureux
d’être là. Il y a des touristes indiens, de jeunes filles nous disent qu’elles
viennent du Kerala.
Un groupe de scolaires arpente
aussi la promenade. Ce soir ils vont certainement coucher par terre dans un
temple et demain ils retourneront chez eux.
Des regroupements d’artisans se
font dans des locaux improvisés pour les fêtes. Certains se sont installés dans
le gros œuvre d’une construction, la dalle du premier étage leur sert de toit.
Dans le grand hall d’exposition
en face de la statue de Gandhi il y a un marché de Pongal, comme un marché de
Noël avec des espaces individuels pour les commerçants.
Des ouvriers montent une estrade
pour un orchestre avec des bouts de bois de guingois, mais ça a de la gueule et
ça à l’air solide.
Deux gros humanitaires comme des
canards trop gavés regardent la construction et commentent en disant :
« ça ils savent bien faire »
J’ai envie de leur dire (mais à
quoi bon) ils savent aussi faire des bombes atomiques, ils savent envoyer des
satellites, ils savent faire de l’acier qui rapporte, voir : Arcelor
Mital, ils savent faire des voitures, ils savent vivre de ce qu’ils fabriquent
pour rester indépendants.
J’ai envie de leur dire Gandhi,
le rouet, le fil c’est fini.
L’Inde est devenu un grand pays
avec ses problèmes de pauvreté, mais comme nous avons les nôtres.
Ils ont des gens très riches qui
doivent aussi cacher leur argent aux iles CaÏman, ils ont une classe moyenne
qui se porte certainement mieux que le nôtre, ils ont des pauvres qui vivent et
meurt dans la rue, le tout à une autre échelle, mais vraiment est-ce si
différent ?
On revient à l’appart pour
préparer le blog et le repas.
Pour le repas on a découvert une
nouveauté c’est qu’il y au rez-de-chaussée un robinet d’eau pour la cuisine
pour tous les étages et qui est alimenté 6h par jour de 5 à 8h le matin et de
17 à 20h le soir.
On donc l’eau pour les toilettes,
pour les lessives et pour se laver qui vient de la nappe phréatique, l’eau pour
la cuisine qui vient de la ville, l’eau
pour boire qu’on achète par bidon de 20l .
Un vrai progrès écologique.
Soupe de Noodles, camembert et
pain, salade de fruits dont Véro choisi la couleur des fruits comme pour
réaliser une aquarelle.

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