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| La machine qui nous relie à vous |
Pas de photos ...
Mauvaise nuit.
Ce matin pas de brume mais des
nuages dans le ciel, il fait lourd.
Une génisse passe dans la rue
Candappa devant moi lorsque j’ouvre le portail.
Comme il est un peu plus tard je
croise des écoliers et des écolières sur leur vélo. Elles, vêtues de bleu, eux
vêtus de blanc avec un lourd sac à dos noir.
De la rue Surcouf, débouchent sur
le canal des mobs, des scoots, des motos chargés de 3 ou 4 personnes qui font
du transport scolaire pour amener les enfants au lycée français qui est juste
de l’autre côté du canal.
Tout le monde est en place pour
ce début de journée, les marchands de lait en sachets, Ibrahim store est
ouvert, les mendiants sont posés devant la cathédrale. Un peu après la rue
Laporte sur Mission street il y a une clocharde entourée de dizaines de sacs en
plastique, chacun semblant contenir un trésor.
En face du Surguru les chiens
sont toujours là mais aujourd’hui je comprends pourquoi. Une personne de Mamala
Protéine qui vend des poulets et des œufs, leur jette des petits morceaux de
viande.
Les chiens sortent d’un énorme
portail juste en face. Un chien essaye de passer sous le portail entre le sol
et le montant, il rampe comme il peut et s’y reprend à plusieurs fois, le
regard affolé. À côté de lui un autre chien franchit le même portail en passant
à travers les barreaux du vantail.
Ça me fait rire tout seul, et je
me dis qu’il y a aussi des différences d’intelligence pratique entre les
chiens.
Beaucoup de bouses rue Ranga
Pillai.
Quai d’Ambour, la circulation est
plus dense et je dois faire attention aux véhicules qui arrivent en face.
Retour rue Candappa, les dames de
Paris ne sont pas sur leur balcon.
Après le petit dèj on attend 10h
pour aller à l’AF à la bibliothèque.
C’est ouvert, le gardien nous
salue et nous serre la main.
Dans la bibliothèque, on
rencontre V une FROG avec une Thunderbird. Elle nous raconte sa vie ici avec
les chiens qu’elle adore et pour lesquels elle voudrait mener une action pour
les défendre et les soigner.
Sur la terrasse il y a une des
dames de Paris qui anime un groupe de conversation française.
Ensuite on va se garer dans la
rue Ambalathadaiyar Madam, en face de Titanic.
Véro veut aller chez Fior of
India pour acheter des foulards pour ses cheveux parce que dès qu’on roule un
peu comme hier par exemple sur de la latérite elle se retrouve avec des cheveux
orange.
Le patron de Fior of India est
toujours aussi sympa
Ensuite on parcours la rue
Mission et on se renseigne pour la location d’un scoot et aussi pour savoir
s’il existe des lits pliants pour bébé.
Rue Thiyagu Mudali, Véro va
acheter chez les fournisseurs des couturiers des épingles, de l’élastique et un
bouton.
On va déjeuner à l’Aristo où l’on
rencontre la cantatrice que nous connaissons déjà depuis plusieurs années et que
nous avons retrouvée dimanche chez Pichaya. Elle est dans un moment de sa vie
où elle se demande si elle ne va pas rester à Pondy car à l’ashram elle donne
des cours de chants et de français. Elle nous raconte aussi qu’elle a rencontré
quelqu’un qui donne des cours de couture aux Indiens, elle n’est pas dupe
aussi, c’est comme si les Indiens venaient nous apprendre à faire du fromage ou
du vin.
C’est fou ce que l’Inde offre
d’occupations à des occidentaux en plein désoeuvrement. C’est l’Inde qui a une
vraie action humanitaire vis-à-vis de ces gens.
Que cherchent-t-ils derrière
cette façade humanitaire ?
On revient à l’appart.
Véro a reçu un coup de fil de
Airtel qui doit venir installer internet à 15h
On prend un café et on a juste le
temps de se reposer.
Mais à 14h30 c’est la sonnerie de
la porte qui nous tire de notre sommeil. Je me précipite en bas, ce sont bien
les deux techniciens de Airtel qui arrivent avec une demi-heure d’avance, du
jamais vu en Inde.
De l’appart ils passent vite sur
la terrasse et tandis que l’un reste sur la terrasse, l’autre descend dans la
rue.
Il essaye de récupérer un fil qui
pend dans un arbre de l’autre côté de la rue. Lorsqu’il l’a décroché en
grimpant à l’arbre comme un cueilleur de noix de cocos, celui qui est sur le
toit l’enroule.
Je comprends qu’il lance comme un
lasso le câble téléphonique pour Internet et le premier coup il a raté sa
cible.
Il recommence et jette le rouleau
de fil de toutes ses forces, le rouleau passe au-dessus de la maison mitoyenne
et le fil fini par atterrir dans la cour de la maison suivante chez P&C.
Je me dis qu’il va falloir sonner
pour leur demander de récupérer le fil, mais non déjà le technicien de la rue
grimpe après le portail et saisi en se penchant le fil qui pend depuis le toit
de la maison mitoyenne.
Je ne sais pas si leur caméra
aura filmé tout ça.
Ensuite le fil est ajusté pour
être raccordé à un boîtier ouvert, franchement tout pourri. Le technicien coupe
le fil à la bonne longueur avec un cutter, puis le dénude, puis le coince entre
des sortes de pinces dans la boîte.
On revient vers notre maison.
Changement de position, celui du bas va sur la terrasse et celui de la terrasse
reste avec moi dans la rue.
Il monte sur escabeau pour
atteindre une petite boîte près de notre portail et raccorde ici le bout d’un
fil qui arrive verticalement de notre terrasse.
C’est fini ils partent. Ils n’ont
même pas installé le modem et on ne sait pas quoi faire. Heureusement Abel est
là qui appelle Airtel. Il nous dit qu’il vont revenir ce soir.
Abel est là pour régler son
ticket de tombola du concours international d’aquarelle. La démarche qui lui
est proposée est incompréhensible pour lui. On l’aide donc à acquérir ce
ticket, s’il gagne les 2000 € il va acheter une nouvelle Bullet et me la fera
essayer.
Véro peint pour préparer sa démo
de demain. Il y a déjà une dizaine de personnes inscrites mais il risque d’y en
avoir plus, les gens ici viennent souvent au dernier moment.
Elle a trouvé ici un papier sur lequel
l’aquarelle réagit assez bien.
Je vais voir le proprio pour
savoir s’il aurait un code pour le modem, il n’a rien mais il va demander à S.
Il rappelle pour nous dire que
nous aurons tout ça à 19h lorsqu’Airtel repassera.
On attend, on dîne, omelette
aubergine, fromage, raisins.
L’heure tourne et toujours pas de
techniciens Airtel, il est 20h30.


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