Pages

mardi 7 janvier 2014

La Bullet compresse

Face à l'océan Indien


Ça y est notre corps et notre esprit commence à reprendre le rythme du jour et de la nuit ici. On a bien dormi tous les deux jusqu’à 5h du matin, ce qui nous permet d’entendre les cloches de la cathédrale et puis nous nous sommes rendormis moi jusqu’à 6h, je ne supporte plus les cris horribles des corneilles noires qui jacassent près du puits de lumière sur la terrasse. Je réveille Véro à 8h. Je pense qu’ainsi la journée va être moins éprouvante.

Ce matin rue Mission il est 7h c’est encore le calme. À l’angle de la rue Montorsier un marchand de lait en sachet s’est installé, à ses côtés un mendiant qui vient de se réveiller de sa nuit.

La boutique Ibrahim store est ouverte.

Bien que la circulation soit presque inexistante, un motard passe en klaxonnant, habitude pour passer les carrefours.

Devant la cathédrale, un mendiant dort sur le parvis, les mendiantes ne  me demandent plus rien, je fais déjà parti du paysage. La petite marchande de lait en sachets est concentrée sur le clavier de son téléphone portable tandis qu’un homme se sert dans son stock de lait.

En face du Surguru j’évite en traversant une meute de 7 chiens qui se montrent agressif et aboient après les piétons.

En parlant de chien j’ai remarqué que cette année la mode c’est d’avoir son chien en laisse. Les autres années des Indiens passaient très fiers d’avoir en laisse un dalmatien ou un berger allemand mais cette année c’est n’importe quel bâtard comme ceux qui courent en meute la nuit. C’est sans doute le début de la démocratisation du chien de compagnie, qui doit donner une idée du statut social de son maître.

Rue Ranga Pillai un couple d’occidentaux marche devant moi. Elle blonde longiligne en pantalon porte ses bras d’une drôle de manière.
Ses bras sont collés à  son torse et à partir du coude ses avant-bras partent vers l’extérieur comme un bas de chemisier qui s’évaserait. A la main gauche elle tient un guide bleu. Lui a l’air d’avoir le bras gauche mort et le droit qui se balance comme pour une marche militaire.

Je les double.

À l’angle du quai une énorme bouse déjà bien travaillée par les pneus des véhicules. Sur la droite au bord du canal juste devant Cool Cat le troupeau de vaches-buffles noirs a éclaté tout les sacs poubelles et fouille l’intérieur avec gourmandise.

Les consommateurs du Cool Car et du JBS Café n’en sont pas dérangés pour autant.

J’entre dans le Hot Bread, le couple me suit, je leur tiens la porte, le grognement de remerciements qui m’est renvoyé me donne à penser que ce ne sont pas des Français.

Je prends mon pain et je me dirige vers la caisse. Ils sont là et lui, demande s’ils peuvent prendre un petit-déjeuner avec un jus de fruit. Puis ils vont s’installer à une table.

Quai d’Ambour quelques bus et rickshaw collectif peu de monde encore. Quelques personnes dans l’arrêt de bus, des femmes surtout.

Le temps est différent aujourd’hui je pressens une chaude journée avec un beau soleil, ce que nous n’avons pas encore eu.

Sous la petite halle il y a encore du monde ce matin, les femmes plient les affaires de la nuit.

Rue Capitaine François Xavier et rue St Antoine Lane, les balayeuses de rue s’activent. Il y a dans ce coin une personne importante.

Rue Candappa une balayeuse de rue me sourit. Elle doit me reconnaître mais moi je ne la reconnais pas.

Sur leur balcon au premier étage sous notre appartement les dames de Paris prennent leur thé du matin assises dans les fauteuils en rotins du séjour.

Je prépare le petit-dèj puis je réveille Véro.

Une petite lessive rapide et on monte l’étendre sur la terrasse.

On prépare notre journée en faisant le point de ce qu’on a à faire. On attend 10h que les magasins soient ouverts.

La moto démarre bien puis cale dès que Véro est dessus. Plus de compression mais en insistant j’y arrive.

Le couturier pour une veste et un manteau pour Maria. Il ne peut pas les faire rapidement parce que c’est Pongal mais il aimerait bien aussi qu’on lui règle tout parce que c’est Pongal. On lui règle le quart.

La moto,  toujours pas de compression comme tous ces jours-ci d’ailleurs galère pour la démarrer. C’est vrai qu’à un moment on entend qu’elle va démarrer mais avec tout le bruit de la rue je n’entends rien. On file donc chez Félix et là comme hier il y a de la compression. Heureusement Félix nous connaît et sait que s’il n’y a pas de problème on ne vient pas le voir tous les jours. Il nous dit de repartir et de l’appeler dès que le phénomène se produit. J’imagine bien ça en France reprenez votre moto et dès que vous êtes en panne appelez, ça s’appelle une assistance, ici ça ne passe pas par des intermédiaires.

On va boire un thé à notre salon de thé habituel et évidemment au moment de repartir plus de compression. Je n’arrive même pas à la démarrer. On appelle Félix qui rapplique car ce n’est pas loin de son garage. Là il constate le phénomène et sait maintenant ce qu’il doit faire. Il me dit de la ramener au garage et part. Je galère pour la démarrer et retour au garage.

Là Félix fait le nécessaire ce qui prend à peine 5mn et on peut repartir.

Direction le magasin Grindé qui a déménagé et qui est maintenant tout au bout de Nehru street côté ville blanche. Ce sont les explications de C. et elles sont bonnes.

Véro prend ce qu’il lui faut et notamment un anti-moustique bio.

Il est tard, midi, on prend la direction d’Auroville où l’on a décidé de déjeuner. Reprendre l’ECR qui est la route de Madras par la côte et qui mène aussi à Mahabalipuram.
La circulation pour sortir de Pondy est toujours aussi acrobatique.

On quitte l’ECR pour la petite route de la palmeraie, dont on ne se lasse pas et où il n’y que des connaisseurs qui l’empruntent.

Arrêt à Farm Fresh pour acheter du très bon yaourt dans un pot en terre et de la confiture faite sur place.

On repart pour le resto « Tanto » quand on arrive devant tout est fermé. Jusque là le jour de fermeture était le dimanche. On ne cherche pas à comprendre et on va au Visitors Center parce qu’on sait que le resto est bon aussi.

On passe devant la Solar Kitchen et on trouve que la route toute en latérite est en moins bon état que l’an dernier. On longe la piste piétonne qui mène au lieu d’où l’on voit le Matrimandir et on arrive au Visitor Center.

Il y a toujours du monde mais on arrive à trouver une petite table à l’extérieur. La commande est vite prise ensuite il faut attendre un peu. Ce sont des gens qui ont le sens de l’efficacité.
Dans ce lieu, Auroville, il n’y a rien à voir à part la boule du Matrimandir et ils arrivent à attirer une quantité de monde incroyable. Tellement d’ailleurs qu’ils se sentent envahis et bien sûr tout le pognon qui va avec. C’est venez, il n’y a rien à voir, mais payez. Extraordinaire.

On mange bien, des calamars sauce catalane et du riz pour Véro. Des lasagnes végétariennes et salade pour moi. Le prix correspond à celui des grands restos de Pondy.

Véro fait le tour des boutiques en pensant aux filles qui vont venir.

On reprend la moto qui démarre bien et qui ne cale pas dès que Véro monte dessus.

On prend la petite piste qui nous ramène sur Pondy en évitant tous les touristes.

Arrêt rue Ranga Pillai chez le marchand de fruits et légumes côté canal. Ils sont en train de fermer il est 14h, l’heure de la sieste mais Véro a le temps de prendre ce qu’elle veut.

Retour à l’appart.

Café, on se repose un peu mais il est déjà trop tard et l’on n’a plus sommeil.

Je constate qu’avec le beau temps mes bras sur la moto ont pris une belle couleur rouge. On va brunir petit à petit même si l’on ne cherche pas à s’exposer.

Véro prépare une salade de fruits et je débouche à l’aide d’une aiguille une pomme de douche qui est envahie par le calcaire. C’est crevant parce qu’elle ne se démonte pas et qu’il faut que je le fasse sur place les bras en l’air. J’essaierai ce soir et si ça marche je ferai l’autre demain.

Moi j’aime bien la douche, Véro elle se fait très bien au baquet qui permet de se jeter de l’eau sur tout le corps à l’aide d’un petit seau.

Il est 17h et l’on décide d’aller se faire une promenade apéritive sur le front de mer et l’ Avenue Goubert.

C’est un spectacle toujours renouvelé. Un air frais souffle de l’océan et apporte des embruns jusque sur la promenade. La lumière est encore belle et Véro fait son plein de photos pour le blog.

Au retour on s’arrête dans un nouvel hôtel rue de Bussy, dans lequel Ejoumale a mis ses aquarelles.

On revient à l’appart.

Je rentre la moto qui démarre sans difficulté et sans caprice. Elle doit commencer à s’habituer à moi.

Repas du soir : salade riz avec légumes, fromage, salade fruits avec des mangues

Bonsoir

2 commentaires:

  1. Chic, c'est mercredi! Alors je fais un petit détour par Pondy! Toujours un régal de vous suivre pas à pas.
    J'ai adoré la photo de votre maison avec son balcon tout là-haut, juste sous le ciel si bleu.
    J'attends la suite: aujourd'hui: pression, compression ou décompression?!

    RépondreSupprimer
  2. Jean No attention à ne pas répéter trop souvent que c'est quand Véro monte sur la moto que celle-ci ne démarre plus...

    Pour ce qui est de soustraire la pomme de douche au calcaire : remède de grand mére, un chiffob imbibés de vinaigre blanc que tu enroule autour laisse reposer la nuit et ensuite tu frotes et le tour et joué...
    C'estait le tuto de louLou Misseï

    RépondreSupprimer

Faites nous un petit coucou ici ! N'oubliez pas de mettre votre nom ...