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| Cuddalore |
Il est 18h30 et je n’ai encore
rien écrit et je me sens un peu fatigué de la journée et de notre balade.
Ce matin, on s’est levé un peu
plus tard du coup la vie est un peu différente, plus animée dans les rues.
Bien sûr Ibrahim Store est
ouvert.
La mendiante au sac n’est pas là
avec ses sacs, elle en a rangé un certain nombre en les accrochant aux branches
de l’arbre sous lequel elle est installée.
Rue Petit Canal deux femmes
étendent du linge sur un fil tendu entre deux poteaux porteur de fils
électriques ou de téléphone … tout est possible.
Les mendiants devant la
cathédrale sont revenus. Les chants de messe envahissent la rue. La petite
marchande de lait écrit dans son cahier.
Près du Surguru un marchand
ambulant a installé son chariot de fruits : oranges, bananes, papayes
Les ambulants aux bananes
uniquement sont autour du Nilgiris.
La boutique de thé à l’angle de
la rue Ranga Pillai ne diffuse pas de musique ce matin.
Les bouses toujours.
Le Hot Bread est plein de clients
qui prennent leur petit-déjeuner. Il est presque 8h.
Il y a beaucoup de monde à la
caisse, des touristes occidentaux ou indiens avec des plateaux sur lesquels ils
ont posé les viennoiseries, qu’ils vont consommer sur place ou emporter.
Derrière le comptoir, les
employés s’activent. L’un d’entre eux tend le bras pour prendre ce que les
clients ont sur leur plateau.
Tous se précipitent pour qu’ils les servent, mais son bras
s’allonge et il me fait signe parce que
je ne me presse pas, j’attends mon tour,
mais c’est mon pain qu’il choisit de prendre. Il me demande si je veux
le trancher, tous les autres clients me regardent, je dis que je suis désolé.
Heureusement tous savent qu’il n’y a rien à faire, on ne fait pas revenir un
Indien sur sa décision.
Le caissier me demande tout se
suite le prix. J’ai l’appoint. On me donne mon pain tranché avant que tous les
autres clients aient eu le temps de comprendre.
Je ne comprends pas moi non plus,
sauf que comme je viens tous les matins à 7h avec le personnel des hôtels, ils
ont peut-être pensé, avec ma tête, que ce matin j’avais du retard et qu’il
fallait me servir vite. Récompense de la fidélité peut-être.
Je reviens par le quai. Tous les
nettoyeurs de rue sont déjà en activité. Les petits tas de détritus sont formés
sur le bord de la chaussée. Il ne reste plus qu’à les mettre dans les bennes,
mais ça c’est une autre équipe.
Rue Capitaine Marius Xavier un
homme nettoit le caniveau avec une pelle rectangulaire, enlevant une boue
noire, sous l’œil attentif du majordome de la belle maison.
Les dames du premier sont sur
leur balcon.
Vers 9h on part pour Cuddalore
revoir le chantier naval ;
Arrivés, on fait un arrêt dans OT
(Old Town) le vieux quartier du Cuddalore, en face d’un templotin où depuis
trois ans on s’arrête boire un thé lorsqu’on
emprunte cette route.
Le patron nous reconnaît ou
reconnaît la moto avec ses sacoches.
On veut aller au-delà du vieux
quartier sur la route qui longe la côte pour rejoindre un pont qui enjambe la
Gadilam au niveau de son embouchure.
C’est une route introuvable, si
on ne la connaît pas.
On est tranquille, on ne verra
aucun occidental.
Sous ce pont il y a un chantier
de construction navale qui n’est pas celui que tout le monde connaît qui est
situé à OT.
On ne s’y est jamais arrêté parce
qu’à chaque fois on revenait du Sud, de Pichavaram et que c’était la fin
d’après-midi.
Aujourd’hui c’est une petite
balade et l’on a pensé l’un et l’autre venir là.
On a bien fait.
Les hommes qui nous regardent
sont à la fois attentifs à nous et indifférents, c’est ce qui est agréable. On
se salue, et l’on avance dans le chantier vers les bateaux en construction.
À l’ombre des coques, des hommes
jouent aux billes.
Comme à la pétanque ils lancent
leur bille dans une direction et la position des billes donnent l’ordre des
joueurs.
Puis ils se mettent à jouer d’une
manière plus classique, ils visent une pièce posée sur le sol et légèrement
enfoncée.
Je ne saisis pas bien l’objet du
jeu, à un moment tout le monde se lève et ils recommencent.
On avance encore et l’on arrive à
un endroit où sont posées sur des rondins d’énormes planches qui vont servir à
la construction, pour l’instant elles sèchent.
On passe la zone des planches en
évitant de marcher dessus. Il y a quantité d’extrémité d’arbres côté racine,
c’est ce qui reste des troncs débités pour faire les planches.
Il nous semble que les planches
sont faites sur place il faudra qu’on revienne en semaine pour voir ce travail.
Après les bateaux il y a une
digue en terre, des enfants y jouent.
On monte sur la digue, d’un côté
la rivière et au loin l’océan, de l’autre des cultures. C’est très vert ce qui
est étonnant ici au Tamil Nadu, ça a un petit côté Kerala.
Un groupe d’hommes est rassemblé. L’un d’entre
eux nous dit qu’ils ont été très affectés par le tsunami, on croit comprendre
que c’est pour ça que la digue a été construite.
La digue continue encore, on
aperçoit au loin un phare.
On fait demi-tour.
On quitte le chantier pour entrer
dans le village qui le borde. Il y a des sons de percutions qui s’en échappent
depuis qu’on est arrivé. Des tambours, des chants tristes, c’est certainement
un enterrement qui se prépare.
On s’approche du dais sous lequel
se trouve le corps, des femmes sont
assises sur des chaises.
Véro va s’asseoir parmi
elles, moi je reste un peu avant à
l’ombre, avec les hommes.
Dans ce genre de situation, on
sait que les Indiens aiment bien que des étrangers passent ou que de
l’inattendu se manifeste, c’est certainement favorable pour l’âme du mort, et
pour cela on est toujours les bienvenus.
On reprend la moto et on traverse
le pont on prend la première petite rue sur notre gauche et elle nous mène
directement à l’océan. Une plage, des barques colorées de pêcheurs, peu
d’activité, c’est dimanche.
On revient à Cuddalore OT pour
voir l’autre chantier naval, qu’on connaît bien.
On traverse tout un quartier musulman.
On prend une petite rue à droite
juste avant les bâtiments immenses qui servaient d’entrepôts aux Anglais.
On pose la moto dans le chantier.
On n’a jamais vu autant de
bateaux. Il n’y a plus de construction, c’est devenu un chantier d’entretien.
Des hommes font tourner deux
cabestans qui hissent avec des câbles métalliques un énorme bateau de bois.
Les bateaux sont calés, afin
d’être réparés, repeints.
Là encore, nous attirons à la
fois l’attention et l’indifférence, on essaye de ne pas gêner.
Depuis trois ans que nous venons
chaque année il y a toujours plus d’activité sur ce chantier.
Le plein de photos est fait.
On repart pour déjeuner à l’hôtel
Devi qui n’est ouvert que de 11h30 à 15h. On se croirait en France.
On n’arrive jamais à être dans
les horaires et comme c’est un des rares arrêts pipi, on s’arrête toujours et
un cerbère nous jette en nous disant qu’on n’est pas dans les horaires, ce
qu’on sait, mais voilà c’est l’Inde et parfois il cède.
On arrive à 11h55, on ne peut
entrer, c’est l’heure de la puja il faut encore attendre 5mn pour ne pas
troubler cette prière d’ouverture. Le passage d’entrée est enfumé avec un
encensoir, ça y est le dieu du lieu est satisfait, on peut entrer.
La salle climatisée a un côté
restau rapide avec ses tables de 4 séparées les unes des autres par une
cloison.
C’est un endroit chic, mais
l’assiette c’est toujours une feuille de bananier. On commande le
« meal », c’est le plat du jour et ça nous simplifie la vie.
Sur la feuille de bananier, le
serveur nous pose une louche de pomme de
terre, une louche d’épinard. Puis un autre nous pose deux larges cuillères
plates de riz blanc. Un autre, pose sur le riz une sauce au poulet qui comporte
des morceaux de poulet puisqu’on a demandé
un meal au poulet. Enfin un plat séparé contient des nugetts indiennes de
poulet.
Et puis, bien qu’on ait dit qu’on
n’en voulait pas des nugetts de poissons. Ça va grossir la note.
Le tout est mangeable, ce qui
l’est moins c’est le piment, mais il faut bien manger.
En dessert, ils nous donnent du
yaourt ce qui fait du bien au palais.
On reprend le chemin du retour en
passant par une petite route parallèle à celle qu’on a empruntée ce matin.
Pour accéder à cette route il ne
faut pas prendre le pont qui enjambe la Ponnaaiyar rivière qui limite Cuddalore
au Nord.
En arrivant au pont, on prend la
route qui part sur la gauche juste avant.
À quelques centaines de mètres il
y a un gué qui permet de traverser la rivière.
C’est le gué des pochetrons.
Tous les poivrots de Cuddalore
plus précisément, et du Tamil Nadu empruntent ce gué car de l’autre côté
commence l’état de Pondichéry où l’alcool est beaucoup moins taxé que dans tout
le reste de l’Inde. C’est certainement un héritage français et celui-là n’est
pas très brillant.
Une baraque de l’autre côté du
gué sert de bistrot qui alimente les pochetrons de l’autre rive. Ceux qui
traversent le gué à pied ne sont pas handicapés malgré leur démarche hésitante.
La petite route nous mène à
Bahour, puis à Vilianur et enfin retour à Pondy.
On se fait un bon café et on se
repose.
Puis on va faire à pied Sunday
Market. Véro veut acheter des taies d’oreillers parce qu’elle a peur d’en
manquer.
Puis on passe à Pothys pour des serviettes de
toilette, même inquiétude.
Enfin, dernière inquiétude les
petits pots pour bébé. Il n’y en a pas à Pothys. On repasse par l’appart, on
laisse nos courses dans le hall et d’un coup de moto on fait un saut à
Nilgiris.
Il y en a mais à un prix ultra exorbitant
450 roupies. Sur ce on croise V qui nous prêtera un mixeur.
Véro est rassurée. On revient à
l’appart. La journée se termine.
Un coup de fil d’amis nous
informe que deux fantômes toulousains de l’an dernier sont arrivés à Pondy.
Comme ça on le sait, on ne sera pas surpris.
Repas soupe de noodles, fromage,
raisins.

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