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dimanche 19 janvier 2014

Dimanche à Cuddalore

Cuddalore

  
Il est 18h30 et je n’ai encore rien écrit et je me sens un peu fatigué de la journée et de notre balade.

Ce matin, on s’est levé un peu plus tard du coup la vie est un peu différente, plus animée dans les rues.
Bien sûr Ibrahim Store est ouvert.
La mendiante au sac n’est pas là avec ses sacs, elle en a rangé un certain nombre en les accrochant aux branches de l’arbre sous lequel elle est installée.

Rue Petit Canal deux femmes étendent du linge sur un fil tendu entre deux poteaux porteur de fils électriques ou de téléphone … tout est possible.

Les mendiants devant la cathédrale sont revenus. Les chants de messe envahissent la rue. La petite marchande de lait écrit dans son cahier.

Près du Surguru un marchand ambulant a installé son chariot de fruits : oranges, bananes, papayes

Les ambulants aux bananes uniquement sont autour du Nilgiris.

La boutique de thé à l’angle de la rue Ranga Pillai ne diffuse pas de musique ce matin.

Les bouses toujours.

Le Hot Bread est plein de clients qui prennent leur petit-déjeuner. Il est presque 8h.

Il y a beaucoup de monde à la caisse, des touristes occidentaux ou indiens avec des plateaux sur lesquels ils ont posé les viennoiseries, qu’ils vont consommer sur place ou emporter.

Derrière le comptoir, les employés s’activent. L’un d’entre eux tend le bras pour prendre ce que les clients ont sur leur plateau.
Tous se précipitent  pour qu’ils les servent, mais son bras s’allonge et  il me fait signe parce que je ne me presse pas, j’attends mon tour,  mais c’est mon pain qu’il choisit de prendre. Il me demande si je veux le trancher, tous les autres clients me regardent, je dis que je suis désolé. Heureusement tous savent qu’il n’y a rien à faire, on ne fait pas revenir un Indien sur sa décision.
Le caissier me demande tout se suite le prix. J’ai l’appoint. On me donne mon pain tranché avant que tous les autres clients aient eu le temps de comprendre.
Je ne comprends pas moi non plus, sauf que comme je viens tous les matins à 7h avec le personnel des hôtels, ils ont peut-être pensé, avec ma tête, que ce matin j’avais du retard et qu’il fallait me servir vite. Récompense de la fidélité peut-être.

Je reviens par le quai. Tous les nettoyeurs de rue sont déjà en activité. Les petits tas de détritus sont formés sur le bord de la chaussée. Il ne reste plus qu’à les mettre dans les bennes, mais ça c’est une autre équipe.

Rue Capitaine Marius Xavier un homme nettoit le caniveau avec une pelle rectangulaire, enlevant une boue noire, sous l’œil attentif du majordome de la belle maison.

Les dames du premier sont sur leur balcon.

Vers 9h on part pour Cuddalore revoir le chantier naval ;

Arrivés, on fait un arrêt dans OT (Old Town) le vieux quartier du Cuddalore, en face d’un templotin où depuis trois ans on s’arrête boire un thé  lorsqu’on emprunte cette route.

Le patron nous reconnaît ou reconnaît la moto avec ses sacoches.

On veut aller au-delà du vieux quartier sur la route qui longe la côte pour rejoindre un pont qui enjambe la Gadilam au niveau de son embouchure.

C’est une route introuvable, si on ne la connaît pas.

On est tranquille, on ne verra aucun occidental.

Sous ce pont il y a un chantier de construction navale qui n’est pas celui que tout le monde connaît qui est situé à OT.
On ne s’y est jamais arrêté parce qu’à chaque fois on revenait du Sud, de Pichavaram et que c’était la fin d’après-midi.

Aujourd’hui c’est une petite balade et l’on a pensé l’un et l’autre venir là.

On a bien fait.

Les hommes qui nous regardent sont à la fois attentifs à nous et indifférents, c’est ce qui est agréable. On se salue, et l’on avance dans le chantier vers les bateaux en construction.

À l’ombre des coques, des hommes jouent aux billes.
Comme à la pétanque ils lancent leur bille dans une direction et la position des billes donnent l’ordre des joueurs.
Puis ils se mettent à jouer d’une manière plus classique, ils visent une pièce posée sur le sol et légèrement enfoncée.
Je ne saisis pas bien l’objet du jeu, à un moment tout le monde se lève et ils recommencent.

On avance encore et l’on arrive à un endroit où sont posées sur des rondins d’énormes planches qui vont servir à la construction, pour l’instant elles sèchent.

On passe la zone des planches en évitant de marcher dessus. Il y a quantité d’extrémité d’arbres côté racine, c’est ce qui reste des troncs débités pour faire les planches.
Il nous semble que les planches sont faites sur place il faudra qu’on revienne en semaine pour voir ce travail.

Après les bateaux il y a une digue en terre, des enfants y jouent.

On monte sur la digue, d’un côté la rivière et au loin l’océan, de l’autre des cultures. C’est très vert ce qui est étonnant ici au Tamil Nadu, ça a un petit côté Kerala.

Un  groupe d’hommes est rassemblé. L’un d’entre eux nous dit qu’ils ont été très affectés par le tsunami, on croit comprendre que c’est pour ça que la digue a été construite.
La digue continue encore, on aperçoit au loin un phare.
On fait demi-tour.

On quitte le chantier pour entrer dans le village qui le borde. Il y a des sons de percutions qui s’en échappent depuis qu’on est arrivé. Des tambours, des chants tristes, c’est certainement un enterrement qui se prépare.

On s’approche du dais sous lequel se trouve le corps,  des femmes sont assises sur des chaises.
Véro va s’asseoir parmi elles,  moi je reste un peu avant à l’ombre, avec les hommes.
Dans ce genre de situation, on sait que les Indiens aiment bien que des étrangers passent ou que de l’inattendu se manifeste, c’est certainement favorable pour l’âme du mort, et pour cela on est toujours les bienvenus.

On reprend la moto et on traverse le pont on prend la première petite rue sur notre gauche et elle nous mène directement à l’océan. Une plage, des barques colorées de pêcheurs, peu d’activité, c’est dimanche.

On revient à Cuddalore OT pour voir l’autre chantier naval, qu’on connaît bien.
On traverse tout un  quartier musulman.
On prend une petite rue à droite juste avant les bâtiments immenses qui servaient d’entrepôts aux Anglais.

On pose la moto dans le chantier.

On n’a jamais vu autant de bateaux. Il n’y a plus de construction, c’est devenu un chantier d’entretien.
Des hommes font tourner deux cabestans qui hissent avec des câbles métalliques un énorme bateau de bois.

Les bateaux sont calés, afin d’être réparés, repeints.

Là encore, nous attirons à la fois l’attention et l’indifférence, on essaye de ne pas gêner.

Depuis trois ans que nous venons chaque année il y a toujours plus d’activité sur ce chantier.

Le plein de photos est fait.

On repart pour déjeuner à l’hôtel Devi qui n’est ouvert que de 11h30 à 15h. On se croirait en France.
On n’arrive jamais à être dans les horaires et comme c’est un des rares arrêts pipi, on s’arrête toujours et un cerbère nous jette en nous disant qu’on n’est pas dans les horaires, ce qu’on sait, mais voilà c’est l’Inde et parfois il cède.

On arrive à 11h55, on ne peut entrer, c’est l’heure de la puja il faut encore attendre 5mn pour ne pas troubler cette prière d’ouverture. Le passage d’entrée est enfumé avec un encensoir, ça y est le dieu du lieu est satisfait, on peut entrer.

La salle climatisée a un côté restau rapide avec ses tables de 4 séparées les unes des autres par une cloison.
C’est un endroit chic, mais l’assiette c’est toujours une feuille de bananier. On commande le « meal », c’est le plat du jour et ça nous simplifie la vie.

Sur la feuille de bananier, le serveur  nous pose une louche de pomme de terre, une louche d’épinard. Puis un autre nous pose deux larges cuillères plates de riz blanc. Un autre, pose sur le riz une sauce au poulet qui comporte des morceaux de  poulet puisqu’on a demandé un meal au poulet. Enfin un plat séparé contient des nugetts indiennes de poulet.

Et puis, bien qu’on ait dit qu’on n’en voulait pas des nugetts de poissons. Ça va grossir la note.

Le tout est mangeable, ce qui l’est moins c’est le piment, mais il faut bien manger.

En dessert, ils nous donnent du yaourt ce qui fait du bien au palais.

On reprend le chemin du retour en passant par une petite route parallèle à celle qu’on a empruntée ce matin.

Pour accéder à cette route il ne faut pas prendre le pont qui enjambe la Ponnaaiyar rivière qui limite Cuddalore au Nord.

En arrivant au pont, on prend la route qui part sur la gauche juste avant.

À quelques centaines de mètres il y a un gué qui permet de traverser la rivière.

C’est le gué des pochetrons.

Tous les poivrots de Cuddalore plus précisément, et du Tamil Nadu empruntent ce gué car de l’autre côté commence l’état de Pondichéry où l’alcool est beaucoup moins taxé que dans tout le reste de l’Inde. C’est certainement un héritage français et celui-là n’est pas très brillant.

Une baraque de l’autre côté du gué sert de bistrot qui alimente les pochetrons de l’autre rive. Ceux qui traversent le gué à pied ne sont pas handicapés malgré leur démarche hésitante.

La petite route nous mène à Bahour, puis à Vilianur et enfin retour à Pondy.

On se fait un bon café et on se repose.

Puis on va faire à pied Sunday Market. Véro veut acheter des taies d’oreillers parce qu’elle a peur d’en manquer.

Puis on  passe à Pothys pour des serviettes de toilette, même inquiétude.

Enfin, dernière inquiétude les petits pots pour bébé. Il n’y en a pas à Pothys. On repasse par l’appart, on laisse nos courses dans le hall et d’un coup de moto on fait un saut à Nilgiris.

Il y en a mais à un prix ultra exorbitant 450 roupies. Sur ce on croise V qui nous prêtera un mixeur.

Véro est rassurée. On revient à l’appart. La journée se termine.

Un coup de fil d’amis nous informe que deux fantômes toulousains de l’an dernier sont arrivés à Pondy. Comme ça on le sait, on ne sera pas surpris.

Repas soupe de noodles, fromage, raisins.

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