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| Saddhu sur la promenade Goubert |
Encore une mauvaise nuit de
passée.
La planche matelassé c’est dur
pour le bassin.
Insomnie puis ce matin une volée
de cloches à 5h15 pour l’appel à la messe.
Véro se réveille tôt 6h. On se
lève.
Machine à laver la première
depuis le 2 janvier Véro était en manque.
La machine fait des bonds qui la
font avancer lorsqu’elle essore. On a quelques craintes pour les dames de Paris
du premier étage. Ça va les surprendre ce bruit de la machine.
Elles ont bien essayé d’être sympa drapées dans leur dignité
capitale de prof à la retraite, mais on sent bien que pour elles, il y a en
nous quelque chose d’insupportable qui nous coupe à tout jamais de leur monde.
Quelques attitudes et remarques
lors de nos rencontres involontaires me font dire ça.
Ce matin, il est très tôt pour
Pondy il n’y a presque pas de circulation. Les clochards quittent leur
trottoir-lit de la nuit, ils portent au bout de leurs bras des sacs plastiques
plein de leurs affaires. Après l’église devant la librairie Focus un dort
encore, à ses côtés un déambulateur décoré de chiffons multicolores.
Le bruit de la rue, c’est celui
des balais des femmes qui nettoient les rues, font des petits tas d’immondices
sur le bord en attendant qu’une autre équipe viennent les ramasser avec le
tracteur benne. Ou certaines, munies d’une grande bassine en fer-blanc mettent
à l’intérieur ce qu’elles trouvent en attendant de le vider dans la benne du
tracteur.
Une autre au bout de la rue
Candappa nettoie une canalisation à ciel ouvert dans laquelle se retrouve en
plus de l’eau sale qu’elle véhicule, quantité de sacs plastiques et autres
déchets.
L’odeur horrible m’assaille au
croisement du la rue RangaPillai et du quai d’Ambour.
En face de Hot bread les premiers
clients du Cool Cat et du JBS café s’installent pour leur petit déjeuner.
À Hot Bread c’est le personnel
des guest qui viennent s’approvisionner pour le petit dèj de leurs clients.
Je prends un pain en forme de
boule que je fais trancher et je reviens par le quai d’Ambour sur lequel un peu
de circulation s’anime. Un homme pisse contre un mur le long du canal.
Comme il fait un peu frais les
gens portent sur la tête une sorte de bonnet plat en laine qui a la forme d’une
crêpe oblongue, pour leur couvrir le crâne et les oreilles et qui est muni de
deux petites pattes qu’on noue sous le menton.
Pour les hommes, le tissu est
uni, pour les femmes il est rayé blanc et noir ou marron. C’est du dernier chic
pour lutter contre le froid à Pondy.
Comme les rues sont presque
désertes, c’est l’heure des auto-écoles qui ne pourraient rouler la journée
dans l’afflux déroutant de circulation.
La lessive se termine. On l’étend
sur la terrasse et on part au marché Goubert pour acheter des crevettes. On
boit un thé. En garant la moto je me brûle le mollet à un pot d’échappement. Ça
m’arrive au moins une fois à chaque séjour, après je suis vigilant.
Le marché Goubert tôt le matin
c’est assez agréable, peu de monde parce que les boutiques ne sont pas encore
toutes ouvertes.
Véro achète les crevettes et on
file aux légumes. Les allées sont bloquées par des charrettes à bras dans
lesquelles sont chargés tous les détritus de la journée d’hier. Il faut passer
tout prêt des bennes à hauteur d’homme et qui puent et essayer de ne pas se
prendre une pelleté au passage.
Véro prend des aubergine qu’elle
trie avec minutie pour ne pas avoir d’asticot à l’intérieur, puis des pommes de
terre et enfin des tomates. Le marchand s’étonne du sac pliant que Véro sort de
son sac pour emballer tout ça.
On passe aux fruits prendre du
raisin qui est beau. C’est du raisin noir sans pépin et qui est bon. La
marchande nous rend la monnaie en grappes de raisin blanc. Véro prend aussi des
citrons
On passe chez le marchand de café
en frôlant encore des bennes à détritus. Je prends « half caige » de
café c’est-à-dire un demi kg. On est très fier d’avoir compris un jour que KG
de kilo se prononçait « caige ». Du coup on se comprend très bien
avec tous les marchands.
Pendant ce temps Véro se choisit
une papaye.
À la sortie côté MG road elle
prend 6 œufs et me demande comment ça peut faire 26 roupie. Le marchand qui
parle français explique que le prix de l’œuf c’est 4,33 roupies.
Bien chargés on retourne à la
moto qui est garée dans MG road. Les sacoches pour ce genre de course sont très
efficaces. Les Indiens eux utilisent de grands sacs en tissus qu’ils accrochent
à leur selle un peu comme des sacoches d’ailleurs.
On dépose le tout à l’appart et
on file chez Félix. Devant lui, c’est à peine croyable : tous les ennuis
mineurs que me fait la Bullet, elle ne les fait plus. On est déconcerté et lui
se marre en disant que c’est le caractère de la Bullet. Il règle un peu le
ralenti et on repart.
On va voir Abel qui est à la
galerie rue Calve.
Abel est avec Rajkumar, ils nous
accueillent avec beaucoup de sympathie.
Il nous dit que toute sa petite
famille va bien, ses deux filles et sa femme, que nous irons voir bientôt.
Il demande à Véro si elle a fait
le concours mondial. Elle lui répond positivement. Il nous dit qu’il se pose
des questions parce que parmi tous les aquarellistes indiens qui l’on fait
aucun n’a été refusé. On le laisse venir. Il se demande s’il va continuer parce
qu’il a bien compris qu’on finançait les prix. Pour lui il n’y a pas 750
sélectionnés mais les 2000 candidats annoncés ce qui fait une somme très
importante. Véro lui dit qu’elle a le même ressenti et qu’elle n’est pas la
seule. C’est comme une loterie où l’on prendrait un ticket à 30€ et dont les
vainqueurs sont déjà connus.
Abel nous dit aussi que le Belge
est là depuis de 15 décembre et que les gens qu’il a invités ( contre paiement)
à venir découvrir l’Inde vont arriver. Ce sont des gens qui font les stages en
France et auxquels le Belge vend des voyages organisés en Inde. Abel et
Ejoumalé faisant les guides.
On les laisse bosser.
Direction la poste pour faire
partir des cartes pour les petits enfants. Il y a une queue pas possible pour
acheter les timbres on reviendra plus tard.
L’Alliance Française pour prendre
notre adhésion trimestrielle.
Je ne sais si le vigile nous
reconnaît mais il nous sert la main et nous souhaite une bonne année.
Cette fois il se sont simplifiés
la vie ils ressortent de leur informatique les informations de l’an dernier et
même ma photo et il suffit d’aller payer à la compta et on est inscrit. Cette
efficacité nous étonne, mais pourquoi pas. Le gars de l’accueil avait l’air
particulièrement vif et intelligent. Je me demande si le directeur n’a pas
changé, mais non c’est toujours le même.
Fabindia a déménagé rue Mission,
tout prêt de l’appart…
On revient je gare la moto rue
Mission à côté de la pizzeria de Massimo, le Don Giovanni. On va à pied à
Fabindia, puis Véro achète quelques produits au Nilgiris elle voulait du Pesto,
mais n’en a pas trouvé.
Nehru Street je me prends une
montre chez Titan 8€ pour ne pas perdre la mienne ou me la faire voler, je l’ai
laissé en France. (c’est une info pour nos visiteurs : ne prenez sur vous
que des montres swatch et pas de gros bijoux) Celle-ci je la donnerai à Ernesto
au retour, elle n’est pas trop grande avec un look de montre de plongée.
Véro rend des bracelets à une
marchande rue parce qu’ils se sont cassés tout de suite. J’avoue que je n’y
croyait pas et la marchande lui fait un échange sans difficulté. Les Indiens
modestes sont plus honnêtes que ceux qui pilotent l’opérateur Reliance.
On va déjeuner au Surguru d’un
thali.
En revenant on prend la moto et
on passe chez Grinde une autre boutique alimentaire. Mais la boutique n’est
plus dans la rue peut-être qu’elle a déménagé ou qu’elle n’existe plus. On va
se renseigner.
Retour à l’appart pour le café et
la sieste, à peine allongé mon téléphone sonne pour une pub, puis à peine
endormi nouveau coup de téléphone pour la même chose.
Du coup on se lève. Je rédige une
partie du blog et Véro fait à la main un ourlet à la nappe qu’elle a achetée
hier au Sunday Market pour la table du séjour.
Puis on part finir ce qui nous
reste à faire pour aujourd’hui, la poste, cette fois il n’y a personne, c’est
toujours la même demoiselle des postes un peu ronchon quoiqu’on fasse. Elle nous donne les timbres qu’il faut aller coller
à l’extérieur sur les cartes avec de la colle blanche qui est dans une grande
boîte métallique.
Avec nous il y a une jeune femme
qui a beaucoup de timbres à coller et qui n’hésite pas à mettre son doigt dans
la colle pour le mettre sur l’enveloppe. Véro est plus réticente pour cette
technique, j’arrache un petit bout de bois à l’arbre qui est vers la table de
collage et avec ce bout de bois elle met la colle sur les cartes et on colle
les timbres.
L’envoi du courrier est toujours
une aventure ici.
On va rue Dupuy dans un magasin
de l’ashram qui s’appelle « l’Harpagon ». Il y en a qui savent
reconnaître immédiatement leur trait de caractère. On vient là pour acheter des
porte-savons que Véro aime bien. On y achète aussi un beurrier en inox pour
mettre notre plaquette de beurre du matin.
Retour au centre pour acheter une
règle chez le marchand de peinture en vue de la démo de jeudi 9 janvier.
Puis on passe chez l’encadreur
pour récupérer l’aquarelle qu’on a oubliée de récupérer samedi tellement on
était fatigué. C’est prêt, sauf le devis demandé qu’il va préparer pour
mercredi. On repassera donc mercredi.
On pose le tout dans le hall
d’entrée et on file sur la promenade Goubert pendant qu’il y a encore un peu de
lumière il est déjà 17h.
La promenade Goubert c’est le
must de Pondy. Une promenade des Anglais, sans voiture. J’ai l’impression que
c’est là que réside tout le charme de Pondy, toute son histoire française.
En ce moment c’est le festival du
Yoga jusqu’à la fin de la semaine. Un conférencier sous un chapiteau ouvert
recense tous les problèmes qui existent
dans le monde actuel. Il a intérêt parce sans problème pas de yoga pour les
résoudre, pas de Gourou pour se faire du pognon. On n’est donc pas prêt de ne
plus avoir de problème.
Des gens semblent contents
d’écouter ça et ont la naïveté de croire que ça va leur apporter quelque chose.
Véro fait les quelques photos du
jour que vous verrez dans le blog.
Retour à l’appart, installation
de l’aquarelle pour remplacer celle que le proprio avait enlevée pour mettre à
l’étage au dessous et qui formait un tryptique. Ça y est Véro est contente sa
déco a retrouvé son sens.
Passage au décorticage des
crevettes pour le repas de ce soir.
Crevettes, riz, tomates, papaye,
raisin noir et raisin blanc.

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