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| Sur Ana Salai, le périphérique de Pondy ! |
Réveil au chant des corneilles et
à la musique des cloches.
Je trouve qu’il fait assez frais
ce matin, pas froid mais frais.
Un rickshaw devant la maison
voisine démarre en pétaradant dans un bruit de crécelle.
Une femme entre dans la maison
« Kiravi » ou quelque chose comme ça, on est dans le quartier
français. Non ce n’est pas ce nom, mais ça s’en approche.
Le cabinet médical du pédiatre
est ouvert, il n’y a encore personne.
Le marchand de lait est là
stoïque devant sa cagette en plastique contenant les sachets. À ses côtés sur
le trottoir, son copain dort tout enveloppé d’une couverture orange.
Ibrahim store n’est pas encore
ouvert.
La mendiante aux sacs est
revenue. Elle est de l’autre côté de la rue en face de ses sacs, sur le palier
d’une maison, elle s’affaire sur un colis blanc emballé comme si elle cherchait
à l’ouvrir.
Un curé en soutane et en scoot
débouche de la rue Laporte et file sur Mission.
Près de l’autre monticule de sacs
il y a une autre femme. Je pense d’abord que c’est la propriétaire de ce tas. En m’approchant il
me semble qu’elle n’est pas du tout concernée par les sacs, mais qu’elle
ramasse de l’herbe poussée là comme par miracle. Comme si, et c’est le premier
terme qui me vient à l’esprit, elle sarclait une allée.
À mon avis elle ne désherbe pas,
elle met l’herbe dans un sac en toile, peut-être pour nourrir un animal…
Des chants avec les mots
« Agnus Dei » sortent de la cathédrale. Les mendiants, hommes sont
là, à leur poste, de l’autre côté seulement une seule femme.
La petite marchande de lait écrit
dans son cahier de comptes.
Tout est redevenu normal.
Le camion Bananas World.
Le petit débit de thé à l’angle
de la rue Ranga Pillai est fermé ce matin.
La rue est emmerdée à son
ordinaire. Véro s’interroge toujours pour savoir comment ils enlèvent tout ça,
puisque ça disparaît presque lorsque la journée s’avance. Les pneus, les
chaussures doivent tout transporter ailleurs.
Des corneilles s’acharnent sur le
cadavre d’un rat éventré. Un chien s’approche, sent le corps, les corneilles
s’enfuient, le chien passe.
Le mendiant du Hot Bread est là.
Pas de client à la caisse.
Aujourd’hui ils me font payer une roupie le sac.
Je ressors, il y a du monde au
Cool Cat.
Et toujours cette odeur affreuse
de fauve qui se dissipe dès que j’ai passé la rue Ranga Pillai.
Les tracteurs benne sont en
place.
Du Cottage sort à toute vitesse
une moto pilotée par un Indien et sur le siège passager assise en amazone une
femme blonde vêtue de blanc et d’une robe courte qui laisse voir ses genoux.
Tout à coup je me crois revenu aux années 70. L’impression à peine née, ils ont
déjà disparu du côté de Nehru street.
Les bus, les tempos passent, et
aussi les livreurs de bouteille de gaz dressés verticalement sur les pédales de
leur tricycle, auxquels sont accrochées une douzaine de bouteilles rouges. J’ai
l’impression que la pédale ne va jamais redescendre, mais si et ils vont ainsi
produisant à chaque fois un effort énorme pour faire avancer leur chargement.
Un homme dort dans l’arrêt de
bus.
Une écolière toute vêtue de blanc
va, en bicyclette, à son école.
Aujourd’hui je tourne
exceptionnellement rue Laporte, car je veux passer par chez Ibrahim store pour
prendre un paquet de thé pour nos invités.
La boutique est ouverte sur deux
côtés puisqu’elle est à l’angle de la rue Laporte et de la rue Mission.
A l’entrée on est freiné par une
banque qui empêche de se servir soi-même.
C’est un homme jeune sympathique
qui me sert, il parle français, il me sert un paquet de tea bag.
Je rejoins la rue Candappa par
Mission.
Je vois à l’angle un chien de
race berger allemand et je sais qu’il vient de chez « Beware of
dog ». Je tourne à l’angle et je vois les deux autres chiens de même race.
Leur maître leur dit de rentrer
et ils semblent tous les trois très heureux de cet ordre, ils se précipitent
vers la porte d’entrée, peut-être pour fuir la vie et la rue indienne.
Du coup je ne jette pas un coup
d’œil pour voir si ces dames sont sur leur balcon.
Véro et moi on petit déjeune,
tandis que nos invités digèrent leur 24h d’insomnie.
Puis ils se lèvent et c’est très
agréable de rompre le rythme de nos journées.
En fait ça ne rompt pas tellement
le rythme de nos journées puisque la première chose qu’on fait c’est d’aller
chez Félix pour récupérer la moto d’Alain.
Félix n’est pas là.
Je montre au mécano la fuite au
niveau de la fourche, il ressert un écrou et ça y est pour lui c’est réparé.
On décide d’aller au magasin
Vijayganapathy qui est proche pour changer notre bol et ainsi on commence à
montrer Pondy à M&A.
Un Pondy qu’ils découvrent,
étonnés par cette folle vie indienne qui est devenue pour nous du quotidien.
On leur fait visiter
Vijayganapathy, ce qui est une vraie curiosité pour des gens qui ne sont jamais
venus en Inde, la profusion de stocks, l’abondance de produits concernant la
vie quotidienne d’un Indien.
On appelle Félix pour ne pas
retourner pour rien à son garage. Il ne répond pas.
On décide d’aller au change ce
sera fait. Aujourd’hui le change est à 83 roupies pour 1 euro, ça a baissé
depuis notre arrivée puisqu’il était à 85.
Je me demande si les aventures de
Hollande n’ont pas fait baisser la valeur de l’euro.
Rappel de Félix, il est là, la
moto est prête.
On y va. Il ne s’est pas foutu de
nous, c’est une belle Bullet noire, avec un look rétro beaucoup moins Jacky que la nôtre, démarrage
électrique, c’est bien.
Alain fait un tour du pâté de
maisons, sans problème.
Tout est bien mais c’est la
mienne qui est démontée, elle n’a plus de pot d’échappement et il semble qu’il
y ait un problème sur la chaîne. Heureusement qu’il l’avait tout refaite.
Félix part.
Ma Bullet est prête et on part
puisque Félix n’est plus là.
Apprentissage de Martine pour
monter sur la moto, elle suit les conseils de Véro.
On prend Anna Salaï en direction
du Sud, le feu de Nehru Street se passe bien. On va rejoindre Bussy street et
les premières pompes à essence pour mettre de l’essence dedans.
On se dirige vers Mission Street
en descendant la rue de Bussy, croisement de MG road et on va poser les motos
dans Ranga Pillai. Ainsi on est prêt à tout.
Bata, nouvelles chaussures,
Titanic, nouveaux T-shirts, Surguru pour déjeuner d’un Thali meal un peut hot
pour de nouveaux arrivants, alors que pour nous ça nous semble tout à fait
correct
L’appart pour boire un café et nous reposer.
Ce qui est sûr c’est qu’Alain et
la moto se sont bien trouvés.
On repart pour aller chez
Vodafone pour acheter une carte téléphonique pour Martine.
Pour y aller on fait le grand
tour par la promenade Goubert sur laquelle on peut pousser un peu les motos car
il y a toujours peu de circulation.
On revient rue Nehru dans la
ville blanche.
Chez Vodafone c’est une formalité
parce qu’on a apporté tout ce qu’il fallait. L’administration indienne est
terrible, mais si l’on a tout ce qu’ils souhaitent, c’est finalement assez
simple.
On repart, on traverse toute la
ville d’Est en Ouest pour aller chez Félix. Il n’est pas là. 16h c’est tôt pour
lui, à peine le temps de la sieste.
On l’attend un peu puis on va
chez Pothys. Véro a besoin d’acheter une grande gamelle pour préparer les repas
pour plus de deux.
Visite détaillée de Pothys,
présentation de tous les étages. Alain achète des pantacourts.
On revient en passant chez Félix
qui n’est toujours pas là. Comme c’est pour lui payer la location, on dit au
mécano qu’on reviendra demain.
Retour à l’appart.
On laisse M&A et on va chez
P&C qui nous ont invité à venir tirer les rois.
On leur apporte les médicaments
qu’ils ont commandés à M&A, et on
passe un bon moment avec leurs amis et la galette.
On ne s’attarde pas trop parce
que M&A nous attendent chez nous.
Véro prépare le dîner avec
sa nouvelle casserole à oreilles.
Ce soir Riz Aubergine, fromage sauf
pour M. et salade de fruits que Véro avait pris le temps de préparer pendant
notre moment de repos.
Ce soir, je crois qu’on est
encore tous bien fatigués, mais on peut dire qu’on a rempli notre contrat du
premier jour en Inde. Rien de touristique, que de l’authentique.

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