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vendredi 10 janvier 2014

Le Tancarville et le lit des reines du partage

Sur la promenade à l'heure du goûter


Bonne nuit.
Cette nuit il m’est remonté un souvenir de 50 ans, grâce aux dames de Savoie. En effet je me demandais comment leur demander des nouvelles de leur étendage. Comme par ex : « bonjour Madame comment va votre étendage »
Ça m’a rappelé qu’il y avait un auteur dramatique Jean Tardieu qui avait écrit une pièce que toutes les troupes amateurs jouaient à l’époque : « Un mot pour un autre »
ça faisait comme ça : «  Irma!... Irma, voyons !. .. Oh ! cette biche! Elle est courbe comme un tronc... Excusez-moi, il faut que j'aille à la basoche, masquer cette pantoufle. Je radoube dans une minette. « 

Ça m’a fait plaisir de retrouver ce souvenir enfoui si loin en moi.

Ça m’a fait plaisir de retrouver ce souvenir enfoui si loin en moi.

Lever 7h.

Il fait bon ce matin. Du balcon, je vois le rond du soleil dans la brume matinale ce qui nous annonce une très belle journée.

Une légère fraîcheur très agréable.

Le marchand de lait accompagné de son mendiant accompagné de son sac.

Rue Petit-Canal tout le monde est là et s’affaire au rangement du bordel de la nuit..

Le mendiant au déambulateur est levé et déambule dans la rue.

Un autre mendiant dort encore sous un drap vert, devant la cathédrale.

Plein de bouses écrasées rue Ranga Pillai.

Le troupeau de buffles est sur le quai, broutant les poubelles à côté du Cool Cat.

J’entre au Hot Bread.
Ce matin bien qu’il soit tôt il y a une touriste qui commande un café avec de grands sourires. Elle doit venir d’arriver, le caissier l’envoie s’asseoir dans la salle. Elle a l’air étonnée qu’on puisse la servir à la table.

Je donne mon pain pour qu’il le tranche, je paie en rendant les 5 roupies qu’il m’a données hier. Il faut toujours avoir la monnaie. Il me rend ce qu’il me doit.
Je prends un paquet posé sur la banque à côté de moi et je repars.

Plein de bouses aussi quai d’Ambour, au-delà de la halle des buffles paissent.

Les tracteurs benne, les équipes sont stationnés, ils ne se sont pas encore mis en route.

Un magnifique Kolam rue  Surcouf, on dirait un napperon brodé.

Des bouses jusque dans la rue Capitaine Xavier François, mais devant la belle maison la rue a été lavée au jet.

Petit dèj et je découvre que dans le sachet que j’ai pris à Hot Bread,  il y a 5 croissants au lieu du pain tranché que j’ai payé.

On décide de se faire un petit dèj croissants et on retournera dans la matinée, avant d’aller chez Pich, régler la différence.

A Hot Bread, Ils sont contents de me voir revenir et je paie la différence.

On traverse le canal et on file chez Pich.

Au petit dèj il y a un couple de jeunes français qui ont laissé leur travail en France pour visiter le monde.
On discute et on laisse à Pichaya les photos que Véro a prises. Il nous invite à déjeuner dimanche 12, c’est son anniversaire.

On va chez Pothys pour faire quelques courses et acheter un Tancarville. Mais il y n’y a plus de Tancarville.

On vient poser les courses à l’appart et on repart pour aller dans notre magasin fétiche depuis qu’on est à Pondy : le Singapour, Nehru Street.

On a des difficultés pour garer la moto rue Ambalathadaiyar Madam. On trouve une petite place devant les vendeuses de poteries derrière la prison. Elles ne veulent pas que l’on laisse la moto là, elles abusent profitant de nos têtes d’Occidentaux. Mais on n’a pas le choix et on laisse la moto là . Garer sa moto est un vrai problème dans Pondy.

On coupe par le passage où il y a des couturiers, le long de l’ancienne prison, et qui rejoint Nehru street.

À Singapour, on trouve immédiatement ce qu’on veut. Un Tancarville en acier chromé typiquement indien.

On revient à la moto, les petites vendeuses de poterie nous font des sourires, elles ne nous en veulent pas du tout d’avoir laissé la moto là.

Véro s’installe sur la moto en tenant verticalement devant elle, le Tancarville qui fait bien 80 cm de large et 1m de haut.

Je rejoins le boulevard Anna Salai en roulant doucement et parce que je sais que cette rue est en sens unique ce qui ne paraît pas quand on y est.

Sur le boulevard,  à part quelques petites acrobaties, tout se passe bien et je remonte ensuite la rue Laporte qui est calme et je rejoins la rue Candappa.

Véro se décharge de la moto avec le Tancarville et me dit que jamais le trajet ne lui avait semblé si long. Antoine le proprio qui nous a vus arriver nous ouvre le portail.

Il voit que nous avons acheté un Tancarville et nous demande s’il y a un problème sur l’étendoir de la terrasse.

Alors on lui raconte notre aventure avec les dames de Haute Savoie. Le partage des fils, ou l’application  d’un jour fixe de lessive.
Véro lui explique le partage décidées par  ces dames, les reines du partage : sur les 6 fils, les deux premiers lui sont réservés, les deux suivants sont pour nous et les deux derniers sont pour elles. Antoine perturbé nous dit  : on ne va pas faire un problème de racisme avec le linge, le nôtre est aussi propre que le leur ».

Ça fait mal d’entendre ça. On pressent derrière, toute une vie de mépris  et de non respect de sa personne à cause de sa couleur de peau.


Il nous remercie parce qu’il n’était pas du tout au courant de ce  partage.

Alors il nous raconte pour le lit qu’il avait promis de nous monter du 1er étage au 2ème étage. Les dames de Haute Savoie n’ont pas voulu prêter ce lit qui ne leur sert pas mais qu’elles gardent elles aussi pour leurs amis.
Antoine leur a demandé quand doivent venir leurs amis, parce que nous avons besoin du lit seulement du 31 janvier au 8 février. Elles n’ont rien voulu savoir.

J’avais tout de suite remarqué lorsque Antoine le proprio nous avait proposé un matelas qui était dans son appartement au lieu du lit,  que quelque chose le contrariait mais à ce moment là il n’avait rien dit.
Il nous dit qu’il va trouver une solution avec un lit qu’il a est qui est dans une autre maison. On sait qu’il va faire le maximum et c’est touchant.

J’avais dit à Véro, je suis sûr que c’est parce qu’elles n’ont pas voulu. Véro ne voulait pas le croire.

Peu importe, on a affaire à des connes et Antoine le proprio en est bien conscient. Il les connaît bien.Elles sont là depuis un mois et l’ont fait chier pour le bruit de la pompe qui monte l’eau de la nappe phréatique au réservoir sur la terrasse. Elles l’ont fait chier aussi parce que chez Sita la maison mitoyenne, des gens faisaient la fête et donc du bruit. Antoine nous dit : « je n’allais pas appeler la police un 31 décembre, même en France les gens font la fête »

On laisse Antoine à ses réflexions.

On se dit que finalement elles nous ont forcés à acheter un Tancarville, ce qu’on aurait peut-être pas fait, mais qui va être très utile quand même.

On va déjeuner au New Banana Café rue Casiar, d’un bon gratin aux épinards, avec pommes de terre sautées et salade.

Retour à l’appart. pour le café et la sieste.

À 16h on décide d’aller se balader. On va sur la promenade Goubert en passant par le parc Barathi .

Il fait très bon, l’air de l’océan apporte sa fraîcheur et la lumière est douce dans le ciel bleu.

On revient vers 17h30 avec 140  photos.

Arrêt au Nilgiris pour prendre des œufs. On rentre par la rue Mission.

Un prêtre en soutane blanche sort à fond la caisse sur un scoot de la  cour de la cathédrale.
Il doit y avoir un office car il y a beaucoup d’auto rickshaw et beaucoup de mendiants.

Rue Petit-Canal le bordel du matin est bien rangé contre le mur. C’est presque comme si personne ne dormait jamais ici la nuit.

Je rentre la moto. On s’installe devant les ordi

Véro trie ses photos et moi je rédige ce blog.

Puis cuisine pour le dîner.

Spaghettis pesto, salade verte, banane.

Pas de fromage parce qu’il ne nous reste pas de pain, ce matin c’était croissants.

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