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mercredi 15 janvier 2014

Jour de fête

La fête sur la Promenade Goubert


Bon anniversaire à Dylan

Comme d’hab on se réveille un peu avant 7h.

Première nuit de gestion du fan. Il fait trop froid si il marche et il fait trop chaud si il ne marche pas.
L’objectif est donc de le laisser tourner et de se couvrir, ce qui est paradoxal.

Je sors dans la rue Candappa, grande discussion entre des balayeuses et une femme de la rue. Je ne comprends rien de ce qu’elles se disent évidemment.

La rue Mission est vide, le petit marchand de lait qui me regarde passer. Ibrahim store a déjà levé ses lourds rideaux de fer et commence à sortir des bonbonnes d’eau.

La mendiante aux sacs fouille dans l’un de ses sacs.

Rue Petit Canal l’homme au lit est réveillé et assis sur son sommier de sangles tressées.

Seulement trois mendiants devant la cathédrale malgré la messe qui se déroule. Ça confirme bien que les autres sont retournés dans leur village pour les fêtes.

Le camion Bananas World à l’angle avec la rue Ranga Pillai.

Deux buffles noirs fouillent une poubelle circulaire en béton. Un mendiant cherche dans un autre tas de déchets.

Les bouses à l’angle de la rue Ranga Pillai et le quai d’Ambour. Le chaouch de l’hôtel qui me dit bonjour parce qu’il s’est maintenant habitué à me voir. Ce matin il doit faire moins froid il n’a pas son protège oreilles, sorte de ressort comme un serre tête qui se termine par  deux ronds de polaire. Avec le bonnet galette c’est ce qui se fait de mieux pour lutter contre le froid le matin à Pondy.

Au moins 10 personnes devant moi au Hot Bread. Comme c’est fête les gens viennent acheter quantité de viennoiserie. Comme ils sont efficaces je n’attends pas très longtemps et dès que je suis servi, il n’y a plus personne.

Le mendiant devant le Hot Bread est assis les épaules enveloppées dans un drap vert qui lui sert de couverture.

Deux buffles sont arrivés à côté du Cool Cat et fouillent un tas de déchets. Ça pue , ce sont eux les buffles qui transportent, en plus des bouses, cette odeur de fauve qu’il faut subir le matin à jeun.

Retour par le quai d’Ambour. Plusieurs tracteurs benne stationnent à la queue leu leu  et personne autour.

Peu de circulation, des tempos, des auto rickshaws, des rickshaws mais pas de bus.

Rue Capitaine Xavier François des balayeuses s’affairent devant la riche maison, au bout de la rue au niveau de la rue Candappa un tracteur benne attend.

En symétrie par rapport à notre appart, dans la rue Ellaiaman Koil entre la rue Candappa et la rue  Montensier s’est installé dans une nouvelle maison, un ministre.

Le quartier risque donc d’être super propre.

Sur le balcon du premier étage chez les dames, un homme est assis torse nu. Je ne sais pas si c’est toujours le même que les jours précédents car ce matin il n’y avait pas de scoot dans le hall et Antoine le proprio nous avait dit que le conducteur devait partir. Peut-être qu’elles l’ont déjà remplacé.

Je prends mes deux bouteilles d’eau remplies au robinet destiné à la cuisine.

Véro est levée.

Petit dèj.

Je vérifie l’encodage de la démo, c’est bon sauf une petite partie que je vais supprimer et il faudra à nouveau encoder. Il faut deux heures avec un peu de chance  et pas de coupure d’électricité pendant ce temps. Je pense que dans la  journée où ce soir au plus tard elle sera sur le site Internet de Véro.

Pendant ce temps, dans  une robe indienne, Véro s’est fait un haut pour mettre avec un shalvar.

On part avec la moto boire un thé. Puis on va chez l’encadreur.

Au départ de l’encadreur plus moyen de faire démarrer la moto.

On est obligé d’appeler Félix mais aujourd’hui c’est Pongal et tout est fermé. Mais il dit qu’il va venir rue Barathi d’ici une demi-heure. Une demi-heure en Inde c’est facilement plus d’une heure.
J’essaye à nouveau en vain. Je regarde la bougie et là miracle elle démarre. On décide d’aller jusqu’au garage de Félix.
Au feu de Nehru street, elle cale sans que je comprenne pourquoi. A cet endroit précis c’est toujours un terrible embouteillage et ce matin ça ne rate pas. Je ne peux pas la redémarrer dans ce flot de véhicule. Véro descend et se fait klaxonner parce qu’elle est à pied dans le trafic, elle engueule et se passe les nerfs sur  le premier conducteur qui se trouve là, pendant ce temps je pousse la moto sur le bord de la chaussée.

Je suis prêt à la pousser jusqu’au garage de Félix, mais elle redémarre, sans trop de difficulté.
On dit à Félix par téléphone qu’on est maintenant devant son garage, il dit qu’il arrive. On attend une petite demi-heure.

Evidemment Félix démarre la moto du premier coup de kick. J’en suis découragé, mais il reconnaît qu’il y a un problème. Il ouvre la porte de son garage, revient avec des clés, fait quelques réglages.

Maintenant elle démarre et du premier coup même avec moi. Espérons que ce soit le dernier réglage.

On va chez Pich. Il vient de partir.

Il est 11h30 on décide d’aller déjeuner à Auroville.

Je prends la route de l’aéroport et on passe par la route de Park Prince. On va au visiteur center où Véro espère trouver un haut pour aller avec le pantalon qu’elle a acheté hier.

Elle trouve ce qu’elle cherche et on va déjeuner à Tantô.

Le patron est toujours là et nous dit bonjour comme s’il nous reconnaissait ce qui est possible.

On commande des pizzas, ici elles sont très bonnes.

En attendant on voit débarquer JM notre informateur involontaire sur Auroville d’il y a 2 ans.
C’est Véro qui le voit en premier.
Puis lui nous voit et dans un premier temps ne nous reconnaît pas. Selon sa technique habituelle il s’approche et tout d’un coup tout doit lui revenir en mémoire, son sourire se transforme en grimace et il se détourne sans hésitation.

On se marre. Il a toujours son  look de Gersois pommé à Auroville depuis 1969.

On nous change de table parce qu’un groupe doit arriver et on nous met à une table pour deux.

JM doit se dire qu’on est parti et revient. Il passe à côté de nous sans vouloir nous voir. Puis tourne un peu en rond.
À un moment il me regarde et je lui dis bonjour. Alors il s’avance vers nous et nous dit : « on se connaît ? »

On lui dit oui qu’il est venu boire son café avec nous. Il ne sait pas trop quoi nous dire et nous souhaite un bon séjour. Il s’installe a une table seule et on lui apporte son café que selon son habitude  il aurait dû venir boire avec nous. Il doit faire ça à tous les clients qu’il voit pour certainement discuter en français.

Ce qui nous  avait intéressé avec JM c’est le fait qu’il était venu tout jeune pour une utopie bâtir Auroville et aujourd’hui, retraité que reste-t-il de cette utopie.
Ce n’était pas brillant.
La société des utopistes s’est transformée en une société d’hommes et de femmes avec les puissants qui prennent le pouvoir et les autres.

La rupture avec l’ashram d’Aurobindo.

Le fric ayant tout ramené à un monde avec ses peurs et ses replis sur lui-même.

Le groupe attendu arrive, ce sont des touristes indiens, tout une famille ou des amis. Ils s’installent. Ils doivent venir d’une grande ville, les femmes sont vêtues comme des européennes, les épaules et les bras découverts, les cheveux très bien coupés. Hormis leur couleur de peau, elles ont tout d’occidentales. Elles nous font réaliser qu’ici dans le Sud la modernité pour les femmes n’est pas encore là.

Les hommes font plus ringards parce qu’ils sont bien vêtus comme des européens petites chemisettes et pantalon mais c’est un peu comme tous les Indiens partout.

C’est aux chaussures que la différence se marque, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes ça ne compte pas. Des tongs en plastique.

Une des femmes du groupe vient faire des photos des pizzaïolos.

Un homme qui semble être le chef du clan, tête en poire, tronc en poire, assis sur le bord de son fauteuil parce qu’il ne peut y entrer totalement et  s’il le faisait il repartirait avec.

Il se lève et vient photographier un tableau sur lequel sont présentés les plats du jour, mais surtout c’est une phrase qui l’intéresse : « Aujourd’hui jour de fête nous ne servons pas de bœuf ».

On réalise que pour eux même s’ils viennent d’une grande ville, même s’ils apparaissent comme des indiens modernes, une pizzeria c’est totalement exotique sous ces latitudes et il n’y a vraiment qu’à Pondy et à Auroville qu’on trouve ce genre de chose.
Ça fait certainement parti des points de curiosité qui attirent les touriste Indiens.

On rentre à l’appart, la moto démarre bien.

Café et repos, Véro se sent un peu fatiguée.

On règle les quelques points d’installation encore en cours notamment le problème de la lumière dans les chambres.

On part ensuite à pied se balader sur la promenade Goubert parce qu’en ce jour de fête on est sûr qu’il va y avoir du monde.

C’est le cas.

Véro prend des photos des familles indiennes qui se prennent en photo, en échange on se fait photographier par des familles qui viennent de Calcutta pour 5 jours de vacances.

On revient à l’appart.

Antoine le proprio est sur le pas de la porte. Il nous confirme que l’homme du premier est parti ce matin. Il n’est pas dupe non plus de la relation intime qu’il y avait entre cet homme marié dans le Cachemire et ces dames.

Ces dames justement partent le 7 mars. Ça nous fera 3 semaines paisibles.

Je remonte la bonbonne d’eau de 20Kg, Antoine a monté la bonbonne d’eau de ces dames.
Je me dis que  la plus conne est certainement plus jeune que moi. Vivement l’égalité homme femme.

Ce soir repas soupe de noodle, fromage, papaye et raisin.

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