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| Queens Bath |
Il est 18h et je n'ai encore rien écrit.
On revient d'une super balade à pieds de Hampi au temple
Vitthala en suivant la rivière
Tungabhadra.
Ce matin on s'est réveillé vers 7h, ce qui ici est l'aube. Véro dort mal après tous ces évènements
en France et malgré la
distance et malgré ce séjour ici qui est particulièrement reposant et détendant.
On trouve enfin pourquoi dans cette
pièce c'est moi qui ait
froid et Véro chaud alors
que ça a toujours été
l'inverse. En fait je dors contre un mur qui est froid par rapport à la chaleur extérieur et il y a un léger courant d'air qui vient de
la fenêtre voilée par un épais tissu.
Ce matin on a Internet dès le lever, ils s'améliorent.
On regarde les nouvelles de France
sur l'obs et sur FB.
On traîne
un peu pour aller prendre le petit dèj.
Puis on se ballade dans Hampi en
faisant les boutiques pour ramener quelques souvenirs.
Vers 10h, on prend la moto qui est
garée semble-t-il sur le
garage des vaches car dans le prolongement 4 ou 5 vaches sont aussi stationnées.
Direction la ville royale, en passant
à côté du
temple Virupaksha on se rend compte qu'il y beaucoup de monde, beaucoup plus
que ces deux derniers jours, on apprendra dans le courant de la journée que c'est jour férié
au Karnataka. On est content car c’est toujours agréable de visiter avec les gens du
pays.
A la ville royale lorsqu'on y est allés on n'a pas vu l'aqueduc et le
bassin qu'il dessert. Ce bassin est creusé
comme une pyramide inversée
et à chaque niveau il y des
sortes de pyramides formées
de barre de pierre de plus en plus petit, qui donne à l'ensemble un aspect particulier et très moderne.
Je pense qu'une photo de Véro si elle est digne du blog
vous montrera plus efficacement la réalité de ce bassin.
On va au Bath Queen, toujours une
magnifique architecture mogol devant laquelle on ne peut que rester muet
d'admiration.
La aussi c'est un bassin, mais protégé
de hauts murs et par un fossé
qui fait le tour de la construction.
A l'intérieur
un couloir décoré de stucs fait le tour du bassin
et un balcon fermé sur
lequel prenait place des musiciens, c'est autre chose que les bains moussants
et les jets orientés.
On prend une petite piste qui nous mène à un autre temple et à
l'octogonal bath. Ces constructions ne sont pas référencées dans les guides pour
touristes. L'octogonal bath à quelque
chose qui fait penser aux bassins des lavandières
comme celui de Valence d'Agen, peut-être
à cause de sa forme.
En laissant la moto sur un sentier de
sable, je me suis fait quelque chose sous le pied que je ressens comme une petite coupure.
On revient par une piste étroite qui nous ramène à la ville royale.
Là
on voit une armée de
touristes prêts à envahir la ville. On ne sait
pas pourquoi mais midi semble être
l'heure des touristes.
On file pour aller voir le temple
enterré de Siva.
Surprise on descend en suivant la
pente de la construction jusqu'à arriver
à une pièce recouverte d'eau ainsi que la
suivante et ce jusqu'au sanctuaire où
se trouve le lingam de Siva. Tout ça
dans l'obscurité, heureusement
Indiana Jojo a sa lampe
dans le sac ce qui nous permet de voir les marches casse-gueule dissimulées sous l'eau. L'obscurité a au moins le mérite de nous cacher la couleur
de l'eau qui est fraîche au
demeurant ce qui est agréable
pour les pieds. Je pense à mon pied douloureux appréhendant une coupure qui stagne dans ce bouillon de
culture.
On revient déjeuner à
Hampi. Pour aujourd'hui on choisit un restaurant qui s'appelle
"Prince".
Comme j'ai posé le Routard sur la table le patron nous demande de
lui traduire ce qui est dit sur son resto.
Véro
s'y colle, puis il veut savoir ce qui est dit sur ces deux concurrents qui sont
de chaque côté, le "Mango tree" et le
"Moonlight", puis enfin le "Chill Out" qui est dans une
autre rue. Heureusement il n'y a que ces 4 restos dans le Routard. Pour nous il
n'y a pas photo le meilleur resto c'est le "Ganesh Restaurant" qui
n'est dans aucun guide.
On mange copieusement en vue de la promenade de cet après-midi et on mange
tranquillement car nous sommes les seuls clients.
Passage à la chambre pour les opérations techniques et pour voir ce que j'ai au pied. Véro
diagnostique une épine. Il
faut l'enlever, on se met sur la terrasse qui est bien ensoleillée et on a les commentaires des
gens qui passent, la loueuse vient voir, puis la voisine, chacun donne son
avis. Avec une épingle Véro réussit à
me sortir l'épine du
pied c'est le cas de le dire. Désinfectant,
pansement, avec un peu de chance je m'en tire sans couper le pied.
On reprend la moto pour nous rendre
au bout de l'allée
commerciale qui fait face au temple Virupaksha.
Au bout de l'allée on laisse la moto et on part à pieds le long de la rivière.
Pour cette balade le Routard nous
averti de faire attention aux singes car suite au tournage du film
"Hanuman", 200 singes ont été lâchés dans la nature.
Hier je vous ai parlé des singes sympas, mais j'ai
oublié de vous dire que je
m'étais assis pour regarder
celui qui cherchait à ouvrir
une bouteille et pendant ce temps un autre par derrière essayait d'ouvrir mon sac en tirant sur un tissu
qui facilite l'ouverture ou la fermeture et il a déchiré ce
tissu sans arriver à rien.
C'est Véro qui l'a vu et
m'a averti.
Je ne sais si c'est pour se venger,
mais en descendant, toujours hier, du temple Hanuman, une guenon laisse passer
les trois Indiens qui nous précèdent et commence à se montrer agressive avec moi
et montre carrément ses
crocs à Véro qui est morte de trouille et
hurle. Je file chercher une bouteille que j'aperçois
dans une poubelle, pour la faire fuir, pendant ce temps un Indien est parvenu à la chasser.
Je ne sais pourquoi, mais dans toutes
les espèces et aussi dans
l'espèce humaine il y a
toujours des femelles qui ne peuvent pas encaisser Véro et ça
sans raison et sans explication.
Il y a un passage sur les rochers et même un passage dans une galerie
qui débouche sur une grande
dalle pierre inclinée qui
se jette dans la rivière.
La pente est si douce près
de l'eau qu'on pourrait se croire sur une plage.
On suit les pèlerins qui vont aussi à pied au temple Vitthala. Ils prennent un chemin près de la rivière et nous font découvrir un autre chemin que
celui que nous avions pris en revenant du temple abandonné.
On parcourt des espaces chargés de monuments plus ou moins en
ruines. Il n'y a pas d'espace sans énormes
pierres naturelles ou pierres taillées
pour la construction.
Près
du temple Vitthala on fait le tour du temple de Vishnou qui est en assez bon état.
A l'est, côté ombre
à cette heure, on voit
assis à une bonne hauteur
deux flics les pieds ballants. Dès
que Véro arrive près d'eux, elle est sur le sol et
lui est au niveau de sa tête.
Il la hèle et lui montre au
sol un porte-clés avec
manifestement les clés de
sa moto. Il lui demande de les ramasser. Véro
obtempère, mais pour
marquer le coup elle fait celle qui ne les lui rend pas. Ils se marrent et on
part.
Peut-être
que les clés venaient de
tomber ou peut-être que ça faisait des heures qu'elles étaient là au sol et qu'ils attendaient que quelqu'un passe.
Peut-être même qu'ils avaient fait un pari
sur le fait que quelqu'un passerait ou non parce que le temple est un peu isolé.
Toujours près du Vitthala
un autre temple dont l'enceinte est en briques ce qui est exceptionnel car en
principe les enceintes sont en pierre et ce sont les parties hautes des
constructions qui sont en briques.
On s'assied sur un muret à l'ombre d'un grand arbre.
On devient tout à coup comme ces panneaux où
l'on passe la tête pour se
faire prendre en photo dans une situation inattendue.
Chaque groupe qui passe, vient
s'asseoir à côté
de nous pendant qu'un comparse prend la photo. Puis ils se changent pour
que le preneur soit aussi sur la photo.
Assis sur notre muret on devient
l'attraction de l'après-midi.
Si on nous demande notre nom on répond l'un comme l'autre Charlie
et c'est un franc succès
d'avoir l'un et l'autre le même
prénom, encore un truc qui
nous rend populaire.
C'est certainement nous qui allons
apparaître le plus sur le
FB indien.
Quand on a bien profité de la fraîcheur de l'ombre et qu'on en a
marre on revient sur nos pas.
On suit toujours les Indiens qui nous
conduisent à un petit
temple tout en pierre près
d'un bras de la rivière et
il y a un panneau interdiction de se baigner, crocodiles.
Au bord du temple, au bord de l'eau
les Indiens se baignent et se lavent.
Ensuite tout en les suivant encore,
je dis ça parce que le
touriste rare qui traîne
par ici suit le GR, pas les Indiens, et nous nous suivons les Indiens qui
prennent des chemins inattendus.
Cette fois ils nous conduisent dans
un petit temple dans des rochers, c'est comme un grotte dans laquelle on pénètre
avec eux, un prêtre leur
donne sa bénédiction au nom du dieu du lieu.
Puis on reprend notre chemin du
retour. Un groupe de filles nous rejoint et elles se mettent toutes à courir avec Véro.
Véro
photographie des femmes qui plient des tissus et un petit garçon "Sarkosy" essaye de
se mettre sur la photo.
Puis on passe le reste de la lumière sur cet immense rocher plat
qui sert de plage au bord de la rivière.
On regarde des couples d'Occidentaux
qui s'offrent des tours de bateau rond sur la rivière, c'est très
romantique et moins cher qu'à Venise,
pas cons les mecs.
Le plus beau ce sont les Indiennes
qui viennent pour se baigner toutes habillées.
Véro
va au bord de l'eau pour se laver les mains parce que comme nous sommes là depuis longtemps et que
certains Indiens nous ont nourris et un homme nous a expliqué qu'aujourd'hui c'était une journée exceptionnelle dans l'année et qu'il fallait manger
certaines graines noires et blanches pour que le corps soit en parfaite santé et sans douleur pour toute
l'année à venir. Il nous donne notre dose
de graines. Donc jusqu'au 13 janvier 2016 on ne va rien coûter à la sécu.
Véro
donc est au bord de l'eau pour se laver les mains, des femmes lui disent de se
baigner. Véro explique
qu'elle ne peut pas se baigner toute habillée
pour la bonne raison qu'elle n'a rien pour se changer, parce qu'elles les
femmes indiennes elles, se changent discrètement
après leur bain.
Comme Véro
ne peut pas se baigner elle lui explique qu'elle doit bien se mouiller la nuque
et les oreilles ça fera
pareil. Quand je dis ça je
ne sais pas ce que ça fera
et Véro non plus, mais ça le fera et c'est ça
qui importe. Les femmes ne se baignent pas que pour le plaisir de l'eau, mais
aussi pour respecter un rituel.
On s'arrache de ce lieu humain qui
avec la lumière du soir
donne une idée de la beauté naïve et simple, grâce
aux merveilleuses couleurs des femmes indiennes.
On est à
5mn de la moto et de là à 5mn
du Guest.
Je ne peux pas mettre la moto à la même place parce que notre logeuse nettoie les bouses
de la rue.
Je vois son mari qui a une main bandée, il s'est pris une voiture
avec sa bécane.
On bosse pour le blog puis on va dîner.
Ce type, le cuistot est un vrai chef.
Il nous apprend que demain est une journée
spéciale pour les pèlerins qui vont venir tôt le matin pour se baigner et
aller au temple.
Le programme est modifié, on pensait aller de l'autre côté
de la rivière on
verra si les photos nous en laissent le temps.
Je remets la moto à sa place parce que sinon elle était sur le parking du matin des vaches.
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