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mercredi 14 janvier 2015

What's your name ? Charlie.

Queens Bath

Il est 18h et je n'ai encore rien écrit.
On revient d'une super balade à pieds de Hampi au temple Vitthala en suivant la rivière Tungabhadra.

Ce matin on s'est réveillé vers 7h, ce qui ici est l'aube. Véro dort mal après tous ces évènements en France et malgré la distance et malgré ce séjour ici qui est particulièrement reposant et détendant.
On trouve enfin pourquoi dans cette pièce c'est moi qui ait froid et Véro chaud alors que ça a toujours été l'inverse. En fait je dors contre un mur qui est froid par rapport à la chaleur extérieur et il y a un léger courant d'air qui vient de la fenêtre voilée par un épais tissu.

Ce matin on a Internet dès le lever, ils s'améliorent.
On regarde les nouvelles de France sur l'obs et sur FB.

On traîne un peu pour aller prendre le petit dèj.

Puis on se ballade dans Hampi en faisant les boutiques pour ramener quelques souvenirs.

Vers 10h, on prend la moto qui est garée semble-t-il sur le garage des vaches car dans le prolongement 4 ou 5 vaches sont aussi stationnées.

Direction la ville royale, en passant à côté du temple Virupaksha on se rend compte qu'il y beaucoup de monde, beaucoup plus que ces deux derniers jours, on apprendra dans le courant de la journée que c'est jour férié au Karnataka. On est content car c’est toujours agréable de visiter avec les gens du pays.

A la ville royale lorsqu'on y est allés on n'a pas vu l'aqueduc et le bassin qu'il dessert. Ce bassin est creusé comme une pyramide inversée et à chaque niveau il y des sortes de pyramides formées de barre de pierre de plus en plus petit, qui donne à l'ensemble un aspect particulier et très moderne.
Je pense qu'une photo de Véro si elle est digne du blog vous montrera plus efficacement la réalité de ce bassin.


On va au Bath Queen, toujours une magnifique architecture mogol devant laquelle on ne peut que rester muet d'admiration.
La aussi c'est un bassin, mais protégé de hauts murs et par un fossé qui fait le tour de la construction.
A l'intérieur un couloir décoré de stucs fait le tour du bassin et un balcon fermé sur lequel prenait place des musiciens, c'est autre chose que les bains moussants et les jets orientés.

On prend une petite piste qui nous mène à un autre temple et à l'octogonal bath. Ces constructions ne sont pas référencées dans les guides pour touristes. L'octogonal bath à quelque chose qui fait penser aux bassins des lavandières comme celui de Valence d'Agen, peut-être à cause de sa forme.
En laissant la moto sur un sentier de sable, je me suis fait quelque chose sous le pied que je ressens  comme une petite coupure.

On revient par une piste étroite qui nous ramène à la ville royale.
Là on voit une armée de touristes prêts à envahir la ville. On ne sait pas pourquoi mais midi semble être l'heure des touristes.

On file pour aller voir le temple enterré de Siva.
Surprise on descend en suivant la pente de la construction jusqu'à arriver à une pièce recouverte d'eau ainsi que la suivante et ce jusqu'au sanctuaire où se trouve le lingam de Siva. Tout ça dans l'obscurité, heureusement Indiana Jojo a sa lampe dans le sac ce qui nous permet de voir les marches casse-gueule dissimulées sous l'eau. L'obscurité a au moins le mérite de nous cacher la couleur de l'eau qui est fraîche au demeurant ce qui est agréable pour les pieds.  Je pense à mon pied douloureux appréhendant une  coupure qui stagne dans ce bouillon de culture.

On revient déjeuner à Hampi. Pour aujourd'hui on choisit un restaurant qui s'appelle "Prince".

Comme j'ai posé le Routard sur la table le patron nous demande de lui traduire ce qui est dit sur son resto.
Véro s'y colle, puis il veut savoir ce qui est dit sur ces deux concurrents qui sont de chaque côté, le  "Mango tree" et le "Moonlight", puis enfin le "Chill Out" qui est dans une autre rue. Heureusement il n'y a que ces 4 restos dans le Routard. Pour nous il n'y a pas photo le meilleur resto c'est le "Ganesh Restaurant" qui n'est dans aucun guide.

On mange copieusement  en vue de la promenade de cet après-midi et on mange tranquillement car nous sommes les seuls clients.

Passage à la chambre pour les opérations techniques et pour voir ce que j'ai au  pied. Véro diagnostique une épine. Il faut l'enlever, on se met sur la terrasse qui est bien ensoleillée et on a les commentaires des gens qui passent, la loueuse vient voir, puis la voisine, chacun donne son avis. Avec une épingle Véro réussit à me sortir l'épine du pied c'est le cas de le dire. Désinfectant, pansement, avec un peu de chance je m'en tire sans couper le pied.

On reprend la moto pour nous rendre au bout de l'allée commerciale qui fait face au temple Virupaksha.

Au bout de l'allée on laisse la moto et on part à pieds le long de la rivière.


Pour cette balade le Routard nous averti de faire attention aux singes car suite au tournage du film "Hanuman", 200 singes ont été lâchés dans la nature.
Hier je vous ai parlé des singes sympas, mais j'ai oublié de vous dire que je m'étais assis pour regarder celui qui cherchait à ouvrir une bouteille et pendant ce temps un autre par derrière essayait d'ouvrir mon sac en tirant sur un tissu qui facilite l'ouverture ou la fermeture et il a déchiré ce tissu sans arriver à rien. C'est Véro qui l'a vu et m'a averti.
Je ne sais si c'est pour se venger, mais en descendant, toujours hier, du temple Hanuman, une guenon laisse passer les trois Indiens qui nous précèdent et commence à se montrer agressive avec moi et montre carrément ses crocs à Véro qui est morte de trouille et hurle. Je file chercher une bouteille que j'aperçois dans une poubelle, pour la faire fuir, pendant ce temps un Indien est parvenu à la chasser.
Je ne sais pourquoi, mais dans toutes les espèces et aussi dans l'espèce humaine il y a toujours des femelles qui ne peuvent pas encaisser Véro et ça sans raison et sans explication.



Il y a un passage sur les rochers et même un passage dans une galerie qui débouche sur une grande dalle pierre inclinée qui se jette dans la rivière. La pente est si douce près de l'eau qu'on pourrait se croire sur une plage.
On suit les pèlerins qui vont aussi à pied au temple Vitthala. Ils prennent un chemin près de la rivière et nous font découvrir un autre chemin que celui que nous avions pris en revenant du temple abandonné.

On parcourt des espaces chargés de monuments plus ou moins en ruines. Il n'y a pas d'espace sans énormes pierres naturelles ou pierres taillées pour la construction.

Près du temple Vitthala on fait le tour du temple de Vishnou qui est en assez bon état.
A l'est, côté ombre à cette heure, on voit assis à une bonne hauteur deux flics les pieds ballants. Dès que Véro arrive près d'eux, elle est sur le sol et lui est au niveau de sa tête. Il la hèle et lui montre au sol un porte-clés avec manifestement les clés de sa moto. Il lui demande de les ramasser. Véro obtempère, mais pour marquer le coup elle fait celle qui ne les lui rend pas. Ils se marrent et on part.
Peut-être que les clés venaient de tomber ou peut-être que ça faisait des heures qu'elles étaient là au sol et qu'ils attendaient que quelqu'un passe. Peut-être même qu'ils avaient fait un pari sur le fait que quelqu'un passerait ou non parce que le temple est un peu isolé.

Toujours près  du Vitthala un autre temple dont l'enceinte est en briques ce qui est exceptionnel car en principe les enceintes sont en pierre et ce sont les parties hautes des constructions qui sont en briques.

On s'assied sur un muret à l'ombre d'un grand arbre.

On devient tout à coup comme ces panneaux où l'on passe la tête pour se faire prendre en photo dans une situation inattendue.
Chaque groupe qui passe, vient s'asseoir à côté de nous pendant qu'un comparse prend la photo. Puis ils se changent pour que le preneur soit aussi sur la photo.

Assis sur notre muret on devient l'attraction de l'après-midi.

Si on nous demande notre nom on répond l'un comme l'autre Charlie et c'est un franc succès d'avoir l'un et l'autre le même prénom, encore un truc qui nous rend populaire.

C'est certainement nous qui allons apparaître le plus sur le FB indien.

Quand on a bien profité de la fraîcheur de l'ombre et qu'on en a marre on revient sur nos pas.

On suit toujours les Indiens qui nous conduisent à un petit temple tout en pierre près d'un bras de la rivière et il y a un panneau interdiction de se baigner, crocodiles.

Au bord du temple, au bord de l'eau les Indiens se baignent et se lavent.

Ensuite tout en les suivant encore, je dis ça parce que le touriste rare qui traîne par ici suit le GR, pas les Indiens, et nous nous suivons les Indiens qui prennent des chemins inattendus.
Cette fois ils nous conduisent dans un petit temple dans des rochers, c'est comme un grotte dans laquelle on pénètre avec eux, un prêtre leur donne sa bénédiction au nom du dieu du lieu.

Puis on reprend notre chemin du retour. Un groupe de filles nous rejoint et elles se mettent toutes à courir avec Véro.

Véro photographie des femmes qui plient des tissus et un petit garçon "Sarkosy" essaye de se mettre sur la photo.

Puis on passe le reste de la lumière sur cet immense rocher plat qui sert de plage au bord de la rivière.
On regarde des couples d'Occidentaux qui s'offrent des tours de bateau rond sur la rivière, c'est très romantique et moins cher qu'à Venise, pas cons les mecs.

Le plus beau ce sont les Indiennes qui viennent pour se baigner toutes habillées.
Véro va au bord de l'eau pour se laver les mains parce que comme nous sommes là depuis longtemps et que certains Indiens nous ont nourris et un homme nous a expliqué qu'aujourd'hui c'était une journée exceptionnelle dans l'année et qu'il fallait manger certaines graines noires et blanches pour que le corps soit en parfaite santé et sans douleur pour toute l'année à venir. Il nous donne notre dose de graines. Donc jusqu'au 13 janvier 2016 on ne va rien coûter à la sécu. 
Véro donc est au bord de l'eau pour se laver les mains, des femmes lui disent de se baigner. Véro explique qu'elle ne peut pas se baigner toute habillée pour la bonne raison qu'elle n'a rien pour se changer, parce qu'elles les femmes indiennes elles, se changent discrètement après leur bain.
Comme Véro ne peut pas se baigner elle lui explique qu'elle doit bien se mouiller la nuque et les oreilles ça fera pareil. Quand je dis ça je ne sais pas ce que ça fera et Véro non plus, mais ça le fera et  c'est ça qui importe. Les femmes ne se baignent pas que pour le plaisir de l'eau, mais aussi pour respecter un rituel.

On s'arrache de ce lieu humain qui avec la lumière du soir donne une idée de la beauté naïve et simple, grâce aux merveilleuses couleurs des femmes indiennes.

On est à 5mn de la moto et de là à 5mn du Guest.

Je ne peux pas mettre la moto à la même place parce que notre logeuse nettoie les bouses de la rue.
Je vois son mari qui a une main bandée, il s'est pris une voiture avec sa bécane.

On bosse pour le blog puis on va dîner.
Ce type, le cuistot est un vrai chef. Il nous apprend que demain est une journée spéciale pour les pèlerins qui vont venir tôt le matin pour se baigner et aller au temple.
Le programme est modifié, on pensait aller de l'autre côté de la rivière on verra si les photos nous en laissent le temps.

Je remets la moto à sa place  parce que sinon elle était sur le parking du matin des vaches.


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