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lundi 5 janvier 2015

Quand la lumière est bonne, quand la lumière donne.

Estuaire de Thengaithittu


Hier soir avec tout ça on ne s'est pas couchés après dîner mais à 1h du matin aujourd'hui, photos films et blog prennent toujours beaucoup de temps.

Nuit courte marquée par mes réveils suite à des crampes moins douloureuses cette nuit.

On se lève vers 7h

Je vais au pain. Il y a un peu de fraîcheur dans la rue. Je croise le marchand de lait qui marche lentement et avec difficulté. Sur le trottoir il a laissé ses clayettes de sachets de lait avec son ami le clochard. Il me regarde avec insistance ainsi que plusieurs hommes durant mon parcours matinal, à tel point que je me demande ce qui ne va pas dans ma tenue et de retour je demande aussi à Véro qui ne trouve rien à redire.

Rue Petit Canal on est réveillé et quelques individus se sont regroupés sur la rive gauche dans un rayon de soleil. Ils sont assis et discute. Je me dis que si nous nous avons chaud dans notre appart, eux il cherche à se réchauffer avec les premiers rayons.

Rue Sainte Thérèse, le rickshaw est garé et la natte de paille vide est étalé sur le trottoir.

Devant la cathédrale les mendiantes sont revenues à leur place habituelle. Mais il y en a toujours jusqu'à la librairie Focus. Je me dis qu'elles doivent être plus nombreuses.

Sur le perron du Church Gate un homme se réveille.

Les charrettes des 4 saisons alignées en face de Mamala Protéines ont disparu. Au croisement avec la rue Ranga Pillai, je vois arriver le camion de "World Banana".

J'enfile la rue Ranga Pillai, devant le Sri Aurobindo Service il y a  un groupe de femmes et en face un bus vide qui attend.

Un couple sort devant moi de l'hôtel Kaarthik, sur le coup en les voyant de dos je pense à un couple d'occidentaux d'un certain âge. Les nus pieds de l'homme me dissuadent de cette hypothèse, ce qu'il a aux pieds fait trop indien. Ce qui m'a trompé évidemment c'est leur look, lui très occidentalisé normal pour un mec, mais elle la soixantaine, les indiennes font toujours plus jeunes qu'on ne pense, en pantalon et une tunique pas très longue, c'est ce qui m'a induit en erreur, sa tenue pourrait être portée en occident.
Ils prennent le quai d'Ambour et se dirige vers le Cottage Restaurant pour certainement prendre leur petit déjeuner.

Il n'y a pas la femme à la figure poupine ce matin sur les marches avant le Hot Bread.

Une Bullet kaki est garé devant les marches du Hot Bread. C'est bien ce que je pensais c'est l'ami que nous avons rencontré l'autre jour, qui est prof et qui prend son petit déjeuner avec son fils.
Aujourd'hui c'est  le jour de la rentrée des classes.

Je prends ma boulish et deux parts de galette des rois pour prendre tout à l'heure avec le café et histoire d'en manger parce que j'adore la frangipane.

Je reviens par le quai.

Entre Cottage Restaurant, et la station service de l'Ashram, sur le trottoir, une femme en coiffe une autre, passant longuement le peigne dans les longs cheveux noirs. Je me demande si elles ont passé la nuit ici sur ce trottoir.




A côté de l'arrêt de bus le clochard jésus est allongé mais réveillée, il me regarde passer. Un bus vide ses voyageurs qui prennent la direction de l'hôpital de l'autre côté du canal.
La marchande ambulante de  noix de cocos n'est pas au croisement de la rue Sainte Ange.

Un transporteur de bouteilles de gaz rouge pousse son triporteur et sa charge habituelle de 14 bouteilles, 12 sur le plateau avant et 2 suspendues à l'arrière, au porte bagages. En principe ces transporteurs ont encore la force de pédaler mais là ce doit être vraiment trop lourd.

Un tempo jaune rempli comme une boîte de sardines qui déborderait, me croise.

Rue Surcouf je croise les scolaires qui se rendent au Lycée français. Je vois même le fils du voisin qui ressemble comme deux gouttes d'eau à son père et il me dit "Bonjour". Je suis surpris et je le salue à mon tour. En principe ces gens et leurs enfants nous ignorent parfaitement, bien que ce soit la 4ème année que nous sommes voisins.
Lui est prof au Lycée français. Il est de Goa nous a dit Antoine et sa profession et ses origines font qu'il ne se prend pas pour n'importe qui. Mais malgré tout il n'est pas assez bien pour sa femme qui est française parce qu'elle dit à tout le monde qu'il est Anglais. A défaut d'un Français dans son lit, c'est mieux d'y avoir un Anglais qu'un Indien, sinon ce serait la chute sociale.

Rue Candappa une femme a dessiné un Kolam blanc sur la rue devant sa maison et maintenant elle en train d'en dessiner des petits sur chaque marche.

On prend notre petit dèj.

Je fais la vaisselle et range les couverts, ça me fait penser qu'hier soir il y avait un cafard  dans le tiroir à couverts. Un petit tout timide et qui cherchait à se cacher. Je n'ai pas pu l'attraper mais je l'ai fait sortir du tiroir et je  ne sais pas  où il est passé.
Le cafard est timide  lorsqu'il nous voit, mais il est curieux et peut bien venir la nuit courir sur un bras ou regarder à l'entrée d'un narine ou d'une oreille pour savoir ce qui s'y cache.
Il faut donc toujours tout essuyer après le lavage de la vaisselle et avant de se servir des couverts, verres et assiettes si on ne veut pas profiter des chiures de cafards.
Je me dis que si on avait, plutôt que les défenses d'éléphants ou la corne des rhinocéros,  fait courir le bruit que la décoction de cafards avait des effets sur la sexualité, on serait en train de regretter l'extinction de l'espèce, c'est peut-être ce qu'on fera après la disparition des éléphants et des rhinocéros.

On se prend un petit café. Véro travaille ses photos et ses films et j'écris pour attendre 10h et se mettre en route car nous avons beaucoup de choses à faire pour préparer un maximum de choses avant les expos.

Là au moment au j’écris, il est 19h, je reprends une bière pour m'aider.

On passe d'abord chez le repasseur qui est là. Puis on va chez un marchand de fournitures de papeterie pour acheter un berlingot de scotch parce que Véro a peur que l'encadreur ne colle les certificats d'authenticité au dos des aquarelles avec du  gros scotch  brun d'emballage.
On va ensuite à pieds rue Nehru chez le quincailler qui est juste à coté de Singapour, pour voir s'il a des chaînettes pour accrocher les aquarelles. L'accrochage va être compliqué surtout au Red Lotus où il va falloir que les aquarelles soient toutes à la même hauteur et c'est pas gagné. Véro pense qu'avec de la chaînette on aura plus de facilité.
On trouve une chaînette qui va certainement pouvoir faire l'affaire, en plus il n'y aura pas à la couper et chaque maillon pourra s'il le faut faire un crochet.

On va chez l'encadreur pour lui donner le scotch, mais il nous montre qu'il a fait un travail très propre, et du coup il n'y a pas à lui laisser le scotch. Il nous précise que les 37 aquarelles seront prêtes ce soir, le patron nous appellera pour nous dire le montant de façon à ce que nous ayons l'argent quand on viendra les chercher.

On repart pour aller à Fior d'India pour le collier. Véro a pris son top pour faire les essais. Un collier irait bien mais il manque un peu de longueur. Le patron va s'en charger pour l'allonger un peu. Véro lui prend un grand foulard pour s'abriter lors du trajet jusqu'à Hampi. Le patron lui fait un cadeau. Par politesse Véro ne regarde pas ce que c'est.

On va ensuite chez les merciers pour acheter une attache pour remplacer celle qui a été arrachée sur la sacoche. On ne trouve pas. On va chez un cordonnier près du collège Calvet pour lui faire coudre celui qui est cassé. Il ne sera plus réglable mais on pourra fermer la sacoche.

On va voir Vijay   parce que maintenant on tous les éléments pour les affiches et les flyers. Le bureau est toujours fermé.
On va à la galerie pour voir Abel et lui demander s'il est au courant, mais il n'est pas là. Il n’y a que Rajkumar et une élève qui nous connaît parce qu'elle est amie avec la grisette du dessous. On se dit qu'on parle de nous.

Rajkumar appelle Abel qui n'est pas du tout au courant de l'absence de  Vijay et il est inquiet parce que  lui aussi a besoin de lui pour ses invitations pour le 25 janvier pour la pendaison de la crémaillère de sa nouvelle maison. Il s'en occupe et nous rappellera.

On va déjeuner à l'Indian Coffee où l'on commence à être connu comme client. L'Indian Coffee sert aussi de bistrot, les Indiens y viennent pour boire un café et discuter le coup.

On revient à l'appart et on boit notre café avec nos parts de galette des rois. Pour ce qui est de la frangipane il n'y a rien à dire, elle équivaut au meilleure. Par contre la légèreté du feuilleté est à revoir, c'est comme un feuilleté humide, peu mieux faire. On est content quand même, mais on n'a pas de fève.

Repos. Véro s'endort et moi comme je sens que je ne vais faire que tousser je me lève et commence à travailler ses petits films de la soirée d'hier lors des danses. Je ressens un peu fatigue et je m'allonge alors sur le canapé et je m'endors. Je dors toujours très peu de temps dans un premier sommeil quelque soit l'heure et je continue donc ensuite à travailler sur les films.

Véro se réveille, mais avec beaucoup de difficulté. Pour se sortir de cette torpeur elle veut aller au Sud de Pondy où l'on ne va pour ainsi dire jamais.

C'est parti.  

Je prends  le quai de Cingee et je traverse le boulevard Sud pour aller en direction de Colas Nagar de l'autre côté du stade et  vers le nouveau phare. Evidemment dans l'entrelacs des petites rues on se perd et on se retrouve devant les  ateliers Shanti qui sont une branche du trust Volontariat et qui font bosser les gens soit disant pour leur donner du travail mais surtout comme toute entreprise pour faire du pognon.
Cul de sac.
Demi tour et on arrive au pied du nouveau phare qui est dans un espace clos. Sur la porte on remarque qu'il y a un écriteau sur lequel il est précisé que les visiteurs sont admis de 15h à 17h.

Le portail est ouvert, on entre. Effectivement au pied du phare il y a un agent qui nous attend avec une table et des tickets d'entrée. 25 roupies par personne + 25 pour l'appareil.
Il faut laisser ses chaussures en bas, dès fois qu'en haut on rencontre un dieu. Parce que c'est haut quand même un phare et l'on fait un bon exercice de step...

Arrivée en haut il y a toutes  sortes d'appareils et sur le toit un radar qui tourne. Un homme est là pour vérifier  nos ticket.
La vue sur Pondy est superbe. Je trouve que pour une ville d'un million d'habitants ça ne fait pas très grand. On voit les tours de notre Dame des Anges et celles du Sacré Coeur. On voit aussi le nouveau ponton. C'est difficile de repérer ce qu'on connaît.

De l'autre côté la côte vierge de construction ce qui ne va pas durer. Une piste mène à l'entrée d'un port au Sud, matérialisée par deux jetés faites de roches noirs, mises là de façon artificielle.
Après avoir bien profité de cette vue on redescend et on prend la piste qui conduit à l'embouchure d'une rivière. Aucune carte détaillée de Pondy ne reprend cette espace exceptionnel par son caractère sauvage. Quelques cabanes de pêcheurs faites de palmes.
La piste avec autour d'énormes tuyaux métallique posés là comme pour des constructions à venir. Ce sont sans doute les derniers moments de cet espace vierge.  

On suit un bateau qui entre dans cette embouchure, puis on marche jusqu'au bout de la  jetée où deux policiers en képi et à motos se font un petit 4h en regardant vers l'océan. Ils sont certainement là pour se montrer et dire aux contrebandiers que cette entrée est aussi surveillée.

On revient récupérer la moto. Je demande à deux indiens qui discutent comment on peut aller sur la jetée que l'on voit en face. Je comprends dans leur réponse en Tamoul qu'il faut y aller par la route de Cuddalore, en fait j'entends "quedlors" et je  sais que c'est Cuddalore parce que c'est un nom de ville qu'on n'a jamais réussi à prononcer, qu'on n'a jamais réussi à faire comprendre à un Indien lorsqu'on prononçait ce mot.

J'ai ma petite idée. On rejoint la route de Cuddalore en longeant le stade puis en passant devant chez Pichaya. Je sais qu'à un moment on franchit un petit pont et après il y a une route à droite qu'on n'a jamais prise. On suit cette piste et on réussit à arriver par maints détours au port dans lequel le bateau que nous avions vu rentrer semble être venu accoster.
On entre dans l'enceinte du port et personne ne nous dit rien. C'est un port d'énormes bateaux de bois. Pas de quai, les bateaux sont sur la plage, certain sont sur cales, certain sont à moitié coulés. Ce port fait penser à un port fantôme, la proue de certains bateaux dépassent de hauts buissons qui ont envahi la plage.

Beaucoup de fierté dans ces proues qui ont quelques choses d'oriental et qui me font penser à des bateaux antiques grecques ou perses. Sur chaque proue un oeil de femme donne une force de vie à ces coques en déchéance.

La lumière est parfaite et pour Véro c'est un cadeau des dieux. Elle est récompensée de son opiniâtreté parce que moi je n'étais pas très chaud pour venir nous balader au Sud de Pondichéry.

On revient par une route plus directe, qui nous offre au débouché d'un pont un spectacle merveilleux d'une vieille ferraille éclairée par le soleil couchant.

La route débouche rue Dr Ambedkar, pas très loin de Villa Pondichery chez Pichaya.

On n'a pas réussi à aller sur l'autre jetée mais il était trop tard, on reprendra notre recherche dans quelque temps.

Je laisse Véro chez un Xerox  qui s’appelle "French  Internet" dans Mullah Street, on n'a jamais compris le "French".
Je vais à l'appart chercher l'argent pour récupérer les aquarelles.
Dès que Véro a ses textes, on file chez l'encadreur rue Barathi. On charge le tout dans un auto-rickshaw. Véro revient avec.
Je reviens à moto je récupère le repassage rue Montorsier et nous arrivons ensemble.
On décharge et on pose toutes les aquarelles dans le hall.

Je me fais 5 fois les deux étages pour tout monter,  c'est comme une nouvelle ascension du phare, c'est pourquoi j'avais besoin d'une bonne bière pour attaquer le blog.

Voilà j'arrive au bout de notre journée, il y en a qui pense qu'on est en vacances ici et nous demandent toujours si on ne s'ennuie pas.


Soupe de noodles, fromage et pain, salade de fruits.

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