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mardi 13 janvier 2015

Hanuman

Les enfants d'Hanuman

Lever 7h, toujours pas d'Internet parce qu'ils l'éteignent la nuit, c'est un principe Internet doit dormir comme tout le monde.

Bien dormi, moi en ayant froid et Véro en ayant trop chaud. Notre débat du matin est de savoir si une clim sur 27° c'est trop chaud ou trop froid pour dormir ???

On décide d'aller faire un tour en attendant le lever d'Internet, des proprios et du restaurateur.
On traîne dans le village pour faire des photos avec la lumière du matin. On se rend compte qu'il y a des Bullet chez les loueurs et sur une, une plaque minéralogique verticale sur le garde boue de la roue avant porte la mention : "Trou d'balle masqué". C’est un peu mystérieux à comprendre mais ça ne doit pas être facile pour celui qui loue la Bullet sauf qu'ici personne ne comprend.

On revient sur nos pas en traversant tout le village et là on est envahis par des sacs à dos qui arrivent de tous les côtés comme s'il y avait eu un arrivage à la gare routière.

On descend à la rivière côté gaths, c'est toujours aussi réjouissant pour les yeux ce spectacle du bain dans la lumière matinale.

Des touristes indiens, des scolaires qui sortent de l'eau et revêtent leur uniforme, tout une vie si simple à nous rendre envieux. Certaines femmes découvrent leurs seins pour mieux se laver, d'autres s'essuient les cheveux trempés, certaines se changent avec discrétion pour mettre des affaires sèches après le bain. Enfin chacun remonte les escaliers pour se rendre au temple et à leurs activités du jour.

Au retour, surprise, une vache est entrée sur la petite terrasse qui est en fait le trottoir de la rue qui a été clôt. Je la fais sortir par peur qu'elle ne nous lâche une belle bouse molle dont elles ont le secret et qui pue les épices fermentés dont elles se sont nourries en bouffant n'importe quoi.
Elle y met de la mauvaise volonté comme un âne.

Petit dèj comme d'habitude, Internet est réveillé et Véro peut voir sur sa tablette les dernières nouvelles dont elle me fait part.

En revenant à la chambre, une vache nous lâche tout le contenu de ses intestins dans la rue devant chez nous, c'est à en dégoûter même un indien qui s'est installé sur notre terrasse sur notre fauteuil de jardin en plastique blanc pour lire son journal au soleil et qui râle après la vache lui disant de faire attention car elle l'a éclaboussé.

On revient à la chambre pour mettre en ligne le blog.

Tout est prêt depuis hier soir et ce n'est pas très long.

On retourne sur les ghats pour s'amuser à suivre le parcours de Lakshmi l'éléphant remontant du bain. Tout le monde l'appelle Lakshmi qui doit être le nom obligatoire des éléphants des temples, mais là c'est sûr c'est un garçon.
Lakshmi est déjà dans son bain. Ce n'est plus le même bain que pour les jours de la fête. Là moyennant finance, les touristes peuvent participer au frottis frotta de la couenne de la bête. C'est merveilleux, quelle aventure filmée et photographiée…
Nous, nous sommes venus pour la montée des escaliers, et l'entrée dans le temple maintenant qu'on connaît son circuit. L'arrêt sous l'arbre, le chemin du temple sur le côté et l'arrêt devant un petit temple, l'entrée dans l'enceinte du grand temple, dans le temple jusqu'à son installation dans son lieu de travail pour la journée.

Ceci fait Véro veut acheter une sorte de capote en tissu épais pour mettre la bouteille d'eau, elle en a vues ce matin en allant au ghat.
On part pour Hospet pour la révision de la Bullet. Ce n'est pas très loin une dizaine de km. On tourne un peu dans la ville, chaque fois qu'on demande il n'y a pas de problème c'est toujours  tout droit puis à gauche ou à droite. On demande plusieurs fois et on finit par  y arriver en remontant un sens interdit pour ne pas se compliquer la vie, ce qui ne choque personne.

Le garage à Bullet c'est comme chez Félix, le patron à l'air sympa et sérieux on lui explique les révisions qu'on veut qu'il fasse et évidemment il veut changer l'huile, on lui dit OK. Félix n'a pas dû le faire depuis un moment et si ça se trouve elle n'a pas été changé depuis l'an dernier.

Il y en a pour 1h30, il est presque midi. C'est le coin du marché, idem le marché Goubert sauf les poissons mais un gros marché de poulets morts les pattes en l'air.
On décide de prendre un rickshaw et de se faire emmener dans un hôtel restaurant conseillé par le Routard le Malligi Tourist Home. Le premier chauffeur de rickshaw nous dit qu'il ne parle pas anglais. Le second nous dit qu'il sait où l'on veut aller mais il ne pourra pas nous parler. On s’en fout un peu.

Cinq minutes plus tard on est dans le  restaurant de l'hôtel avec une déco particulière les plafonds aux formes arrondies et des murs faits de barres verticales. C'est pas ce qu'on mange. On demande si on peut déjeuner et on nous dit oui mais que le service commence à midi trente.
On s'installe devant une grande baie vitrée qui donne sur la piscine de l'hôtel. Personne ni dans la salle ni dans la piscine.
Véro décide de nous prendre en photo devant les lignes verticales et devant la piscine. Puis on va aux toilettes, chez les hommes il n'y a que des pissotières, pour le reste mystère, mais ce n'est pas nécessaire.

A midi trente, deux indiens entrent s'installent et sont servis assez rapidement. Comme on ne s'occupe toujours pas de nous je demande le menu. Au bout d'un moment Véro va demander à la réception si quelqu'un va s'occuper de nous. Un maître d'hôtel jeune et raide vient prendre notre commande, il est 12h45, on est là depuis 3/4 d'heure comme sur le menu ils annoncent 20mn de préparation on attend. Vers 13h05 c'est moi qui vais demander où ça en est, ça va venir.

A 13h15, plus d'une heure après notre arrivée, on se concerte, on part, on n'est jamais inquiet Véro et moi de sauter un repas.
Je passe au comptoir et y met un billet de 100 roupies pour les deux lemon soda qu'on a pris et on part bien qu'il soit noté sur le menu qu'une fois commandé on est obligé de payer.

Dehors un rickshaw nous attend et nous conduit direct chez le garagiste. La Bullet est prête, le patron fait un essai et pendant ce temps on achète deux bananes qu'on mange.
On demande la direction de Hampi et on file.

Sur la route Véro voit une bakery, on s'arrête on mange des gâteaux aux fruits confits et aux raisins, un régal.

Il est 14h, on ne retourne pas au guest et on va directement au village de Kamalapuram où d'un côté on fait le plein du réservoir et de l'autre pipi.

On reprend la route du temple de Vitthala et devant l'entrée on demande au chauffeur de Rickshaw la route d'Anegondi, c'est a environ 1km tout droit.

Hier on y est passés mais on a suivi la route principale et là on prend une petite route en face fermée aux voitures parce qu'elle mène à la rivière et qu'il n'y a pas de pont, seulement un bac pour traverser.
Quand je vois l'embarcadère je suis impressionné. Il y a devant moi deux motos en sens inverse de la marche et deux vélos et des gens qui attendent le bac qui arrive.
Dans la pente de la voie étroite qui mène à l'embarcadère, celui-ci se résumant à deux sac de sable au bord de la rivière, il faut que je face faire demi tour à la Bullet. Elle tient à peine dans la largeur de la route. Je l'arrête, je passe une vitesse  pour m'en servir de frein dans la pente et je commence ma manoeuvre. J'arrive à la reculer en commençant à tourner et petit à petit j'arrive à la mettre en marche arrière à l'arrivée du bac. Quatre motos sortent du bac et file sur l'étroit passage que nous avons laissé libre. Six passagers et le bac est plein à craquer. Je suis la 4ème moto dans la file avec un peu de chance on va être du voyage, c'est ce qui est confirmé par le  capitaine qui dit à Véro de s'installer. Les six passagers montent en premier et après les motos. Pour monter les motos comme pour les sortir d'ailleurs il faut passer sur une planche d'une trentaine de centimètre. Je suis la dernière moto et deux hommes m'aident à pousser en arrière la moto. Je comprends l'utilité des sacs de sable pour poser les pieds dessus afin de ne pas être les pieds dans l'eau. Moi je dois pousser et monter sur le bateau, les aides eux restent à terre. Une fois sur le bateau je dois monter sur la moto pour la tenir en équilibre pendant la traversée. On est tellement serrés que j'ai peine à passer ma jambe le long de la moto d'à côté. On y est et le bateau s'éloigne de la berge, fait demi-tour. Il faut être bien stable sur ses pieds. Je paie, je filme un peu quand même. Véro elle n'a pas le droit de bouger pour que l'embarcation ne prenne pas de gite, elle est coincée les jambes près des pots d'échappement chauds des motos mises à l'intérieur. Pas de photo donc.

L"arrivée, je suis le premier à sortir, on me dit de démarrer la moto alors qu'on est tout près, là ce sont des sacs de sable posé comme des escaliers qui vont me permettre de gagner la terre ferme. Je préfère ça à  la planche.
La moto démarre bien; saute bien sur les sacs de sable le souci c'est la rampe qui se dresse devant moi pour sortir du lit de la rivière. Je suis obligé de m'arrêter pour vérifier que je suis bien sur ma première sinon je fais caler au milieu de cette pente. C'est bon je me lance, je ne peux pas attendre Véro qui ne pourra sortir que lorsque toutes les motos auront quitté l'embarcation.

Je passe bien la pente, je m'arrête lorsqu'elle devient plus raisonnable, les autres motos me doublent et Véro me rejoint.

J'en ai pris des bacs à  moto mais dans ces conditions c'est la première fois. Je me demande même comment c'est possible.

Anegondi, une très belle construction de style mogol qui s'appelle ...Mahal. Comme ce n'est pas noté dans les guides je ne vais pas vous retrouver le nom.
En face de l'autre côté de la route un vieux temple Hindou sans rien de particulier que son ancienneté et un lieu de calme et de fraîcheur ombragée.

On file sur la route pour nous rendre au temple d'Anuman, le dieu singe. C'est un lieu important c'est le lieu de la naissance du dieu, c'est ce qui est annoncé au pied de la montée. Si les dieux naissent ils doivent pouvoir mourir c'est ce que je me dis devant l'information et ça ferait une vie tellement paisible sans dieu, sans religion.

Je ne voudrais pas exagérer mais en disant 1000 escaliers plus haut je ne dois pas être loin de la réalité. Dure montée, on vieillit. Les singes nous accompagnent repus, gavés, ils ne mangent même plus ce que les gens leur donnent. Un reste même indifférent devant deux bananes épluchées. Un autre par contre a trouvé une bouteille contenant un breuvage orange et il essaye d'en percer le fond avec ses dents, ce qu'il arrive à faire. La bouteille n'est pas pleine et lorsqu'il veut boire il n'a pas l'idée de la mettre verticale il la laisse horizontale la fente sur le dessus il ne peut accéder au liquide, la fente en bas le liquide se répand sur le sol en pierre et il le lèche.
Je souffre dans la montée et je dois m'asseoir.
On débouche enfin.
Ce qu'on voit est époustouflant, c'est en fait tout le site d'Hampi qui s'étale à nos pieds comme la maquette du musée. La ville royale, le temple abandonné, le Vitthala et certainement d'autres choses qu'on ne reconnaît pas, ne connaissant pas suffisamment. On ne voit pas Hampi qui est trop sur la droite. Malgré la souffrance on est heureux d'être arrivé là. On voit la rivière et aussi à perte de vue le miroir des rizières dans lesquels le soleil se reflète.
De là aussi on peut se demander qui a eu l'idée de briser la montagne et d'en faire une quantité de petits monticules de rochers et de pierres. C'est ce qu'on voit d'ici à perte de vue.
Cette fois ci c'est une femme qui donne des conseil à Véro pour prendre des photos, en principe ce sont des hommes qui viennent jusqu'à lui régler les programmes de son appareil. Vous imaginez dans quel état cela peut mettre Véro.

Descente sans problème.

A la moto des amateurs sont en train de faire des commentaires sur l'engin.
On discute un peu et on reprend la route bordée de rizières plantées de jeunes plants verts.


On s'arrête au temple de Durga, à part le portail qui se reflète dans la rizière, le temple en lui même n'est pas très intéressant saut un arbre auquel on a suspendu aux branches des centaines de paquets multicolores en forme de noix de coco.

Retour à l'embarcadère. Là c'est autre chose. Je ne peux descendre en marche arrière trop de pente de ce côté ci, c'est risqué mais les gens me rassurent je peux descendre en marche avant et au moment de monter on m'aidera à tourner la moto.

C’est ce qui se passe, là encore je suis le dernier et Véro me dit que les gens m'appellent le Boss.
C'est plus compliqué de monter la moto sans plan incliné, il faut la porter pour passer les sacs de sable. Enfin on réussit à la mettre. Je suis coincé contre une autre moto et ma roue avant est bloquée par des sacs dont j'ignore le contenu.

Là encore je dois sortir le premier. Le Boss comme ils disent doit démarrer sa moto et tenir son frein. Il ne réalise pas que je n'ai pas de démarreur et que j'ai à peine la place pour mettre mon pied sur le kick que mon voisin en se penchant a mis en position. Je n'ai presque pas de course mais ma Bullet démarre du premier coup. Il faut que je prenne la planche, je ne suis pas en face à cause de l'autre moto, je me lance je fais une bonne partie sur la planche mais à la fin je la perds mais je suis déjà sur la terre. Je passe la montée et j'attends Véro.

Une vraie aventure avec cette croisière digne de Costa.

On refait la route, le temple Vitthala, la porte Beemas, Kamalpuram et Hampi.

Dans la chambre on laisse la porte ouverte pour profiter du voisin et des femmes qui l'entourent, parlant et hurlant normalement.
Ma main gauche est déformée par des crampes et me fait particulièrement mal. Je m'allonge, je m'endors et Véro me dit que ce soir ils ont été particulièrement gonflant.

On va dîner au "Ganesh Resturant" soupe de légumes et momo, les meilleurs de Hampi. On lui négocie internet jusqu'à 11h du soir au lieu de 10h.

On pourra peut-être mettre le blog en ligne dès ce soir.



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