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jeudi 15 janvier 2015

J'aime pas Goa.




Bon anniversaire Dylan.

Ce matin je ne me réveille qu'à 7h30. Véro est déjà réveillée mais elle m'a laissé dormir.
Il faut dire que cette nuit a été un peu difficile.
On s'est endormis vers 11h du soir et je me suis réveillé deux heures après. Un bruit d'eau dans la salle de bain et j'ai tout de suite compris que c'était la chasse d'eau, elle a déjà déconnée. Je vais voir pour essayer d'arrêter l'eau, mais il n'y a pas de robinet sur la canalisation d'arrivée d'eau.
J'essaye de la remettre en place mais je n'y arrive pas. Je suis embêté parce que la conséquence c'est que ça vide le réservoir d'eau.
Je n'y arrive pas et je me recouche. Le bruit de l'eau qui coule m'empêche de me rendormir.
J'y retourne et cette fois-ci j'ouvre le réservoir qui est fait à l'intérieur comme toutes les chasses d'eau. Un ballon qui monte avec l'eau pour arrêter l'arrivée et une sorte de tube qui contient un bouchon qui se soulève pour laisser passer l'eau.
Je remets en place le tube et son bouchon de telle sorte que l'eau ne sorte plus et on verra demain.
Je parle de tout ça bien que je ne sois pas un spécialiste des chasses d'eau, mais à une époque, je l'ai déjà dit, lorsque j'arrivais chez quelqu'un, quelque soient les circonstances, on me demandait de réparer la chasse d'eau. J'essayais d'avoir bon caractère et j’allais voir l'appareil tout en ne faisant rien, parce que je ne savais pas quoi faire, et je revennais en disant que tout est OK.
L'eau ne coule plus, plus de bruit et je me rendors.
Evidemment lorsqu'on veut aller à la salle de bain le matin, il n'y a plus d'eau, mais l'eau "is coming" me dit la proprio.
En attendant la venue de l'eau on va au petit dèj.
On prend notre petit déjeuner et on expose notre problème d'eau et aussi de chasse d'eau au cuistot, parce que c'est le seul qui sembla avoir une attitude un peu rationnelle,
Pas de pb il vient voir. Comme c'est le frère du patron du guest et que celui-ci a une main bandée ça nous semble normal. La patronne du guest suit le mouvement. Réparation de la chasse ça prend un peu de temps. Bref quand on veut aller sur les gaths il est déjà tard, 8h45.
A part les habituels bains rituels il n'y a pas grand chose de nouveau pour cette journée spéciale pour les pèlerins.
On décide donc de traverser. C'est un peu sportif le bateau doit contenir une vingtaine de personnes on en met 50 facile. Mais pour monter il faut se battre, ceux qui veulent monter empêchent ceux qui arrivent de descendre, c'est la démerde ;  aussi difficile de monter que de descendre.
Dans le groupe qui veut monter on est vite les derniers et on rate le premier bateau. Ce n'est qu'une attente brève, il livre sa cargaison, en charge une nouvelle et revient. Là je monte avec la foule des bousculeurs. Parce que je sais qu'une fois moi dedans ils ne laisseront pas Véro sur le bord, c'est ce qui se passe et on fait la traversée de 5mn. De l'autre côté la rive n'est pas aménagée comme ici et l'on marche dans de l'herbe imprégnée d'eau et dans de la gadoue.
On quitte le lit du fleuve et l'on arrive aux premières constructions. On nous propose tout de suite de louer une moto ou un TVS ou un vélo. C'est très organisé.
Du côté de Hampi Bazar il est impossible de louer une moto, il y a deux mois il y a eu une grève des conducteurs d'auto-rickshaw pour que la location des motos soit supprimée. Du coup les Bullet que l'on a vues l'autre jour dans le village, restent à l'arrêt.
Heureusement pour nous, notre Bullet avec son immatriculation Pondy, on n'a pas de problème.
Le chemin qui monte de la rive est très aménagé avec des petites boutiques qui proposent tout ce qu'on veut.
Lorsqu'on débouche sur le plat, le haut de la rive, c'est un spectacle complètement différent de celui de Hampi Bazar, une large rue en terre, avec sur le côté gauche, côté rivière, les constructions, les commerces, les guests et de l'autre côté des rizières. Au fur et à mesure de notre avancée on se croirait à Ubud à Bali.
La faune des estivants est chez elle, ce n'est plus l'Inde, beaucoup d'établissements ont des enseignes écrites en Hébreux et c'est aussi la langue que l'on entend.
Cet endroit appartient aux étrangers et les Indiens n'y font que passer avec indifférence pour rejoindre le bac et le temple de Virupaksha.
Ce sont les estivants de Goa qui sont ici, vêtus à la dernière mode de Goa, et les Israéliens démobilisés.
On peut se faire poser des extensions de dreadlock. J'ai hésité.
Comme dans tous ces lieux colonisés on a droit aux mendiantes avec bébé ce qu'on n'avait pas vu depuis Pondy. Elles ne s'adressent d'ailleurs qu'à nous et ne demandent rien aux centaines d'Indiens qui passent à leur côté.
On poursuit ce chemin jusqu'à la route en goudron.
On voit évoluer des loueurs et loueuses de mob ou de motos, ces derniers friment et les autres essayent de faire pareil sans mesurer le danger de la conduite en Inde.
De l'inconscience touristique à l'état pur, pour se faire des sensations afin de frimer au retour.
C'est la totale pour ce qui est du yoga et de la méditation bouddhique, le marché est florissant avec ces gens pleins aux As qui voyagent avec sac à dos et tongs.
On pourrait leur expliquer qu'on peut avoir une valise à roulettes et que c'est beaucoup plus pratique et moins fatiguant.
On déjeune dans un resto ou la bouffe ne vaut pas grand chose, mais il y a du poulet et ça fait depuis Kadiri qu'on n'a pas mangé de viandes, à Hampi Bazar tout est veg et sans alcool.
Lorsqu'on veut reprendre le bac on s'aperçoit qu'on avait sous estimé la quantité d'Indiens qui voulaient participer au festival de l'autre côté de la rivière.
Une foule immense attend dans la prairie qui sert d'embarcadère, malgré des essais d'organisation on voit bien qu'on ne pourra jamais arriver jusqu'au bac. On décide donc de faire demi-tour et de trouver un auto-rickshaw pour revenir à Hampi Bazar par la route.
La traversée dure 5mn sans compter les deux heures de queue et de bataille pour garder son rang, l'auto-rickshaw va mettre 1h30 pour nous ramener parce que le premier pont est à 30km.
On a sûrement pas gagné de temps, mais on gagné en fatigue et en plus on a traversé des paysages magnifiques de rizières en cours de plantation, ou en semis, ou simplement en cour de
 abour.
J'ai perdu mon chapeau dans le courant d'air de l'engin. On l'a regardé rouler sur la route comme s'il voulait nous suivre. De toute façon demain je n'aurai pas su quoi en faire. Il fera sans doute plaisir à quelqu'un.
On est de retour vers 14h30. Cette matinée nous a épuisés et on commence à se préparer pour le départ de demain.
On discute avec le proprio et sa femme qui nous disent qu'effectivement de l'autre côté c'est Goa et il nous dit même c'est sans culture, sans doute veut-il dire sans âme comme dit Véro.
On ne s'est donc pas trompés. Cette organisation commerciale, jeune à tout prix, et débordante de spiritualité financière, c'est tout ce que nous ne voulons pas vivre.
Puis on retourne sur les gaths pour constater que le bordel de l'embarquement se pose maintenant sur les deux rives.
On s'assied et on regarde longuement les navettes qui déchargent et chargent leurs passagers.
C'est un spectacle édifiant. Autant les Indiens sont sympa dans la rue, gentils et même un peu timides, autant pour embarquer ils marcheraient sur tout le monde. Ce matin je disais à Véro devant leur comportement, comment se comporteraient-ils s'il y avait un réel danger ?
Toujours le même scénario, mais les resquilleurs qui réussissent à monter avant tout le monde sont sortis par le capitaine avec une gifle magistrale.
Qu'on interdise de gifler les enfants je le conçois, mais un adulte con, ça doit faire du bien.
Sous nos yeux c'est la bagarre perpétuelle, les occidentaux n'arrivent à embarquer que lorsque le capitaine décide que c'est leur tour sinon ils attendraient toujours.
Des policiers s'en mêlent, eux ce ne sont pas des gifles, mais des coups de bâtons et personne ne se rebiffe.
Abandonnant ce spectacle déprimant on revient le long du Gath et on va à la chambre.
Puis on reprend la moto pour aller faire le plein pour demain. On négocie avec les policiers qui interdisent l'accès de la route qui mène au temple de pouvoir revenir après le plein.
On fait donc un saut à Kamalapuram la première station.
Là aussi il faut que j'explique aux resquilleurs que je lâcherai pas mon rang dans la file.
Arrivé près du pompiste j'ouvre le réservoir et des Indiens qui sont là s'aperçoivent qu'il y a encore de l'essence dans le réservoir et demandent pourquoi on a besoin d'en remettre. Le pompiste et moi on leur explique que je veux remplir le réservoir parce que demain je pars pour Bangalore. Ils acquiescent, mais je pense qu’ils n’ont toujours pas compris.
On revient dans la belle lumière du soir. Les gendarmes évidemment ne nous reconnaissent pas, et il faut renégocier l'entrée jusqu'à ce que l'un d'entre eux se souvienne qu'ils nous avaient promis de nous laisser entrer.
Sur la voie qui mène au temple les gens ne sont pas très contents qu'on soit à moto, mais on n'a pas le choix. On laisse rapidement cette voie pour entrer dans Hampi Bazar et retrouver le calme de notre chambre. Quand je dis calme c'est parce que je fais abstraction des voisins dans la rue et en plus aujourd'hui il y a un anniversaire chez les proprios.
Photos, blog.
La chasse d'eau recommence à déconner. J'y retourne et je bloque le bouchon.

On verra demain matin.


L'album du jour est ici

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