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dimanche 4 janvier 2015

Le jour du roi Ragunath

Le roi Ragunath et ses danseuses
Les photos du jour sont ici. 
Quelques une du spectacle de danse, les autres arriveront au fil des jours et de mon temps pour les trier. 

Encore une putain de mauvaise nuit à cause des crampes.
Bon ce n'est pas si grave au fond.

On se lève vers 8h et je vais immédiatement au pain.

C'est la belle saison qui commence réellement.

Le petit marchand de lait, en face des corbeaux pillent la poubelle en rond de ciment.

Le fleuriste ambulant du dimanche s'installe  parce qu'aujourd'hui c'est messe à la cathédrale.

En face un grand kolam coloré est dessiné sur la rue avec la mention "Happy Pongal". En principe Pongal, la fête de la récolte est plus autour du 15 janvier mais avec les histoires de lune c'est peut-être un peu plus tôt  ou alors c'est quelqu'un qui fait du zèle.

Je croise une femme en sari qui  marche au côté d'une  bonne soeur  toute vêtue de blanc.

Un auto-rickshaw est stationné sur le quai gauche de rue Petit Canal et je me demande si c'est un chauffeur qui est déchu ou un habitant de rue Petit Canal qui a évolué. Trois hommes et une femme assis sur le sol discutent devant l'auto-rickshaw.

Rue Sainte Thérèse il y a le rickshaw en stationnement mais son conducteur n'est plus sur le trottoir, il y a simplement son tapis en paille sur lequel il a dû passer la  nuit.

Des voitures stationnées le long du trottoir avec les chauffeurs au volant qui attendent leurs dévots de patrons qui sont à la messe avec leur famille. La messe est en cours, les chants liturgiques dégoulinent jusqu'à la rue.

Devant la cathédrale la petite  marchande de lait est là, toujours aussi fluette, elle traverse la rue lorsque j'arrive à sa hauteur.

Quelque chose de différent ce matin, mendiants et mendiantes sont sur le côté et s'étalent entre le portail de la cathédrale et la librairie Focus, comme si on les avait chassés de devant l'entrée principale de la cathédrale pour qu'ils n'ennuient pas par leur présence sollicitatrice, geignarde et insistante, les charitables dévots à leur sortie, fraîchement régénérés par la communion.

En face du Surguru une grosse voiture blanche de marque VW, se gare. Une famille en descend pour aller prendre son petit déjeuner au Surguru, le chauffeur attend dans le véhicule.

Rue Ranga Pillai je croise un rickshaw qui transporte deux femmes au marché Goubert. Debout sur ses pédales l'homme fait la conversation à ses clientes.

La femme est seule ce matin sur le trottoir à côté du Hot Bread, elle se lève et se dirige vers Nehru Street.
Le mendiant de Véro au large sourire plein de charme que Véro a décidé de prendre en charge cette année me fait de grands signes de la main, pour que je le reconnaisse bien. Il est debout planté sur sa canne en bois, le moignon de sa jambe coupé dépassant toujours de son vêtement, pour bien montrer son handicap.

Ce  matin les tables, habituellement chargées de Chrismas Cakes ou de Plum Cakes, débordent de galettes des rois.

Je paie mon pain à la nouvelle  caissière, pendant qu'on me le tranche.

En sortant notre ami le mendiant est toujours là, peu solliciteur mais présent. Je pense que son handicape lui donne de sérieux atouts pour bien gagner sa vie et certainement que beaucoup d'Indien en bonne santé l'envient.
Je lui donne quelques pièces et il est heureux, je le vois à son sourire.

Je reviens par le quai.

Entre Cottage Restaurant et la station service de l'Ashram une vendeuse ambulante s'est installée, mais je ne vois pas encore ce qu'elle vend, son étale est recouvert par une bâche.

A côté de la station de bus le clochard Jésus est là. Il dort un rayon de soleil et un sourire sur son visage, bienheureux.

Au croisement de la rue Saint Ange la marchande ambulante de noix de cocos a déjà installé son chariot.

Rue Surcouf, un homme dort sur le trottoir de la Galerie Café, il a l'air bien, les bras relevés au dessus de la tête.
Dans cette partie de la rue Surcouf tout le monde a dessiné un kolam de couleur devant sa maison et certain  on mis des briques tout autour pour qu'on ne marche pas dessus.

De même devant la grande maison de la rue Capitaine Marius Xavier un beau kolam avec des briques autour. Je me dis que les traditions se perdent puisque  le kolam est là pour éviter que n'importe qui de néfaste n’entre dans la maison, aujourd'hui c'est pour faire "joli".

Rue Candappa, avant rue Mission un homme dort là aussi sur le trottoir.

Petit déjeuner.

Ce matin préparation administrative des expos, liste des oeuvres, étiquettes pour les prix, c'est toujours un peu long.
Le temps commence à être juste si l'on veut partir le 10.

A midi on part déjeuner et en passant devant le local qui sert d'école de danse à Ragunath Manet on voit une affiche collé sur la porte qui précise que Ragunath se produira à 19h30 en face du monument de Gandhi dans le cadre du festival du Yoga.
Voilà donc notre programme pour notre fin d'après midi.

Rue Nehru, Véro décide d'acheter une montre indienne pour avoir l'heure autrement que sur son téléphone qu'elle doit sortir à chaque fois de son sac. Pour 1,50 euros elle trouve ce qu'elle cherche. On passe devant l'Indian Coffee qui est plein comme toujours. On traverse la rue pour aller à l'Aristo.
On est surpris de voir qu'il n'y a personne sur la terrasse. Il est 13h Je prends un poulet Sizler et Véro un poulet Tandoori.
On en conclue que ce n'est pas brillant, ce qui peut peut-être, expliquer la défection des clients.

On revient à l'appart prendre notre café chocolat et nous reposer. On n'est pas vraiment fatigués mais c'est le rythme de Pondy et on finit par s'assoupir quelques minutes ce qui nous régénère.

Un autre café.

On décide d'aller faire un tour au jardin botanique. Il fait beau, c'est dimanche et l'on pense qu'il y aura des promeneurs.

On prend la moto.

On peut la garer à l’'intérieur.
Véro remplit un cahier statistique pour savoir d'où l'on vient.
Il n'y a pas grand monde dans  le jardin, on va jusqu'à la gare du petit train. Comme il est prêt à partir on monte dedans pour 10 roupies chacun et pour faire le tour du jardin.

Il y a beaucoup d'aménagements qui sont en cours et je crains qu'il ne veuille faire de ce jardin un zoo, ce qui serait pire que tout.

Après notre tour on revient vers l'entrée et l'on voit des photographes qui font des prises de vue avec une belle Indienne. Véro s'insère comme photographe de plateau.

On revient à l'appart.

Véro prépare la salade de fruits pour ce soir pendant que je repère le circuit pour Hampi et notamment les changements de routes au niveau des villes. Le pire ça va être Arcot, prendre l'autoroute pour Vellore et à un moment que je vois sur la carte qu'il faudra faire demi-tour sur l'autoroute vers la droite avec conduite à gauche, c'est pas gagné.

Ensuite je cherche des hébergements à Madanapalle. Internet n'est d'aucun secours, Booking ou Tripadvisor ne servent à rien. C'est en grossissant les rues de la ville qu'apparaissent des symboles en forme de petit lit, en cliquant dessus j'obtiens le nom d'un lodge pas forcément l'adresse mais c'est pas mal, il y a même un Sri Krishna Complex pas facile à trouver, heureusement dans les environs il y a un théâtre du même nom et un monument appelé NTR Statue, on n'est pas couché.
Je fais de même à Kadiri qui est à 1h de plus et où j'aimerais bien arriver pour la nuit, car nous aurions ainsi fait plus de la moitié du trajet. Il y a un peu plus d'offres, peut-être est-ce dû au fait que nous ne sommes pas loin  une cinquantaine de km de Puttaparthi où est l'ashram du célèbre gourou Sri Sathya Sai Baba qui a sévit de 1926 à 2011 avec un look de rasta.
Depuis son décès on parle de ses activités de pédophile et de prédateur sexuel. Dire qu'il y encore des gens pour s'étonner de ce genre de pratique dans les ashrams et les couvent bouddhistes et autres lieux sectaires.

Je pense qu'on va quand même pouvoir dormir quelque part.

A 18h30 on prend le chemin de la statue de Gandhi sur la promenade.

Lorsqu'on arrive la salle est bourrée.
On s'installe sur un des côtés. Lorsque qu'une chaise se libère au deuxième rang je vais m'y installer. Qui va à la chasse perd sa place. Je sais qu'aucun Indien n'osera jamais me dire quelque chose.
Sur l'estrade des responsables du festival de Yoga font tour à tour des discours pour l'ouverture. Puis ils allument les mèches du porte lampe à huile sans lequel aucune cérémonie ne peut commencer.
En même temps on surveille les place qui se libèrent pour différentes raisons. Juste derrière moi deux fauteuils se libèrent, Véro me rejoint et nous voilà assis au troisième rang ce qui est parfait. Les locataires des fauteuils se sont précipités vers la scène ou des Yogis font des démonstrations de contorsionnistes. On se croirait dans "le plus grand cabaret du monde".
Je veux bien que l'on fasse du yoga, après tout chacun prend ses risques physiques et mentaux, mais que ça devienne un spectacle vers lequel la foule se précipite pour  voir des exploits de contorsionnistes, ça me confirme que tout ça c'est du pognon à faire avec des élèves naïfs.

Heureusement ça se termine. Les chasseurs veulent retrouver leur place, mais nous sommes installés.


Le spectacle de danse commence.
Ce sont, une où des écoles de danse qui présentent leurs élèves. C'est la foule des parents, des chasseurs quittent leur place,  debout devant la scène, indifférents à toute la salle des spectateurs derrière, tout ce qui sert à photographier ou a filmer, levé vers le ciel.
Des policiers essayent d'y  mettre un peu d'ordre.
Le milieu de la scène se libère, je peux voir une partie du spectacle. Véro, elle est partie avec les techniciens pour faire des photos au plus près du spectacle.
On va du classique au Bollywood en passant par des scènes naïves de chasse au tigre. Les costumes sont bien, la mise en scène aussi,  mais les danseurs pêchent un peu par manque de métier et par des niveaux différents, comme dit Véro c'est mignon.

Puis la salle se vide, les enfants sont passés. Vient le tour de Ragunath Manet. Là évidemment c'est autre chose. Il est seul sur scène ou avec ses danseuses, 4 en tout dont une qui est sourde et muette.
La danse est très professionnelle et reste ce qu'elle est ici dans les temples, une prière aux dieux.
Ce sont des danses qu'il a déjà présentées dans un temple il y a deux ans et notamment la danse de Siva.
On passe un bon moment.
Véro photographie et filme avec son appareil photo. Je dois reconnaître que je suis plus spectateur que cameraman et je préfère regarder le spectacle plutôt que de le filmer.
Je pense qu'une photo va certainement apporter quelque chose de plus au spectacle. Le film lui, me déçoit toujours un peu par son aspect monocorde. Il faudrait pouvoir faire plusieurs prises de vues pour que ce soit intéressant.
Je suis toujours un peu déçu. Il faudrait tout filmer et ce serait trop long, il faut couper au montage et ça ne rend pas vraiment l'intensité du spectacle.
Le spectacle est aussi dans la salle.
Un gourou blanc, cheveux longs et sales, barbe longue et sale, petites lunettes rectangulaire, veste et  pantalon immaculés, écharpe orange.
Sa sagesse ne l'empêche pas de se précipiter vers la scène pour voir les contorsionnistes et tant pis si ceux qui sont derrière ne voient rien.
Idem pour les petites danseuses, je le soupçonne d'aimer les petites filles. Il restera sagement assis lors de la danse de Ragunath.

Deux jeunes filles blondes cheveux longs, belles de leur jeunesse et de leur corps plein, vêtues l'une et l'autre d'une robe bleue qui va parfaitement avec leur carnation ou leurs yeux. Petites tropéziennes avec le papa chemise hawaïenne et pantalon blanc, et la maman cheveux courts et robe légère au bas asymétrique. Un autre monde dans ce monde d'Indiens. Elles assistent aux spectacles debout au départ devant la scène peu importe les autres. Savent-elles seulement qu'ils existent, puis assises aux places des journalistes pour Ragunath.
Après la première danse de Ragunath toute la famille s'en va, c'est l'heure du repas à l'hôtel.

A la fin du spectacle on retrouve Pichaya, sa soeur, sa nièce, Jaya, Joseph, ils sont tous contents de nous voir. Toute la famille est venue voir danser Ragunath le frère vedette.

On promet à Pichaya de passer le voir avant samedi, comme on lui a dit qu'on allait à Hampi, il veut nous indiquer des lieux ou nous pourrions faire des photos pour lui. Pichaya est toujours en demande d'un service aux autres, c'est sa façon d'être, mais ce qui est bien, c'est qu'on peut lui dire non et il trouvera ce non aussi normal qu'un  oui. C'est simple.

On revient.
Repas frugal de pain et de fromage, de yaourt et de salade de fruit avec un morceau de pancake, bière.


Les photos du jour sont ici. 
Quelques une du spectacle de danse, les autres arriveront au fil des jours et de mon temps pour les trier. 

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