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lundi 12 janvier 2015

Aventuriers des temples perdus

Le pensionnat au temple

Ce matin Véro se réveille un peu tard, tant pis pour la lumière.
Petit dèj, longue attente, tout est frais, ils vont acheter les fruits, on ne peut pas se plaindre. Il faut dire qu'ici 8h du matin c'est l'aube.
A 7h lorsque je me lève tout est encore endormi.

Aujourd'hui on peut reprendre la moto, la fête est finie.
Ce matin c'est une autre vache noire qui la garde et pour marquer son territoire elle a bien bousé l'espace autour.
J'installe les sacoches, je vois le proprio  qui me donne une carte professionnelle de Royal Enfield Hospet, demain on ira faire la révision des 500km, huile et chaîne. Je sais c'est ridicule 500km, mais Félix y tient pour sa vieille dame rouge.
Elle démarre au quart de tour, j'avais intérêt, toute la rue me regardait et du coup le voisin qui ne fait jamais rien, a eu une activité,  ça a dû le fatiguer.

On part un peu à l'aventure parce qu'il n'y a pas de plans sérieux du site, et celui des guides est une catastrophe. Ils se disent que les gens qui viennent ici visitent en taxi ou en rickshaw. Le Routard maintenant s'adresse aux gens qui ont des chauffeurs.

On prend la route de Kamalpuram.
Ici il fait frais le matin et les gens s'habillent comme au Groenland, les gens d'ici et les touristes de Goa. A pied ça va mais à moto ça caille un peu il faut le reconnaître.
En fait le climat est assez agréable, dans la journée il souffle un petit air frais qui rend la chaleur supportable.


 Au niveau du Siva Temple souterrain, on prend à gauche, direction on ne sait pas bien.

Tout de suite des panneaux nous indiquent une mosquée, une tour et un réservoir. Je ne me souviens plus du nom et les guides n'en parlent pas. Mais Véro veut qu'on y revienne un jour en fin d'après midi, je vous dirai le nom.
On laisse la moto au bord de la piste et on rentre dans un espace où l'on aperçoit les monuments. Tout de suite à droite le réservoir envahi d'oiseaux verts qui sont des perruches qui poussent des cris rauques tout en volant.
On suit un petit sentier entre des ruines qui affleurent. La mosquée et la tour sont un peu plus loin. Ces trois monuments de pur style mogol sont magnifiques. Deux femmes assises sur les marches sont manifestement chargées de la propreté du lieu.
On peut aller où l'on veut.


On suit des sentiers qui serpentent parmi des ruines qui s'étalent à perte de vue. On suit un groupe de jeunes Indiens qui marchent d'un pas ferme sur un sentier et se dirigent vers une construction plus élaborée et en bon état.

Sans qu'on le sache on pénètre dans l'espace du temple royal Hazara Rama, par l'entrée des voleurs, un petit passage barré avec une barre de fer qui n'empêche pas de passer.

On débouche sur une grande pelouse verte qui nous surprend dans ce lieu de ruines. On entre dans le temple par un côté et on en ressort par l'entrée principale. On est au point de départ de ce qui s'appelle la ville royale.

On décide de revenir sur nos pas pour récupérer la moto et l'amener à cette entrée.

Je vous ai dit qu'on habitait une petite chambre qui donne directement sur la rue.
Les gens vivent dans la rue surtout les voisins d'en face à 2m. Pour avoir de l'air on laisse la porte ouverte et l'on participe à la vie de la rue. Comme tous les gens qui  passent le temps assis sur le bord de la rue, ils ne savent pas parler doucement. Ils parlent forts entre eux, ils interpellent les gens qui passent à moto, les femmes balaient, ici une femme balaie ou cuisine, mais elle parle et les mecs parlent aussi, mais en ne faisant rien parce qu'ils ne peuvent pas faire deux choses en même temps. De temps en temps grosse rigolade on ne comprend pas pourquoi on entend juste.
Comme dit Véro j'adore ce genre  de vie et moi aussi puisque c'est mon enfance, mais aujourd'hui on adore parce qu'on sait que ce n'est que provisoire.
Tout ça pour vous dire que pendant que j'écris je les entends et ils me fatiguent.

On gare la moto à l'entrée de la ville royale. C'est immense, mais peu de chose dépassent du sol.
Une femme chargée du nettoyage nous fait visiter la chambre secrète, sorte de couloir souterrain que l'on parcourt avec une torche. Comme dit le Routard pendant 5mn on est Indiana Jones.

On monte ensuite sur une sorte de pyramide qui a un côté aztèque mais sans la hauteur, c'est le Mahanavami.
Sur la terrasse on discute avec un motard en combinaison noire marquée Harley Davidson, casque et bottes.
Lui vient du Kerala ce qui représente au moins autant de Km que nous. Il nous dit qu'on n'est qu'à 357 Km de Goa, en ce moment c'est calme et avec une moto on se régalerait.
Il se met à nous raconter l'histoire de Hampi, conquise par les Mogols qui s'y sont installés peu de temps avant de massacrer tout le monde et de tout détruire. C'était déjà le Djihad, et je comprends mieux pourquoi Ani me hante dans ces lieux imprégnés de sang.
En ce moment avec les évènements tragiques en France on ressent durement la civilisation musulmane, même s'il ne faut pas tout mélanger.
En nous quittant ce jeune motard nous dit au revoir les crazy biker, on ne sait pas comment il faut le prendre.

On retourne à la moto et on continue la piste qui mène à l'enceinte Zenana.

Là il faut payer parce que l'Unesco a déjà sévit en mettant les construction dans un écrin au goût américain, qui plait beaucoup aux visiteurs, qui met en évidence les monuments, mais qui ne correspond certainement à rien puisque c'est  partout pareil, c'est le concept Unesco autour des temples indiens.
C'est le cas ici pour le Lotus Mahal, rien à voir avec le Taj Mahal, mais quand même beaucoup de finesse et une très belle architecture.
On a aussi le souffle coupé par les Elephante stables qui sont dans le prolongement.
Il n'y a pas à dire on est plus sensible à l'architecture mogol qu'à l'architecture indienne.
On marche au delà de ces monuments car il y a partout des choses à voir, certes en ruines, mais belles et pleines de nostalgie surtout qu'ici la caractéristique de l'architecture Vijayanagar, c'est des  soubassements et des murs en pierres grises surmontés de dômes en briques finement sculptées, qui ont pris une couleur rouille, et qui sont usées par le temps.

On revient en passant par les toilettes. Dix roupies par personnes c'est hors de prix, je paie pour Véro et je dis au percepteur que de toute façon je vais pisser n'importe où dans les champs de ruines. Il me dit qu'on ne peut pisser à l'extérieur, alors que les Indiens pissent n’ importe où en ville.
Il finit par comprendre ma détermination et me dit que c'est bon ce sera 10 roupies pour deux. En sortant je vois qu'un Indien lui aussi dans le besoin, lui donne une pièce de deux roupies pour entrer.

On revient à Hampi Bazar, on déjeune au restau Mango Tree , table normale et possiblité de manger allongé ou assis par terre.
On prend des pâtes parce que toute cette marche nous creuse.
C'est bon mais on se dit que pour l'instant le meilleur cuistot c'est celui du "Ganesh restaurant" où l'on ira dîner ce  soir.
Pendant que je me repose Véro est sur l'ordi et elle voit entrer dans la chambre par la porte entrouverte un couple qui est persuadé d'entrer dans leur chambre. Véro ne comprend pas tout de suite leur méprise et eux aussi ne comprennent pas qui sont ces gens dans leur chambre. Puis ils s'excusent, ils se sont perdus et l'entrée de notre chambre ressemblait à la leur. Il reparte en s'excusant. Je n'ai rien vu, je dormais, c'est Véro qui m'a raconté la scène.

Le billet que l'on a acheté ce matin pour visiter le Lotus Mahal est valable dans la journée pour le musée archéologique et le Vitthala temple.

Vers 14h on part pour le musée qui est à Kamalapuram. On trouve facilement.

On ne pensait pas voir grand chose à part la statuaire et les sculptures murales qui sont les éléments inévitables de tous les musées indiens.
On y voit une maquette du site d'Hampi, bien reconstitué et qui permet de se faire une idée de ce site de 29 Km2, le plus grand du monde.
Du coup on se rend compte que dans la ville royale on a loupé l'aqueduc, on y retournera.
Il y a des photos de Hampi lors de sa découverte en 1905 par un Anglais et des photos après la remise en état du site, c'est étonnant.

Des salles avec des armes et des statuettes, et des salles avec statues et sculptures murales.
La caractéristique de ce musée c'est que l'éclairage est bon et que chaque pièce est bien mise en valeur.

On prend la route de Vitthala temple pour lequel notre billet est valable.

Je me trompe de route, pourtant j'avais bien vu qu'il ne fallait pas prendre la première route à droite et je la prends. On fait quelques km sur cette route et on s'y plait parce qu'elle est bordée de rizières  magnifiques en eau et dans lesquels des femmes et des homme préparent la terre marécageuse et repique les plans de riz. Bien qu'elles ne soient pas aussi belles que celles de Bali, elles sont très belles. Photos obligatoires malgré la lumière un peu haute.

On revient sur nos pas pour prendre la bonne route. On passe devant l'entrée du Vitthala temple et le parking pour tous véhicules.
On veut aller un peu plus loin pour reconnaître la route de Anegondi. Mais à un croisement on n'a plus l'indication Anegondi, mais des noms de destinations qui ne nous disent rien.

On revient à l'entrée du Vitthala, on pose la moto et on fait à pieds le kilomètre qui nous sépare du temple. Nous sommes seuls sur la piste parce qu'il y a un système de navette.

Ce sont des véhicules électriques comme dans les grands aéroports qui doivent pouvoir transporter une dizaine de personnes. Comme nous sommes en Inde ce sont des voitures électriques qui font quand même du bruit et transportent vingt personnes.

Les clients ont tort car le long de la piste il y a de petites constructions que visitent les Indiens et qui permettent à Véro de prendre quelques photos. Jijalamandapa ou Pushkarani temple.

Les véhicules électriques lâche leur chargement de clients devant l'entrée du temple.

On entre dans l'enceinte par une porte majestueuse.
C'est le temple le plus raffiné et le plus spectaculaire de tout le site nous dit le Routard. Temple déjà bien restauré, et passage obligatoire pour tous les touristes, l'ambiance n'y est pas. C'est un peu chiant cet envahissement.
C'est là qu'on peut voir le charriot en pierre tiré par deux éléphants qui ont remplacé les chevaux détruits.
Des galeries à portiques, un hall aux cent piliers, différents bâtiments, l'enceinte d'un temple et c'est tout.
Heureusement il y a la vie que les Indiens apportent, les scolaires qui promènent leur jeunesse assez indifférents à toutes ces pierres.

On revient un peu déçus par ce qui nous était annoncé comme le  plus grandiose parce que retapé.
Le temple abandonné nous a semblé beaucoup plus émouvant, mais évidemment moins présentable.

Dernière photos de la journée sous la porte Beema Gate sur la route du Vitthala.

Retour à la chambre.

Dîner au "Ganesh Restaurant". On dit au patron qu'il est vraiment le meilleur cuisinier du coin. Pâtes avec aubergines et tomates fraîches, pas de ketchup, tout naturel, un régal.


Ce soir plus d'eau des "Japonais" sont arrivés et ils ont passés toute l'eau. La proprio remet la pompe en route et 5mn après l'eau revient. Ouf, on va pouvoir se coucher propre.

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