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| Le pensionnat au temple |
Ce matin Véro se réveille
un peu tard, tant pis pour la lumière.
Petit dèj,
longue attente, tout est frais, ils vont acheter les fruits, on ne peut pas se
plaindre. Il faut dire qu'ici 8h du matin c'est l'aube.
A 7h lorsque je me lève tout est encore endormi.
Aujourd'hui on peut reprendre la
moto, la fête est finie.
Ce matin c'est une autre vache noire
qui la garde et pour marquer son territoire elle a bien bousé l'espace autour.
J'installe les sacoches, je vois le
proprio qui me donne une carte
professionnelle de Royal Enfield Hospet, demain on ira faire la révision des 500km, huile et chaîne. Je sais c'est ridicule
500km, mais Félix y tient
pour sa vieille dame rouge.
Elle démarre
au quart de tour, j'avais intérêt, toute la rue me regardait et
du coup le voisin qui ne fait jamais rien, a eu une activité,
ça
a dû le fatiguer.
On part un peu à l'aventure parce qu'il n'y a
pas de plans sérieux du
site, et celui des guides est une catastrophe. Ils se disent que les gens qui
viennent ici visitent en taxi ou en rickshaw. Le Routard maintenant s'adresse
aux gens qui ont des chauffeurs.
On prend la route de Kamalpuram.
Ici il fait frais le matin et les
gens s'habillent comme au Groenland, les gens d'ici et les touristes de Goa. A
pied ça va mais à moto ça caille un peu il faut le reconnaître.
En fait le climat est assez agréable, dans la journée il souffle un petit air frais
qui rend la chaleur supportable.
Au niveau du Siva Temple souterrain, on prend à gauche, direction on ne sait
pas bien.
Tout de suite des panneaux nous
indiquent une mosquée, une
tour et un réservoir. Je ne
me souviens plus du nom et les guides n'en parlent pas. Mais Véro veut qu'on y revienne un jour
en fin d'après midi, je
vous dirai le nom.
On laisse la moto au bord de la piste
et on rentre dans un espace où l'on
aperçoit les monuments.
Tout de suite à droite le réservoir envahi d'oiseaux verts
qui sont des perruches qui poussent des cris rauques tout en volant.
On suit un petit sentier entre des
ruines qui affleurent. La mosquée
et la tour sont un peu plus loin. Ces trois monuments de pur style mogol
sont magnifiques. Deux femmes assises sur les marches sont manifestement chargées de la propreté du lieu.
On peut aller où l'on veut.
On suit des sentiers qui serpentent
parmi des ruines qui s'étalent
à perte de vue. On suit un
groupe de jeunes Indiens qui marchent d'un pas ferme sur un sentier et se
dirigent vers une construction plus élaborée et en bon état.
Sans qu'on le sache on pénètre
dans l'espace du temple royal Hazara Rama, par l'entrée des voleurs, un petit passage barré avec une barre de fer qui n'empêche pas de passer.
On débouche
sur une grande pelouse verte qui nous surprend dans ce lieu de ruines. On entre
dans le temple par un côté et on en ressort par l'entrée principale. On est au point de
départ de ce qui s'appelle
la ville royale.
On décide
de revenir sur nos pas pour récupérer la moto et l'amener à cette entrée.
Je vous ai dit qu'on habitait une
petite chambre qui donne directement sur la rue.
Les gens vivent dans la rue surtout
les voisins d'en face à 2m.
Pour avoir de l'air on laisse la porte ouverte et l'on participe à la vie de la rue. Comme tous
les gens qui passent le temps assis sur
le bord de la rue, ils ne savent pas parler doucement. Ils parlent forts entre
eux, ils interpellent les gens qui passent à
moto, les femmes balaient, ici une femme balaie ou cuisine, mais elle
parle et les mecs parlent aussi, mais en ne faisant rien parce qu'ils ne
peuvent pas faire deux choses en même
temps. De temps en temps grosse rigolade on ne comprend pas pourquoi on entend
juste.
Comme dit Véro j'adore ce genre
de vie et moi aussi puisque c'est mon enfance, mais aujourd'hui on adore
parce qu'on sait que ce n'est que provisoire.
Tout ça
pour vous dire que pendant que j'écris
je les entends et ils me fatiguent.
On gare la moto à l'entrée de la ville royale. C'est immense, mais peu de
chose dépassent du sol.
Une femme chargée du nettoyage nous fait visiter
la chambre secrète, sorte
de couloir souterrain que l'on parcourt avec une torche. Comme dit le Routard
pendant 5mn on est Indiana Jones.
On monte ensuite sur une sorte de
pyramide qui a un côté aztèque mais sans la hauteur, c'est le Mahanavami.
Sur la terrasse on discute avec un
motard en combinaison noire marquée
Harley Davidson, casque et bottes.
Lui vient du Kerala ce qui représente au moins autant de Km que
nous. Il nous dit qu'on n'est qu'à
357 Km de Goa, en ce moment c'est calme et avec une moto on se régalerait.
Il se met à nous raconter l'histoire de Hampi, conquise par
les Mogols qui s'y sont installés
peu de temps avant de massacrer tout le monde et de tout détruire. C'était déjà le
Djihad, et je comprends mieux pourquoi Ani me hante dans ces lieux imprégnés
de sang.
En ce moment avec les évènements
tragiques en France on ressent durement la civilisation musulmane, même s'il ne faut pas tout mélanger.
En nous quittant ce jeune motard nous
dit au revoir les crazy biker, on ne sait pas comment il faut le prendre.
On retourne à la moto et on continue la piste qui mène à l'enceinte Zenana.
Là
il faut payer parce que l'Unesco a déjà sévit
en mettant les construction dans un écrin
au goût américain, qui plait beaucoup aux
visiteurs, qui met en évidence
les monuments, mais qui ne correspond certainement à rien puisque c'est partout pareil, c'est le concept Unesco autour
des temples indiens.
C'est le cas ici pour le Lotus Mahal,
rien à voir avec le Taj
Mahal, mais quand même
beaucoup de finesse et une très
belle architecture.
On a aussi le souffle coupé par les Elephante stables qui
sont dans le prolongement.
Il n'y a pas à dire on est plus sensible à l'architecture mogol qu'à l'architecture indienne.
On marche au delà de ces monuments car il y a
partout des choses à voir,
certes en ruines, mais belles et pleines de nostalgie surtout qu'ici la caractéristique de l'architecture
Vijayanagar, c'est des soubassements et
des murs en pierres grises surmontés
de dômes en briques
finement sculptées, qui ont
pris une couleur rouille, et qui sont usées
par le temps.
On revient en passant par les
toilettes. Dix roupies par personnes c'est hors de prix, je paie pour Véro et je dis au percepteur que
de toute façon je vais
pisser n'importe où dans
les champs de ruines. Il me dit qu'on ne peut pisser à l'extérieur,
alors que les Indiens pissent n’ importe où en ville.
Il finit par comprendre ma détermination et me dit que c'est
bon ce sera 10 roupies pour deux. En sortant je vois qu'un Indien lui aussi
dans le besoin, lui donne une pièce
de deux roupies pour entrer.
On revient à Hampi Bazar, on déjeune
au restau Mango Tree , table normale et possiblité
de manger allongé ou
assis par terre.
On prend des pâtes parce que toute cette marche nous creuse.
C'est bon mais on se dit que pour
l'instant le meilleur cuistot c'est celui du "Ganesh restaurant" où l'on ira dîner ce soir.
Pendant que je me repose Véro est sur l'ordi et elle voit
entrer dans la chambre par la porte entrouverte un couple qui est persuadé d'entrer dans leur chambre. Véro ne comprend pas tout de suite
leur méprise et eux aussi
ne comprennent pas qui sont ces gens dans leur chambre. Puis ils s'excusent,
ils se sont perdus et l'entrée
de notre chambre ressemblait à la
leur. Il reparte en s'excusant. Je n'ai rien vu, je dormais, c'est Véro qui m'a raconté la scène.
Le billet que l'on a acheté ce matin pour visiter le Lotus
Mahal est valable dans la journée
pour le musée archéologique et le Vitthala temple.
Vers 14h on part pour le musée qui est à Kamalapuram. On trouve
facilement.
On ne pensait pas voir grand chose à part la statuaire et les
sculptures murales qui sont les éléments inévitables de tous les musées indiens.
On y voit une maquette du site
d'Hampi, bien reconstitué et
qui permet de se faire une idée
de ce site de 29 Km2, le plus grand du monde.
Du coup on se rend compte que dans la
ville royale on a loupé l'aqueduc,
on y retournera.
Il y a des photos de Hampi lors de sa
découverte en 1905 par un
Anglais et des photos après
la remise en état du site,
c'est étonnant.
Des salles avec des armes et des
statuettes, et des salles avec statues et sculptures murales.
La caractéristique de ce musée
c'est que l'éclairage est
bon et que chaque pièce est
bien mise en valeur.
On prend la route de Vitthala temple
pour lequel notre billet est valable.
Je me trompe de route, pourtant
j'avais bien vu qu'il ne fallait pas prendre la première route à
droite et je la prends. On fait quelques km sur cette route et on s'y
plait parce qu'elle est bordée
de rizières magnifiques en eau et dans lesquels des
femmes et des homme préparent
la terre marécageuse et
repique les plans de riz. Bien qu'elles ne soient pas aussi belles que celles
de Bali, elles sont très belles.
Photos obligatoires malgré la lumière un peu haute.
On revient sur nos pas pour prendre
la bonne route. On passe devant l'entrée
du Vitthala temple et le parking pour tous véhicules.
On veut aller un peu plus loin pour
reconnaître la route de
Anegondi. Mais à un
croisement on n'a plus l'indication Anegondi, mais des noms de destinations qui
ne nous disent rien.
On revient à l'entrée
du Vitthala, on pose la moto et on fait à
pieds le kilomètre
qui nous sépare du temple.
Nous sommes seuls sur la piste parce qu'il y a un système de navette.
Ce sont des véhicules électriques
comme dans les grands aéroports
qui doivent pouvoir transporter une dizaine de personnes. Comme nous sommes en
Inde ce sont des voitures électriques
qui font quand même du
bruit et transportent vingt personnes.
Les clients ont tort car le long de
la piste il y a de petites constructions que visitent les Indiens et qui
permettent à Véro de prendre quelques photos.
Jijalamandapa ou Pushkarani temple.
Les véhicules
électriques lâche leur chargement de clients
devant l'entrée du temple.
On entre dans l'enceinte par une
porte majestueuse.
C'est le temple le plus raffiné et le plus spectaculaire de
tout le site nous dit le Routard. Temple déjà bien restauré, et passage obligatoire pour
tous les touristes, l'ambiance n'y est pas. C'est un peu chiant cet
envahissement.
C'est là
qu'on peut voir le charriot en pierre tiré
par deux éléphants qui ont remplacé les chevaux détruits.
Des galeries à portiques, un hall aux cent piliers, différents bâtiments, l'enceinte d'un temple et c'est tout.
Heureusement il y a la vie que les
Indiens apportent, les scolaires qui promènent
leur jeunesse assez indifférents
à toutes ces pierres.
On revient un peu déçus par ce qui nous était annoncé comme le plus grandiose parce que retapé.
Le temple abandonné nous a semblé beaucoup plus émouvant, mais évidemment moins présentable.
Dernière
photos de la journée sous
la porte Beema Gate sur la route du Vitthala.
Retour à
la chambre.
Dîner
au "Ganesh Restaurant". On dit au patron qu'il est vraiment le
meilleur cuisinier du coin. Pâtes
avec aubergines et tomates fraîches,
pas de ketchup, tout naturel, un régal.
Ce soir plus d'eau des
"Japonais" sont arrivés
et ils ont passés toute
l'eau. La proprio remet la pompe en route et 5mn après l'eau revient. Ouf, on va pouvoir se coucher
propre.

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