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| Il y aussi des moments de doute. |
Véro
ne s'est endormie que vers 4h du matin.
Pour se rassurer on dit que c'est le café
d'Esther d'hier en fin d'après
midi.
Je me lève
vers 7h, elle dort.
Le scoot d'Antoine n'est pas devant
la grille d'entrée.
Il y a quelques nuages ce matin, des
petits cumulus qui cachent un peu le
soleil.
Le marchand de lait de la rue Montorsier est là avec son ami le clochard, ils sont assis côte à côte,
ils ne se parlent pas.
Ibrahim store n'est pas encore
ouvert, il arrive, me salue et commence à
soulever son rideau de fer.
Avec tout ça je suis un peu perdu dans mes pensées et je passe la rue Petit
Canal comme un homme occidental, sans m'en rendre compte.
C'est lorsque je suis au niveau de la
rue Sainte Thérèse que je constate qu'il n'y a pas de dormeurs sur
le trottoir, que la rue est très
propre ainsi que la rue Mission.
Je regrette de ne pas avoir vu les
gens de la rue Petit Canal, je ne peux pas grand chose pour eux mais au moins
je peux les voir, et ainsi leur donner un peu d'existence et vous dire qu'ils
sont bien là.
J'aime bien leur donner ce peu
d'existence qu'ils méritent
autant que tout autre être
humain.
Trop souvent on est tellement pris
par ses pensées qu'on ne
voit plus les gens, la vie autour de soi.
Je me dis que cette propreté de la rue est peut-être dû à un évènement religieux à la cathédrale car ça
fait un moment que les chants liturgiques me gonflent ce matin.
Devant la cathédrale, il n'y a pas de mendiant homme, par contre
il y a 8 mendiantes. La petite marchande de lait est débout à
côté de ses clayettes vides.
Un corps est allongé sur le pas de la porte de Cute
Kitchen.
Après
le croisement avec la rue Needarajapayar la marchande de noix de coco n'est pas
là, mais son tas de noix
est toujours emballé d'une bâche protectrice contre le vol.
C'est dérisoire mais ici ça suffit pour marquer la propriété.
Je me dis qu'elle ne doit plus
coucher là sur le trottoir à côté des ses noix. J'en suis content
pour elle.
Un cycliste passe près de moi en toussant et en crachant,
le gardien du magasin en face fait de même
comme en écho il tousse et
crache. Rassurez vous, moi je tousse mais ne crache pas encore. Ce serait
pourtant peut-être ça la solution.
Rue Ranga Pillai, propre elle aussi,
est-ce moi qui ait l'esprit à la
propreté à tout prix.
Le quai idem, il est tôt et j'ai comme l'impression
qu'une équipe de nettoyeurs
est déjà passée.
Hot Bread, pas trop de monde. Ce
matin mon pain est emballé comme
d'habitude mais je n'ai pas droit au sac plastique pour le transporter. Tant
mieux bien qu'on les recycle en sac de poubelle de salle de bain, on est un peu
débordés avec un sac par jour.
Je reviens par le quai.
Quand même
devant Cottage restaurant, il y a un gros tas d'ordures, c'est plus habituel.
Juste avant la station service de
l'Ashram il y a toujours ce corps endormi emballé
dans des couvertures, mais ce matin il n'y a pas le chien.
Le clochard jésus est à
moitié assis il me
regarde passer.
Près
du dortoir des élèves infirmières il y a un bus arrêté est un groupe d'élèves
monte à l'intérieur. Je me dis qu’elles
doivent aller à un autre hôpital sur l'ECR, parce que d'ici
ce n'est pas bien la direction de Jipmer.
Le soleil sur mon visage est au
rendez vous du Lycée Français.
Rue Capitaine Marius Xavier des petits
tas d'ordures ont été faits tout le long de la rue.
La poubelle en rond de ciment de la
rue Candappa n'a pas été nettoyée, les ordures n'ont pas encore été
enlevées. Il y a
cependant les femmes nettoyeuses qui balaient tout autour en attendant le tracteur
benne.
Deux autres nettoient l'énorme caniveau rigole qui borde
la rue. Ces femmes Dalit ou Intouchables font aussi parti des invisibles
auxquelles j'aime bien redonner de la visibilité.
Il faut être héroïque
au quotidien pour faire le travail qu'elles font.
Les voisines prennent leur thé sur le balcon.
Le scoot d'Antoine est revenu.
Véro
se réveille, il est 7h30,
j'aurai bien aimé qu'elle
dorme au moins jusqu'à 8h,
parce qu'on doit être à 9h au Red Lotus.
Petit dèj.
Puis on descend tout le matériel dans le hall d'entrée. Quand tout est prêt je vais chercher un
auto-rickshaw. Je n'ai pas à aller
très loin il y en a un qui
passe dans la rue Mission. On se met d'accord sur le prix 50Rs et il vient
devant la grille pour qu'on charge toutes les aquarelles.
Véro
monte avec le chargement et moi je file devant avec la moto.
A l'entrée du Red Lotus il n'y a personne. On pensait qu'il
y aurait au moins le gardien pour nous donner un coup de main.
On monte le tout au troisième étage sur la terrasse.
Je suis crevé quand tout est monté,
mais il faut s'y mettre, déballer,
présenter, fixer les
ficelles de soutien et accrocher. Mine de rien ça
nous prend deux heures. On est seuls les proprio ne sont pas là sans qu'on comprenne vraiment
pourquoi. Le personnel se contente de nous regarder. Ils ne se mettront à travailler que lorsque les
patrons arriveront. Accrochage des prix, numérotation,
établir la liste, ça
nous prend encore une heure supplémentaire.
Régler
les détails pour le
vernissage, le stock restant, et lorsqu'on repart il est 13h30.
On repasse par l'appart pour poser ce
qui nous reste des emballages et l'ordi avec lequel on a établi la liste.
On va déjeuner
au Satsanga en espérant
voir le patron. Heureusement il est là
et prend une affiche. On mange un plat de spaghettis.
Retour à
l'appart pour le café et
un peu de repos. Il est 15h.
A 16h on va à l'Alliance Française
payer 300Rs pour pouvoir mettre une affiche pendant 15 jours.
Le Club, une affiche, Café des Arts une affiche, Véro me dit l'affiche est tellement
belle que lorsque les gens la voient ils la prennent. Focus une affiche. Il
n'en reste plus que 4. Une pour le space, une autre à mettre dans la rue Canteen à l'entrée
du Red Lotus.
On fait des courses de fruits et de légumes et on rentre.
On a oublié de passer par le Xérox
pour faire éditer la liste
des aquarelles. On y passera demain.
Pour aujourd'hui, c'est fini. On
attend Lakshmi la masseuse de Véro
et on boucle la journée
avec une noodle soup, fromage, salade de fruits avec des goyaves.

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