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| Ouvrière dans la rue Mission |
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Ce matin c’est moi qui me
réveille en dernier, il est 8h et Véro attend sagement que je me réveille. Je
dois commencer à m’installer ici.
Ça fait une semaine et ça me
semble normal comme délai d’adaptation.
Il y a donc un peu plus
d’animation dans MS les auto-rickshaws et autres véhicules filent déjà sur la
rue avec leur klaxon et le bruit de leur moteur. Ibrahim store est ouvert. Rue
petit canal tout le monde est levé, dans ce capharnaüm une femme debout se
brosse les dents.
Des engins de chantier ont pris place et notamment une énorme marmite
noire à roulettes dans laquelle le
goudron va fondre avant d’être répandu sur la chaussée.
Un peu plus loin le chantier d’un
immeuble où ils travaillent jour et nuit, un échafaudage comme une tour, a été
monté. Devant un énorme camion des
hommes déchargent des sacs de ciment qu’ils empilent sur la rue.
Un touriste Indien chemise
blanche et pantalon noir, cheveux blancs bien coiffés, sort par le portail de
la cathédrale, un boîtier réflex Canon autour du cou.
Le gardien de nuit est parti.
Une femme debout cherche les poux
sur la tête de son fils tout en discutant avec une autre.
Sur le canal la route est éventrée
devant Bon Bake et jusqu’à Daily Bread.
Pondy est un véritable chantier
toutes les rues sont ouvertes ou presque et celles qui ne sont pas ouvertes
c’est parce qu’elles ont été rebouchées.
Devant Hot Bread une équipe de
« Roumains», femmes, enfants, bébés m’accrochent pour me demander de
l’argent, surtout la petite fille, je passe parce que je ne supporte pas qu’on
envoie des enfants quémander.
J’entre dans Hot Bread et je
regarde plus précisément les pains proposés à la vente. Les pains ne sont pas
déposés derrière le comptoir du boulanger mais le long du couloir d’accès à la
banque et l’on prend son pain et on va payer.
Il y a la baguette normale, la baguette aux
céréales, la baguette aux herbes. C’est cette dernière que j’ai prise hier, au petit
dèj ce n’était pas terrible par contre elle n’était pas mauvaise le soir avec
le fromage « boursin » fait à Auroville. Il y a aussi une baguette
faite avec de la farine complète, je prends cette baguette ce matin pour voir.
Je reviens par le canal. La rue
est éventrée aussi en partie. Chaque matin je vois des femmes en sari, entrer
dans un grand immeuble qui doit être un bâtiment administratif bien que je ne
sache pas vraiment. Ce que j’aime c’est sur le grand portail de l’entrée le nom
surréaliste du lieu : « Cottage Industries ». Cela m’espante
comme dirait les toulousains et je me demande bien ce qui peut se cacher
derrière cette appellation.
Dans l’étroit passage le long de
la tranchée, une moto fonce sur moi sans se poser de question, mais le conducteur
est vigilant et moi aussi, je m’écarte et il me fait un sourire reconnaissant.
Je pense à F et je me demande si ça va bien ce matin. On va les voir à 11h30.
Trois étudiantes en corsage blanc
et jupe bleu lavande me croisent, elles sont toute les trois sur le même scoot
rose.
À la fin de la rue du Capitaine
Marius Xavier côté rue Candappa, juste après la guest house, il y a une belle
maison indo-coloniale que j’aperçois derrière son portail, c’est une sorte de
prisme dans des proportions idéales et avec une déco baroque indien. Ce ne dois
pas être n’importe qui j’aperçois sous une sorte de auvent une énorme BMW et
une autre voiture plus modeste.
Au pied de l’appart., A le
proprio attend, derrière la grille, les bras ballants, il me fait penser à un
personnage de Camus dans la Peste, le
concierge je crois qui tient à la main pendu le long de son corps des rats
morts.
C’est moi qu’il attend. Il y a
déjà dans ses yeux ce flou caractéristique des hommes qui ont bu et qui leur
donne un regard de chien battu.
Il va vers l’escalier et prend
une enveloppe brune posée là.
De l’enveloppe il sort une liasse
de billets indiens qu’il me montre et aussi un chèque. Je suis étonné, il
m’explique qu’il a besoin d’euro et que si je pouvais lui changer ses devises
indiennes contre des euros cela l’arrangerait bien.
Il pourrait aussi prendre un
chèque parce que c’est pour envoyer à un de ses enfants en difficulté.
Je sais que F&D doivent
changer de l’argent aujourd’hui. Je lui dis qu’ils doivent venir à 11h30 et je
vais leur en parler.
Je lui dis on re-discute de tout
ça à midi.
Il insiste : parlez-en à
votre femme, je ne sais si c’est parce qu’il ne veut pas qu’il y ait d’histoire
où si c’est parce qu’il pense qu’elle sera plus sensible à l’histoire de son
enfant.
Il me dit que son fils a
téléphoné à sa mère, pas à lui et je sens comme une blessure.
D’une manière ou d’une autre on
va le dépanner c’est sûr.
On prend notre petit-dèj et on
s’offre une matinée de farniente. On se fait belle et beau pour aller chez
P&C et pour ce soir pour l’anniversaire de Pitch mais ça c’est une autre
aventure.
On étend la lessive sur la
terrasse, il y a déjà une lessive des proprios et il ne reste pas beaucoup de
place, surtout il faut étendre au dessus d’un entassement de pots de peintures
vides (l’appartement a été repeint), de fauteuils en plastiques qui on fait
leur vie et dans lesquels sont posées d’énormes cordes faites en fils de coco
qui râpe les mains.
Véro peint sur son carnet mais le
papier ne lui convient pas alors elle prend une feuille d’aquarelle, la
fréquentation de F&D et l’expérience Pitch lui on redonné l’envie de
peindre.
F&D arrive et l’on va tous
ensemble chez P&C pour prendre l’apéro.
On passe un bon moment à discuter
et F&D à faire connaissance avec P&C.
Puis on va déjeuner au spot
Surguru. Ils ne connaissent pas, mais ils nous disent que tous leurs voisins de guest viennent à ce Surguru
qui est beaucoup plus chic que celui de MS.
La carte mémoire SD 8G acheté
hier ne va pas dans l’appareil de F parce que c’est un Sony. Véro lui achète
parce qu’elle en voulait une pour son appareil photo, mais du coup nous sommes
obligés d’aller chez Sony.
J’essaye de prendre des rues calmes ce qui n’est pas facile parce
que c’est Pongal, mais D en a un peu marre de conduire dans cette folie de la
circulation et dans ce bruit.
On ne se gare pas devant le
magasin Sony parce que c’est impossible. Les filles vont donc acheter la carte.
Puis on vient chez nous pour
boire un café qui ressemble à quelque chose avec un peu de chocolat qui nous
reste de France.
F doit récupérer un pantalon
qu’on a lavé ce matin et
Véro veut récupérer des photos
sur l’appareil de F.
Puis chacun regagne ses pénates
pour pouvoir faire la sieste. F&D reviendront vers 19h, 19h30 pour
commencer à apporter des affaires qu’ils n’emmèneront pas à Goa, où ils partent
lundi.
On va chercher la lessive, et on
va se reposer. Il est 15h.
A 16h30 j’ouvre un œil puis Véro arrive peut après.
On décide d’aller voir un nouveau
magasin dont C nous a parlé tout à l’heure le Pothys. C’est une balade mais il
fait bon et la lumière est belle.
On remonte MS jusqu’à la rue Ste
Thérèse. Le goudronnage des parties de la rue est en cours et il ne reste que
quelques mètres au milieu de la rue pour
que tout le monde circule.
On suit la rue Ste Thérèse
jusqu’à Ana Salai le magasin est de l’autre côté du boulevard. En chemin Véro
prend en photo un homme de stature étonnante assis sur une chaise devant chez
lui. Il a aussi une énorme moustache et il demande à Véro gentiment pourquoi elle
le prend en photo et Véro lui dit que c’est parce qu’elle le trouvait bien.
C’est un très grand magasin style
les Galeries Lafayette à Toulouse. Il y a plusieurs étages. Le rez-de-chaussée
et premier sont consacrés aux vêtements féminins et notamment les saris, le
deuxième aux vêtements pour enfants, le troisième aux vêtements pour hommes et
le dernier, le quatrième, consacré à la nourriture, nécessaire pour la maison
et la toilette.
On va prendre l’escalator qui
mène aux étages. Il y a un attroupement devant parce que des femmes n’osent
pas, n’arrivent pas à mettre leur pied sur ce plancher qui bouge. Pour celles
qui y arrivent, elles s’accrochent à la main courante pendant la montée,
arrivée à l’étage, elle font un grand saut pour se sortir de cette machine
infernale.
On monte au dernier étage pour
faire quelques courses. C’est comme un super marché chez nous avec des gondoles
fournies. Devant chaque gondole une personne surveille ou aide le consommateur.
L’espace réservé aux savons est impressionnant, c’est même phénoménal la
quantité qui est proposé.
On achète un service à couvert 24
pièces en inox pour 500Rs parce qu’il y a de moins en moins de couverts dans
l’appart. d’une année sur l’autre. Il faudrait le dire à A, mais ça nous
fatigue et puis on les gardera dans la malle et ce seront les nôtres.
On prend quelques légumes, des
jus de fruits.
A chaque caisse deux personnes,
une pour faire régler et une pour emballer. Il n’ont pas rechigné sur le nombre
de personnel.
On redescend en faisant les
étages. Ce qui est impressionnant c’est le stock de vêtements. On s’arrête à
l’étage des saris pour profiter de l’étonnante profusion et de la beauté des
tissus tous classé par catégorie de tissus et par ordre de valeur. Des étagères
pleines le long des murs et au milieu de la pièce des estrades avec une pile
gigantesque de saris et une personne assise au pied. Les bords de l’estrade
sont recouverts d’un tissu blanc devant lequel les clients prennent place et la
personne sur l’estrade déplie chaque sari jusqu’à ce que l’un d’entre eux leur
donne satisfaction.
On ressort avec notre sac Pothys
comme tous les Pondichériens. On revient à l’appart.
On sonne chez A pour lui rendre
le service qu’il nous a demandé, on lui remet un chèque et il nous donne des
roupies.
On remonte chez nous pour
attendre F&D et pour que nous allions ensemble à l’Espace pour la soirée
anniversaire de Pitchaya.
Ils arrivent vers 8h. On passe à
l’Espace, il n’y a encore personne. On continue dans la rue La Bourdonnais et
on va jusqu’au Satsanga. Le restaurant est plein, mais il reste de la place sur
la terrasse. On s’installe à une table, on est bien on a l’air de l’océan qui
apporte de la fraîcheur. On dîne là tout en discutant.
Vers 22h on retourne à l’Espace
tout le monde est là il y a un petit
coin réservé près de la cuisine pour les invités à l’anniversaire. Il y a
Pitch, le couple de Millau, on retrouve aussi un couple que nous avons connu
l’an dernier P&Y. On prend un verre de sangria et on s’installe à une table
et on discute ensemble et avec Pitch.
Puis on rentre. Il est minuit et
on n’a pas le courage de se mettre au blog.
Les autres photos sont ici

...Je m y suis cru! merci à vous.
RépondreSupprimerune bises a F & D et bonne continuation.
Alex (LILOU)