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vendredi 11 janvier 2013

Peinture chez Pitchaya et vols planés de Fafa

Dans le jardin de Pitchaya

Les autres photos sont ici

Pondy n’est pas encore éveillé ce matin.
Peu de rickswhaws dans les rues, pas de klaxons.
Rue Petit Canal tout le monde dort encore sur la berge au milieu d’un fatras de linges et un bric-à-brac d’objets divers et de marmites.

Plus loin un corps sous un tissu rouge dont ne dépassent que les pieds. Encore plus loin un corps de femme vraisemblablement de la taille d’un enfant couché en chien de fusil, enveloppé d’un tissu noir et blanc.

Des rickshaws attendent devant la cathédrale la sortie des fidèles.

La rue Ranga Poullé est coupé par un ruban en plastique rouge et blanc sur lequel est marqué WORK.
A ce niveau il n’y a pas de rue pour s’échapper, les véhicules devront faire demi-tour ou passer dessous, il est vrai aussi qu’aucun véhicule ne devrait arriver dans ce sens la rue est en sens unique, mais nous sommes en Inde et je pense que cela va réserver de beaux embouteillages dans la journée.

La rue du canal est carrément coupée par une tranchée, là personne ne peut passer, sauf les piétons et les cycles qui ont déjà trouvé le moyen de contourner l’obstacle.

Devant le Hot Bread il y a un mendiant jeune, cheveux longs, barbe et des yeux dans lesquels s’expriment toujours de la fierté.

J’entre je prends un pain un peu différent pour changer mais qui s’avérera pas terrible, un goût d’épice anisé pas terrible avec le café. Je demande si je  peux avoir une galette des rois, même en anglais on dit galette des rois, c’est plus simple. Comme je ne suis pas encore vraiment réveillé je fais un effort pour trouver les mots, pour dire que je la veux pour midi et je cherche aussi mon n° de téléphone mais j’arrive à m’en rappeler. Il faut dire que nos n° sont très mnémotechniques 9626269643 pour moi et 42 pour Véro.
Je règle le tout et j’insiste à nouveau pour que la galette soit prête pour midi. Juré, craché, parole d’Indien ce sera prêt à midi. J’aurais peut-être du dire que c’était pour midi aujourd’hui.
Un occidental assis à une table me regarde. Je tiens la porte à une occidentale pour qu’elle entre, elle ne me regarde même pas, elle est vieille d’accord, mais elle pourrait être poli, moi aussi je suis vieux, ou alors elle m’a pris pour un Indien.

En sortant je donne un billet de 10Rs au mendiant qui ne mendie pas d’ailleurs parce que finalement beau comme il est c’est peut-être Jésus, il pourra s’acheter des clous inoxydables.

Je reviens par le canal, je fais comme tout le monde, je contourne la tranchée en mordant un peu sur le pont qui enjambe le canal.

Je croise des hommes, des femmes qui entrent et sortent dans des bâtiments administratifs.
Aujourd’hui, c’est un rickshaw collectif qui livre un groupe d’ados en penjabi blanc, elles entrent dans la cour du bâtiment peut-être pour attendre le bus qui les prendra plus tard. Il n’y a pas de plaque sur le portail.
Une crèche porte le nom de Saint Joseph de Gonzagues. Je ne sais pourquoi j’associe cette particule de Gonzaques à quelqu’un de connu en France mais je n’arrive pas à me souvenir qui.

Un long ruban rouge et blanc barre aussi la route du canal au niveau de la station-service mais pour permettre l’accès à celle-ci. Il y a une ambulance de la Namal clinic qui fait le plein.

Je reviens préparer le petit dèj.

Je consulte Internet, pas de mail du crédit mutuel, je peux crever, la banque à qui parler s’en  fout. Elle a dû investir dans les pompes funèbres.


On descend et on demande au proprio quand vient la femme de ménage parce qu’elle n’est pas venue hier et que hier matin à 6h le café avait une nouvelle fois débordé jusqu’au sol, et salopé toue la paillasse et les tiroirs.
On a compris qu’il y avait une sorte de fermeture pour éviter que ça goutte et que la bonne fermait cette sorte de robinet ce qui entraînait une catastrophe.

Il nous explique qu’elle vient chez nous le lundi, le mercredi et le vendredi. On lui demande de lui dire de ne pas toucher la cafetière électrique.

On part  à pied faire nos courses parce qu’après la journée d’hier, la moto, c’est bon. On remonte MG road en direction du marché Goubert. On s’arrête pour faire imprimer des photos en couleur sur papier, puis chez le photographe qu’on connaît pour lui demander s’il vend des cartes mémoires pour l’appareil de photo de F&D. IL a des 4GB à 300Rs mais il faudra repasser cet après-midi.

On prend un thé à notre troquet préféré.

Aroule, Véro veut se faire copier une robe. Elle l’espère l’avoir pour le 20 janvier.
On prend aussi du café Half keige, c’est à dire 500g, en prononçant fièrement le Kg à l’indienne.

On passe chez le tailleur, qui est rue Thiyagu Mudalis pour les vestes, mais notre cotation n’est pas prête et il faut revenir dans une dizaine de minutes.
J’aime bien être dans cette rue étroite et défoncée qui joint Mission Stree à MG road, où jamais un touriste ne passe à cause de son aspect coupe gorge, et puis aussi parce que c’est une rue de grossistes en fournitures pour tailleurs, mais de là on a une vue singulière sur le portail d’une entrée du marché Goubert et derrière la belle tour de l’horloge qui domine le marché en son milieu, et que souvent aucun touriste n’ a vu, bien que la boutique d’Aroul soit à son pied.

De là on rejoint Mission street, puis Nehru street pour aller chez le marchand de fournitures beaux-arts pour laisser la liste de tubes que Véro souhaite ramener, ce sera prêt pour midi, mais on repassera plus tard on n’est pas pressé et il va certainement en manquer peut-être qu’on pourra avoir ce qui manque avant de partir. En Inde, il vaut mieux s’y prendre en avance si on veut obtenir quelque chose.
Devant la boutique il y a une foule de jeunes gens, sûrement des étudiants en beaux-arts qui viennent prendre des fournitures, Véro peut passer devant tout ce monde.

On décide d’aller saluer Abel qu’on n’a toujours pas vu depuis une semaine. On revient sur nos pas dans Nehru street et on aperçoit C qui monte sur son scoot et qui s’excuse d’être pressé elle va à une réunion et elle est déjà en retard.
Elle nous invite demain à 16h pour aller boire le thé avec F&D.
On traverse au niveau de Bata et on continue en direction du Nord dans Mission street jusqu’à la rue Calve Subbraya Chetty et à peine avons nous tourné dans la rue qu’on  croise Abel avec Rajkumar qui tient un stock d’aquarelles, ils sont sur la moto d’Abel et vont chez l’encadreur. On prend le temps de se saluer même s’ils sont très pressés à cause du travail que leur donne l’anniversaire de leur galerie lundi 14 à 18h.
Abel est égal à lui-même souriant et poli et disponible et voulant toujours rendre les autres heureux.
Il s’étonne que nous n’ayons pas la Enfield parce que son désir est que j’aille avec lui chez Félix pour l’aider à louer une Enfield pour mesurer la différence avec sa Heroe Honda fabriquée en Inde et de 125cc, et peut-être qu’il dira comme D « ça c’est autre chose ».

On prend le temps de lui demander où on pourrait trouver un marchand d’informatique pour un hub USB et une souris. La clé 3G nous bouffe une prise et la souris l’autre, et il faut faire tout une gymnastique pour mettre une clé USB ou un lecteur de carte. Il nous indique une rue à côté de Nehru street, c’est la deuxième à partir de sa rue. Abel n’est pas un spécialiste pour indiquer une direction.

On les laisse à leur travail. On continue la rue Chetty en direction de MG road et on revient vers Nehru street. La deuxième rue c’est la rue Ambalatadayar Madam que nous prenons en direction de Barathi street c’est à dire en allant vers l’Ouest.

Dès le début de la rue Véro ne fait que me dire que ce n’est pas la bonne rue parce qu’il n’y a que des bijoutiers. Heureusement on persévère et au delà de la rue Barathi mais avant Ana Salaï on voit Next le magasin repère indiqué par Abel. C’est en fait au-dessus mais l’escalier qui mène à l’étage mène en fait dans une guest house. On demande au magasin Next ils nous disent que c’est de l’autre côté de la rue au premier étage en effet.

On trouve notre bonheur et on se renseigne pour F&D ils vendent aussi des cartes mémoires 4GB pour 270Rs. On reviendra avec eux si ça leur convient.

On prend la rue Sinna Subraya Pillai qui est juste à côté. Un temple enjambe la rue qui est complètement bloquée par les embouteillages, on ne peut passer que sur une seule voie et les véhicules et les piétons circulent dans les deux sens.

Dans cette rue il y a le magasin Gandhi qui est spécialisé dans les dhotis et dans les vêtements à la mode Gandhi. On voit qu’il vend tout sorte de dhotis et pas seulement des blancs. On va pouvoir donner l’information à D qui en cherche un.

On rejoint la rue Nehru et l’on marche sur le trottoir le long du marché Goubert pour éviter la circulation. Il y a moins de monde devant les petites échoppes que sur la route.

A l’angle avec la rue Barathi, Véro s’aperçoit qu’il y a un nouveau magasin de chaussures. Evidemment on entre c’est pour la high society mais pour 2000 ou 3000Rs on peut avoir des chaussures incroyables. Aujourd’hui on n’achète pas.

MG road et rue Thiyagu Mudalis, chez le tailleur. Cette fois ci c’est bon. On répète avec le tissu et les vestes tout ce que nous avions dit l’autre jour et on tombe d’accord sur le prix avec une petite ristourne.
Pendant la discussion un sâdhu me demande l’aumône et je lui donne 10Rs alors il me demande de le prendre en photo. Ce que je fais, puis il s’en va.
Ils prennent le n° de téléphone de Véro pour nous appeler dès que les essayages seront prêts, il ne faut pas être trop pressé parce que c’est Pongal, le nouvel an tamoul qui arrive et c’est la même folie que chez nous pour les fêtes.

On revient par MS à l’appart et on étend le linge. On n’en fait pas davantage.

Je sors la moto, démarrage du premier coup, on part à Hot Bread chercher la galette des rois. La voie du canal a été ré-ouverte et la tranchée rebouchée.

J’attends Véro en double file, elle commence par monter à l’étage comme pour aller à Dayli Bread mais ici c’est au rez-de-chaussée. La moto est garée en bordure de voie devant la porte je rejoins Véro, tandis que l’employé lui demande de régler alors que j’ai réglé ce matin et que c’est bien marqué sur la facture. Comme toujours en Inde un regroupement se forme pour constater qu’effectivement j’ai bien payé ce matin. Excuses de leur part.

Direction le Rêve bleu pour récupérer F&D qui nous attendent depuis 11h30. On avait pourtant dit midi, et je l’ai bien noté dans le blog d’hier. Ça n’a pas d’importance ils sont vraiment très sympas et cool par rapport au temps.

Direction chacun avec notre moto chez Pitchaya.

Commence alors ce qu’on pourrait appeler pour ceux qui le connaissent une pitchayanerie.

Le repas n’est pas prêt, peut-être même que les ingrédients n’ont pas encore été achetés. Pitchaya nous dit que nous allons tous au jardin. Un groupe de personnes, composé par nous quatre et de quatre hommes dont Pitchaya se dirige quelques rues plus loin en direction du cimetière. On prend une rue sur la gauche, un peu plus loin dans cette rue, se trouve sur la gauche l’entrée du jardin. Un peu avant un menuisier nous montre des meubles faits avec du vieux bois de récupération.

Pour moi le jardin ressemble à un espace abandonné, mais D avec son œil professionnel y voit une composition avec des palmiers des bananiers des manguiers un arbre du voyageur très haut comme je n’en ai moi-même jamais vus.

Quatre fauteuils en ciment, des remises et des feuilles sèches partout.

Pitch a décidé que tout le monde allait peindre le jardin et faire une œuvre pour son anniversaire qui est demain.
Pitch attaque avec des pastels gras, Véro attaque avec de l’aquarelle, D attaque aussi à l’aquarelle mais surtout est attaqué par les moustiques. Le travail est stoppé, l’anti-moustique sorti mais il est déjà trop tard pour D. Pitch qui ne veut pas que ses cadeaux s’arrêtent à cause des moustiques ordonne à ses boys courtisans de faire du feu avec les feuilles morte. La fumée envahit rapidement le jardin et chasse les moustique. L’œuvre anniversaire se poursuit sauf pour F qui ne le sent pas dans cet environnement.

Chacun est concentré sur son travail, Pitch termine le premier et décide de ramasser les copies, et gueule comme un surveillant après D et Véro qui continuent.

On retourne à la maison. Il y a un couple avec un enfant. Ce sont des gens qui ont logé chez Pitch et qui sont maintenant à Auroville.

Sur la table qui n’est pas très grande, il y a déjà 8 assiettes, Pitch en fait rajouter une, on commence à s’installer et il en fait rajouter deux pour des Indiens qui sont là pour discuter avec le couple d’un projet pour un village de pêcheurs.

Le repas comme toujours chez Pitch est délicieux, il y a même une bouteille de vin indien, un peu sucré mais très buvable avec le crabe au riz.

Le projet c’est d’apprendre aux pêcheurs à gérer leurs sacs plastiques. Le couple qui est là ne connaît pas Pondichéry d’où ils viennent de débarquer. Je comprends que ce projet s’adresserait au village de pêcheurs qui est prêt d’Ariamcoupam. Ils entreprennent ceci pour être dans le cadre des vacancier humanitaires comme c’est à la mode.
Nous essayons de leur dire qu’on peut laisser les Indiens tranquilles, l’Inde est un grand pays et c’est bientôt nous qui aurons besoin d’eux, voir l’affaire Mital.

Nous les questionnons sur Auroville, pour être dans un guest aurovillien, il faut laisser une certaine somme d’argent et on peut utiliser cet argent dans tous les commerces d’Auroville simplement en donnant par signature sur un cahier un accord avec la somme dépensée qui sera débitée du compte de l’argent déposé. S’il en manque on le leur dira, s’il y en a en trop à la fin du séjour, on le leur rendra.

Ils ne semblent pas se rendre compte qu’ainsi l’argent reste à Auroville s’ils veulent acheter quelque chose dans les villages tamouls qui étaient là avant Auroville ils ne peuvent pas avec cet argent. SI un jour ils souhaitent intégrer la communauté, la commission d’intégration aura connaissance de toutes leurs dépenses et des lieux de dépenses. Je pense que celui qui sera toujours allé se nourrir à la solar kitchen aura un avantage sur celui qui n’a fait que fréquenter le restaurant Tanto. Celui ou celle qui aura dépensé tout son argent dans les magasins de souvenirs ou de fringues d’Auroville sera peut-être regardé avec méfiance.

Ce qu’ils nous disent sur Auroville ne me rassure toujours pas.

Véro partage la galette des rois et c’est la petite fille qui est la reine.

F&D visitent les chambres que leur propose Pitch, ils  sont conquis. Pitch souhaite avoir des panneaux d’information pour informer de l’action qui va être engagé dans le village pêcheurs et pour informer le public de l’Espace sur ses obligations.

Ils trouvent ensemble un terrain d’entente, pour la chambre, les informations, les plans pour le jardin.

On peut partir, Pitch nous invite pour son anniversaire demain soir à l’Espace à partir de 19h.

On emmène F&D au magasin d’informatique pour qu’ils achètent leur carte mémoire. La circulation dans les jours qui précèdent Pongal est infernale sur Ana Salai. Dans la rue  Ambalatadayar Madam, on ne peut pas garer la moto tellement il y a de motos garées, serrées les unes contre les autres débordant  sur la voie de circulation et presque entassées.

Ils n’ont plus de carte 4GB ils prennent donc une carte de 8.

Comme c’est tout on va à coté dans la rue Sinna Subraya Pillai pour voir les dhotis. D trouve ce qu’il souhaite. On reprend les motos pour aller boire un pot au Dayli Bread et en route on s’arrête pour acheter un calendrier éphéméride pour F&D.
On prend NS et on tourne sur MS on s’arrête pour leur montrer le bureau de change où l’on va quand on en a besoin.

On pose les motos en face du Dayli Bread et en traversant F ne fait pas attention et se fait bousculer par un vélo qui arrivait en sens interdit. Véro passe une engueulée terrible au cycliste.
Pour F ça à l’air d’aller on monte au Dayli Bread et on se pose en buvant un jus de fruit chacun.

Puis on se sépare, la journée a été longue, eux vont voir leur cordonnier et nous nous allons au Nilgiris pour faire quelques courses pour dîner. Pendant que j’attends Véro son téléphone sonne, c’est C qui appelle, elle s’excuse encore pour ce matin alors que ce n’est rien et elle me dit que notre rendez vous n’est plus à 16h mais à 11h30. Pas de problème, il suffit que nous rattrapions F&D chez le cordonnier pour les informer. Lorsqu’on y arrive, ils y sont encore. Ils sont un peu déçus parce que le sac n’est pas encore prêt et ils devront revenir demain.

On revient à la maison. Véro se met aux photos et moi au blog. Puis elle prépare le repas et on dîne. Je vais à la cuisine chercher les fruits pour le dessert lorsque  la sonnerie de la porte retentit. On regarde par le balcon c’est F&D, ils nous disent que F vient encore de se faire renverser par une moto et qu’elle a quelques entailles et qu’elle voudrait qu’on la soigne.

Je descends vite. F à l’air d’aller bien mais elle est secouée. On remonte vite et Véro sort la boîte de secours. Ce n’est pas grand chose, une coupure peu profonde sur le tibia et une autre au coude, du côté droit.
D explique qu’elle a fait une belle pirouette.
Elle n’est pas assez attentive, elle n’a pas encore acquis le réflexe qu’ici on regarde d’abord à droite puis à gauche et surtout qu’un piéton n’est rien par rapport au reste.

Plus de peur que de mal mais deux fois en peu de temps d’écart.

Ils rentrent au Rêve bleu.

On mange nos fruits de la passion, je fais la vaisselle et je me remets au blog, tandis que Véro consulte attentivement le manuel de son appareil photo pour faire encore de meilleures photos, quand on est perfectionniste on ne se refait pas.


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