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| Avec les tailleurs de pierre |
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Lever 6h. Bonne
nuit j’ai réussi à dormir deux fois trois heures ce qui est exceptionnel pour
moi. En 6h je fais plus de 5 réveils en temps normal. C’est certainement dû à
la soirée sympathique chez P&C avec des gens qu’on aime.
Départ 7h15, on a
traîné un peu je le reconnais.
Route de
Villupuram, on n’a pas très chaud et Véro a même froid. Après Villianur, un
cochon de taille et de forme d’un sanglier traverse la route.
C’est un belle
route, un peu chiante, avec une circulation assez normal pour l’inde. C’est pas
plus mal pour l’échauffement si je peux dire.
À Villupuram Véro
qui a très envie de faire pipi, nous dégotte depuis la moto en roulant, l’hôtel
indien l’Ananda hotel 676 Nehruji Road Villupuram.
Je m’arrête et je
ne le vois pas car en plus il est dans un renfoncement.
On pose les
casques, on change de lunettes on réintègre les prothèses et là on est l’un et
l’autre saisi d’un vertige qu’on attribue sur le coup à cette heure de moto
pour faire 30km. Mais non, on n’est pas malade, les consommateurs sont bien
assis sur des chaises de 50cm de haut devant des tables de 1m de haut. On est
rassuré sur notre état mental et l’on prend place à une table comme les autres.
Ici, on ne sert que
du café. Véro part à la recherche des toilettes. On m’apporte les cafés.
Le café de la
manière suivante. Une coupelle de métal
comme une assiette avec des bords contient le lait et un gobelet de
métal contient le café. Jusque là rien à dire sauf que le gobelet est posé dans
la coupelle de lait.
J’attends Véro pour
lui laisser le soin de trouver la méthode pour boire tout ça.
Elle revient et je
pars aux toilettes. Dans un hall à droite la cuisine, à gauche trois portes
marrons en enfilade ce sont les toilettes. Pour entrer je dois me baisser parce
que la porte on ne sait pourquoi ne fait que 1m50 de haut. A l’intérieur c’est
normal. Des toilettes à la turc très propres. Mais le sol et les murs en ciment
doivent être gorgés de pisse ce qui provoque un odeur horrible, insoutenable,
presque à vous couper l’envie de pisser.
Je reviens dans la
salle qui commence à se vider. Véro s’est lancée. Il faut sortir le gobelet de
la coupelle et surtout ne pas le poser sur la table. Verser le café dans le
lait et boire à la coupelle, et recommencer.
On nous apporte la
note 30Rs alors que le thé c’est 16Rs, la café est un peu un luxe, et ici ils
ne servent pas de thé. Faut pas confondre les établissements, c’est
certainement pour cela que celui-ci est si chic.
À la caisse comme
je veux garder la note pour me souvenir du nom et de l’adresse. Le caissier me
fait une note de frais qu’il tamponne « Paid ». Dommage que je sois à
la retraite sinon j’aurais peut-être pu la passer.
On quitte le bar à
nains mais on y reviendra c’était trop bien.
Je prends de
l’essence comme je ne sais pas bien ce qui reste dans le réservoir je dis 500Rs
mais sans certitude. On a des difficultés à se comprendre, mais finalement les
500Rs entrent.
On galère un peu
pour trouver la route que je cherche. On galère parce que tout change vite en
Inde et que les nouvelles routes s’accroissent aussi vite que la population.
On finit par se
trouver sur la bonne route mais on n’en est pas convaincu, on fait demi-tour et
on revient à notre point de départ qui est le croisement de la route qui vient
de Pondy par laquelle on est arrivé. En face c’est la route pour se rendre au
village d’Abel et en suivant Tiruvanamalai. A droite la route de Tindivanam et
de Chennai. C’est celle ci qu’il faut remonter sur 500m et prendre à gauche. On refait et on finit par se perdre à nouveau mais en persistant dans la
direction on finit par arriver sur la route qu’on cherche. Je la reconnais
parce qu’il y a une intersection avec d’un côté Gingy et de l’autre
Tiruvanamalai.
Georgette dit de
suivre la route de Tiruvanamalai. On fait ce qu’elle nous dit environ 20km de
Villupuram, mais comme on a tourné et retourné on n’est plus sûr de rien, donc
je m’arrête dans un village et je demande.
Je m’aperçois que
j’ai presque la bonne prononciation pour Kij Valai, c’est tout droit 5km. On
fait 5 km et village suivant je redemande, c’est tout droite 5km, on continue
dans le village à 5km, je re-redemande, c’est tout droit 4km. Ah c’est mieux on
doit donc approcher.
On traverse le
village de Kij Valai qui ne s’appelle pas comme ça sur le panneau de la
signalisation routière mais ça ne fait rien parce que sur notre gauche il y a
un gigantesque chaos rocheux.
Georgette dit que
c’est au niveau de la borne hectométrique 8. Ici c’est la 2, mais tout de suite
après c’est la borne kilométrique. J’en déduis que 10 moins 2 ça peut faire 8.
Comme j’ai toujours été nul en math, ce raisonnement me convient parfaitement,
demi-tour.
Au niveau de la
borne hectométrique 2 on demande à une femme vêtu d’un sari jaune et blanc.
Elle est très contente de nous renseigner et nous fait signe que c’est bien là
qu’il faut prendre la piste pour aller au chaos rocheux et voir les
inscriptions.
Sacrée Georgette
qui a voulu nous piéger dans son parcours de jeux de piste, et on a réussi
l’épreuve. On est fier de nous parce que tout le monde nous dit que c’est
impossible de les voir les inscriptions.
La piste fait comme
un circuit qui s’arrête auprès d’une masse rocheuse en suspension, qui forme
comme un toit caverne entouré de barbelés déchiquetés.
On grimpe mais on
ne voit pas les peintures rupestres.
On reprend les
explications de Georgette mais là c’est trop fort pour nous. On tente quand
même et l’on traverse même tout le chaos rocheux. Ce sont d’énormes blocs de
granit.
Rien, on revient
sur nos pas et l’on entend des coups portés sur la roche par des casseurs de
pierre, on les aperçoit sur notre droite. On décide d’escalader le chaos
jusqu’à eux. On croise un troupeau de chèvres.
Arrivés près des
casseurs de pierre on voit une équipe qui a planté une ligne de coins dans le
granit et qui s’apprête avec des barres à mine à faire sauter tout un bloc du
rocher auquel il appartient.
Petit à petit le
bloc cède et se sépare de son rocher.
Puis sur les blocs
extraits, des hommes frappent pour les fragmenter en morceaux qui serviront
certainement compte tenu de leur taille à faire une couche de pierres pour des
routes à construire ou à refaire.
Ces blocs empilés
sont chargés par des femmes dans la benne d’un camion qui les transportera
jusqu’au lieu du chantier.
Ces personnes sont
toutes très heureuses de nous voir et elles veulent que Véro photographie leur
travail comme il faut, quand elles font les gestes qu’il faut. C’est sérieux
pour elles.
On revient, on
récupère la moto et la personne qui nous a renseignés au départ nous demande si
on a trouvé. On lui dit non on n’a pas trouvé. Alors elle nous dit venez avec
moi.
On laisse la moto
et on la suit à pied. On marche le long d’une plantation d’eucalyptus. Elle
délaisse le premier site où il n’y a malheureusement plus rien. On le contourne
et on l’aide à enlever des épineux qui empêche les chèvres de venir manger des
petits plants d’eucalyptus fraîchement plantés. Nous on pensait que ces épineux
étaient mis pour empêcher les touristes de passer. Il faut qu’on se recycle
mentalement quand on se perd dans la campagne indienne.
On escalade le bas
d’un rocher pour passer dans une excavation à plat dos pour voir les quelques
dessins. Ça ne me saute pas aux yeux, je dois dire que sous cette roche sur le
dos j’ai l’impression d’être en train de passer un IRM, je suis un peu clostro
dans ces conditions. Pour ceux qui ne savent ce que c’est, vous pouvez toujours
vous imaginer dans un cercueil.
Je sors de là en
rampant sur le dos pas facile.
Le dernier site est
assez haut et Véro renonce. Il faut grimper sur des rochers bordés d’épineux.
L’Indienne grimpe devant moi, pied nus
et en sari. J’aurais l’ai vraiment con de ne pas y arriver.
Ça valait la peine
car là les peintures sont encore visibles et on peut presque se tenir debout
sous la roche.
On redescend l’un
et l’autre en glissant sur le derrière parce c’est un peu vertigineux et
toujours plein d’épineux.
On revient en
marchant jusqu’à la route où est sa maison, elle veut nous offrir à boire faire
du thé. Véro lui demande si elle a des enfants. Oui une fille de 8 ans. Alors
Véro lui propose un peu d’argent pour la remercier de nous avoir aidés car sans
elle on n’aurait rien vu. Elle refuse, on s’y attendait parce qu’on a bien
senti qu’elle faisait ça pour nous parce qu’on était venu de loin et qu’on
n’allait pas repartir sans les avoir vues. Véro lui dit que l’argent ce n’est
pas pour elle, mais pour sa fille, pour l’école. Alors elle accepte et elle dit
qu’elle achètera avec du matériel scolaire.
Dans sa maison en
bord de route elle nous montre qu’elle est son mari sont couturiers. On
s’assied à l’ombre dans les merveilleux fauteuils de jardin en plastique.
J’adore ces fauteuils sans prétention et utilisés partout.
On est à l’ombre
d’un eucalyptus, il fait de l’air, on
boit de l’eau qu’elle nous sert en attendant le thé. Un troupeau de vaches
passe.
On boit le thé.
Elle veut nous préparer à manger, c’est gentil mais on ne peut pas abuser.
On lui demande
quelques renseignements sur la direction où nous voulons aller. Elle confirme
les indications de Georgette.
On reprend la route
direction de Kij Valai, c’est la première route à gauche dans le village. Je
m’arrête et Véro demande. On devient bon en prononciation les gens comprennent
ce qu’on demande.
C’est la bonne
route, faites 1 km dit Georgette et prenez un guide. Elle nous sous estime la
Georgette. Il faut encore faire 1km et prendre une piste sur la droite, en fait
c’est plus à 2 km et le temple est indiqué par un panneau en tamoul mais on
comprend.
Le chemin est une
piste honorable. Il y a même un camion bloqué par un troupeau de moutons, on se
joint aux moutons pour passer le camion. Je demande au chauffeur pour la pierre
en arc et le temple, il semble connaître l’arche comme il dit et le temple. On
continue, en fait la piste arrive à une carrière. L’Inde est un peu une
carrière à ciel ouvert, compte tenu du besoin de la construction et des routes.
C’est un pays en développement et qui va vite.
A la carrière des
employés nous confirment la direction. Un peu plus loin on pose la moto et on
continue à pied par un chemin qui doit suivre en fait le lit d’un oued.
On débouche dans
une clairière où l’on découvre le temple Attri Ammann.
C’est un lieu qui
s’est développé autour d’un menhir. Il n’y a rien d’autres que ce menhir, des
tridents de Siva, des étoffes de toutes les couleurs et des singes, pas très
rassurants les singes qui sont beaux avec de belles dents.
C’est un temple
pour écolo, les villageois sont convaincus que la déesse punirait de mort
quiconque casserait, ne serait-ce qu’une branche des arbres alentours. Côté
papier et sacs plastiques elle a l’air assez indifférente.
On revient et en
descendant on voit une plaque de granit comme un petit panneau planté au sol et
qui est écrite en tamoul, mais qui indique une direction. On se dit que c’est
peut-être la direction de l’arc ou de l’éventail selon Georgette ou de l’arche
selon le chauffeur du camion. Quand on ne sait pas ce qu’on cherche c’est
jamais facile de trouver.
Au milieu de
plaques de rocailles brûlantes, dépassant des buissons, on voit se dresser et
pencher un peu en arrière une énorme plaque qui ressemblerait à quelque chose
comme un as de pique de 4m de haut et de 40 cm d’épaisseur, appelé le Vissiri
(l’éventail).
On revient à la
moto. La sœur de Véro surgit de nulle part et nous fait le coup de la muette
qui a besoin d’aide. Comme on mange des biscuit on lui en donne un. Elle se dit
qu’il y a confusion et trouve cette fois ci les mots « paysas »
dit-elle. Elle veut de l’argent. Je ne veux pas lui en donner mais tout à coup
je me dis que vu sa tête c’est certainement la déesse du temple et on ne va pas
se la mettre à dos. Je lui donne cinq roupies, elle est aussi contente que la
mendiante d’hier au salon de thé de Pondy, ça fait plaisir à voir. Comme elle
est contente, elle mange le biscuit qu’elle avait gardé jusqu’à présent pour
bien montrer que ce n’était pas le sujet de notre rencontre. Effet kiss cool
elle trouve le biscuit super bon, il faut dire qu’ils sont bons ils viennent de
chez le petit boulanger de MGroad. On se quitte bons amis.
On reprend la moto
et on essaye de prendre des petites routes parallèles à celle que nous avons
prise ce matin parce que mon idée c’est de repasser par Villupuram pour voir
d’où démarre cette route.
Sur la petites
routes d’autres chaos rocheux, des gens veulent nous inviter à venir boire le
thé chez eux mais on décline il faut revenir.
Dans un champ des
repiqueuses de riz. On s’arrête parce qu’elles sont très nombreuses et chacune
en sari de couleur qui illumine la campagne.
On marche dans les
rizières pour se rapprocher le plus possible. Véro prend des photos. Je filme.
Puis les hommes commencent à ne plus vraiment êtres vraiment sympathiques, ils
veulent de l’argent.
Il est temps de
partir.
On reprend la moto.
La petite route
finit par nous ramener sur la route de ce matin.
On commence à être
fatigué et on se dit qu’on va faire une pause à Villupuram qui n’est plus très
loin.
C’est là qu’on se
rend compte que cette route c’est la première de ce matin sur laquelle on a
fait demi-tour.
La leçon est
comprise. On boit un coca à Villupuram, c’est l’heure de la sieste et tout est
fermé.
Nous continuons en
prenant la route de Tindivanam qui se transforme en autoroute et je ne veux pas
aller à Tindivanam mais à Pondi par une route différente de celle de ce matin.
Nous quittons l’autoroute et passons dessous par un tunnel qui ressemble à un
lieu de guet-apens. De l’autre côté nous suivons l’autoroute par une sorte de
piste parallèle jusqu’à ce que nous trouvions une route qui part
perpendiculaire à l’autoroute et qui va en direction de Pondy, laissant le
soleil derrière nous.
Nous découvrons
cette route qui est assez belle et nous commençons à la reconnaître lorsque
nous arrivons au croisement avec la route de Tiruvakarai lorsque l’on revient
du bois pétrifié.
Ensuite le lac
Ousteri ou directement Vilianur.
On fait un arrêt
Pothys parce que Véro veut prendre du bacon pour faire des pomme de terre
sautée au bacon.
On achète aussi
quelques gâteaux pour goûter chez nous.
Il est 17h et on
est crevé. Une seule envie boire, manger nos gâteaux et prendre une douche. Je
suis tellement crevé que je me brosse les dents, prêt à aller dormir…
Véro s’attaque aux
photos, moi au blog.
Puis je vais chez C
récupérer un film de la sortie Frog pour le monter.
Véro prépare le
repas, et je sens d’ici que ce n’est pas une odeur de cuisine indienne.
Le repas est
délicieux et vient avantageusement compenser l’absence de repas de ce midi.
Les autres photos sont ici

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