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jeudi 24 janvier 2013

Journée préhistorique et rupestre

Avec les tailleurs de pierre

Les autres photos sont ici
  
Lever 6h. Bonne nuit j’ai réussi à dormir deux fois trois heures ce qui est exceptionnel pour moi. En 6h je fais plus de 5 réveils en temps normal. C’est certainement dû à la soirée sympathique chez P&C avec des gens qu’on aime.

Départ 7h15, on a traîné un peu je le reconnais.

Route de Villupuram, on n’a pas très chaud et Véro a même froid. Après Villianur, un cochon de taille et de forme d’un sanglier traverse la route.
C’est un belle route, un peu chiante, avec une circulation assez normal pour l’inde. C’est pas plus mal pour l’échauffement si je peux dire.

À Villupuram Véro qui a très envie de faire pipi, nous dégotte depuis la moto en roulant, l’hôtel indien l’Ananda hotel 676 Nehruji Road Villupuram.
Je m’arrête et je ne le vois pas car en plus il est dans un renfoncement.

On pose les casques, on change de lunettes on réintègre les prothèses et là on est l’un et l’autre saisi d’un vertige qu’on attribue sur le coup à cette heure de moto pour faire 30km. Mais non, on n’est pas malade, les consommateurs sont bien assis sur des chaises de 50cm de haut devant des tables de 1m de haut. On est rassuré sur notre état mental et l’on prend place à une table comme les autres.

Ici, on ne sert que du café. Véro part à la recherche des toilettes. On m’apporte les cafés.
Le café de la manière suivante. Une coupelle de métal  comme une assiette avec des bords contient le lait et un gobelet de métal contient le café. Jusque là rien à dire sauf que le gobelet est posé dans la coupelle de lait.
J’attends Véro pour lui laisser le soin de trouver la méthode pour boire tout ça.

Elle revient et je pars aux toilettes. Dans un hall à droite la cuisine, à gauche trois portes marrons en enfilade ce sont les toilettes. Pour entrer je dois me baisser parce que la porte on ne sait pourquoi ne fait que 1m50 de haut. A l’intérieur c’est normal. Des toilettes à la turc très propres. Mais le sol et les murs en ciment doivent être gorgés de pisse ce qui provoque un odeur horrible, insoutenable, presque à vous couper l’envie de pisser.

Je reviens dans la salle qui commence à se vider. Véro s’est lancée. Il faut sortir le gobelet de la coupelle et surtout ne pas le poser sur la table. Verser le café dans le lait et boire à la coupelle, et recommencer.

On nous apporte la note 30Rs alors que le thé c’est 16Rs, la café est un peu un luxe, et ici ils ne servent pas de thé. Faut pas confondre les établissements, c’est certainement pour cela que celui-ci est si chic.

À la caisse comme je veux garder la note pour me souvenir du nom et de l’adresse. Le caissier me fait une note de frais qu’il tamponne « Paid ». Dommage que je sois à la retraite sinon j’aurais peut-être pu la passer.
On quitte le bar à nains mais on y reviendra c’était trop bien.
Je prends de l’essence comme je ne sais pas bien ce qui reste dans le réservoir je dis 500Rs mais sans certitude. On a des difficultés à se comprendre, mais finalement les 500Rs entrent.

On galère un peu pour trouver la route que je cherche. On galère parce que tout change vite en Inde et que les nouvelles routes s’accroissent aussi vite que la population.
On finit par se trouver sur la bonne route mais on n’en est pas convaincu, on fait demi-tour et on revient à notre point de départ qui est le croisement de la route qui vient de Pondy par laquelle on est arrivé. En face c’est la route pour se rendre au village d’Abel et en suivant Tiruvanamalai. A droite la route de Tindivanam et de Chennai. C’est celle ci qu’il faut remonter sur 500m et prendre à gauche. On  refait et on finit par se perdre  à nouveau mais en persistant dans la direction on finit par arriver sur la route qu’on cherche. Je la reconnais parce qu’il y a une intersection avec d’un côté Gingy et de l’autre Tiruvanamalai.

Georgette dit de suivre la route de Tiruvanamalai. On fait ce qu’elle nous dit environ 20km de Villupuram, mais comme on a tourné et retourné on n’est plus sûr de rien, donc je m’arrête dans un village et je demande.

Je m’aperçois que j’ai presque la bonne prononciation pour Kij Valai, c’est tout droit 5km. On fait 5 km et village suivant je redemande, c’est tout droite 5km, on continue dans le village à 5km, je re-redemande, c’est tout droit 4km. Ah c’est mieux on doit donc approcher.

On traverse le village de Kij Valai qui ne s’appelle pas comme ça sur le panneau de la signalisation routière mais ça ne fait rien parce que sur notre gauche il y a un gigantesque chaos rocheux.

Georgette dit que c’est au niveau de la borne hectométrique 8. Ici c’est la 2, mais tout de suite après c’est la borne kilométrique. J’en déduis que 10 moins 2 ça peut faire 8. Comme j’ai toujours été nul en math, ce raisonnement me convient parfaitement, demi-tour.

Au niveau de la borne hectométrique 2 on demande à une femme vêtu d’un sari jaune et blanc. Elle est très contente de nous renseigner et nous fait signe que c’est bien là qu’il faut prendre la piste pour aller au chaos rocheux et voir les inscriptions.

Sacrée Georgette qui a voulu nous piéger dans son parcours de jeux de piste, et on a réussi l’épreuve. On est fier de nous parce que tout le monde nous dit que c’est impossible de les voir les inscriptions.

La piste fait comme un circuit qui s’arrête auprès d’une masse rocheuse en suspension, qui forme comme un toit caverne entouré de barbelés déchiquetés.

On grimpe mais on ne voit pas les peintures rupestres.

On reprend les explications de Georgette mais là c’est trop fort pour nous. On tente quand même et l’on traverse même tout le chaos rocheux. Ce sont d’énormes blocs de granit.

Rien, on revient sur nos pas et l’on entend des coups portés sur la roche par des casseurs de pierre, on les aperçoit sur notre droite. On décide d’escalader le chaos jusqu’à eux. On croise un troupeau de chèvres.

Arrivés près des casseurs de pierre on voit une équipe qui a planté une ligne de coins dans le granit et qui s’apprête avec des barres à mine à faire sauter tout un bloc du rocher auquel il appartient.

Petit à petit le bloc cède et se sépare de son rocher.

Puis sur les blocs extraits, des hommes frappent pour les fragmenter en morceaux qui serviront certainement compte tenu de leur taille à faire une couche de pierres pour des routes à construire ou à refaire.

Ces blocs empilés sont chargés par des femmes dans la benne d’un camion qui les transportera jusqu’au  lieu du chantier.

Ces personnes sont toutes très heureuses de nous voir et elles veulent que Véro photographie leur travail comme il faut, quand elles font les gestes qu’il faut. C’est sérieux pour elles.

On revient, on récupère la moto et la personne qui nous a renseignés au départ nous demande si on a trouvé. On lui dit non on n’a pas trouvé. Alors elle nous dit venez avec moi.

On laisse la moto et on la suit à pied. On marche le long d’une plantation d’eucalyptus. Elle délaisse le premier site où il n’y a malheureusement plus rien. On le contourne et on l’aide à enlever des épineux qui empêche les chèvres de venir manger des petits plants d’eucalyptus fraîchement plantés. Nous on pensait que ces épineux étaient mis pour empêcher les touristes de passer. Il faut qu’on se recycle mentalement quand on se perd dans la campagne indienne.

On escalade le bas d’un rocher pour passer dans une excavation à plat dos pour voir les quelques dessins. Ça ne me saute pas aux yeux, je dois dire que sous cette roche sur le dos j’ai l’impression d’être en train de passer un IRM, je suis un peu clostro dans ces conditions. Pour ceux qui ne savent ce que c’est, vous pouvez toujours vous imaginer dans un cercueil.
Je sors de là en rampant sur le dos pas facile.

Le dernier site est assez haut et Véro renonce. Il faut grimper sur des rochers bordés d’épineux. L’Indienne  grimpe devant moi, pied nus et en sari. J’aurais l’ai vraiment con de ne pas y arriver.
Ça valait la peine car là les peintures sont encore visibles et on peut presque se tenir debout sous la roche.

On redescend l’un et l’autre en glissant sur le derrière parce c’est un peu vertigineux et toujours plein d’épineux.

On revient en marchant jusqu’à la route où est sa maison, elle veut nous offrir à boire faire du thé. Véro lui demande si elle a des enfants. Oui une fille de 8 ans. Alors Véro lui propose un peu d’argent pour la remercier de nous avoir aidés car sans elle on n’aurait rien vu. Elle refuse, on s’y attendait parce qu’on a bien senti qu’elle faisait ça pour nous parce qu’on était venu de loin et qu’on n’allait pas repartir sans les avoir vues. Véro lui dit que l’argent ce n’est pas pour elle, mais pour sa fille, pour l’école. Alors elle accepte et elle dit qu’elle achètera avec du matériel scolaire.
Dans sa maison en bord de route elle nous montre qu’elle est son mari sont couturiers. On s’assied à l’ombre dans les merveilleux fauteuils de jardin en plastique. J’adore ces fauteuils sans prétention et utilisés partout.

On est à l’ombre d’un  eucalyptus, il fait de l’air, on boit de l’eau qu’elle nous sert en attendant le thé. Un troupeau de vaches passe.
On boit le thé. Elle veut nous préparer à manger, c’est gentil mais on ne peut pas abuser.

On lui demande quelques renseignements sur la direction où nous voulons aller. Elle confirme les indications de Georgette.

On reprend la route direction de Kij Valai, c’est la première route à gauche dans le village. Je m’arrête et Véro demande. On devient bon en prononciation les gens comprennent ce qu’on demande.
C’est la bonne route, faites 1 km dit Georgette et prenez un guide. Elle nous sous estime la Georgette. Il faut encore faire 1km et prendre une piste sur la droite, en fait c’est plus à 2 km et le temple est indiqué par un panneau en tamoul mais on comprend.

Le chemin est une piste honorable. Il y a même un camion bloqué par un troupeau de moutons, on se joint aux moutons pour passer le camion. Je demande au chauffeur pour la pierre en arc et le temple, il semble connaître l’arche comme il dit et le temple. On continue, en fait la piste arrive à une carrière. L’Inde est un peu une carrière à ciel ouvert, compte tenu du besoin de la construction et des routes. C’est un pays en développement et qui va vite.
A la carrière des employés nous confirment la direction. Un peu plus loin on pose la moto et on continue à pied par un chemin qui doit suivre en fait le lit d’un oued.
On débouche dans une clairière où l’on découvre le temple Attri Ammann.
C’est un lieu qui s’est développé autour d’un menhir. Il n’y a rien d’autres que ce menhir, des tridents de Siva, des étoffes de toutes les couleurs et des singes, pas très rassurants les singes qui sont beaux avec de belles dents.
C’est un temple pour écolo, les villageois sont convaincus que la déesse punirait de mort quiconque casserait, ne serait-ce qu’une branche des arbres alentours. Côté papier et sacs plastiques elle a l’air assez indifférente.

On revient et en descendant on voit une plaque de granit comme un petit panneau planté au sol et qui est écrite en tamoul, mais qui indique une direction. On se dit que c’est peut-être la direction de l’arc ou de l’éventail selon Georgette ou de l’arche selon le chauffeur du camion. Quand on ne sait pas ce qu’on cherche c’est jamais facile de trouver.
Au milieu de plaques de rocailles brûlantes, dépassant des buissons, on voit se dresser et pencher un peu en arrière une énorme plaque qui ressemblerait à quelque chose comme un as de pique de 4m de haut et de 40 cm d’épaisseur, appelé le Vissiri (l’éventail).

On revient à la moto. La sœur de Véro surgit de nulle part et nous fait le coup de la muette qui a besoin d’aide. Comme on mange des biscuit on lui en donne un. Elle se dit qu’il y a confusion et trouve cette fois ci les mots « paysas » dit-elle. Elle veut de l’argent. Je ne veux pas lui en donner mais tout à coup je me dis que vu sa tête c’est certainement la déesse du temple et on ne va pas se la mettre à dos. Je lui donne cinq roupies, elle est aussi contente que la mendiante d’hier au salon de thé de Pondy, ça fait plaisir à voir. Comme elle est contente, elle mange le biscuit qu’elle avait gardé jusqu’à présent pour bien montrer que ce n’était pas le sujet de notre rencontre. Effet kiss cool elle trouve le biscuit super bon, il faut dire qu’ils sont bons ils viennent de chez le petit boulanger de MGroad. On se quitte bons amis.

On reprend la moto et on essaye de prendre des petites routes parallèles à celle que nous avons prise ce matin parce que mon idée c’est de repasser par Villupuram pour voir d’où démarre cette route.

Sur la petites routes d’autres chaos rocheux, des gens veulent nous inviter à venir boire le thé chez eux mais on décline il faut revenir.

Dans un champ des repiqueuses de riz. On s’arrête parce qu’elles sont très nombreuses et chacune en sari de couleur qui illumine la campagne.

On marche dans les rizières pour se rapprocher le plus possible. Véro prend des photos. Je filme. Puis les hommes commencent à ne plus vraiment êtres vraiment sympathiques, ils veulent de l’argent.
Il est temps de partir.

On reprend la moto.

La petite route finit par nous ramener sur la route de ce matin.

On commence à être fatigué et on se dit qu’on va faire une pause à Villupuram qui n’est plus très loin.

C’est là qu’on se rend compte que cette route c’est la première de ce matin sur laquelle on a fait demi-tour.

La leçon est comprise. On boit un coca à Villupuram, c’est l’heure de la sieste et tout est fermé.

Nous continuons en prenant la route de Tindivanam qui se transforme en autoroute et je ne veux pas aller à Tindivanam mais à Pondi par une route différente de celle de ce matin. Nous quittons l’autoroute et passons dessous par un tunnel qui ressemble à un lieu de guet-apens. De l’autre côté nous suivons l’autoroute par une sorte de piste parallèle jusqu’à ce que nous trouvions une route qui part perpendiculaire à l’autoroute et qui va en direction de Pondy, laissant le soleil derrière nous.

Nous découvrons cette route qui est assez belle et nous commençons à la reconnaître lorsque nous arrivons au croisement avec la route de Tiruvakarai lorsque l’on revient du bois pétrifié.
Ensuite le lac Ousteri ou directement Vilianur.

On fait un arrêt Pothys parce que Véro veut prendre du bacon pour faire des pomme de terre sautée au bacon.
On achète aussi quelques gâteaux pour goûter chez nous.

Il est 17h et on est crevé. Une seule envie boire, manger nos gâteaux et prendre une douche. Je suis tellement crevé que je me brosse les dents, prêt à aller dormir…

Véro s’attaque aux photos, moi au blog.

Puis je vais chez C récupérer un film de la sortie Frog pour le monter.

Véro prépare le repas, et je sens d’ici que ce n’est pas une odeur de cuisine indienne.

Le repas est délicieux et vient avantageusement compenser l’absence de repas de ce midi.

 Les autres photos sont ici

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