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Je me suis levé tôt ce matin. Je n’arrivais plus à dormir, et malgré le
rideau improvisé que nous avions mis sur le fenêtron de la chambre, le jour
s’est précipité pour tout éclairer.
J’ai écrit les journées passées.
J’ai recherché dans la cantine tous les ustensiles nécessaires pour le
petit-déjeuner.
J’ai retrouvé le vieux caméscope que je dois faire réparer pour Ernesto.
Puis je suis allé au pain. J’ai remonté Mission Street les boutiques
commencent à ouvrir. Je croise des couples qui manifestement reviennent de la
messe, effectivement dans la cour de la cathédrale il y a des groupes d’hommes
et de femmes. Devant le portail d’entrée, sur les quelques marches, les
mendiants ont pris place. Il y a donc bien une messe ce matin et certainement
comme tous les matins parce qu’il est à peine 7h passé.
Je tourne à droite dans la rue Ranga Poulle, je croise des mendiants qui
doivent se rendre à la cathédrale et qui me sollicitent.
Lorsque je débouche sur la rue du canal, il y a une forte odeur de
bouses écrasées qui me prend aux narines. Un troupeau de vaches a dû passer ici
ce matin.
J’entre au Hot Bread qui est la boulangerie que j’ai choisie cette année
pour le pain. Ce que j’achète ressemble beaucoup à du pain, mais ce n’est pas
vraiment ce qu’un Français peut attendre.
Ils sont gentils et ils sont polis ce qui est déjà beaucoup.
On passe par une sorte de couloir dans lequel sur la gauche sont mis à
disposition les pains et les viennoiserie. Sur la droite une salle avec des
tables et des chaises comme dans un bistrot, deux femmes d’un certain âge sont
installées et prennent chacune
séparément leur petit-déjeuner.
Au fond la banque avec la caisse. Je donne ma baguette à un homme qui la
prend avec un gant en plastique pour ne pas la toucher. Il coupe ma baguette en
deux et la met dans un sac scellé puis dans un autre sac en plastique pour le
transport.
Je reviens par le canal. Je croise des personnes qui attendent le bus
pour se rendre au boulot ou pour aller à l’école. Il y a peu de circulation et
je peux marcher sur le bord de la chaussée sans risquer ma vie.
Beaucoup de travaux dans les rues comme s’ils allaient refaire le tout à
l’égout et goudronner à nouveau la chaussée. À la station service il n’y a
presque personne.
Devant l’entrée des maisons des femmes accroupies ou penchées dessinent
des kolam pour que la journée soit bonne et qu’aucune personne néfaste ne
pénètre dans la maison.
Des chiens, tâchés de sang, se battent avec des sacs plastique volés
dans les poubelles pour en extraire la
nourriture qui est la plupart du temps du riz.
Je réveille Véro à 8h parce que la journée va encore être pleine.
On part vers 9h pour se rendre chez Gandhi le mec de la clé 3G, mais
hier soir ils nous ont raconté n’importe quoi et c’est toujours fermé.
On décide d’aller chez Félix pour la
moto.
Dans Gandhi road Véro fait des photo avec le chauffeur d’un rickshaw,
puis d’un autorickshaw pour un concours. Il faut prendre un Indien en train de
lire un journal informatique qui est « Mac compétence ». Tous se
prêtent volontiers au jeu.
Près de marché Goubert on prend notre thé matinal. Là aussi les prix ont
augmenté le thé est passé de 7 à 8 roupis.
Après avoir passé Nehu street on prend la première rue à gauche pour
rejoindre Barathi street. Dans cette transversale Véro prend des marchandes
d’ustensile en terre pas cuite en train de lire Mac compétence. Les petites
marchandes ne savent manifestement pas lire et elles sont écroulées de rire
qu’on puisse leur demander une chose pareille.
Dans la rue Barathi elle prend des hommes installés sur le trottoir à
côté d’un repasseur de rue.
On arrive chez Félix, mais il n’est que 10h et le voisin nous dit qu’il
ouvre à 10h30. On continue sur la rue Barathi pour aller jusqu’au boulevard Ana
Salaï chez Himalaya. C’est ouvert Véro prend quelques crèmes, dentifrice et moi
je prends un traitement ayurvédhique pour la tension artérielle.
Retour chez Félix par Ana Salaï, j’achète une montre chez Titan. Il
n’est pas facile de leur faire comprendre que je veux une montre pour voir
l’heure le jour mais aussi la nuit. Je ne suis jamais certain que sur les
montres bon marché la phosphorescence des aiguilles soit efficace. Il y a au
moins cinq vendeurs autour de moi dont un qui parle français, il a appris à
l’Alliance française. Je choisis une montre avec une lampe qui éclaire le
cadran la nuit, c’est une Tata marque de montre bien connue.
Félix est très heureux de nous voir comme tous ceux que nous avons vus depuis hier
et commence par nous souhaiter un Happy New Year.
Il n’a pas regardé ses mails et donc il n’a pas vu celui que nous lui
avons envoyé il y a plus d’une semaine pour lui demander de nous préparer une
moto pour aujourd’hui.
Ce n’est pas grave, elle sera prête à midi.
On retourne à pied sur le bord du canal près de l’avenue de Bussy
c’est-à-dire que depuis notre départ et notre passage à Himalaya on a fait deux
fois la traversée de Pondy à pied et il faudra la refaire une troisième fois
pour retourner chez Félix.
Au passage, rue Barathi, on salue l’encadreur. Un énorme camion essaye
de se sortir comme il peut des embouteillages, l’aide du chauffeur déplace les
vélos, les motos, les auto rickshaw. Nous marchons devant lui et Véro prend des
photos, lorsque la rue sera dégagée et qu’il nous doublera, il nous donne un
petit coup de klaxon pour nous saluer.
On s’arrête à la boutique pour la clé 3G, c’est ouvert et Gandhi est là,
mais il ne faut rien espérer avant lundi. C’est un peu la déconvenue. Les
règles ont, paraît-il, changé et l’on ne peut avoir cette connexion
immédiatement.
On va à l’agence VK pour payer le taxi. Le patron est occupé dans son
bureau vitré avec d’autres clients.
Ils continue de traiter avec eux et nous demande pourquoi on est là. Il
comprend et il nous crie le prix de la course et du déménagement 3940Rs.
On le paie et il nous rend la monnaie, toujours occupé avec les gens
dans son bureau. Cela ne semble choquer personne qu’il traite deux choses en
même temps.
On remonte le canal jusqu’au Daily Bread pour boire chacun un lassi et
se poser un peu.
On revient par la rue Ranga Poulle jusqu’au Nilgiris, où Véro va prendre
un rendez-vous pour se faire épiler. Cet après-midi à 14h.
De là on suit Mission street, traverse Nehru street et on s’arrête chez
le loueur de moto qu’on n’a pas vu hier au soir . C’est lui qui nous
reconnaît et il nous fait de grands signes. Happy New Year. Il loue ses petites
motos 200Rs pour la journée, mais il n’insiste pas pour nous car il sait qu’on
roule en Bullet. On lui dit qu’on reviendra en fin d’après midi avec F & D.
On prend à gauche la rue aux maisons tamoules qui mène à la galerie
d’Abel, d’Ejoumale et de Rajkumar.
Il n’y a qu’Ejoumale qui est heureux de nous voir : Happy New Year.
Il est en compagnie de Nantais qui appartiennent au clan des gens qui les
reçoivent pendant leurs séjours et stages en France. Abel est parti pour une
journée faire une visite du pays avec le Belge Willy Dalton qui est là tout le
mois de janvier.
Ils seront là demain et Ejoumale repartira avec BWD mardi, on passera
peut-être mardi.
La petite fille d’Ejoumale va bien elle a fini son cinquième mois et
attaque le sixième nous explique-t-il, et cela semble aussi important que si
elle attaquait sa dernière année de propédeutique. Et surtout il commence par
répondre à véro qui lui demande des nouvelles du bébé : « ça va, elle
est en bon état » …
On suit la rue jusque chez Félix, mais la moto n’est pas prête elle est
au lavage pour se faire une beauté. En attendant il nous prête son scoot pour
rentrer chez nous. Il nous apportera la moto, dès qu’elle sera belle.
Arrivée à l’appart Véro se souvient de son rendez-vous à 14h chez
l’arracheuse de poils, Elle appelle
Félix pour lui demander combien de temps il pense que cela va prendre. Il dit que ce
sera plus vers 18, 19h qu’il apportera la moto, c’est sûr qu’elle va être
propre.
Tout est toujours un peu long à se mettre en route mais en fin de compte
ça fini par marcher.
On va déjeuner à l’Aristo. C’est toujours assez bon Véro se prend du
poulet au citron avec de la ratatouille, et moi l’habituel fish tika en
souvenir de Dylan et Géraldine qui venaient là pour manger ce plat.
L’autre cliente est une parisienne, kiné à Montmartre, accent parisien
authentique. Elle parraine un enfant et elle est venu pour voir comment ça se
passait.
Elle nous raconte son expérience de Pondy et nous demande des
renseignements que nous lui donnons volontiers.
Je dépose Véro chez la retireuse de poils et je vais à la City Bank pour
retirer de l’argent pour payer la location de la moto pendant le mois de
janvier.
Je demande comme d’habitude 40000 roupies pour avoir moins de frais
bancaires en retirant le plus petit nombre de fois possible.
Mais la machine refuse de me donner 40000, refuse 30000, refuse 20000,
accepte 10000. L’inconvénient c’est que je paie à chaque fois des frais à mon
bankster, le Crédit Mutuel.
Depuis juillet 2011 la banque de l’Inde équivalent de la banque de
France a demandé aux banques indiennes de ne plus délivrer de somme supérieure
à 10000 roupies dans les distributeurs. Le responsable de la banque me montre
le texte, rien à dire.
Je reviens à la maison et puis retourne chercher Véro. On en profite
pour faire les courses qui nous manquent au Nilgiris et l’on revient pour
attendre F&D qui doivent nous rejoindre à l’appartement pour un tour sur la
promenade Goubert.
On s’arrête chez le petit cordonnier, Véro lui a rapporté des chaussures
qu’il lui a faites l’an dernier et dont la semelle c’est complètement fendue,
il s’excuse. Puis on lui donne un modèle en plastique d’une housse de Kindle
qu’il va reproduire en cuir. Il est très content de ce travail, il adore faire
ça. Ce sera prêt mercredi prochain.
Lorsque nous arrivons dans la rue Candappa, nous croisons Raj l’ancien
voisin du dessous qui arrête sa Bullet pour nous saluer, nous arrêtons le
scoot, « happy new year » en se serrant la main et en se regardant
droit dans le yeux. Il nous demande depuis quand nous sommes là ? Il nous
apprend avec une grande fierté, que sa fille est devenue « Big
girl ». Je me rappelle bien cette « merdeuse » qui nous croisait
sans jamais nous dire bonjour et qu’une boniche emmenait en mob au Lycée
Indien. On le félicite chaleureusement. Heureusement que nous connaissons ce
phénomène pour avoir été invité à une « Big girl party » au Sri
Lanka. C’est l’apparition des première règles chez une jeune fille. On fait une
belle fête pour dire qu’elle est bonne à marier et la qualité de la fête
présume de la qualité du mariage et de la dot.. On imagine la même fête en
France et cela nous fait rire. R veut nous inviter dans sa nouvelle maison qui
est aussi rue Candappa un peu plus haut et qui fait 5 étages de merde au lieu
d’une superbe maison tamoule. Il va nous appeler un de ces jours.
Nous arrivons au pied de l’appart et devant le portail c’est J qui nous
interpelle gentiment. C’est un prof de Français à Mayotte que nous avions déjà
rencontré l’an dernier et qui est le locataire qui remplace Raj et sa famille,
du coup c’est plus calme. C’est un bavard, il est en vacances à Pondy pour voir
ses parents et dont la mère a des problèmes de santé. Il nous refait l’histoire
de Pondy qu’il a découvert en 1966 après avoir vécu en France. Il se désole des
maisons de merde qu’il voit se construire au dépend de la vieille ville.
On arrive à s’en arracher, il est tellement sympa qu’on y passerait
l’après mdi.
On se pose enfin et on attend longuement et on s’étonne que F&D
n’arrive toujours pas.
L’heure passe.
Au bout d’une heure j’ouvre la fenêtre du balcon qui donne sur la rue et
je les vois et ils me voient. Ils sont là depuis une heure et nous n’avons pas
répondu à la sonnerie. On fait des essais la sonnerie ne fonctionne plus. Parmi les 90
interrupteurs de l’appartement, nous avons éteint dans nos tâtonnements celui
de la sonnerie, on le remet en route et
Véro le scotche pour que l’aventure ne se reproduise plus.
Du coup ils ont eu de temps de discuter avec AS notre proprio qui leur
dit que nous ne sommes pas là, et ils n’osent pas monter pour frapper à la
porte. Le proprio leur dit tout le bien qu’il pense de nous et qu’il serait
prêt à nous aider si nous souhaitions nous installer en Inde.
Ça fait plaisir de savoir çà après tout le mal qu’on dit sur nous de la
France jusqu’au Sri Lanka.
Il est tard et nous filons sur la promenade Goubert que nous remontons
jusqu’à la statue de Gandhi. Véro fait des photos, nous montons sur la terrasse
du café de la promenade.
Puis nous allons au Promenade voir l’expo d’aquarelle, pas terrible du
tout aux dires des connaisseurs.
Nous traversons le parc Barathi et empruntons la rue qui conduit au
temple de Ganesh. C’est un bon moment de découverte et d’émotion pour F&D.
Lakshmi l’éléphante nous regarde de ses yeux terriblement humains.
On retourne chez le loueur de moto mais il est déjà parti, il sera là
demain à partir de 7h30.
Véro emmène F&D au magasin de beaux arts et moi je retourne à
l’appart car il est déjà 19h15.
Bien sûr à 19h30 il n’y a toujours personne. Je décide de prendre le
scoot et d’aller chez Félix. Là je découvre que la moto est sous forme de
squelette. Je lui dis à demain mais non il veut nous la donner ce soir à 21h.
Je retourne rejoindre les autres qui ont voulu dévaliser le magasin beau
arts et sont passés au Saratha en face de l’Aristo.
On dîne à l’Aristo sur la terrasse et à 21h30 coup de fil de Félix la moto
est prête.
Je fonce chez lui .
Je repars avec. Elle marche si on fait abstraction qu’en première, j’ai
l’impression de démarrer en 4ème. Horreur tout à coup en écrivant
cela j’ai l’impression qu’effectivement je démarrais en 4ème, du
coup je ne sais plus, en principe en France j’appuie sur le levier pour passer
la première et ici je dois faire le contraire monter le levier pour passer en
première et descendre pour passer les vitesses. A mon avis demain dans le bon
sens ça devrait mieux marcher.
Je dois être fatigué pour faire ça…
Je reviens à l’Aristo et je retrouve tout le monde qui me demande alors
comment elle marche. Pb sur les vitesses je viens sans doute de trouver la
cause, le frein avant marche bien s’il n’est pas nécessaire d’arrêter la moto,
mais seulement de la ralentir. Le frein arrière lui évidemment bloque la roue
si on s’en sert pour freiner. De toute façon ici le secret de la conduite c’est
de ne jamais s’arrêter.
Je reconduis chacun à tour de rôle dans ses appartements et on se
reverra demain au petit dèj pour aller ensuite louer une moto pour F&D.
Programme apprentissage de la conduite en moto pour D en allant à Auroville par
l’intérieur.
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