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samedi 5 janvier 2013

Mise en route à Pondy



Les autres photos sont ici


Je me suis levé tôt ce matin. Je n’arrivais plus à dormir, et malgré le rideau improvisé que nous avions mis sur le fenêtron de la chambre, le jour s’est précipité pour tout éclairer.

J’ai écrit  les journées passées.

J’ai recherché dans la cantine tous les ustensiles nécessaires pour le petit-déjeuner.
J’ai retrouvé le vieux caméscope que je dois faire réparer pour Ernesto.

Puis je suis allé au pain. J’ai remonté Mission Street les boutiques commencent à ouvrir. Je croise des couples qui manifestement reviennent de la messe, effectivement dans la cour de la cathédrale il y a des groupes d’hommes et de femmes. Devant le portail d’entrée, sur les quelques marches, les mendiants ont pris place. Il y a donc bien une messe ce matin et certainement comme tous les matins parce qu’il est à peine 7h passé.

Je tourne à droite dans la rue Ranga Poulle, je croise des mendiants qui doivent se rendre à la cathédrale et qui me sollicitent.

Lorsque je débouche sur la rue du canal, il y a une forte odeur de bouses écrasées qui me prend aux narines. Un troupeau de vaches a dû passer ici ce matin.

J’entre au Hot Bread qui est la boulangerie que j’ai choisie cette année pour le pain. Ce que j’achète ressemble beaucoup à du pain, mais ce n’est pas vraiment ce qu’un Français peut attendre.
Ils sont gentils et ils sont polis ce qui est déjà beaucoup.
On passe par une sorte de couloir dans lequel sur la gauche sont mis à disposition les pains et les viennoiserie. Sur la droite une salle avec des tables et des chaises comme dans un bistrot, deux femmes d’un certain âge sont installées et  prennent chacune séparément leur petit-déjeuner.
Au fond la banque avec la caisse. Je donne ma baguette à un homme qui la prend avec un gant en plastique pour ne pas la toucher. Il coupe ma baguette en deux et la met dans un sac scellé puis dans un autre sac en plastique pour le transport.

Je reviens par le canal. Je croise des personnes qui attendent le bus pour se rendre au boulot ou pour aller à l’école. Il y a peu de circulation et je peux marcher sur le bord de la chaussée sans risquer ma vie.

Beaucoup de travaux dans les rues comme s’ils allaient refaire le tout à l’égout et goudronner à nouveau la chaussée. À la station service il n’y a presque personne.

Devant l’entrée des maisons des femmes accroupies ou penchées dessinent des kolam pour que la journée soit bonne et qu’aucune personne néfaste ne pénètre dans la maison.

Des chiens, tâchés de sang, se battent avec des sacs plastique volés dans les poubelles pour en extraire la  nourriture qui est la plupart du temps du riz.

Je réveille Véro à 8h parce que la journée va encore être pleine.

On part vers 9h pour se rendre chez Gandhi le mec de la clé 3G, mais hier soir ils nous ont raconté n’importe quoi et c’est toujours fermé.

On décide d’aller chez Félix pour la  moto.
Dans Gandhi road Véro fait des photo avec le chauffeur d’un rickshaw, puis d’un autorickshaw pour un concours. Il faut prendre un Indien en train de lire un journal informatique qui est « Mac compétence ». Tous se prêtent volontiers au jeu.
Près de marché Goubert on prend notre thé matinal. Là aussi les prix ont augmenté le thé est passé de 7 à 8 roupis.
Après avoir passé Nehu street on prend la première rue à gauche pour rejoindre Barathi street. Dans cette transversale Véro prend des marchandes d’ustensile en terre pas cuite en train de lire Mac compétence. Les petites marchandes ne savent manifestement pas lire et elles sont écroulées de rire qu’on puisse leur demander une chose pareille.
Dans la rue Barathi elle prend des hommes installés sur le trottoir à côté d’un repasseur de rue.
On arrive chez Félix, mais il n’est que 10h et le voisin nous dit qu’il ouvre à 10h30. On continue sur la rue Barathi pour aller jusqu’au boulevard Ana Salaï chez Himalaya. C’est ouvert Véro prend quelques crèmes, dentifrice et moi je prends un traitement ayurvédhique pour la tension artérielle.
Retour chez Félix par Ana Salaï, j’achète une montre chez Titan. Il n’est pas facile de leur faire comprendre que je veux une montre pour voir l’heure le jour mais aussi la nuit. Je ne suis jamais certain que sur les montres bon marché la phosphorescence des aiguilles soit efficace. Il y a au moins cinq vendeurs autour de moi dont un qui parle français, il a appris à l’Alliance française. Je choisis une montre avec une lampe qui éclaire le cadran la nuit, c’est une Tata marque de montre bien connue.

Félix est très heureux de nous voir  comme tous ceux que nous avons vus depuis hier et commence par nous souhaiter un Happy New Year.
Il n’a pas regardé ses mails et donc il n’a pas vu celui que nous lui avons envoyé il y a plus d’une semaine pour lui demander de nous préparer une moto pour aujourd’hui.
Ce n’est pas grave, elle sera prête à midi.
On retourne à pied sur le bord du canal près de l’avenue de Bussy c’est-à-dire que depuis notre départ et notre passage à Himalaya on a fait deux fois la traversée de Pondy à pied et il faudra la refaire une troisième fois pour retourner chez Félix.

Au passage, rue Barathi, on salue l’encadreur. Un énorme camion essaye de se sortir comme il peut des embouteillages, l’aide du chauffeur déplace les vélos, les motos, les auto rickshaw. Nous marchons devant lui et Véro prend des photos, lorsque la rue sera dégagée et qu’il nous doublera, il nous donne un petit coup de klaxon pour nous saluer.  

On s’arrête à la boutique pour la clé 3G, c’est ouvert et Gandhi est là, mais il ne faut rien espérer avant lundi. C’est un peu la déconvenue. Les règles ont, paraît-il, changé et l’on ne peut avoir cette connexion immédiatement.

On va à l’agence VK pour payer le taxi. Le patron est occupé dans son bureau vitré avec d’autres clients.

Ils continue de traiter avec eux et nous demande pourquoi on est là. Il comprend et il nous crie le prix de la course et du déménagement 3940Rs.
On le paie et il nous rend la monnaie, toujours occupé avec les gens dans son bureau. Cela ne semble choquer personne qu’il traite deux choses en même temps.

On remonte le canal jusqu’au Daily Bread pour boire chacun un lassi et se poser un peu.
On revient par la rue Ranga Poulle jusqu’au Nilgiris, où Véro va prendre un rendez-vous pour se faire épiler. Cet après-midi à 14h.

De là on suit Mission street, traverse Nehru street et on s’arrête chez le loueur de moto qu’on n’a pas vu hier au soir . C’est lui qui nous reconnaît et il nous fait de grands signes. Happy New Year. Il loue ses petites motos 200Rs pour la journée, mais il n’insiste pas pour nous car il sait qu’on roule en Bullet. On lui dit qu’on reviendra en fin d’après midi avec F & D.

On prend à gauche la rue aux maisons tamoules qui mène à la galerie d’Abel, d’Ejoumale et de Rajkumar.
Il n’y a qu’Ejoumale qui est heureux de nous voir : Happy New Year. Il est en compagnie de Nantais qui appartiennent au clan des gens qui les reçoivent pendant leurs séjours et stages en France. Abel est parti pour une journée faire une visite du pays avec le Belge Willy Dalton qui est là tout le mois de janvier.
Ils seront là demain et Ejoumale repartira avec BWD mardi, on passera peut-être mardi.
La petite fille d’Ejoumale va bien elle a fini son cinquième mois et attaque le sixième nous explique-t-il, et cela semble aussi important que si elle attaquait sa dernière année de propédeutique. Et surtout il commence par répondre à véro qui lui demande des nouvelles du bébé : « ça va, elle est en bon état » …

On suit la rue jusque chez Félix, mais la moto n’est pas prête elle est au lavage pour se faire une beauté. En attendant il nous prête son scoot pour rentrer chez nous. Il nous apportera la moto, dès qu’elle sera belle.

Arrivée à l’appart Véro se souvient de son rendez-vous à 14h chez l’arracheuse de poils,  Elle appelle Félix pour lui demander combien de temps  il pense que cela va prendre. Il dit que ce sera plus vers 18, 19h qu’il apportera la moto, c’est sûr qu’elle va être propre.

Tout est toujours un peu long à se mettre en route mais en fin de compte ça fini par marcher.

On va déjeuner à l’Aristo. C’est toujours assez bon Véro se prend du poulet au citron avec de la ratatouille, et moi l’habituel fish tika en souvenir de Dylan et Géraldine qui venaient là pour manger ce plat.

L’autre cliente est une parisienne, kiné à Montmartre, accent parisien authentique. Elle parraine un enfant et elle est venu pour voir comment ça se passait.
Elle nous raconte son expérience de Pondy et nous demande des renseignements que nous lui donnons volontiers.

Je dépose Véro chez la retireuse de poils et je vais à la City Bank pour retirer de l’argent pour payer la location de la moto pendant le mois de janvier.
Je demande comme d’habitude 40000 roupies pour avoir moins de frais bancaires en retirant le plus petit nombre de fois possible.

Mais la machine refuse de me donner 40000, refuse 30000, refuse 20000, accepte 10000. L’inconvénient c’est que je paie à chaque fois des frais à mon bankster, le Crédit Mutuel.

Depuis juillet 2011 la banque de l’Inde équivalent de la banque de France a demandé aux banques indiennes de ne plus délivrer de somme supérieure à 10000 roupies dans les distributeurs. Le responsable de la banque me montre le texte, rien à dire.

Je reviens à la maison et puis retourne chercher Véro. On en profite pour faire les courses qui nous manquent au Nilgiris et l’on revient pour attendre F&D qui doivent nous rejoindre à l’appartement pour un tour sur la promenade Goubert.
On s’arrête chez le petit cordonnier, Véro lui a rapporté des chaussures qu’il lui a faites l’an dernier et dont la semelle c’est complètement fendue, il s’excuse. Puis on lui donne un modèle en plastique d’une housse de Kindle qu’il va reproduire en cuir. Il est très content de ce travail, il adore faire ça. Ce sera prêt mercredi prochain.

Lorsque nous arrivons dans la rue Candappa, nous croisons Raj l’ancien voisin du dessous qui arrête sa Bullet pour nous saluer, nous arrêtons le scoot, « happy new year » en se serrant la main et en se regardant droit dans le yeux. Il nous demande depuis quand nous sommes là ? Il nous apprend avec une grande fierté, que sa fille est devenue « Big girl ». Je me rappelle bien cette « merdeuse » qui nous croisait sans jamais nous dire bonjour et qu’une boniche emmenait en mob au Lycée Indien. On le félicite chaleureusement. Heureusement que nous connaissons ce phénomène pour avoir été invité à une « Big girl party » au Sri Lanka. C’est l’apparition des première règles chez une jeune fille. On fait une belle fête pour dire qu’elle est bonne à marier et la qualité de la fête présume de la qualité du mariage et de la dot.. On imagine la même fête en France et cela nous fait rire. R veut nous inviter dans sa nouvelle maison qui est aussi rue Candappa un peu plus haut et qui fait 5 étages de merde au lieu d’une superbe maison tamoule. Il va nous appeler un de ces jours.

Nous arrivons au pied de l’appart et devant le portail c’est J qui nous interpelle gentiment. C’est un prof de Français à Mayotte que nous avions déjà rencontré l’an dernier et qui est le locataire qui remplace Raj et sa famille, du coup c’est plus calme. C’est un bavard, il est en vacances à Pondy pour voir ses parents et dont la mère a des problèmes de santé. Il nous refait l’histoire de Pondy qu’il a découvert en 1966 après avoir vécu en France. Il se désole des maisons de merde qu’il voit se construire au dépend de la vieille ville.
On arrive à s’en arracher, il est tellement sympa qu’on y passerait l’après mdi.
On se pose enfin et on attend longuement et on s’étonne que F&D n’arrive toujours pas.
L’heure passe.
Au bout d’une heure j’ouvre la fenêtre du balcon qui donne sur la rue et je les vois et ils me voient. Ils sont là depuis une heure et nous n’avons pas répondu à la sonnerie. On fait des essais la sonnerie  ne fonctionne plus. Parmi les 90 interrupteurs de l’appartement, nous avons éteint dans nos tâtonnements celui de la  sonnerie, on le remet en route et Véro le scotche pour que l’aventure ne se reproduise plus.

Du coup ils ont eu de temps de discuter avec AS notre proprio qui leur dit que nous ne sommes pas là, et ils n’osent pas monter pour frapper à la porte. Le proprio leur dit tout le bien qu’il pense de nous et qu’il serait prêt à nous aider si nous souhaitions nous installer en Inde.
Ça fait plaisir de savoir çà après tout le mal qu’on dit sur nous de la France jusqu’au Sri Lanka.


Il est tard et nous filons sur la promenade Goubert que nous remontons jusqu’à la statue de Gandhi. Véro fait des photos, nous montons sur la terrasse du café de la promenade.

Puis nous allons au Promenade voir l’expo d’aquarelle, pas terrible du tout aux dires des connaisseurs.

Nous traversons le parc Barathi et empruntons la rue qui conduit au temple de Ganesh. C’est un bon moment de découverte et d’émotion pour F&D. Lakshmi l’éléphante nous regarde de ses yeux terriblement humains.

On retourne chez le loueur de moto mais il est déjà parti, il sera là demain à partir de 7h30.
Véro emmène F&D au magasin de beaux arts et moi je retourne à l’appart car il est déjà 19h15.

Bien sûr à 19h30 il n’y a toujours personne. Je décide de prendre le scoot et d’aller chez Félix. Là je découvre que la moto est sous forme de squelette. Je lui dis à demain mais non il veut nous la donner ce soir à 21h.

Je retourne rejoindre les autres qui ont voulu dévaliser le magasin beau arts et sont passés au Saratha en face de l’Aristo.

On dîne à l’Aristo sur la terrasse et à 21h30 coup de fil de Félix la moto est prête.
Je fonce chez lui .
Je repars avec. Elle marche si on fait abstraction qu’en première, j’ai l’impression de démarrer en 4ème. Horreur tout à coup en écrivant cela j’ai l’impression qu’effectivement je démarrais en 4ème, du coup je ne sais plus, en principe en France j’appuie sur le levier pour passer la première et ici je dois faire le contraire monter le levier pour passer en première et descendre pour passer les vitesses. A mon avis demain dans le bon sens ça devrait mieux marcher.
Je dois être fatigué pour faire ça…

Je reviens à l’Aristo et je retrouve tout le monde qui me demande alors comment elle marche. Pb sur les vitesses je viens sans doute de trouver la cause, le frein avant marche bien s’il n’est pas nécessaire d’arrêter la moto, mais seulement de la ralentir. Le frein arrière lui évidemment bloque la roue si on s’en sert pour freiner. De toute façon ici le secret de la conduite c’est de ne jamais s’arrêter.

Je reconduis chacun à tour de rôle dans ses appartements et on se reverra demain au petit dèj pour aller ensuite louer une moto pour F&D. Programme apprentissage de la conduite en moto pour D en allant à Auroville par l’intérieur.

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