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| L'Indian Coffe House |
Pas de problème de toux cette
nuit, j'ai mis beaucoup de temps pour m'endormir.
Pas de problème de bruits de pompe à eau.
Ce matin à 4h30 j'entends Antoine qui se jette de l'eau dans
sa salle de bain.
Je me rendors.
A 6h le jour me réveille et Véro est aussi réveillée par la lumière
ce qui ne semble pas être
incompatible pour une photographe.
Je prépare
la table du petit déjeuner
avant d'aller chercher le pain parce que c'est trop tôt, Hot Bread n'ouvre qu'à 7h.
En sortant je vois devant la maison
une grosse Mercedes break immatriculée
dans le Karnataka qui essaye de se garer et qui est gênée
par le scoot d'Antoine.
Pour changer je vais par le quai
d'Ambour, je vois ainsi les choses dans l'autre sens, ce n'est pas très différent sauf que la circulation des bus, tempos,
auto-rickshaws m'arrivent dans le dos et ça
ce n'est pas très
confortable.
Devant moi un Indien marche un bonnet
sur la tête, j'arrive à sa hauteur, il se frotte les
yeux avec un mouchoir en tissus sale, puis se mouche, puis crache sur le sol.
Au niveau de l'arrêt de bus juste après la rue Saint Ange un bus me frôle puis s'arrête, une femme descend.
En passant devant je constate que la
station service de l'Ashram est fermée
par des barrières comme
celle des voies ferrées.
Aucun client, aucun signe de vie. Hier en discutant pendant notre déjeuner on a su qu'à l'Ashram c'était l'Omerta, interdiction
d'aborder le problème des
suicidées.
Bouses écrasées au passage de la rue Ranga
Pillai.
Ce matin il n'y a pas de touristes au
Hot Bread, il est 7h05, beaucoup trop tôt.
Je me fais faire les gros yeux par le
caissier parce que je n'ai qu'un billet de 500 roupies pour payer 40 roupies de
pain. Il daigne quand même
me rendre la monnaie. Ici comme en France il faut toujours avoir l’appoint.
Ce doit être ce qu'il y de
pire pour un boulanger, un client sans l'appoint.
Au retour je passe par la Rue Ranga
Pillai, puis rue Canteen. Ce qui est agréable
dans cette rue c'est qu'il y flotte toujours une odeur de pain en train de cuire.
Il y a un fabricant de pains et de pâtisserie
qui est installé là.
Je prends la rue Saint Ange pour
passer devant la cathédrale
et voir, compte tenu des fêtes,
s'il s'il y a des manifestations. C'est
calme presque pas de mendiants.
Sur les trottoirs en face les
vendeurs et vendeuses de santons s'éveillent,
ils dorment là, à côté
de leur stock de marchandises.
Devant le magasin aux Pères Noël qui est encore fermé
à cette heure, un clochard roule son petit matelas, avant de changer
d'endroit.
Presque en face, rue Sainte Thérèse
deux enfants se sont réveillés, ils sont sur des tapis et des
couvertures, les parents ont dû aller chercher de la nourriture.
Les gens se réveillent aussi rue Petit Canal, l'activité reprend doucement.
Le marchand de lait rue Montorsier
est assis sur son trottoir, il est seul.
Rue Candappa un tracteur benne sans
femmes autour pour ramasser les ordures, c'est le conducteur du tracteur qui
s'en charge tout seul.
La Mercedes du Karnataka a réussi à se garer.
On petit déjeune.
Mauvais nouvelle sur Internet, Véro a envoyé un CD par la poste d'Aucamville
à Mirepoix ça fait un mois et il n'est pas
encore arrivé. C'est la
deuxième fois que du
courrier se perd.
Véro
essaye de renvoyer par mail tout ce qu'il y avait sur le CD.
Je crois qu'elle y est arrivée, il ne reste plus qu'en face
la réception se fasse.
Après
étendage d'une lessive sur
le "Tancarville" sur le balcon, il est 10h et l'on décide de commencer la journée.
On est lundi matin et il ne faut
surtout pas commencer trop tôt,
les autres jours aussi d'ailleurs.
Véro
monte sur la moto avec 37 aquarelles et deux cadres de 50/50 avec le verre. J'accroche
au guidon le sac contenant le repassage. Ici avec une moto on peut tout
transporter. On a vu des transports à
moto de centaines d'oeufs ou de dizaines de pack d'eau.
On part et on va tout de suite voir
le repasseur à l'angle de
la rue Montorsier et Elliaiaman Kovil. On passe devant la maison du ministre ou
ancien ministre, je ne sais plus depuis les dernières
élections de mai 2014, ce
qui est sûr c'est qu'il y a
toujours beaucoup de forces de l'ordre armées
dans la rue en face de la maison.
Le repasseur n'est pas là, il est seulement 10h10. On hésite avec notre chargement à aller reposer le sac de
repassage. Finalement, comme ça
ne se passe pas mal, on décide
de continuer pour aller chez l'encadreur qui nous attend ce matin.
Rue Laporte, traversée de MG road puis rue Barathi
jusque chez l'encadreur. Il n'est pas là,
sa boutique est encore fermée.
Les gens des boutiques voisinent disent
qu'il va arriver.
Comme on a aucune idée du temps qui va s'écouler avant son arrivée, on décide revenir à
l'appart, poser tout ça,
faire les courses à Pothys,
dont on est sûr de
l'ouverture et revenir un peu plus tard chez le repasseur et chez l'encadreur.
Il y a trop de monde dans cette rue
Barathi pour que j'envisage de faire demi-tour avec notre chargement.
Rue Ranga Pillai puis la rue Sinna
Subraya Pillai qu'on remonte jusqu'à
l'intersection avec la rue Montorsier
Rue Montorsier, franchissement de la
rue Barathi puis de MG road, et on constate que le repasseur n'est toujours pas
là. Quelqu'un qui est
proche de sa carriole planche à repasser
nous dit qu'il sera là demain.
On prend cette information pour
argent comptant, de toute façon
on n'a pas le choix.
Rue Elliaiaman Kovil et rue Candappa.
On est revenus à notre point de départ et on n'a encore rien fait.
La journée commence fort.
On pose les aquarelles dans le hall
ainsi que le sac d'affaires à repasser.
Nous repartons pour Pothys. Je vais
chercher la rue Sainte Thérèse et après c'est tout droit. C'est l’avantage de ces
villes construites avec des rues perpendiculaires, il suffit de prendre la
bonne rue et on traverse la ville.
Je gare la moto dans le garage de
Pothys, à cette heure qui
n'est pourtant plus matinale, il n'y a personne et presque toutes les places
sont disponibles.
On monte dans les étages par l'Escalator parce que
Véro veut prendre des
serviettes à mains. C'est
au troisième étage.
Le vendeur est heureux de voir une cliente
à cette heure matinale et
est prêt à nous sortir toutes ses piles de
serviettes et il y en a des centaines. Véro
sait ce qu'elle veut, c'est un tissu en nid d'abeilles.
Une fois la qualité du tissu déterminée, le vendeur peut encore nous sortir des dizaines
de piles de serviettes ayant cette qualité.
Mais le choix est vite fait, Véro ne l'occupe pas très longtemps.
On monte à l'étage
alimentaire pour prendre du beurre, du thé
et une pile pour le réveil
que Véro a acheté
hier au Sunday Market et que le marchand lui a vendu sans pile.
On règle,
au troisième on récupère nos serviettes. On charge le tout dans les
sacoches de la moto.
Comme on n'est pas loin on décide de passer chez Félix pour lui donner une
photocopie de mon passeport et je veux aussi lui parler d'un problème que j'ai constaté samedi en allant à Auroville.
C'est ouvert, on jette un coup d'oeil
dans le garage, il n'y a personne bien que toutes les motos soient sorties dans
la rue. Parmi elles Félix a
aussi de belles motos Java qui ont aussi un look intéressant.
On n'attend pas à cause du beurre qui fond dans
la sacoche. On reprend la rue Barathi et on passe devant la boutique de
l'encadreur. C'est ouvert et il est là.
On retourne à l'appart en prenant cette fois la rue
Candappa au bout de la rue Barathi.
Je monte nos courses dans l'appart et
mets le beurre dans le frigo.
On refait notre chargement, le sac
d'affaires à repasser en
moins. Les aquarelles et les cadres sont
coincés entre nous.
Rue Candappa jusqu'à la rue Barathi et arrivée chez l'encadreur.
Véro
lui explique à lui et à son employé ce qu'elle souhaite. Ils
semblent comprendre. Elle a confiance parce qu'elle s'est rendue compte depuis
le temps qu'ils sont intelligents. Toutefois elle laisse son numéro de téléphone
pour le cas où ils auraient
une interrogation.
On retourne chez Félix qui est là cette fois.
Il prend la photocopie de mon
passeport et on essaye de lui expliquer ce que j'ai ressenti, c'est à dire par exemple : en route
lorsque je roule sur ma 4ème,
si je veux accélérer
d'un coup, le moteur s'étouffe.
Il fait un essai et m'explique au retour que c'est parce que je ne suis pas
dans le bon régime et que
dans ce cas il faut rétrograder.
Ce n'est pas du tout ça, mais je ne peux pas lui
expliquer davantage et je pense en effet que ce n'est pas catastrophique,
puisque c'est une situation qui ne devrait pas se produire souvent, dans la
mesure où l'accélération
rapide n'est pas une pratique courante sur ce genre de moto. Je réessayerai quand même pour être plus précis
dans mes explications de façon
a en avoir le coeur net pour partir pour Hampi en janvier.
Il est 11h30. La matinée est passée à
toute vitesse.
On descend la rue de Félix en direction du canal, puis
on remonte le quai de Cingee et je tourne à
gauche rue Ranga Pillai pour aller à
la poste. Je gare la moto au début
de la rue du temple de Ganesh.
Il y a la queue pour les timbres. Il
faut surveiller les Indiens qui arrivent après
nous, pour qu'ils fassent bien la queue, ils ont tendance à aller directement au guichet,
mais heureusement à part
nous ce ne sont que des Indiens dans la queue. Il faut aussi ne pas laisser
d'espace et se coller au précédent, sinon quelqu'un vient se
loger dans l'espace et nous passe devant sans scrupule. On sent bien dans le regard
qu'ils nous jettent qu'ils voient qu'on a
compris leur pratique et mécontents
ils reculent pour prendre la queue.
C'est toujours la même demoiselle des postes, très imbue de sa fonction, et très sûre de son pouvoir.
Il ne faut pas la mécontenter,
avoir l'appoint. Pour une carte c'est 15 roupies de timbres. Il faut trois
timbres par carte pour faire ce montant.
Nous repartons avec nos cartes et nos
timbres, parce que c'est dehors dans l'espace jardinet que se trouve sur une
table haute, la bassine à colle
blanche ou tout le monde vient pour coller ses timbres. Véro est rodée, elle ramasse une petite tige
de bois pour ne pas avoir à mettre
ses doigts dans la colle, elle enduit l'espace prévu
pour les timbres et elle colle ces derniers. Elle enlève le peu de colle qui ressort. Il faut répéter
l'opération pour chaque
carte. Ensuite c'est à l'extérieur que se trouve la grande boîte cylindrique rouge dans
laquelle on glisse les cartes par une fente dissimulée sous une sorte de visière pour casquette.
Il est midi.
Véro
me dit que nous pourrions aller déjeuner
à l'Indian Coffee.
La moto me fait des siennes, j'ai des
difficultés à
la mettre en route. La Bullet a toujours ce caractère qui fait que rien n'est
jamais gagné. Je n'arrive
plus à sentir le moment ou
elle va vouloir démarrer et elle ne démarre
pas. Je la mets sur la béquille
centrale, même phénomène. J'arrête,
j'attends un peu et là elle
accepte de démarrer.
On gare la moto dans la rue Ambalati
Adaiyar Madam, à l'angle
avec la rue Canteen. Ce n'est pas la peine d'aller dans la rue Nehru parce que
maintenant le stationnement est réservé aux voitures. Et les rues
adjacentes servent de parking pour les motos.
On traverse à pied Mission Street et ensuite Nehru Street. Dans
la salle de l'Indian Coffee il n'y a qu'une table libre, très à
l'intérieur de la pièce.
On s'y installe et puis Véro voit une table qui se libère au milieu de la salle.
On y va.
Enfin une table se libère près de la rue, on s'y précipite. Les serveurs n'ont pas le temps de nous suivre
d'autant que les tables sont attribuées
au service par rangées
perpendiculaire à la rue et
à chacun de nos déplacements on change de rangée donc de serveur.
Véro
a son idée, elle veut faire
des photos de la salle et des clients.
Après
examen du menu on arrive à la
conclusion qu'il vaut mieux prendre comme la dernière fois un Vegetable Biryani.
Malgré
tout les plats proposés
sur le menu on en arrive toujours à
commander ce qu'il y de plus simple.
Cela n'a pas d'importance car on a constaté la dernière fois que c'était
bon et très digeste,
Le restau a ouvert en avril 2014,
mais on dirait que la salle et la déco
ont au moins 10 ans d'âge.
On récupère et la moto qui démarre au quart de tour.
On revient à l'appart pour nous reposer un peu.
Puis Véro
bosse sur ses photos et moi sur le blog.
Vers 16h on décide
d'aller boire un lassi au Daily Bread.
On passe par la rue Mission, puis Ranga Pillai enfin le quai
d'Ambour. Le Daily Bread est juste à
côté du Hot Bread.
Devant nous sort du Bon Bake un
occidental bien sous tous rapports, mais qui marche pieds nus sur le quai qui
est souvent le matin tapissés de
merde.
Malgré
la présence sur la
carte du Daily Bread de Lassi et de jus de fruits, il n'y en a pas.
On ressort
Au pied de l'escalier il y a un livreur qui attend qu'on passe pour monter
depuis son triporteur à plateau
un énorme sac de farine.
On va jusqu'à la rue Nehru pour traverser le canal. On entre
dans la plus grande pâtisserie
de Pondy, Ananda Bhavan pour ses douceurs indiennes.
A l'intérieur
la surface a été doublée je ne sais comment ils ont pu faire cela.
Pas de Lassi mais des jus de fruits.
On prend chacun un jus d'ananas. On boit tranquillement assis à une table.
On retourne chez nous en passant par
la promenade Goubert en bord de mer. On passe par la rue du Bazar Saint
Laurent, puis par la rue Labourdonnais on regagne la rue Bussy qui nous ramène de l'autre côté
du canal, puis la rue Candappa et chez nous.
Dans le hall il y a Antoine qui décore un sapin, Sylvie ouvre la
porte de leur appartement dans lequel l'énorme
crèche est installée.
Ils font ça parce que ce sont les fêtes, que c'est joli, que ça leur fait plaisir parce que leurs enfants sont
loin.
Antoine nous dit qu'il est monté sur notre balcon pour nous
mettre une énorme étoile faite en carton perforé dans laquelle se glisse une
ampoule électrique pour éclairer la façade.
On attend la masseuse qui doit venir à 19h pour Véro.
Véro
a préparé les photos pour le blog ainsi
que le repas pour ce soir.
Moi j'ai avancé sur le blog.
La masseuse Lakshmi arrive en même temps que la voisine du
dessous, mais celle ci ne la laisse pas entrer, et je dois aller lui ouvrir.
Il y a maintenant un grand sapin en
plastique tout enguirlandé de
lumière et qui illumine le
hall.
Le massage terminé, Véro prépare une omelette aux
champignons et l'on dîne.
Omelette aux champignons, salade de
tomates, de concombre et d'oignons, fromage et pain, salade de fruits et fruits
de la passion.

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