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lundi 22 décembre 2014

Le lundi au soleil, c'est une chose qu'on n'aura jamais.

L'Indian Coffe House

Pas de problème de toux cette nuit, j'ai mis beaucoup de temps pour m'endormir.
Pas de problème de bruits de pompe à eau.

Ce matin à 4h30 j'entends Antoine qui se jette de l'eau dans sa salle de bain.
Je me rendors.

A 6h le jour me réveille et Véro est aussi réveillée par la lumière ce qui ne semble pas être incompatible pour une photographe.

Je prépare la table du petit déjeuner avant d'aller chercher le pain parce que c'est trop tôt, Hot Bread n'ouvre qu'à 7h.

En sortant je vois devant la maison une grosse Mercedes break immatriculée dans le Karnataka qui essaye de se garer et qui est gênée par le scoot d'Antoine.

Pour changer je vais par le quai d'Ambour, je vois ainsi les choses dans l'autre sens, ce n'est pas très différent sauf que la circulation des bus, tempos, auto-rickshaws m'arrivent dans le dos et ça ce n'est pas très confortable.

Devant moi un Indien marche un bonnet sur la tête, j'arrive à sa hauteur, il se frotte les yeux avec un mouchoir en tissus sale, puis se mouche, puis crache sur le sol.

Au niveau de l'arrêt de bus juste après la rue Saint Ange un bus me frôle puis s'arrête, une femme descend.

En passant devant je constate que la station service de l'Ashram est fermée par des barrières comme celle des voies ferrées. Aucun client, aucun signe de vie. Hier en discutant pendant notre déjeuner on a su qu'à l'Ashram c'était l'Omerta, interdiction d'aborder le problème des suicidées.

Bouses écrasées au passage de la rue Ranga Pillai.

Ce matin il n'y a pas de touristes au Hot Bread, il est 7h05, beaucoup trop tôt.

Je me fais faire les gros yeux par le caissier parce que je n'ai qu'un billet de 500 roupies pour payer 40 roupies de pain. Il daigne quand même me rendre la monnaie. Ici comme en France il faut toujours avoir l’appoint. Ce doit être ce qu'il y de pire pour un boulanger, un client sans l'appoint.

Au retour je passe par la Rue Ranga Pillai, puis rue Canteen. Ce qui est agréable dans cette rue c'est qu'il y flotte toujours une odeur de pain en train de cuire. Il y a un fabricant de pains et de pâtisserie qui est installé là.

Je prends la rue Saint Ange pour passer devant la cathédrale et voir, compte tenu des fêtes, s'il  s'il y a des manifestations. C'est calme presque pas de mendiants.

Sur les trottoirs en face les vendeurs et vendeuses de santons s'éveillent, ils dorment là, à côté de leur stock de marchandises.

Devant le magasin aux Pères Noël qui est encore fermé à cette heure, un clochard roule son petit matelas, avant de changer d'endroit.

Presque en face, rue Sainte Thérèse deux enfants se sont réveillés, ils sont sur des tapis et des couvertures, les parents ont dû aller chercher de la nourriture.

Les gens se réveillent aussi rue Petit Canal, l'activité reprend doucement.

Le marchand de lait rue Montorsier est assis sur son trottoir, il est seul.

Rue Candappa un tracteur benne sans femmes autour pour ramasser les ordures, c'est le conducteur du tracteur qui s'en charge tout seul.

La Mercedes du Karnataka a réussi à se garer.

On petit déjeune.

Mauvais nouvelle sur Internet, Véro a envoyé un CD par la poste d'Aucamville à Mirepoix ça fait un mois et il n'est pas encore arrivé. C'est la deuxième fois que du courrier se perd.
Véro essaye de renvoyer par mail tout ce qu'il y avait sur le CD.

Je crois qu'elle y est arrivée, il ne reste plus qu'en face la réception se fasse.

Après étendage d'une lessive sur le "Tancarville" sur le balcon, il est 10h et l'on décide de commencer la journée.

On est lundi matin et il ne faut surtout pas commencer trop tôt, les autres jours aussi d'ailleurs.

Véro monte sur la moto avec 37 aquarelles et  deux cadres de 50/50 avec le verre. J'accroche au guidon le sac contenant le repassage. Ici avec une moto on peut tout transporter. On a vu des transports à moto de centaines d'oeufs ou de dizaines de pack d'eau.

On part et on va tout de suite voir le repasseur à l'angle de la rue Montorsier et Elliaiaman Kovil. On passe devant la maison du ministre ou ancien ministre, je ne sais plus depuis les dernières élections de mai 2014, ce qui est sûr c'est qu'il y a toujours beaucoup de forces de l'ordre armées dans la rue en face de la maison.

Le repasseur n'est pas là, il est seulement 10h10. On hésite avec notre chargement à aller reposer le sac de repassage. Finalement, comme ça ne se passe pas mal, on décide de continuer pour aller chez l'encadreur qui nous attend ce matin.
Rue Laporte, traversée de MG road puis rue Barathi jusque chez l'encadreur. Il n'est pas là, sa boutique est encore fermée. Les gens des  boutiques voisinent disent qu'il va arriver.
Comme on a aucune idée du temps qui va s'écouler avant son arrivée, on décide revenir à l'appart, poser tout ça, faire les courses à Pothys, dont on est sûr de l'ouverture et revenir un peu plus tard chez le repasseur et chez l'encadreur.

Il y a trop de monde dans cette rue Barathi pour que j'envisage de faire demi-tour avec notre chargement.
Rue Ranga Pillai puis la rue Sinna Subraya Pillai qu'on remonte jusqu'à l'intersection avec la rue Montorsier
Rue Montorsier, franchissement de la rue Barathi puis de MG road, et on constate que le repasseur n'est toujours pas là. Quelqu'un qui est proche de sa carriole planche à repasser nous dit qu'il sera là demain.
On prend cette information pour argent comptant, de toute façon on n'a pas le choix.
Rue Elliaiaman Kovil et rue Candappa.

On est revenus à notre point de départ et on n'a encore rien fait. La journée commence fort.
On pose les aquarelles dans le hall ainsi que le sac d'affaires à repasser.

Nous repartons pour Pothys. Je vais chercher la rue Sainte Thérèse et après c'est tout droit. C'est l’avantage de ces villes construites avec des rues perpendiculaires, il suffit de prendre la bonne rue et on traverse la ville.

Je gare la moto dans le garage de Pothys, à cette heure qui n'est pourtant plus matinale, il n'y a personne et presque toutes les places sont disponibles.
On monte dans les étages par l'Escalator parce que Véro veut prendre des serviettes à mains. C'est au troisième étage.
Le vendeur est heureux de voir une cliente à cette heure matinale et est prêt à nous sortir toutes ses piles de serviettes et il y en a des centaines. Véro sait ce qu'elle veut, c'est un tissu en nid d'abeilles.
Une fois la qualité du tissu déterminée, le vendeur peut encore nous sortir des dizaines de piles de serviettes ayant cette qualité.
Mais le choix est vite fait, Véro ne l'occupe pas très longtemps.

On monte à l'étage alimentaire pour prendre du beurre, du thé et une pile pour le réveil que Véro a acheté hier au Sunday Market et que le marchand lui a vendu sans pile.

On règle, au troisième on récupère nos serviettes. On charge le tout dans les sacoches de la  moto.

Comme on n'est pas loin on décide de passer chez Félix pour lui donner une photocopie de mon passeport et je veux aussi lui parler d'un problème que j'ai constaté samedi en allant à Auroville.

C'est ouvert, on jette un coup d'oeil dans le garage, il n'y a personne bien que toutes les motos soient sorties dans la rue. Parmi elles Félix a aussi de belles motos Java qui ont aussi un look intéressant.

On n'attend pas à cause du beurre qui fond dans la sacoche. On reprend la rue Barathi et on passe devant la boutique de l'encadreur. C'est ouvert et il est là.
On retourne à l'appart en prenant cette fois la rue Candappa  au bout de la rue Barathi.

Je monte nos courses dans l'appart et mets le beurre dans le frigo.

On refait notre chargement, le sac d'affaires à repasser en moins. Les aquarelles et  les cadres sont coincés entre nous.

Rue Candappa jusqu'à la rue Barathi et arrivée chez l'encadreur.
Véro lui explique à lui et à son employé ce qu'elle souhaite. Ils semblent comprendre. Elle a confiance parce qu'elle s'est rendue compte depuis le temps qu'ils sont intelligents. Toutefois elle laisse son numéro de téléphone pour le cas où ils auraient une interrogation.


On retourne chez Félix qui est là cette fois.

Il prend la photocopie de mon passeport et on essaye de lui expliquer ce que j'ai ressenti, c'est à dire par exemple : en route lorsque je roule sur ma 4ème, si  je veux accélérer d'un coup, le moteur s'étouffe. Il fait un essai et m'explique au retour que c'est parce que je ne suis pas dans le bon régime et que dans ce cas il faut rétrograder.
Ce n'est pas du tout ça, mais je ne peux pas lui expliquer davantage et je pense en effet que ce n'est pas catastrophique, puisque c'est une situation qui ne devrait pas se produire souvent, dans la mesure où l'accélération rapide n'est pas une pratique courante sur ce genre de moto. Je réessayerai quand même pour être plus précis dans mes explications de façon a en avoir le coeur net pour partir pour Hampi en janvier.

Il est 11h30. La matinée est passée à toute vitesse.

On descend la rue de Félix en direction du canal, puis on remonte le quai de Cingee et je tourne à gauche rue Ranga Pillai pour aller à la poste. Je gare la moto au début de la rue du temple de Ganesh.

Il y a la queue pour les timbres. Il faut surveiller les Indiens qui arrivent après nous, pour qu'ils fassent bien la queue, ils ont tendance à aller directement au guichet, mais heureusement à part nous ce ne sont que des Indiens dans la queue. Il faut aussi ne pas laisser d'espace et se coller au précédent, sinon quelqu'un vient se loger dans l'espace et nous passe devant sans scrupule. On sent bien dans le regard qu'ils nous jettent qu'ils voient qu'on a  compris leur pratique et mécontents ils reculent pour prendre la queue.
C'est toujours la même demoiselle des postes, très imbue de sa fonction, et très sûre de son pouvoir.
Il ne faut pas la  mécontenter, avoir l'appoint. Pour une carte c'est 15 roupies de timbres. Il faut trois timbres par carte pour faire ce montant.
Nous repartons avec nos cartes et nos timbres, parce que c'est dehors dans l'espace jardinet que se trouve sur une table haute, la bassine à colle blanche ou tout le monde vient pour coller ses timbres. Véro est rodée, elle ramasse une petite tige de bois pour ne pas avoir à mettre ses doigts dans la colle, elle enduit l'espace prévu pour les timbres et elle colle ces derniers. Elle enlève le peu de colle qui ressort. Il faut répéter l'opération pour chaque carte. Ensuite c'est à l'extérieur que se trouve la grande boîte cylindrique rouge dans laquelle on glisse les cartes par une fente dissimulée sous une sorte de visière pour casquette.

Il est midi.

Véro me dit que nous pourrions aller déjeuner à l'Indian Coffee.

La moto me fait des siennes, j'ai des difficultés à  la mettre en route. La Bullet a toujours ce caractère qui fait que rien n'est jamais gagné. Je n'arrive plus à sentir le moment ou elle va vouloir  démarrer et elle ne démarre pas. Je la mets sur la béquille centrale, même phénomène. J'arrête, j'attends un peu et là elle accepte de démarrer.

On gare la moto dans la rue Ambalati Adaiyar Madam, à l'angle avec la rue Canteen. Ce n'est pas la peine d'aller dans la rue Nehru parce que maintenant le stationnement est réservé aux voitures. Et les rues adjacentes servent de parking pour les motos.

On traverse à pied Mission Street et ensuite Nehru Street. Dans la salle de l'Indian Coffee il n'y a qu'une table libre, très à l'intérieur de la pièce.
On s'y installe et puis Véro voit une table qui se libère au milieu de la  salle.
On y va.
Enfin une table se libère près de la rue, on s'y précipite. Les serveurs n'ont pas le temps de nous suivre d'autant que les tables sont attribuées au service par rangées perpendiculaire à la rue et à chacun de nos déplacements on change de rangée donc de serveur.

Véro a son idée, elle veut faire des photos de la salle et des clients.

Après examen du menu on arrive à la conclusion qu'il vaut mieux prendre comme la dernière fois un Vegetable Biryani.

Malgré tout les plats proposés sur le menu on en arrive toujours à commander ce qu'il y de plus simple.

Cela n'a pas d'importance car on a constaté la dernière fois que c'était bon et très digeste,

Le restau a ouvert en avril 2014, mais on dirait que la salle et la déco ont au moins 10 ans d'âge.

On récupère et la moto qui démarre au quart de tour.
On revient à l'appart pour nous reposer un peu.

Puis Véro bosse sur ses photos et moi sur le blog.

Vers 16h  on décide d'aller boire  un lassi au Daily Bread.

On passe par la rue  Mission, puis Ranga Pillai enfin le quai d'Ambour. Le Daily Bread est juste à côté du Hot Bread.
Devant nous sort du Bon Bake un occidental bien sous tous rapports, mais qui marche pieds nus sur le quai qui est souvent le matin tapissés de merde.

Malgré la présence sur la carte du Daily Bread de Lassi et de jus de fruits, il n'y en a pas.

On ressort
Au pied de l'escalier il y a un  livreur qui attend qu'on passe pour monter depuis son triporteur à plateau un énorme sac de farine.
On va jusqu'à la rue Nehru pour traverser le canal. On entre dans la plus grande pâtisserie de Pondy, Ananda Bhavan pour ses douceurs indiennes.
A l'intérieur la surface a été doublée je ne sais comment ils ont pu faire cela.
Pas de Lassi mais des jus de fruits. On prend chacun un jus d'ananas. On boit tranquillement assis à une table.

On retourne chez nous en passant par la promenade Goubert en bord de mer. On passe par la rue du Bazar Saint Laurent, puis par la rue Labourdonnais on regagne la rue Bussy qui nous ramène de l'autre côté du canal, puis la rue Candappa et chez nous.

Dans le hall il y a Antoine qui décore un sapin, Sylvie ouvre la porte de leur appartement dans lequel l'énorme crèche est installée.
Ils font ça parce que ce sont les fêtes, que c'est joli, que ça leur fait plaisir parce que leurs enfants sont loin.
Antoine nous dit qu'il est monté sur notre balcon pour nous mettre une énorme étoile faite en carton perforé dans laquelle se glisse une ampoule électrique pour éclairer la façade.

On attend la masseuse qui doit venir à 19h pour Véro.

Véro a préparé les photos pour le blog ainsi que le repas pour ce soir.

Moi j'ai avancé sur le blog.

La masseuse Lakshmi arrive en même temps que la voisine du dessous, mais celle ci ne la laisse pas entrer, et je dois aller lui ouvrir.
Il y a maintenant un grand sapin en plastique tout enguirlandé de lumière et qui illumine le hall.

Le massage terminé, Véro  prépare une omelette aux champignons et l'on dîne.

Omelette aux champignons, salade de tomates, de concombre et d'oignons, fromage et pain, salade de fruits et fruits de la passion.


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