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mardi 23 décembre 2014

"Ain't no sunshine" (ou si peu)

Serenity beach

La meilleure nuit depuis notre arrivée.
Pas de bruit la nuit, à 4h30 j'entends Antoine qui s'asperge d'eau pour se réveiller, puis à 5h les cloches à fond la caisse on n'est pas loin de la cathédrale et c'est bientôt Noël.
Puis les coqs et les corbeaux.
Enfin le jour qui envahit la chambre, nous dormons quand même jusqu'à 8h.

Je descends et je trouve Antoine qui est dans le hall. On se salue amicalement et je file.

Dans le rue il y a déjà dessinés les kolams du matin, pour l'instant ce sont les kolams ordinaires c'est à dire blancs.

Rue Mission le marchand de lait est là, les poubelles en rond de ciment ont été vidées, la circulation est dense, c'est l'heure des écoliers qui arrivent à l'école de filles et à celle de garçons. Ce sont des écoles indiennes et les enfants ne sont pas en vacances comme ceux du lycée français.
Les marchands d'articles de décorations de Noëls qui se sont installés rue Mission sont en train d'ouvrir leur boutique.

Un troupeau de vaches va dans la direction opposée à la mienne.

Les marchands de santons qui ne se mélangent pas avec ceux de déco ont déjà déballé leurs marchandises. On trouve chez eux tout ce qu'il faut pour la crèche. A côté d'eux des artisans construisent des crèches avec du bois et de la paille.

Devant la cathédrale un homme passe en scoot et fait son signe de croix. Il passe et repasse plusieurs fois et part par la rue Needarajapayar.

Toujours autant d'écoliers et d'écolières qui se rendent à leurs cours.

Des bouses rue Ranga Pillai, les choses redeviennent normales. Un camion de livraison est arrêté devant le magasin de fruits et légumes.

Des touristes prennent des photos du quai d'Ambour. Devant Hot Bread ils prennent les pancartes qui détaillent les produits disponibles à l''intérieur. A l'intérieur justement un autre touriste photographie les croissants.

Il y a une file qui va jusqu'à la porte. Je passe devant tout le monde avec autorité car les touristes sont là pour prendre leur petit déjeuner alors que je viens chercher mon pain.

A la caisse un chauffeur explique à un couple de touriste que c'est là qu'il faut régler.

Depuis quelques jours il y a une aide caissière qui se tient à côté du caissier en titre. Lui frappe les prix et elle prend les billets et rend la monnaie.

Le responsable a dans la poche de sa chemise une étiquette qui dépasse et sur laquelle je lis : "minced pie" peut- être se prend-il pour une tartelette de Noël.

Je sors.

Retour, devant le Cottage un clochard qui semble avoir passé sa nuit là, prend son petit déjeuner.

Ce matin la station service de l'Ashram et ouverte et tout semble normal.

Près de l'arrêt de bus il y a depuis quelques jours un clochard allongé, il est jeune, cheveux longs et barbe on dirait un jésus abandonné avant de mourir.

Des bus, des tempos posent leur flot de passagers les uns vont au boulot, les autres traversent le canal et prennent la direction de l'hôpital.

Je tourne rue Sainte Ange, une marchande de fleurs pour les offrandes s'est installée à même le sol. Des ribambelles d'écolières marchent en  direction de la cathédrale.
Je prends la rue Capitaine Marius Xavier. Au niveau des toilettes publiques toujours des gens qui se brossent les dents, autour du point d'eau.

A l’angle de la rue Laporte, le troupeau de vaches de tout à l'heure mange dans la poubelle en rond de ciment qui déborde encore de détritus.

J'oublie chaque jour de parler de ce qu'on entend en marchant, une sorte de cliquetis qui est dû aux nouvelles arrivées d'eau potable fournie par le gouvernement.

Rue Candappa, Petit Déjeuner.



Ce matin on va au marché Goubert pour acheter des gambas pour ce soir.
On y va vers 10h et on donne au repasseur qui est là aujourd'hui, le linge à repasser. Pendant un trimestre il va avoir un revenu supplémentaire, d'autant qu'il nous prend plus cher qu'aux habitants.

Je prends la rue Mission pour prendre la rue Ranga Pillai dans le bon sens et pouvoir garer la moto.

De là on se rend à pied à l'entrée poissonnerie du marché.

Véro sort son appareil juste là où l'odeur nous dit que nous sommes bien au marché de poissons. Des hommes assis dans ce passage veulent qu'elle les prenne en photos, ce qu'elle fait. Je me rends compte alors qu'ils sont assis au pied d'un escalier qui me semble monter à un étage qui domine le  marché aux poissons.

On va vers notre marchande habituelle. Je ne sais si elle nous reconnaît, mais nous on la reconnaît bien. Dès qu'on a les gambas dans un sac, une autre femme nous demande si on veut  qu'elle les décortique et les nettoie.  Je lui dis non parce que Véro tient à se charger de ce travail pour être sûr que les bêtes sont très bien nettoyées.

Véro fait quelques photos et comme il n'y a pas beaucoup de touristes, les poissonnières acceptent sans problème. Certaines fois elles se sont montrées agressives avec les photographes,  ce qu'on peut comprendre.

Puis en repassant vers la sortie, je demande aux hommes que Véro a photographiés si l'on peut monter par l'escalier qui est derrière eux.
Pas de problème.
Dans l'escalier un homme est en train de rajuster son sarong, il pensait être tranquille, mais Véro n'hésite pas à le photographier, ça le fait rire.

L'escalier mène à des magasins  qui donnent sur MG road et de l'autre côté on arrive sur une terrasse qui domine tout le marché Goubert. En fait on voit toutes les terrasses et la tour de l'horloge sans rien pour la dissimuler.

On fait le tour. Peu d'endroits permettent de photographier le marché d'en haut. Et lorsque c'est possible d'énormes poutres en ciment limitent la vision.

On ressort du marché et on retourne à l'appart pour poser les gambas dans le frigo.

On avait aussi prévu de passer à l'Alliance Française pour prendre une carte de membre pour trois mois.
A l'accueil, les employés nous retrouvent dans la mémoire de l'informatique et finalement on n'a rien à remplir, juste à signer le document pour cette année.
Un organisme de culture française sans paperasserie.  Il ne demande même plus de photo pour une carte d'adhérent qu'il ne nous donne jamais.
Le directeur a changé.
On passe ensuite à la comptabilité pour payer quand même 700 roupies de cotisations.

Puis on va à la bibliothèque où il faut laisser 600 roupies de caution pour le cas où l'on ne ramènerait pas les ouvrages empruntés.
Enfin on se renseigne pour l'affichage pour l'expo de Véro, c'est 150 euros la semaine.
On peut se demander  pourquoi on est adhérent s'il faut tout payer.

Véro prend deux livres dont un livre d'un auteur Indien qu'elle n'a pas lu.

On revient et on s'arrête rue Mission devant une boutique qui vend des fournitures pour passer un bon Noël. L'idée de Véro est de nous prendre avec le père Noël pour faire une photo de Noël sous les tropiques.
Mais aujourd'hui les deux pères Noël ne sont plus devant la boutique.
On entre pour demander des explications. Les Pères Noël sont aujourd'hui devant un magasin de fringues qui est rue Nehru à  l'angle avec la rue Canteen en face du Red Lotus.

On y va. Le patron nous prend en photo avec le père Noël. Malheureusement et on s'en aperçoit de retour à l'appart il n'a pas pris une photo mais une vidéo trop courte pour pouvoir l'utiliser. Tant pis on retournera demain au magasin rue Mission où les pères Noël doivent revenir.

On déjeune au Surguru, d'un thali classique qui est très bon. Ce ne sont pas les mêmes occidentaux ici que ceux qui fréquent l'Indian Coffee. Ici on est dans la classe supérieure pour les Indiens et pour les Occidentaux, pas de babs.

Un couple de français avec leurs deux grandes filles s'installent près de nous et le serveur leur conseille de prendre la même chose que nous.
Ils sont  perdus devant leur plat rond contenant une douzaine de petit pots métalliques. On leur explique que parmi ces pots il y en a deux qui peuvent servir de dessert et qu'il faut les trouver et avant de commencer ils doivent attendre qu'on leur apporte du riz blanc.

On sort et Véro veut passer à  Fabindia, pour voir ce qu'il y a de nouveau cette année.  C'est une grande chaîne indienne pour les gens fortunés, et ce qu'ils présentent est plus destiné aux Indiens qu'aux Occidentaux.

On revient à l'appart pour boire un café et nous reposer. On revient toujours à l'appart pour le café car "l'expresso" indien est une tasse de café au lait trop sucré.

Vers 15h30, le temps n'est pas terrible. Je propose à Véro d'aller à Serenity Beach, la plage de Pondy.
On passe par les petites rues et par le quartier musulman.

Sur la plage qui est encore en grande partie une plage de pêcheurs il y a deux nouveaux bâtiments "La Hutte Royale" sur la droite. L'établissement est récent et on se pose même la question de savoir s'il est ouvert.
Sur la gauche, juste avant le Bodhy Cafe il y a une nouvelle terrasse et l'établissement s'appelle Theevu Plage.

On se balade sur Serenity Beach, il y a toujours de chaque côté les panneaux rouges d'interdiction de se baigner.
Il y a beaucoup d'Occidentaux, des surfeurs et des baigneurs. Les gens ne savent pas que l'Océan Indien est terriblement dangereux et ce danger s'est accru depuis le tsunami de 2004.
On change de plage et on passe sur celle qui est un peu plus au Nord. Sur celle-ci il n'y a que des pêcheurs. Sur le sable des crottes humaines en bordure d'eau, révèlent qu'effectivement cette plage est réservée aux habitants.

Sur le bord les barrières protègent un terrain au-dessus de la plage. Ce terrain appartient à Auroville. Des bungalows énormes, blancs et ayant la forme d'Igloos ont été construits et réservés aux Aurovilliens.
On va jusqu'au village suivant, puis on revient sur nos pas. Le temps devient de plus en plus noir.

Au retour on s'arrête pour boire un coup au Theevu Plage qu'on ne connaît pas. Nous remarquons que pour ce qui est des prix on est dans les tarifs des plus grands restaurants de Pondy.
On commande deux lemon juice à 60 roupies l'un TTC c'est bien précisé sur la carte. Sur la facture les deux fois soixante deviennent 130 roupies et la carte a disparu évidemment. Il n'y a pas de petits bénéfices.

Deux femmes parisiennes un homme et un chauffeur, font un numéro de connaisseurs en précisant que Sernity Beach est beaucoup plus authentique qu'Agadir.
Une des filles qui veut s'assurer qu'on l'écoute bien montre au chauffeur où se trouve le restaurant Seagul qui est dit-elle un lieu incontournable parce que sa terrasse donne directement sur l'Océan Indien et c'est le seul restaurant de Pondy qui offre cela.
Tout ça est vrai sauf que ce restau est un rendez vous de pochetrons Indiens qui viennent y boire des bières. La cuisine est extraordinairement médiocre, et si on n'a pas de place sur la terrasse qui est petite et que les habitués occupent, on se retrouve dans une pièce sinistre au rez de chaussée.
On souhaite bon courage à la belle.

Retour à Pondy en passant par le marchand de légumes et de fruits de la rue Ranga Pillai.

A l'appart Antoine a déroulé de longues guirlandes électriques le long de la façade pour ce soir et pour la nuit de Noël.

Abel appelle pour demander des conseils pour la rédaction en français de son invitation  pour sa crémaillère du 25 janvier.
Lorsqu'elle raccroche véro me dit consternée, ce que je lui avais déjà dit, mais elle ne m'avait pas cru, la cérémonie se déroulera à 7h du matin.

Ce soir Gambas, aubergines, salades de fruits.

C'est beaucoup de boulot pour un moment de plaisir bien bref mais délicieux.

 Les photos du jour sont ici

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