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dimanche 21 décembre 2014

Kirty et Sunday market

Chez Kirty

C'est juste de l'illustration pour le blog. Le temps sans lumière est désespérant pour faire des photos.


Encore une mauvaise nuit pour moi, mais cette fois le problème est plus dû à un bruit extérieur comme un bruit de pompe à eau qui se mettrait en route pendant 5mn et s'arrêterait pendant 5 mn et cela de minuit à 3h du matin.

Véro a pu s'endormir, pour moi c'est cuit. Je m'installe sur le canapé du salon mais je suis trop mal pour dormir et à force je n'ai plus sommeil.

Ce matin c'est Véro qui se réveille la première alors que moi je dormirais bien encore un peu. Elle est parée contre le bruit, mais ne supporte pas la lumière du jour dès l'aube.
Comme on est deux chacun supporte son truc.

Je vais au pain.

Le ciel est toujours couvert et il fait frais : 22°. C'est l'hiver.
Les Pondichériens que je croise sont emballés dans des pulls, surtout des polaires. Ils portent bonnet ou fichus et certains ont aussi des protèges oreilles, sortes de serre tête qu'ils portent sur la nuque.

Le marchand de lait est seul ce matin.

La poubelle de la rue Montorsier déborde sur la rue.

Rue petit canal on se réveille seulement.

Devant la cathédrale beaucoup de mendiants et de mendiantes, aujourd'hui je ne les intéresse pas parce que les dévots vont certainement faire preuve de générosité en ce dimanche qui précède Noël s'ils veulent s'acheter une bonne conduite pour cette année qui s'achève.
Les trimestres de charité validés leur donneront certainement au Paradis une place de choix. Comme pour les retraites, les plus riches bénéficieront de plus de confort.

Rue Ranga Pillai étonnamment propre, toujours cette odeur d'écurie à l'arrivée sur le quai.

Au cool cat les consommateurs sont plongés dans la presse du jour, peut-être y a-t-il du neuf en ce qui concerne l'Ashram.

Au Hot Bread ils sont là, par groupes ou en famille, par couples ou seuls, les touristes de Noël. La boutique est pleine. Chacun se serre pour faire de la place parce qu'une partie de la salle est envahie par des tables sur lesquelles sont posés des quantités de Christmas Cakes emballés.

Je reviens par le quai d'Ambour. Sur ce quai, en face du  Lycée Français qui est fermé depuis vendredi pour cause de vacances scolaires, il y a garé un grand van sur lequel il y a l'inscription "Vijay Ciné Films". Je vois aussi sur le pont qui enjambe le canal rue Surcouf qu'il y a une sorte de grue sans flèche comme pour filmer de haut. Et plus loin je vois rue Surcouf devant le mur de  côté du Lycée Français en face du restaurant Io, qui semble être fermé cette année, toute une équipe de tournage, acteurs et figurants.

Je prends la rue Surcouf dans le sens opposé pour rejoindre la rue du Capitaine Marius Xavier.

La rue est très propre devant la belle maison, je vois le gardien revenir avec un énorme bidon bleu qui doit servir de poubelle et qu'il vient de porter au tracteur benne qui officie au bout de la rue juste avant la rue Candappa.
Le conducteur du tracteur semble toujours organiser le travail de son équipe de femmes nettoyeuses de rue.

Je prépare le petit dèj.
Ce matin on finit le yaourt en pot et les fruits. Il faut aller faire des courses.
En attendant 10h, heure d'ouverture des magasins, Véro fait une lessive qu'on va étendre sur la terrasse.

Avant de partir je reprends un Koflet, si ça ne fait pas vraiment du bien, ça ne me fait pas de mal, j'ai quand même l'impression de moins tousser mais de plus racler. Donc Koflétothérapie, un le matin en sortant pour les courses, un l'après-midi en sortant pour les photos, un le soir avant de dormir, on verra le résultat de cette auto-prescription.

Je sors la moto, et on file chez Grinde magasin qui est au bout de Nehru Street côté ville blanche.
On veut y acheter un anti-moustique bio qui en plus est efficace.
Je trouve des boîtes Koflet pour mon traitement et en plus véro me trouve des gélules qui soignent tout ce qui est toux, respiration, asthme, allergie, là dedans je dois pouvoir m'inscrire quelque part, c'est du pur Ayurvédique  deux gélules le matin, deux gélules le soir pendant trois mois. Pour la durée ça colle, pour le reste on verra.

Retour par la rue Ranga Pillai chez le marchand de fruits et légumes, on refait le plein.

On boit un coup d'eau et on repart, Véro veut voir le tournage.

La rue Surcouf est barrée et nous arrivons par le mauvais côté. On fait un petit détour et on revient de l'autre côté rue Surcouf par la rue Victor Simonel.

Là il est interdit de pénétrer côté tournage, sauf qu'on est blancs et expérimentés. On passe au delà de la ligne d'arrêt des Indiens. On ne fait pas n'importe quoi, on voit bien où est la caméra. Véro commence à prendre des photos, tous les techniciens veulent être pris. Véro peut tout photographier sauf les scènes du film.
Il y a comme accessoire une superbe Royal Enfield avec side-car. Sa couleur kaki fait penser à un véhicule militaire. Sa plaque d'immatriculation est ancienne en "PYQ" comme la notre, ces plaques n'existent plus depuis les années 80.

La scène je vous la donne en mille, devant le mur de côté du Lycée Français, une héroïne se fait rabrouer par un méchant en T-shirt et pantalon de survêtement, tandis qu'un gentil en sarong et chemise soyeuse regarde la scène. On a déjà pas compris le scénario…

Après l'action une pause. Les élèves du Lycée se prennent en photo avec le gentil sur leur téléphone portable. Véro pense qu'il n'y a pas de raison que nous, non, que je, ne me fasse pas prendre en photo par elle avec le gentil. Je m'y colle il est gentil effectivement. Puis Véro s'y colle, mais là vous ne verrez pas la photo parce qu'elle n'est pas terrible dessus. Il faut dire qu'aujourd'hui avec le temps sans lumière c'est la galère pour les photos.

Les autres techniciens font signe à Véro qu'elle n'a pas pris le preneur de son, elle photographie le preneur de son.

C'est toujours comme ça, chaque année depuis que nous venons nous participons à une réalisation. La première année même, le metteur en scène a mis Véro au milieu des figurants pour une danse collective en sifflant avec ses doigts dans la bouche. Un grand moment. Après elle s'est fait prendre en photo avec l'acteur principal qu'évidemment nous ne connaissions pas, mais qui était un véritable dieu en Inde.
Il y a 5 ans, ils tournaient « l’odyssée de Pi » et quand on nous a dit que c’était Ang Lee qui était là et qui réalisait, Véro a cru qu’ils rigolaient et se foutaient de nous et du coup on n’est même pas allés voir …

Malgré le succès les gens savent rester simple par exemple sur ce tournage nous avons vu le camion cantine avec la cantinière. A midi tout le monde mange le curry commun.

On les laisse, on continue la rue Surcouf en direction de la mer. Puis on tourne à droite dans la rue de Suffren pour voir si le restau appelé la "Villa Chanty" est toujours là. L'autre jour en faisant nos courses quelqu'un nous a dit qu'il ne fallait pas y aller. On n'a pas demandé pourquoi. C'est vrai  que c'est un établissement aux murs gris caractéristique des lieux appartenant à l'Ashram. Il faudra qu'on se renseigne davantage.

Rue Romain Rolland. Le "bar des amis" est ouvert. On lui commande pour midi, il est 11h30, un poulet moutarde et une poulet vidalou, et on dit au patron qui parle parfaitement le français qu'on revient pour midi.

On va faire passer le temps sur la promenade Goubert où Véro prend des photos malgré le temps couvert.

A midi on revient au "bar des amis". Garées devant deux Royal Enfield Thunderbird, rien à voir avec une Bullet. Cette moto a été faite pour les frimeurs, elle est trop haute, ne tient pas la route, manque de stabilité[1] , en plus elle est moche. Il n'y a que ceux qui ne sont pas des motards qui achètent ce genre d'engin.
Il y a une 350cc et une 500cc. Un doute s'insinue dans mon esprit.
Dès que nous franchissons la porte, en face de nous, assise à une table la voisine du dessous. On se demande immédiatement quelle culotte elle a pu mettre.
Sur la droite attablés et déjà en train de manger, les motards. Des amis de droite, fachos et fumeurs qu'on ne supporte pas. Pour eux, pour lui surtout les gens de couleur sont tous des "arabes". Ainsi la vie est plus simple elle est en noir et blanc.
On la fait poli quand même. On échange un peu au cours du repas mais on n'a rien à se dire, notre vie est colorée et la leur en noir et blanc. Dès qu'ils ont fini de manger ils partent en prenant bien de ne pas souhaiter nous revoir.
Avant de venir à Pondy, ils n'avaient jamais conduit de moto et ils se prennent maintenant pour de vrais motards. Mais s'ils ont chacun une moto c'est parce que ni l'un ni l'autre n'est foutu de conduire une moto avec un passager et par exemple pour venir de chez eux, ils viennent à deux motos bien que ce ne soit qu'à 5mn.
Ils s'étonnent qu'on soit à pied parce qu'eux en qualité de vrais motards ne se déplacent jamais sans leurs "terribles engins".

Grosse bouffée de mauvaise surprise en venant ici. Heureusement la cuisine est très bonne.

On laisse la voisine.

A l'appart on se repose un peu. Vu les nuits qu'on passe on a pour l'instant besoin de dormir et on dort. C'est l’alarme du téléphone qui nous réveille à 14h30 parce que nous sommes invités pour 15h à un vernissage chez Kirty l'organisatrice de l'expo de Véro à l'hôtel Promenade.

On prend la moto, remontons Mission street jusqu'au boulevard. Je prends la direction de la mer puis la rue d'Aurodhan qui est le prolongement de la rue François Martin et au bout à gauche la rue Avocat Cinna Thambi dans laquelle est la maison de Kirty.

C'est une maison que l'on a vue en construction. C'est une maison comme l'on ne peut en construire qu'ici. La partie expo est finie, c'est un autre problème pour la partie habitation.

Tout ce qui fait le décor de la maison a été fait par des artistes. Sculptures en pierres, sculpture métalliques, par exemple nous accueillent,  à l'extérieur des gargouilles en pierre au balcon, une petite partie jardin dont les fleurs aux tiges métalliques sont faites avec des plateaux de vélo ou de pignons selon leur taille. Une magnifique porte en bois sculpté représente deux personnages entrelacés.
Sur la gauche un  portail métallique composé d'objets de récupération métalliques pour représenter certainement un paradis terrestre avec une femme rasta accroupie, un serpent en chaîne de motos dans un arbre, un oiseau, un essaim d'abeilles un paon au corps de réservoir de mob et plein de détails.
A gauche du portail une porte métallique elle aussi représente une scène avec Ganesh le dieu éléphant. Un homme au corps métallique fait d'un gas cooker est posé sur le cou de Ganesh dont la tête est un réservoir de moto et la trompe un empilement de bols métalliques. Sur le côté de Ganesh au sol il y a même le rat fait lui aussi d'objets hétéroclites et qui est le véhicule du dieu.

En écrivant ça je me dis que ça a certainement un côté facteur Cheval, mais en plus moderne.

On entre, un long couloir dessert les pièces du rez de chaussée. A droite une exposition d'un photographe de Pondy Robi Ganguli dont les tirages en noir et blanc sont étonnants.

A gauche c'est la pièce qui est derrière le portail métallique et dans laquelle sont entreposés des sculptures sur pierre et des sculptures métalliques. Le sculpteur sur pierre y fait aussi une démonstration.

Dans le prolongement de cette pièce, une autre pièce dont le sol est en terre, dans laquelle est disposé un métier à tisser des fils fait à  partir de végétaux comme la feuille du bananier.
De l'autre côté après la pièce d'expo du photographe, un petit bassin rectangulaire.

Au delà ce sont les appartements privés fermés par une porte qui sert de cadre à une femme sculptée avec des tiges plates de métaux et dont le corps est vêtue d'une robe faite de pièces de monnaie de différents pays.

A gauche un escalier permet de monter à un premier étage qui est au dessus de la première partie de la maison. Une première pièce dans laquelle sont exposés les objets d'art à vendre, plats en terre peinte, bijoux fait avec des matériaux végétaux. Véro prend des boucles d'oreille en perle rouge comme celle qu'on trouvait au Sri Lanka et avec lesquelles les gens faisaient de longs colliers.

A cet étage une autre pièce vide.

On peut encore accéder à la terrasse qui n'est pas aménagée mais sur laquelle se dressent des piles en béton armé qui font penser aux colonnes de Buren et qui permettront le cas échéant le monter de nouveaux étages.

Voilà je crois qu'on a fait le tour. L'hôtesse Kirty est d'une gentillesse extraordinaire avec nous. Il y a même son frère Santosh qui organise des cours de français tous les jeudi soir de 18 à 20h et qui nous invite à venir.

On repart contents de notre visite pendant laquelle on n'a fait que penser à Bewis et Geoffrey Bawa dont les maisons au Sri Lanka, pleines d'oeuvres d'artistes ont ce point commun de la valeur des oeuvres et de l'absence de frontière pour les apprécier.

On pose la moto à l'appart, on ramasse le linge sur la terrasse pour qu'il ne prenne pas l'humidité et on va faire un tour au Sunday Market, c'est le premier depuis notre arrivée et c'est celui qui est juste avant Noël.

Rien n'a changé, c'est toujours la même chose, le même foutoir. Chaque exposant vient et présente ce qu'il a à vendre sans qu'aucune autorité ne lui demande jamais rien. C'est ce qui fait son charme à la fois marché aux puces et toutes les choses de la vie à bon marché des fringues au matériel culinaire.

On croise beaucoup de touristes et peut-être mêmes des Russes. Toute la journée on a vu déboucher au coin des rues de Pondy les touristes nouveaux

Plein de choses rigolotes, un  homme qui porte des robes et sa taille et celles de robes font qu'on dirait vu de dos qu'il en a enfilé une.

Des flics képis et costume kaki s'en prennent à une marchande ambulante assise au milieu de la chaussée derrière une barrière. En fait lorsqu'on revient elle est toujours là.   Elle s'est remise lorsque les flics sont partis ou elle leur a donné un billet ?
Il y a maintenant vers elle un autre flic képi rouge tenue blanche qui semble ne pas la voir.


Un des flics porte à la main un énorme téléphone de service et  il discute sur un portable minuscule.
Il faut imaginer la foule des gens, mais aussi des voitures, des motos, des vélos tout le monde voulant aller plus vite que les autres, alors ce sont  des coups de klaxonnes auxquels se mêlent d'autres bruits de la rue et les moteurs qui ronflent. D'une fenêtre arrive une musique qui fait penser à un cours de danse, plus loin des cloches sonnent, des sonnettes de tricycles de livreur demandent la place.
C'est assez fatigant quand même.

Véro fait plein de photos je pense que certaines même si elles ne sont qu'anecdotiques sauront passer son auto-censure.

Au retour il y a les amis du 28 qui installent la déco de Noël sur leur maison, on discute le coup.

Dans le hall il y a Antoine qui est tout heureux de nous annoncer qu'il a déjà eu son cadeau de Noël : une grande télé toute neuve, on se dit qu'il a va nous changer la nôtre avec l'ancienne, mais non elle est foutue. On va donc encore garder notre télé d'un mètre d'épaisseur et qui nous débite TV5 Monde en bégayant.

Véro en plus des photos prépare la salade de fruits quotidienne parce que ça remplace les légumes.

Il est 8h, je termine et on va manger

Soupe de noodles, fromage et pain, salade de fruits.


C'est juste de l'illustration pour le blog. Le temps sans lumière est désespérant pour faire des photos.

1 commentaire:

  1. Et recoucou ! Je reprends ma lecture du matin avec toujours le même plaisir ! après une interruption : petits-fil en coma diabétique , aller et retour La Plaine , Chalon sur Saône en toute urgence , 1500 km et 18 h de route en 3 jours .épuisant , mais petit-fils si heureux de notre présence ! Ah , les grands-parents dispos , quelle aubaine ! Moins typique la Saône , moins colorée surtout . Alors je me délecte des jolies photos de Véronique et du roman de la journée. @+ et encore merci
    Bises de chez nous et avec Noel qui approche plein de souhaits de bonheur à vous deux .

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