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| Chez Kirty |
C'est juste de l'illustration pour le blog. Le temps sans lumière est désespérant pour faire des photos.
Encore une mauvaise nuit pour moi,
mais cette fois le problème
est plus dû à un
bruit extérieur comme un
bruit de pompe à eau qui se
mettrait en route pendant 5mn et s'arrêterait
pendant 5 mn et cela de minuit à 3h
du matin.
Véro
a pu s'endormir, pour moi c'est cuit. Je m'installe sur le canapé du salon mais je suis trop mal
pour dormir et à force je
n'ai plus sommeil.
Ce matin c'est Véro qui se réveille la première alors que moi je dormirais
bien encore un peu. Elle est parée
contre le bruit, mais ne supporte pas la lumière
du jour dès l'aube.
Comme on est deux chacun supporte son
truc.
Je vais au pain.
Le ciel est toujours couvert et il
fait frais : 22°. C'est
l'hiver.
Les Pondichériens que je croise
sont emballés dans des
pulls, surtout des polaires. Ils portent bonnet ou fichus et certains ont aussi
des protèges oreilles,
sortes de serre tête qu'ils
portent sur la nuque.
Le marchand de lait est seul ce
matin.
La poubelle de la rue Montorsier déborde sur la rue.
Rue petit canal on se réveille seulement.
Devant la cathédrale beaucoup de mendiants et de mendiantes,
aujourd'hui je ne les intéresse
pas parce que les dévots
vont certainement faire preuve de générosité en ce dimanche qui précède
Noël s'ils veulent
s'acheter une bonne conduite pour cette année
qui s'achève.
Les trimestres de charité validés leur donneront certainement au Paradis une place
de choix. Comme pour les retraites, les plus riches bénéficieront
de plus de confort.
Rue Ranga Pillai étonnamment propre, toujours
cette odeur d'écurie à l'arrivée sur le quai.
Au cool cat les consommateurs sont
plongés dans la presse du
jour, peut-être y a-t-il du
neuf en ce qui concerne l'Ashram.
Au Hot Bread ils sont là, par groupes ou en famille, par
couples ou seuls, les touristes de Noël.
La boutique est pleine. Chacun se serre pour faire de la place parce qu'une
partie de la salle est envahie par des tables sur lesquelles sont posés des quantités de Christmas Cakes emballés.
Je reviens par le quai d'Ambour. Sur
ce quai, en face du Lycée Français qui est fermé
depuis vendredi pour cause de vacances scolaires, il y a garé un grand van sur lequel il y a
l'inscription "Vijay Ciné Films".
Je vois aussi sur le pont qui enjambe le canal rue Surcouf qu'il y a une sorte
de grue sans flèche comme
pour filmer de haut. Et plus loin je vois rue Surcouf devant le mur de côté du Lycée Français
en face du restaurant Io, qui semble être
fermé cette année, toute une équipe de tournage, acteurs et
figurants.
Je prends la rue Surcouf dans le sens
opposé pour rejoindre la
rue du Capitaine Marius Xavier.
La rue est très propre devant la belle maison, je vois le gardien
revenir avec un énorme
bidon bleu qui doit servir de poubelle et qu'il vient de porter au tracteur
benne qui officie au bout de la rue juste avant la rue Candappa.
Le conducteur du tracteur semble
toujours organiser le travail de son équipe
de femmes nettoyeuses de rue.
Je prépare
le petit dèj.
Ce matin on finit le yaourt en pot et
les fruits. Il faut aller faire des courses.
En attendant 10h, heure d'ouverture
des magasins, Véro fait une
lessive qu'on va étendre
sur la terrasse.
Avant de partir je reprends un
Koflet, si ça ne fait pas
vraiment du bien, ça ne me
fait pas de mal, j'ai quand même
l'impression de moins tousser mais de plus racler. Donc Koflétothérapie, un le matin en sortant pour les courses, un
l'après-midi en sortant
pour les photos, un le soir avant de dormir, on verra le résultat de cette
auto-prescription.
Je sors la moto, et on file chez
Grinde magasin qui est au bout de Nehru Street côté ville blanche.
On veut y acheter un anti-moustique
bio qui en plus est efficace.
Je trouve des boîtes Koflet pour mon traitement
et en plus véro me trouve
des gélules qui soignent
tout ce qui est toux, respiration, asthme, allergie, là dedans je dois pouvoir m'inscrire quelque part,
c'est du pur Ayurvédique deux gélules
le matin, deux gélules le
soir pendant trois mois. Pour la durée
ça colle, pour le reste on
verra.
Retour par la rue Ranga Pillai chez
le marchand de fruits et légumes,
on refait le plein.
On boit un coup d'eau et on repart, Véro veut voir le tournage.
La rue Surcouf est barrée et nous arrivons par le
mauvais côté. On fait un petit détour et on revient de l'autre côté
rue Surcouf par la rue Victor Simonel.
Là
il est interdit de pénétrer côté tournage,
sauf qu'on est blancs et expérimentés. On passe au delà de la ligne d'arrêt des Indiens. On ne fait pas
n'importe quoi, on voit bien où est
la caméra. Véro commence à prendre des photos, tous les
techniciens veulent être
pris. Véro peut tout
photographier sauf les scènes
du film.
Il y a comme accessoire une superbe
Royal Enfield avec side-car. Sa couleur kaki fait penser à
un véhicule militaire. Sa
plaque d'immatriculation est ancienne en "PYQ" comme la notre, ces
plaques n'existent plus depuis les années
80.
La scène
je vous la donne en mille, devant le mur de côté du Lycée Français,
une héroïne se fait rabrouer par un méchant en T-shirt et pantalon de
survêtement, tandis qu'un
gentil en sarong et chemise soyeuse regarde la scène.
On a déjà pas compris le scénario…
Après
l'action une pause. Les élèves du Lycée se prennent en photo avec le
gentil sur leur téléphone portable. Véro pense qu'il n'y a pas de
raison que nous, non, que je, ne me fasse pas prendre en photo par elle avec le
gentil. Je m'y colle il est gentil effectivement. Puis Véro s'y colle, mais là
vous ne verrez pas la photo parce qu'elle n'est pas terrible dessus. Il
faut dire qu'aujourd'hui avec le temps sans lumière
c'est la galère pour les
photos.
Les autres techniciens font signe à Véro
qu'elle n'a pas pris le preneur de son, elle photographie le preneur de son.
C'est toujours comme ça, chaque année depuis que nous venons nous
participons à une réalisation. La première année même,
le metteur en scène a mis Véro au milieu des figurants pour une danse
collective en sifflant avec ses doigts dans la bouche. Un grand moment. Après elle s'est fait prendre en
photo avec l'acteur principal qu'évidemment
nous ne connaissions pas, mais qui était
un véritable dieu en Inde.
Il y a 5 ans, ils tournaient « l’odyssée
de Pi »
et quand on nous a dit que c’était Ang Lee qui était
là
et qui réalisait,
Véro
a cru qu’ils
rigolaient et se foutaient de nous et du coup on n’est même
pas allés
voir …
Malgré
le succès les gens
savent rester simple par exemple sur ce tournage nous avons vu le camion
cantine avec la cantinière.
A midi tout le monde mange le curry commun.
On les laisse, on continue la rue
Surcouf en direction de la mer. Puis on tourne à
droite dans la rue de Suffren pour voir si le restau appelé la "Villa Chanty" est
toujours là. L'autre jour
en faisant nos courses quelqu'un nous a dit qu'il ne fallait pas y aller. On
n'a pas demandé pourquoi.
C'est vrai que c'est un établissement aux murs gris caractéristique des lieux appartenant à l'Ashram. Il faudra qu'on se
renseigne davantage.
Rue Romain Rolland. Le "bar des
amis" est ouvert. On lui commande pour midi, il est 11h30, un poulet
moutarde et une poulet vidalou, et on dit au patron qui parle parfaitement le
français qu'on revient pour
midi.
On va faire passer le temps sur la
promenade Goubert où Véro prend des photos malgré le temps couvert.
A midi on revient au "bar des
amis". Garées devant
deux Royal Enfield Thunderbird, rien à
voir avec une Bullet. Cette moto a été faite pour les frimeurs, elle
est trop haute, ne tient pas la route, manque de stabilité[1] ,
en plus elle est moche. Il n'y a que ceux qui ne sont pas des motards qui achètent ce genre d'engin.
Il y a une 350cc et une 500cc. Un
doute s'insinue dans mon esprit.
Dès
que nous franchissons la porte, en face de nous, assise à une table la voisine du dessous. On se demande immédiatement quelle culotte elle a
pu mettre.
Sur la droite attablés et déjà en
train de manger, les motards. Des amis de droite, fachos et fumeurs qu'on ne
supporte pas. Pour eux, pour lui surtout les gens de couleur sont tous des
"arabes". Ainsi la vie est plus simple elle est en noir et blanc.
On la fait poli quand même. On échange un peu au cours du repas mais on n'a rien à se dire, notre vie est colorée et la leur en noir et blanc. Dès qu'ils ont fini de manger ils
partent en prenant bien de ne pas souhaiter nous revoir.
Avant de venir à Pondy, ils n'avaient jamais
conduit de moto et ils se prennent maintenant pour de vrais motards. Mais s'ils
ont chacun une moto c'est parce que ni l'un ni l'autre n'est foutu de conduire
une moto avec un passager et par exemple pour venir de chez eux, ils viennent à deux motos bien que ce ne soit
qu'à 5mn.
Ils s'étonnent
qu'on soit à pied parce
qu'eux en qualité de vrais
motards ne se déplacent
jamais sans leurs "terribles engins".
Grosse bouffée de mauvaise surprise en venant ici. Heureusement
la cuisine est très bonne.
On laisse la voisine.
A l'appart on se repose un peu. Vu
les nuits qu'on passe on a pour l'instant besoin de dormir et on dort. C'est l’alarme
du téléphone qui nous réveille à 14h30 parce que nous sommes invités pour 15h à un vernissage chez Kirty
l'organisatrice de l'expo de Véro
à l'hôtel Promenade.
On prend la moto, remontons Mission
street jusqu'au boulevard. Je prends la direction de la mer puis la rue
d'Aurodhan qui est le prolongement de la rue François
Martin et au bout à gauche
la rue Avocat Cinna Thambi dans laquelle est la maison de Kirty.
C'est une maison que l'on a vue en
construction. C'est une maison comme l'on ne peut en construire qu'ici. La
partie expo est finie, c'est un autre problème
pour la partie habitation.
Tout ce qui fait le décor de la maison a été
fait par des artistes. Sculptures en pierres, sculpture métalliques, par exemple nous
accueillent, à l'extérieur
des gargouilles en pierre au balcon, une petite partie jardin dont les fleurs
aux tiges métalliques sont
faites avec des plateaux de vélo
ou de pignons selon leur taille. Une magnifique porte en bois sculpté représente deux personnages entrelacés.
Sur la gauche un portail métallique
composé d'objets de récupération métalliques
pour représenter certainement
un paradis terrestre avec une femme rasta accroupie, un serpent en chaîne de motos dans un arbre, un
oiseau, un essaim d'abeilles un paon au corps de réservoir de mob et plein de détails.
A gauche du portail une porte métallique elle aussi représente une scène avec Ganesh le dieu éléphant.
Un homme au corps métallique
fait d'un gas cooker est posé sur
le cou de Ganesh dont la tête
est un réservoir de moto et
la trompe un empilement de bols métalliques.
Sur le côté de Ganesh au sol il y a même le rat fait lui aussi
d'objets hétéroclites et qui est le véhicule du dieu.
En écrivant
ça je me dis que ça a
certainement un côté facteur Cheval, mais en plus
moderne.
On entre, un long couloir dessert les
pièces du rez de chaussée. A droite une exposition d'un
photographe de Pondy Robi Ganguli dont les tirages en noir et blanc sont étonnants.
A gauche c'est la pièce qui est derrière le portail métallique et dans laquelle sont
entreposés des sculptures
sur pierre et des sculptures métalliques.
Le sculpteur sur pierre y fait aussi une démonstration.
Dans le prolongement de cette pièce, une autre pièce dont le sol est en terre,
dans laquelle est disposé un
métier à tisser des fils fait à
partir de végétaux comme la feuille du
bananier.
De l'autre côté après la pièce d'expo du photographe, un petit bassin
rectangulaire.
Au delà
ce sont les appartements privés
fermés par une porte qui
sert de cadre à une femme
sculptée avec des tiges
plates de métaux et dont le
corps est vêtue d'une robe
faite de pièces de monnaie
de différents pays.
A gauche un escalier permet de monter
à un premier étage qui est au dessus de la
première partie de la
maison. Une première pièce dans laquelle sont exposés les objets d'art à vendre, plats en terre peinte,
bijoux fait avec des matériaux
végétaux. Véro
prend des boucles d'oreille en perle rouge comme celle qu'on trouvait au Sri
Lanka et avec lesquelles les gens faisaient de longs colliers.
A cet étage
une autre pièce vide.
On peut encore accéder à la terrasse qui n'est pas aménagée mais sur laquelle se dressent des piles en béton armé qui font penser aux colonnes de Buren et qui
permettront le cas échéant le monter de nouveaux étages.
Voilà
je crois qu'on a fait le tour. L'hôtesse
Kirty est d'une gentillesse extraordinaire avec nous. Il y a même son frère Santosh qui organise des cours de français tous les jeudi soir de 18 à 20h et qui nous invite à venir.
On repart contents de notre visite
pendant laquelle on n'a fait que penser à
Bewis et Geoffrey Bawa dont les maisons au Sri Lanka, pleines d'oeuvres
d'artistes ont ce point commun de la valeur des oeuvres et de l'absence de
frontière pour les apprécier.
On pose la moto à l'appart, on ramasse le linge
sur la terrasse pour qu'il ne prenne pas l'humidité et on va faire un tour au Sunday Market, c'est le
premier depuis notre arrivée
et c'est celui qui est juste avant Noël.
Rien n'a changé, c'est toujours la même
chose, le même foutoir.
Chaque exposant vient et présente
ce qu'il a à vendre sans
qu'aucune autorité ne lui
demande jamais rien. C'est ce qui fait son charme à la fois marché
aux puces et toutes les choses de la vie à
bon marché des
fringues au matériel
culinaire.
On croise beaucoup de touristes et
peut-être mêmes des Russes. Toute la journée on a vu déboucher au coin des rues de Pondy
les touristes nouveaux
Plein de choses rigolotes, un homme qui porte des robes et sa taille et
celles de robes font qu'on dirait vu de dos qu'il en a enfilé une.
Des flics képis et costume kaki s'en prennent à une marchande ambulante assise
au milieu de la chaussée
derrière une barrière. En fait lorsqu'on revient
elle est toujours là. Elle s'est remise lorsque les flics sont
partis ou elle leur a donné un
billet ?
Il y a maintenant vers elle un autre
flic képi rouge tenue
blanche qui semble ne pas la voir.
Un des flics porte à la main un énorme téléphone
de service et il discute sur un portable
minuscule.
Il faut imaginer la foule des gens,
mais aussi des voitures, des motos, des vélos
tout le monde voulant aller plus vite que les autres, alors ce sont des coups de klaxonnes auxquels se mêlent d'autres bruits de la rue
et les moteurs qui ronflent. D'une fenêtre
arrive une musique qui fait penser à
un cours de danse, plus loin des cloches sonnent, des sonnettes de
tricycles de livreur demandent la place.
C'est assez fatigant quand même.
Véro
fait plein de photos je pense que certaines même
si elles ne sont qu'anecdotiques sauront passer son auto-censure.
Au retour il y a les amis du 28 qui
installent la déco de Noël sur leur maison, on discute le
coup.
Dans le hall il y a Antoine qui est
tout heureux de nous annoncer qu'il a déjà eu son cadeau de Noël : une grande télé
toute neuve, on se dit qu'il a va nous changer la nôtre
avec l'ancienne, mais non elle est foutue. On va donc encore garder notre télé
d'un mètre d'épaisseur et qui nous débite TV5 Monde en bégayant.
Véro
en plus des photos prépare
la salade de fruits quotidienne parce que ça remplace les légumes.
Il est 8h, je termine et on va manger
Soupe de noodles, fromage et pain,
salade de fruits.
C'est juste de l'illustration pour le blog. Le temps sans lumière est désespérant pour faire des photos.

Et recoucou ! Je reprends ma lecture du matin avec toujours le même plaisir ! après une interruption : petits-fil en coma diabétique , aller et retour La Plaine , Chalon sur Saône en toute urgence , 1500 km et 18 h de route en 3 jours .épuisant , mais petit-fils si heureux de notre présence ! Ah , les grands-parents dispos , quelle aubaine ! Moins typique la Saône , moins colorée surtout . Alors je me délecte des jolies photos de Véronique et du roman de la journée. @+ et encore merci
RépondreSupprimerBises de chez nous et avec Noel qui approche plein de souhaits de bonheur à vous deux .