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vendredi 26 décembre 2014

Brumes et embruns

Promenade en rouge
Pas d'album du jour car c'était un jour de brume et sans lumière ou presque.
Quelques rayons ce matin et un mec qui avait dû être photographe dans une autre vie et qui s'est mis à me donner un cours de photo en me donnant des ordres ...  
Le style de truc qui me met illico de mauvais poil ...
De toute manière il n'y avait pas grand chose d'inspirant.
Donc juste des photos d'illustration dans le corps du texte pour imager le chemin de Jno le matin.


Ce matin on est réveillés assez tôt et à 7h on part ensemble pour aller chercher le pain.
Il fait frais. Dans la rue Mission l'air arrive en face de nous c'est agréable.

Le ciel est assez bien dégagé, mais le soleil n'est pas encore assez haut pour avoir une belle lumière.

Rue Montorsier une vache broute dans la poubelle en rond de ciment. En face le marchand de lait et son copain clochard sont assis l'un près de l'autre.



Véro les prend en photo pour vous montrer que je ne vous raconte pas n'importe quoi le matin.

Avant la rue Savary sur la droite trois femmes en sari discutent sur un pas de porte.

Rue Petit Canal tout le monde est encore endormi. Les corps sont allongés le long du quai.

Rue Sainte Thérèse le rickshaw est stationné, son propriétaire dort encore sur le trottoir.



Devant la cathédrale ce matin ce n'est pas la petite marchande de lait qui est là, mais un homme debout un fichu de laine sur la tête.



Les mendiantes regroupées sur les marches nous saluent.



Un homme en scoot tourne rue Needarajapayar, il  va lentement et met presque son pied au sol pour négocier ce virage.

Rue Ranga Pillai, puis le quai;

Pas beaucoup de monde au Hot Bread, je ne trouve pas mon pain habituel et je  prends une boulish qui est pour moi le même  pain mais enfariné ce qui me coûte 5 roupies de plus.



Il n'y a plus de buche de Noël dans la vitrine, ni de gâteaux de Noël, ça y est la fête est passé, ça ne traîne pas.

On revient par le quai.

Un  mendiant s'est installé devant le portail du Cottage Industrie.
Un peu plus loin une femme dessine un Kolam devant l'entrée du Cottage Restaurant.

La station service de l'Ashram est ouverte.

Devant la rue Saint Ange un tempo déverse un flot de passagers qui se dirigent vers l'hôpital de l'autre côté du canal.

Sous la halle beaucoup de personnes debout s'activent.

Rue Surcouf, on rencontre notre ami du 28 et il fait la fin du chemin avec nous.

Petit déjeuner, on finit notre Christmas Cake.

Coup de fil d'Abel qui nous donne rendez vous chez Vijay à 11h30.

Il est 10h, c'est le 10ème anniversaire du tsunami de 2004. Ici évidemment on ne peut s'empêcher d'y penser. Même si on en a moins parlé dans les média, cette partie de l'Inde a beaucoup souffert.

On va au marché chez Aroul pour lui rapporter le pantalon qu'il a fait à Véro parce que l'élastique de la ceinture serre beaucoup trop.
Véro choisit aussi un autre tissu dans les bleus indigo pour lui faire faire un nouveau pantalon, tant qu'à faire. Mais cette fois-ci il ne faut pas deux jours pour le faire mais une semaine parce que les touristes sont arrivés nous dit Aroul.

On sort du marcha côté Ranga Pillai où une pelleteuse soulève tout les déchets du marché de plusieurs jours et l'odeur est insupportable.

Retour à la moto qui est garé rue Barathi. On va rue Mission pour essayer de trouver un opticien qui pourrait m'arranger mes lunettes de soleil qui se sont déformées. J'étais allé avant de partir voir l'opticien qui me les avait vendues mais il avait encaissé  depuis un an ses 1000 euros et il n'en avait plus rien à faire.
Ici heureusement on tombe sur quelqu'un de gentil qui me les remet en forme gratuitement.

Quelques courses de fruits et de légumes et au Nilgiris.

On boit un café à "Mission Café" parce qu'il est bon et qu'ils sont gentils et c'est un lieu reposant.

On repasse par l'appart poser nos courses et on file chez Vijay où l'on doit retrouver Abel.

Au croisement de Kamaraj Salai et de Lenin Street une manif s'est installée, occupant tout le carrefour avec estrade et fauteuil. Le bordel au moment où l'animation de la ville commence à être à son maximum.
A nos côtés un homme sur un scoot transporte son chien sur la partie où il pose ses pieds. Le chien un peu Labrador pour la taille ne semble pas affolé du tout.

Arrivé au croisement précisément on ne peut tourner à droite pour aller chez Vijay, il faut aller tout droit. Comment s'y retrouver ? Si les trajets sont simples quand on sait où on va, tout devient vite compliqué, et je sais qu'en continuant on va se retrouver sur l'ECR.
Je me rappelle qu'une année on avait traversé à pieds ce quartier Pillaitotam et qu'on était allés par de petites rues et qu'on avait sans le vouloir rejoint la rue dans laquelle nous sommes à celle dans laquelle nous voulons aller.

Je prends la première rue à gauche. C'est un étroit passage entre les immeubles où jouent des enfants. Des motards pressés nous doublent malgré les risques. Leur énervement doit être dû à la manifestation et je pense donc que nous sommes dans la bonne direction. En effet nous ne débouchons pas très loin de Rexine le fournisseur des motards de Pondy et je sais que c'est tout de suite à gauche, une petite rue qui finit par rejoindre la grande avenue qui passe devant la gare des bus.
Chez Vijay c'est tout de suite là.

On monte à l'étage où se trouve son bureau. Dès qu'on entre il nous salue, sans marquer de surprise comme si on s'était quittés la veille.

Véro lui présente les nouvelles aquarelles qu'elle veut mettre sur ses nouvelles cartes professionnelles.

Puis Abel arrive avec du retard, à cause de la manif, et il s'est perdu en route.

Il veut nous montrer l'invitation qu'il veut faire pour la cérémonie de bénédiction de sa maison le 25 janvier 2015.
On lui donne quelques conseils pour la rédaction en français. Par exemple on lui dit qu'il est difficile d'utiliser l'expression "on prendra le verre de l'amitié" que lui ont suggérée d'autres français, alors que la cérémonie aura lieu à 7h du matin et que ce qu'il veut offrir c'est un petit déjeuner indien.

Mais « Indian Breakfast » ça lui paraît nul, alors on lui suggère de préciser qu'il y aura une collation, ne voyant pas bien d'autres mots et Abel ça lui plait parce que c'est un beau mot français qu'il ne connaissait pas et qu'il est ravi d'apprendre.

Si l'invitation en français prend 1/4 de page, la même invitation en tamoul prend une page entière. On lui demande pourquoi ?

Abel nous apprend que ce n'est pas lui qui invite mais son père, mais comme son père est mort c'est son oncle, le chef de famille.
Ensuite il y a tous les noms des gens qui sont importants comme sa mère, la mère de Esther sa femme.
Lui Abel et sa femme n'arrivent que tardivement comme s'ils n'étaient rien dans tout ça. Il y a un très fort respect pour les anciens.
Ensuite viennent les noms des enfants puis des invités importants comme les parrains et marraines des enfants d'Abel.

Le premier mot sur l'invitation est Abel, puis Esther, puis leurs enfants. Véro lui fait remarquer qu'en France on aurait mis en premier Esther. Malgré toute sa bonne volonté et son intelligence ça lui échappe complètement parce que dit-il, c'est quand même lui qui paie la maison.
Abel restera en premier. C'est ce qu'on appelle le gouffre culturel et qu'on ne comblera jamais même avec des gens de la finesse d'Abel. Au fond c'est certainement mieux ainsi, ça permet de savoir qu'on sera du fait de nos cultures toujours différents.

Abel nous annonce une autre grande nouvelle. Demain il va se faire baptiser à l'église des Adventistes du 7ème jour.
Nous ça ne nous réjouit pas ce genre de chose, mais respect.

Il nous donne des exemples qui illustrent comment ces gens s'insinuent dans la conscience des autres, par des notions de santé, d'hygiène alimentaire, de scolarité, de commentaires de la bible. Abel a l'impression qu'il ne savait pas grand chose et qu'il a beaucoup appris auprès de ces gens.

Demain donc baptême adventiste.
Un des éléments qui l'a décidé à nous en parler c'est parce qu'il a confiance en nous bien qu'il sache fort bien nos positions vis à vis des religions et des dieux, mais c'est surtout qu'il ne peut pas y avoir de photographe homme pour la cérémonie parce qu'il y aura des femmes pour se faire baptiser, mais Véro pourrait faire des photos comme elle est une femme ça ne pose pas de problème.

Demain donc rendez-vous à 11H à l'église adventiste qui est près de chez nous rue de L'Evêché, angle rue Victor Simonel, près du Lycée français.

On va déjeuner au Surguru. Je dépasse un peu une place libre pour me mettre en arrière afin de redémarrer plus facilement. Le temps que je m'arrête, que Véro descende, un TVS rouge de la poussière d'Auroville avec trois personne dessus, père, mère, enfant, se précipite et se jette de face dans la place. Des Aurovilliens, je ne discute même pas je redémarre pour me garer 10m plus loin. Ce sont des serviteurs volontaires de la conscience divine comme disait la Mère, pour eux nous ne sommes que de la merde.

Il y a beaucoup de monde dans le resto. On nous place à une table avec un couple d'Indiens. Le père et la fille, mais c'est plus vraisemblablement mari et femme. Ils viennent de Bangalore passer deux journées à Pondy, peut-être leur voyage de noces.
Je lui demande qu'elle est la meilleure route pour aller à Bangalore, il me conseil de passer par Tidivanam, puis Cingee, Tiruvanamalai et là je trouverai une autoroute pour atteindre Bangalore. Je cherche à avoir un maximum de renseignements parce que j'appréhende un peu l'arrivée dans cette ville de 10 millions d'habitants.

On revient boire un café à l'appart et prendre un peu de repos.

Vers 15h on part à pied pour la promenade Goubert, malheureusement le soleil se voile rapidement.
Plus de lumière, pas de photos, bien qu'il y ait beaucoup de monde sur la promenade, à la fois touristes et pélerins.

On décide de rentrer en allant acheter un lecteur de carte mémoire car celui qu'on a donne des signes de faiblesse en se déconnectant tout le temps.
On enfile la rue Law de Lauriston dans la ville blanche qui devient rue Ambalathadaiyar Madam dans la ville noire.
La boutique d'informatique où l'on se rend est presque sur Anna Salai, c'est dire qu'on a traversé tout Pondy.

Puis on rentre par la rue Sinna Subraya Pillai jusqu'à la rue Laporte pour passer par le couturier qui devait rendre ce soir un travail que Véro lui avait confié. La boutique est fermée on ira  donc demain matin.

On rentre.

Ce soir massage pour Véro.



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