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samedi 27 décembre 2014

Le baptême d'Abel

Pendant le service divin
Il fait toujours un temps bouché et aujourd'hui c'est encore pire, c'est "Black is black", le désespoir d'un photographe ...
Je n'ai fait des photos que dans l'église pendant le service et le baptême d'Abel.
Aujourd'hui encore, c'est de l'illustration. 

L'album du jour est ici


Pas très bien dormi,Véro et moi… cauchemars…

Lever 7h,
Il fait bon la rue Candappa, est déjà toute propre, toutes les petites feuilles d'acacia ont été balayées.
Le marchand de lait. Un chauffeur d'auto-rickshaw qui attend le client et qui me dit bonjour.

Rue Petit Canal c'est encore le calme de la nuit.

Rue Sainte Thérèse le conducteur de rickshaw dort sur le trottoir, je me rends compte qu'il est en couple avec un enfant.

Les derniers marchands de santons ont déballé leur matériel pour les retardataires de Noël.

14 mendiantes sur les marches. Les boites orange de sachet de lait sont empilées mais il n'y a pas la petite marchande.
De retour cette année le camion de banana world qui livre les marchands ambulants.

Rue Ranga Pillai, une femme complètement penchée dessine un kolam avec de la poudre de riz blanche.

Un groupe de touristes indiens devant le sri Aurobindo autocar service


 Ce matin le gardien du Sun Park  a abandonné son fichu de laine contre une casquette de chef de gare.

Je trouve le pain que je prends habituellement.

Retour par le quai. Une femme et son enfant qui ont passé la nuit sur le trottoir ont replié leurs affaires.

Deux femmes attendent à  l'arrêt de bus.

Un homme pousse son tricycle chargé d'une quinzaine de bouteilles de gaz.
Une auto-école remonte le quai.

Un soleil pâle est passé au-dessus du lycée français, ce n'est pas encore aujourd'hui qu'il y aura une belle lumière pour les photos.
Rue Capitaine Marius Xavier deux hommes assis sur le trottoir lisent chacun leur journal.
Les voisines sont sur leur balcon.

Petit dèj

Vaisselle et coupure d'électricité. C'est la deuxième depuis notre arrivée. Elle ne dure pas trop longtemps, elle vient nous rappeler qu'ici rien n'est jamais acquis et l'on peut toujours être surpris par quelque chose d'inattendu.

On étend les draps que Véro a lavés ce matin tout en sachant que les voisines font aussi leur lessive le samedi.
Lorsque l'on monte sur la terrasse on voit que les voisines n'ont pas fait de lessive ce matin. Elles ne respectent pas les règles qu'elles se sont imposées.

Un peu après 10h on va chez le couturier de la rue Laporte. Pendant le trajet coup de fil pour savoir si on serait d'accord pour faire une sortie moto demain. Pas de problème, on a donc rendez-vous dans la ville blanche à 7h30.

Décidément comme dit le rédacteur du blog "Inde à trois" : touriste, c'est une occupation à temps complet.

A 11h on se rend à l'église des adventistes du 7ème jour.

Abel est là, il est heureux de nous voir. Puis sa femme qui nous montre aussi qu'elle est très heureuse de nous voir en nous sautant au cou.

On nous installe d'abord à l'extérieur parce que l'église est pleine. Je discute avec un franco-pondichérien qui habitait la banlieue parisienne et qui est revenu ici à la retraite.

Abel nous fait signe qu'on peut venir à l'intérieur, il nous a trouvé deux places.

L'église toute simple ressemble à une salle de réunion avec deux rangées de sièges, à gauche les femmes, à droite les hommes. Nous on est du côté homme. Finalement je me rends compte que ce n'est pas si formaliste, derrière nous il y a des femmes et devant nous aussi. Mais les rangés sont soit des rangées d'hommes soit des rangées de femmes.

Il y a un service qu'on ne comprend pas vraiment, tout est en tamoul ce  n'est finalement pas si différent d'une messe en latin.
Les gens sont assis, puis debout, puis à genoux. Ce n'est pas très dépaysant, sauf que des gens se déplacent, des photographes photographient l'office et des croyants, hommes ou femmes. Certains arrivent et se font de grands signes de reconnaissance ou pour signifier quelque chose qui nous échappe.

Abel vient nous rejoindre pour nous expliquer que lorsque que cette partie de la cérémonie sera terminée, des personnes vont enlever tout le "bazar" qui sert pour l'office et ça va découvrir une sorte de petite piscine qui se trouve sous le plancher sur lesquels des pasteurs officient et c'est là qu'il va être baptisé avec 5 autre personnes.

A côté de moi un homme qui n'a fait que des allers retours depuis que nous sommes assis à côté de lui. Il était d'abord à notre droite puis à notre gauche. Il a une sorte de sac à main sur lequel est noté : seven day adventis.

L'office se poursuit, une femme chante en lisant les paroles sur son smartphone, des images sont projetées sur un écran, ce sont des fleurs avec des textes tamouls, ça nous fait rire.

Puis Abel nous laisse car il doit aller s'installer à gauche de "l'autel" je ne sais pas comment dire autrement parce que ce n'est jamais qu'une table d'orateur.

On pense que ça va vraiment commencer parce que pour nous il n'y a que le côté baptême qui nous intéresse, la quête est en cours.

On pense que c'est la fin, mais un prédicateur prend la parole pendant très longtemps. Il ne parle pas, il hurle comme s'il était en colère contre les personnes qui sont ici. J'imagine qu'il cherche à les dissuader du mal en hurlant ce qu'il ne faut pas faire.
C'est terriblement chiant et terriblement inquiétant de voir toutes ces personnes (200) qui écoutent religieusement un orateur qui  a les qualités qu'il faut pour vider la tête à une foule.
C'est terrible de voir un ami, un enfant pour nous, se laisser embarquer par des gens qui savent, mais que pouvons nous lui dire.
Le prédicateur lui comme un camelot sur un marché, vend au mieux sa camelote, mais c'est tout, et ça prend et il se prend lui même au jeu, on le sent parce que nous on ne comprend rien à ce qu'il dit, mais on a le discours du corps, on a les mimiques et on sait que les mots sont sans importance, ça marche pour lui.
L'homme assis à coté de moi cheveux blancs qui se redressent dans le cou, prend des notes. Puis regarde dans un gros livre recouvert d'un tissu en polaire qui doit être sa bible. A mon avis il note les versets qui sont cités et vérifient immédiatement leur signification.

On se demande comment il va s'arrêter, il finit, les mains jointes, par s'adresser longuement au plafond de la salle. Je suppose que sa prière a pour finalité d'obtenir la conviction de toute cette assemblée pour son église.
C'est le moment du baptême qui se prépare.
On débarrasse le bazar et on enlève le plancher pour découvrir la piscine.
On présente les impétrants et pour chacun on détaille qui est venu pour les assister et des mains se lève parmi l'assistance pour signaler leur présence. On est cité comme accompagnants d’Abel, ce doit-être important, ces personnes qui sont venues pour assister au baptême.

Véro se place près de la piscine pour faire des photos, mais c'est la folie tout le monde veut faire des photos, il y a les photographes qui mitraillaient pendant le service, et plein de personnes parents ou amis qui font des photos avec des téléphones, des tablettes, certains photographient avec plusieurs téléphones.
C'est la folie, la photographie a plus d'importance que le baptême.

Le prédicateur et le pasteur sont dans l'eau ils attendent les impétrants qu'ils plongent sous l'eau avant de les faire ressortir et alors un choeur s'élève dans toute la salle style "il est des nôtres..." en tamoul.

Lorsque que les six sont passés sous l'eau ils se changent et vont à la sortie de l'église et les gens en sortant les félicitent. Les hommes ont tous la même chemise blanche qui doit certainement être vendue par le magasin du prédicateur, il n'y pas de petits bénéfices.

On félicite Abel, les gens veulent qu'on reste pour manger avec eux, car un repas est offert. Mais au bout de 2h30 on en a un peu marre des adventistes du 7ème jour et on les laisse à leur festivité.

On va au café des amis pour déjeuner. Il reste une table dehors. On la prend. Juste devant sur le trottoir il y a un mendiant assis dans le caniveau et qui nous attend. Il est méchamment déglingue au physique parce que je ne pense pas qu'il puisse se mettre debout. Il a donc toutes les qualités requises pour faire un bon mendiant qui gagne bien sa vie.

Je lui donne 10 roupies parce que pas question de manger devant lui en faisant semblant de ne pas le voir. Il est content, un billet qu'il déplie pour voir s'il est en bon état. Je suppose que s'il avait été un peu abîmé il me l'aurait rendu pour que je lui en donne un en meilleur état.

Une personne du restaurant vient aussi lui donner quelques pièces, il est content et s'en va de l'autre côté de la rue à l'ombre par petit bonds sur ses fesses, il a du gagner sa journée.

On est prêts à déjeuner moi d'un poisson grillé et Véro d'un poulet vidalou. Une mendiante qui est du coin débarque et regarde Véro avaler chaque bouchée, comme si elle les mangeait elle même.

Une noria d'autos-rickshaws  apporte des comédiens et leurs accessoires pour le théâtre qui est juste à côté du resto.
La mendiante est passée  à la table à côté, elle s'est dissimulée  derrière des plantes en pot comme pour être discrète.
Puis elle revient vers nous.
Et continue à faire semblant de manger en même temps que Véro. Le chien du resto qui la connaît lui aboie après, elle a peur. Elle nous lâche chaque fois que des gens passent dans la rue puis revient.

La voisine rousse sort du resto et nous dit : "bon appétit, c'est long mais c'est bon."

Ces femmes sont rigolotes elles arrivent difficilement à admettre qu'on n'a pas besoin d'elles et il faut toujours qu'elles nous disent quelques mots en nous voyant comme : "Il va pleuvoir" si le temps est couvert  ou "C'est l'enfer s'il fait beau".

La mendiante ne lâche rien mais personne ne lui donne même les gens du resto. Je pense que c'est une habituée, un peu cinglée et plus personne ni fait attention.

On part et elle fait un  croche-patte à Véro qui manque de tomber.

On revient à l'appart boire un café et nous reposer.

Puis on ramasse le linge sur la terrasse.
On part faire des courses.
 
On va chez les grossistes de la rue Ranga Pillai côté Ana Salai. Là on trouve des sacs poubelles, des serviettes en papier, à des prix défiant toute concurrence. Véro prend aussi un rouleau de papier collant.

On va ensuite sur MG road pour essayer de trouver un rouleau de papier collant pour l'arrière des aquarelles qui ont pris ici l'humidité et qu'elle veut ré encadrer.

On s'arrêtent chez Rexine sur MG Road pour leur demander s'ils ont le dernier couvre siège des Jackys de la moto pour la bullet. Ils l'ont.

Je leur  dis que je vais revenir après avoir enlevé les sacoches.

On va faire le plein à la station rue de Bussy.

Je laisse Véro, les courses et les sacoches et je retourne chez Rexine.

Il faut démonter le siège. Le mécano est un enfant qui ne sait pas bien comment on visse et on dévisse. Je lui indique le sens et il le fait avec des outils qui ne correspondent pas à ce qu'il faudrait.
On arrive à enlever le siège. Il fixe le protège siège qui s'attache dessous et il m'explique qu'on peut l'enlever facilement pour le laver, sauf évidemment que pour le sortir il faut enlever le siège.

Je reviens à l'appart. On installe le coussin pour Véro et la moto est prête pour la sortie de demain.

Je vois Antoine qui m'explique comment faire fonctionner la télé. On réussit à avoir TV5 Monde et l'émission qui dure depuis deux heures c'est l'émission de Michalak sur la pâtisserie. Un peu chiant mais sympa comme bruit de fond.

Voilà
Pendant que je rédigeais Véro a préparé le repas, salade de tomates, d'avocats, de fromage, avec des oeufs au plat et des fruits de la passion.


On sait où on va aller demain sur l'ECR à Marakanam, voir un lâcher de pigeons et déjeuner à Mahabalipuram et retour.

Il fait toujours un temps bouché et aujourd'hui c'est encore pire, c'est "Black is black", le désespoir d'un photographe ...
Je n'ai fait des photos que dans l'église pendant le service et le baptême d'Abel.
Aujourd'hui encore, c'est de l'illustration. 

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