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jeudi 18 décembre 2014

Le beau temps revient

Une little miss sunshine sur la Promenade


Je n'ai pas encore passé une bonne nuit et je crois que c'est le décalage horaire.
Lever 7h avec Véro.

Je vais au pain.

Dans la rue Mission, il y a comme une légère odeur de brûlé qui pourrait faire penser à un barbecue.
La brise qui arrive face à moi est chaude. Le  ciel couvert, mais plus clair que les jours précédents.

Le marchand de lait, son copain clochard arrive pour discuter avec lui, assis sur le bord du trottoir. En face deux corbeaux font le tri de la poubelle en rond de ciment.

Rue petit Canal les gens sont mieux installés cette année ils ont fait une espèce de tente avec une bâche en pente qui repose contre le mur et sur le bord du canal.

Hier après midi il pleuvait tellement que le canal s'était rempli d'eau et les gens se baignaient dans cette eau qui traverse la ville à ciel ouvert. Ils semblaient heureux comme des enfants dans une piscine.

Je tourne à droite dans la rue Sainte Thérèse pour aller prendre la rue Canteen et ainsi changer d'itinéraire. Il n'y a presque personne dans cette petite rue ce matin.

La pluie qui est tombée en trombes cette nuit a nettoyé la rue Ranga Pillai, il y a juste une odeur d'écurie  qui flotte dans l'air.

Sur le quai quelques bouses écrasées.
La petite famille, deux femmes, deux enfants, qui dormait hier sur le trottoir à côté du Hot Bread a disparu.

Je trouve que le pain est dur ce matin comme s'il était de la veille. Je prends un pain complet qui me semble mieux.

Une affiche derrière le comptoir précise que c'est le 17ème anniversaire du magasin. Je calcule, ça fait 1997, on a du  venir en 1998 puisqu'on venait déjà acheter du pain ici, c'était une plus petite boutique. Il faudra que je vérifie. 

Devant moi un couple prend un énorme gâteau dans une boîte en carton. Il me semble qu'il  leur a coûté 450 roupies.

Je reviens par le quai  d'Ambour. Un bus prend le quai en sens interdit à fond la caisse, ce qui ne dérange personne.

Dans la rue Capitaine Marius Xavier, une petite vache me précède, elle a la taille d'une vachette mais elle est de couleur claire, un peu café au lait. Comme elle doit sentir ma présence elle s'arrête et tourne seulement la tête pour me regarder arriver.

Je suis prudent parce qu'ici les vaches ne sont pas très commodes. Elle s'écarte et me laisse passer.

Je prend la rue Candappa qui n'est pas encore bien nettoyée ce matin. Les voisines ne sont pas sur leur balcon sans doute par peur de la pluie.

Je prépare le petit déjeuner.

Véro a mis en route la machine à laver le linge qui se termine très vite et elle se rend compte en ouvrant le hublot que l'eau déborde et que la machine n'a pas essoré.
Je descends voir Antoine  pour le lui dire, mais surtout pour lui emprunter une serpillère pour éponger.
Véro change de programme et remet la machine en route. Au niveau du temps de marche tout semble normal maintenant, et effectivement cette fois-ci elle a bien fonctionné et bien essoré

On essaye quand même de nettoyer le filtre. Pour cela il faut la soulever un peu parce qu'elle est encastrer sur une sorte de plateau  métallique à roulettes. Véro n'arrive pas à dégager le filtre ni à refermer l'ouverture.
Elle descend dire à Antoine que ça a fonctionné et il lui dit que Sylvie, sa femme, montera voir pour le filtre.

A 10h on part pour le marché Goubert bien que nous devions aussi être chez Pichaya à cette heure, mais on se dit qu'il serait extraordinaire qu'il soit à l'heure ou même qu'il soit levé.

Au marché Goubert on retourne chez Aroul  parce que l'une des tuniques que Véro a acheté hier est un peu juste et il lui a dit qu'il avait la taille au-dessus.

Je prends la rue Barathi en me  disant que je pourrais laisser la moto au niveau de l'encadreur. Mais il n'y a déjà plus de place et je dois continuer sur la rue qui borde le marché à l'Ouest. Par chance, arrivé presque au bout de cette portion, un scoot quitte son emplacement. Véro descend et je m'y mets. C'est un peu devant une entrée de boutique, mais elle n'est pas encore ouverte et on n'en a pas pour longtemps. Sauf qu'il y a un rayon de soleil et que Véro sort l'appareil photo. Je reconnais que l'intérieur du marché Goubert, le  matin, est un endroit exceptionnel pour les photographes.
Aroul change sans problème la tunique.
On traverse à nouveau le marché et Véro prend encore des photos. Actuellement on peut dire qu'il n'y a encore aucun touriste et les Indiens sont cool avec la photographe.
Au petit temple de l'intérieur c'est l'heure de la Puja, tout autour, des hommes assis dans des boxes préparent des bouquets, des colliers, des guirlandes des tiges de fleurs multicolores pour les temples et les cérémonies. Juste à la sortie il y a toujours le fleuriste en roses étêtées qu'il dispose dans des récipients en matière naturelle comme des pots pourris. Il nous reconnaît  et nous salue.
On sort sur la rue Barathi pour récupérer la moto.
On repart en sens inverse direction rue de Bussy, arrivé à hauteur de la rue Candappa il y a un énorme camion qui barre la rue. Je prends la rue Candappa puis MG road en direction de la gare, devant laquelle on passe, puis rue Ambedkar. Passage à niveau, le quartier Colas Nagar, le stade, le petit pont et nous arrivons devant chez Pichaya. Du côté de sa maison qui s'appelle Villa Pondichéry la rue est défoncée et complètement boueuse. Je me gare en face devant le marchand de poulet qui s'appelle "Volontariat".
Chez Pichaya où nous arrivons avec une demi-heure de retard, il n'y a encore personne. Pichaya  nous dit qu'il a été malade toute la journée d'hier avec de la fièvre et il est resté couché. Comme ce n'est pas la première fois que ça lui arrive et qu'on en est témoin, je lui demande s'il ne pense pas qu'il a un problème de paludisme. Il est étonné, mais au fond il se pose la question.
A 11h moins le quart toujours personne. Il appelle chez les enfants pour lesquels Véro est venue leur montrer la peinture à l'aquarelle. L'autre personne qui voulait venir est chez la manucure pour se faire peindre les ongles.

Les enfants arrivent enfin. Ils se sont habillés en dimanche et le retard est dû à la petite Thirisha 10 ans qui voulait à tout prix se laver les cheveux. Ils sont adorables. Son frère 13 ans s"appelle  Jayaprakash

Pichaya qui est en train de déménager toutes les pièces du bas en vue de l'arrivée des touristes nous dit d'aller nous installer dans la maison d'à côté.
Dans la maison d'à côté où il est en train de mettre tout ce qu'il déménage et tout ce qu’il entrepose depuis 18 ans, c'est un vrai capharnaüm. Des toiles peintes de partout sur les murs et sur les sols, des livres posés à même le sol ainsi qu'un nombre innombrable de revues, ou posés  sur des meubles, des tables,  des fauteuils, et dans chaque pièce quantité d'antiquités que Pichaya récupère comme ça à droite ou à gauche. Impossible de s'installer.

Finalement Véro s'installe dans Villa Pondichéry comme d'habitude. Il y  a un vase contenant des fleurs de lotus, ce sera le sujet.
Véro démarre pour montrer aux enfants.
Puis ils s'y mettent. Ils sont, on le voit tout de suite, sans peur, sans complexe et se sortent très bien de ce bouquet qu'ils peignent directement sans dessin et se sortent aussi très bien des pigments de l'aquarelle qu'ils ne connaissaient pas.
Vers midi tout est terminé. Pichaya qui est un homme bien élevé remercie Véro et lui dit qu'il a été étonné qu'elle ait accepté de montrer son travail gratuitement, à ces enfants non scolarisés.

Il veut nous inviter à déjeuner demain, mais on le remercie, avec Pichaya il faudrait toujours venir le voir.

On retourne à l'appartement et il se met à pleuvoir, c'est râlant, heureusement la pluie se calme vite.
On passe devant la devanture d'une agence de voyage dont le directeur que connaît Antoine est sur le pas de la porte. Il nous reconnaît. Il est surpris de nous voir, car on n'a pas fait appel à  lui pour les taxis. Le chauffeur du dernier taxi qu'il nous avait envoyé à Chennai se prenait pour un pilote de formule 1 et se marrait de voir nos têtes décomposées.
Rue Candappa Véro pose son matériel à l’air pour qu'il ne moisisse pas compte tenu de l'humidité actuelle.

On part à pieds pour aller déjeuner à l'Aristo rue Nehru.

Véro en profite pour faire des photos c'est la sortie des écoles et l'on est envahi par tout un peuple d'enfants. Des marchands ambulants de barbe à papa se sont installés à la sortie, et ça marche pour eux.

On passe devant "L'Indian Café" où l'on viendra déjeuner demain.
On traverse Nehru Street pour aller à l'Aristo qui est en face.
On monte les deux étages.

Sont déjà installés à une table, un homme occidental et deux femmes, une jeune, une plus âgée de types Asie du Sud Est. Ils parlent français. Ils nous semblent connaître l'homme.

On commande un poulet moutarde aux légumes , un poulet milanais au riz, une parotha et une bouteille d'eau.

On revient à l'appart, Véro prend une photo d'une image collée sur la vitre arrière d'un auto-rickshaw. Cette image représente vraisemblablement Prabankaran un pistolet à la main visant un homme à genoux et on reconnaît bien Rajapakse le président dictateur actuel du Sri Lanka. Cette image montre qu'ici, la guerre Tamoul Hindouiste et Cingalais Boudhistes, au Sri Lanka n'est pas terminée et qu'un jour ou l'autre elle recommencera parce que le problème perdure malgré les fausses assertions des Cingalais pour rassurer la communauté internationale.

On boit le café et on se repose un peu. Du fait de ma toux je suis obligé de me relever tout de suite pour ne pas gêner Véro.

Je me mets au blog et lorsque je ressens à nouveau de la fatigue je m'allonge sur le canapé lit du salon, jusqu'à ce que Véro se lève.

Elle charge ses photos sur l'ordi, les sélectionne, les traite et moi pendant ce temps je continue de décrire notre journée.

Vero prépare la salade de fruits pour ce soir et vers 16h30, on sort. Il y a de la lumière en cette fin d'après-midi.

Rue de Bussy une belle femme en sari arrive en face de nous dans un rayon de lumière, elle tient dans sa main gauche un fer à repasser électrique blanc qui ressemble à un sac à main. Dès que Véro se rend compte de l'image elle s'apprête à la photographier, trop tard, elle est toujours là mais elle est sortie du rayon de lumière.

Un peu plus loin sur le pont qui enjambe le canal Véro sait qu'à cette heure la lumière est belle pour prendre les gens qui arrivent du quai de Cingee Salai et en face les jeunes filles qui sortent de l'école indienne en costume scolaire. Mais aujourd'hui on dirait que tout le monde préfère l'ombre à la lumière.

On continue rue de Bussy. Il n'y a plus de travaux par rapport aux années précédentes et les Indiens en  voiture ou à moto roulent vite.

Sur le quai il y a beaucoup de vent qui arrive directement de l'océan indien et qui projette des embruns. Pour Véro le vent c'est toujours l'expression canadienne : "Y a du vin !" qu'elle traduit littéralement.

On marche sur la promenade Goubert en direction du Nord. On remarque qu'il y a énormément de couples, de groupes, de familles de touristes indiens qui se prennent en photo devant l'océan. Certains sont habillés à l'occidentale, femmes en Jean's et  d'autres en tenus traditionnelles femmes en Sari.
Les touristes occidentaux vont arriver samedi, pour l'instant on est les seuls sur la promenade.

On repart par la rue Dupuy pour aller au magasin "Harpagon" le bien nommé puisqu'il dépend de l'Ashram, pour acheter un beurrier dans le style "A la Edgard".
Le magasin est fermé. Peut-être qu'il n'a pas tenu, tant mieux, ça fera une entrepris de moins à faire du fric pour l'Ashram.

On remonte la rue Manakkula Vinayagar Koil qui mêne au temple de Ganesh et de Lakshmi l'éléphant femelle. 
On constate qu'il y a énormément de police dans cette rue et même un car de "CRS", la rue est barré au niveau de la rue Saint Gilles qui est elle même barrée. La rue de la Marine est aussi barrée et la rue Law de Lauriston. Deux cameramen nous font penser à des journalistes et au fait que c'est certainement un officiel qui se balade dans le coin.

Le temple de Ganesh est en réfection et il y a pas Lakshmi, espérons qu'elle reviendra bientôt, on va se renseigner.
La sortie sur la rue Nehru est coupée par une tranché. Il y a là tout un groupe de mendiantes assises en ligne qui nous sollicitent.
Au bord de la rue une vieille femme assise sur le trottoir, fait éclater les bulles d'un plastique à bulles. Véro me dit qu'elle a lu un article qui précisait que quelque soit le lieu dans le monde, quelque soit le milieu social, avec un emballage bulle chacun fait éclater les bulles. C’est irrésistible.

On marche le long du parc Barathi. et on prend la rue Victor Simonel qui est une rue très animée et commerçante du fait de la présence de l'hôpital public. Un peu plus loin il y a l'entrée du Lycée Français.

On tourne rue Surcouf et on constate que le restaurant Io est fermé et semble même ne plus exister. 

Sur le pont on rencontre une amie. Elle et nous sommes heureux de nous retrouver. Elle nous raconte ses mésaventures avec le Lycée dont le proviseur a changé l'an dernier. On lui souhaite bon courage compte tenu de tout ce qu’elle nous déballe.
Nous on n’est pas vraiment concernés et on ne comprend jamais pourquoi on vient toujours nous raconter tout cela !  Même si on est sans illusion sur ce qu’on peut parfois entrevoir ici.

On rentre.

Véro prépare ses photos et moi je finis de rédiger le blog de cette journée.
On prend une bière en apéro car il faut beaucoup boire sous les tropiques.

Repas du soir Noodle Soupe, fromage et Salade de Fruits.

Ce soir on décide d'aller faire un tour en ville. On prend la rue Candappa puis on remonte toute  la rue MGRoad. Il y a une activité encore importante mais normale.
Il fait bon marcher. Il y a un peu de brise marine.

Au marché Goubert les boutiques sont encore ouvertes. Seul l'espace du marché aux poissons est vide.

On va à Singapour pour voir si on trouve le beurrier "à la Edgar". Malgré les recherches et les escalades des vendeuses le long des étagères qui escaladent les murs on n'en trouve pas.

Retour sur MG road, il y a une petite boutique d'ustensiles métallique et là on trouve notre beurrier. Un peu plus petit mais avec beaucoup de style.


On revient à l'appart par Mission Street. Rien au temple hindou, rien à la Cathédrale tout le long de petites boutiques de santon qui n'ouvrent que pour Noël.

1 commentaire:

  1. Voilà , il est 7 h 30 j'ai fini mon petit voyage du matin .Je n'étais plus dans mon bureau , mais très loin grâce au récit et aux très belles photos .Vraiment , on s'y croirait . Mais j'ai atterri de nouveau dans mon bureau !!! Aujourd'hui il fait gris en Bretagne , un peu de rangement et je vais peindre , peindre .J'ai des tas d'idées et d'envies .Les jours qui viennent seront remplis , alors aujourd'hui , aquarelle !!! Bonne journée à vous et à demain . cathy

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