Pages

vendredi 28 février 2014

Gojojo dans la brume

Brume à Pillar Rock
  
On ne se lève pas trop tard, on se fait un petit thé biscuits dans la chambre, vers 8h on va prendre la moto. Il fait beau.

Il a plu cette nuit, les sacoches et le coussin de Véro sont mouillés. On essuie comme on peut et on part pour le Forest Department Office où l’on arrive à 8h15.

Il y a déjà une bonne dizaine de chauffeurs qui attendent. Personne n’est très sympa avec nous.

Je me mets dans la queue, demande à quelle heure ouvre le bureau et on me réponde 9h30.

Ça va il fait bon. Le militaire qu’on a vu hier arrive, on lui demande aussi à quelle ça ouvre, il répond 9h.

L’attente reprend, on voit les nuages monter.

D’autres chauffeurs viennent pour demander l’autorisation.

Vers 8h45 un homme en civil arrive et ouvre le bureau.
Là on nous interpelle Véro et moi, et on nous demande comment on compte aller au lac, on dit à moto. On nous répond que c’est impossible les autorisations ne sont données qu’aux voitures.
Les chauffeurs sont soulagés de nous voir partir, ils viennent de gagner une autorisation. Et nous on est un peu furax que les chauffeurs fassent leur loi, mais c’est leur gagne pain.

On est un peu déconcertés, mais on décide d’aller quand même à Pillar rock. La route est ensoleillée, puis complètement recouverte de brume.

En route au niveau de Coaker’swalk une très jolie indienne nous arrête et nous demande si on peut  lui prêter notre mobile pour appeler. Véro lui passe le sien. Elle appelle, dit quelques mots et lui rend son portable. Ce devait être important car elle a l’air très heureuse maintenant et nous remercie.

En passant devant Silent Valley View on voit que la brume envahit toute la falaise. On traverse la forêt dans la brume pour arriver à Pillar Rock et là aussi la falaise est dans la brume.

On pose la moto et on se mêle aux gens qui sont déjà arrivés et qui sont les petits marchands du lieu qui commencent à s’installer.

On boit un thé, on marche sur la route dans la forêt, des rayons de soleil percent parfois la brume.
On revient au petit débit de thé et on se fait faire une omelette qu’on mange en buvant du thé.

On reprend la moto pour aller à Silent Valley View, on monte avec une classe d’écoliers jusqu’au point de vue.

C’est pareil, tout est bouché. Ça ne dérange pas les touristes indiens que tout soit ainsi invisible. Il semble que pour eux l’important c’est d’être venu là, et d’avoir vu la brume et d’avoir eu froid.

On discute avec un des premiers marchands près du point de vue. Il nous demande d’où on vient, et quand on lui dit qu’on est de France il se met à nous parler de Notre Dame de la Salette, car il y a une église qui s’appelle ainsi ici à Kodaïkanal et il en fait parti.
On monte encore dans son estime lorsqu’on lui dit qu’on est allé à celle de KodaÏ mais qu’on est aussi allé à celle de France.
Il est très fier de nous dire qu’il n’y en a que deux dans la monde, en France et ici. Mais ce qui l’étonne le plus c’est que la grande fête de la Salette tombe en France le 15 août comme ici.
Un singe fait un raffut du diable au-dessus de sa cabane, il nous dit qu’il le connaît et qu’il ne nous fera rien.

Comme il est sympa on lui demande quand il faut venir pour voir quelque chose de la vallée avant les brumes matinales et même quotidiennes. Il nous dit qu’il faut venir avant 9h le matin et après 17h le soir.
Il est aussi photographe et nous montre de belles photos de la vue, qu’il a prise sur son mobile.

On essayera de revenir ce soir et demain de très bonne heure.

On retourne à Upper Lac, il y a un peu de lumière, mais aussi beaucoup de nuages. On cherche la cascade Fairy Falls, mais lorsqu’on y arrive on nous dit qu’en cette saison elle n’est pas en eau.

On change de côté et on va à la recherche de la lumière en montant au temple de Kurinji. C’est un très bel endroit, malheureusement avec ce temps couvert ça devient un peu triste malgré l’animation des touristes indiens qui vont et viennent.
Véro saisit quelques percées de lumière.

Il est midi, on pose la moto sur le parking de l’hôtel et on va déjeuner, chez les Tibétan brothers qui finalement nous a mieux plu que The Royal Tibétain.
Fried noodle tout à fait mangeable par Ma.

On part à la recherche de fruits, mais c’est quelque chose de rare ici. On s’arrête devant une petite boutique qui vend des oranges, mais il n’y a personne. A force de nous voir attendre, des gens se renseignent pour nous. Le vendeur est parti à la banque en laissant tout en plan.
Il finit par arriver en scoot avec sa vendeuse. On lui achète 4 oranges.

On rentre à l’hôtel et on mange chacun une orange qui ne sont pas terribles, mais bon ce sont des fruits.

Après s’être posé un moment on reprend la moto pour aller faire un tour. Véro à l’impression qu’il va pleuvoir.
On décide de ne pas trop s’éloigner et d’aller boire un jus de fruit au Carlton qui est le grand hôtel de Kodaï au bord du lac.

On ne me laisse pas garer ma moto avec celles des employées, je dois me garer côté parking clients où il n’y a que des voitures.

On entre dans l’hôtel, personne pour nous ouvrir la porte et de l’autre côté de la porte un portique obligatoire pour la sécurité.

On demande si on peut boire un coup. On nous montre le salon qui entoure une immense cheminée à bois, visible sur 4 côtés.
On s’installe dans des fauteuils confortables derrière une grande baie vitrée face au lac.
Au bout d’un temps certain, on vient prendre notre commande. Dans ce genre d’établissement c’est toujours le client qui attend comme si finalement ce n’était pas un peu un emmerdeur, ce qui je le reconnais avec notre look de motard est certainement notre cas.
Véro demande ce qu’ils ont comme jus de fruit, et l’homme se formalisant légèrement dit «  Nos avons tout Madame »
Evidemment nous sommes au Carlton, sommes nous bêtes…
Je demande un jus d’ananas et Véro un jus d’orange et elle sent tout de suite en voyant le visage de l’homme que ça ne doit pas être aussi simple que ça, il part.
Puis revient longtemps après, précisant qu’en fait de jus de fruit ils n’ont que du jus d’ananas.
Deux jus d’ananas.
Longtemps après, mais heureusement nous avions derrière la baie vitrée, de la distraction. Entre le bâtiment et le lac il y a un joli petit terrain avec pelouse. Mais comme ce sont les rois du buffet extérieur ils on fait construire en poutrelles métalliques un abri pour présenter dessous les différentes spécialités du buffet.
Des hommes sont entrain d’améliorer l’étanchéité du toit en fixant sur le fait des plaques de tôles.
Un homme dessus prend la tôle qu’un autre dessous lui présente et la pose sur le fait, tandis que celui de dessous perché sur une sorte d’escabeau métallique lui aussi, fixe avec du fil de fer les plaques à la charpente.
Les plaques sont fixées à chaque bout. Lorsqu’un bout est fixé, deux hommes sur la pelouse tirent l’escabeau, tandis que celui qui est dessus se suspend à la charpente pour alléger l’engin. Ils vont ainsi de suite, et on les voit bien poser 5 où 6 tôles avant que les jus n’arrivent.
De l’autre côté du bâtiment on voit par une fenêtre des cuisiniers en toques blanches vadrouiller en attendant que le temps passe ou que le client arrive.
A l’intérieur de la pièce un couple d’Indiens, certainement sourd, nous fait profiter de leur conversation que l’on ne comprend pas, tandis qu’un poste de télé hurle les résultats d’un match de cricket auquel participe le Sri Lanka.
C’est le Carlton et les jus sont là.
Surprise, au toucher le verre est tiède. Confirmation à la  dégustation nous avons bien de l’ananas sans goût avec de l’eau tiède. C’est curieux, mais c’est mauvais quand même.

On laisse refroidir notre jus d’ananas profitant de l’animation que nous offre le Carlton.
Pendant ce temps le serveur s’est mis aussi dans la conversation des deux Indiens et je ne sais ce qu’il se raconte mais cela dure.
On arrive à l’attraper pour lui demander l’addition, qui met elle aussi du temps à venir.
299 roupies, je donne trois cent et le garçon s’empresse de me dire qu’il me rapporte la monnaie.
Nous sortons. Cette fois ci derrière la porte il y a bien le portier avec un énorme turban, mais quand on arrive à la porte on est obligé de la pousser nous-mêmes. Monsieur rêvassait sous son turban et ne nous avait pas vu venir.

C’est quand même pas brillant ces grands hôtels. Ça me fait penser que l’autre jour au Promenade lorsque nous avons pris le petit dèj ils nous ont apporté la note dans un carnet en cuir blanc que j’osais à peine toucher pour l’ouvrir tellement il était dégueu. On aurait dit qu’il avait un siècle et le blanc virait beaucoup au jaune sale. Promenade c’est le groupe High Design, des gens qui ont des prétentions dans le cuir.

En passant devant la station service on fait le plein d’essence.

On revient à l’hôtel. On rentre les sacoches dans la chambre parce qu’on est sûr de rien au niveau du temps.
Pour ne pas perdre à nouveau une journée à attendre le soleil on décide que demain on ira à Palani.

Véro a bien le temps de préparer ses photos.

Et moi j’attends que l’eau chaude arrive.
La chaudière extérieure à l’immeuble chauffe au bois un réservoir d’eau qui fait pour la soirée et le matin.
A la tronçonneuse ils débitent d’énormes morceaux de bois et les mette dans la chaudière.
Vers 18h c’est ouvert, l’eau s’échauffe doucement et je peux me laver les cheveux, me doucher et me raser.
Cette eau chaude est une vraie bénédiction et me réchauffe bien parce que nous contrairement aux Indiens on n’est pas venu pour avoir froid.

Vers 19h on retourne chez les Tibetan brothers manger une soupe et des momos à la viande.

On revient reste plus qu’à mettre en ligne.

Ce soir dodo de bonne heure parce que demain matin lever de bonne heure pour faire la route jusqu’à Palani.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Faites nous un petit coucou ici ! N'oubliez pas de mettre votre nom ...