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| A l'Aristo avec Didier |
Première nuit avec la clim.
Agréable.
Du coup je me laisse aller au
bien être : lever 7h30.
La nuit n’a pas apporté de
fraîcheur, j’ai tout ouvert dès 4h du matin et il fait toujours chaud dans
l’appart.
Une femme occidentale est assise
sur le trottoir devant SITA et elle fume une cigarette.
Arrivée rue Mission je me rends
compte qu’il a encore plu cette nuit.
Le marchand de lait est assis
avec son copain clochard, il n’y a plus de cagettes de sachets de lait.
Des touristes qui se veulent
routards, cheveux longs, sac à dos,
sortent de la rue Savari et montent dans un petit car de touristes indiens qui
les attend dans la rue Mission…
La femme aux sacs est encore là
debout près de ses sacs.
En face sous un balcon un corps
endormi. Je reconnais la couverture qui recouvre le corps que je vois en
principe près de l’évêché.
En effet c’est bien lui car il
n’est plus à sa place habituel.
Rue Petit Canal un homme dort sur
le lit.
Quelques mendiants sur les
marches pour la forme, on sent bien que la messe est dite et les dévots partis.
La petite marchande de lait fait
ses comptes avec une calculette et son cahier de comptes. Elle aussi n’a plus
de cagettes contentant les sachets de lait.
Sous le balcon de Church Gate un
homme s’est abrité pour dormir.
La femme aux noix de coco est là
avec sont enfant qui est habillé en tenue d’écolier, chemise blanche, et short
bleu, il part pour l’école une bouteille d’eau dans une main et un sac dans
l’autre.
Ça me fait plaisir de le voir
scolarisé, c’est comme une bonne nouvelle. Même s’ils sont pauvres, l’Inde
s’occupe de ses enfants, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire
pour financer les assos.
C’est le camion Farm Fresh Banana
qui est là ce matin.
Le petit débit de thé est ouvert.
La rue Ranga Pillai est toute
sèche comme si la saleté de la rue avait déjà absorbé toute la pluie de la
nuit.
Le mendiant du Hot Bread est
parti, deux hommes le remplacent assis à sa place, ils discutent, l’un a enlevé
ses chaussures.
Peu de monde au Hot Bread par
rapport à tous les occidentaux que j’ai croisés en venant. Seulement une femme
plongée dans le journal « The Hindu » et un couple d’hommes.
Le caissier me voit et me dit
trente cinq. Comme ça ne me surprend pas il reprend : trente cinq
correct ?
Je réalise qu’il s’amuse à faire
l’effort de me dire le prix en français et je lui réponds oui trente cinq
correct.
J’étais distrait parce que
derrière la vitrine du comptoir le gâteau « Happy Birthday Monica »
n’est plus là, mais les deux qui l’accompagnaient sont eux toujours là.
Je ressors et remonte le quai
d’Ambour.
Toujours l’énorme tranchée qui
diminue la voie de moitié. Un tracteur benne à l’arrêt la porte de l’école De
Gonzague est ouverte et j’aperçois dans la cour les petites écolières en tenues
blanches et bleues. Abel nous disait l’autre jour que lorsqu’il va chercher sa
fille il ne la reconnaît pas parmi toutes ces petites filles avec la même
tenue.
Bus, tempos se suivent et
déversent leurs passagers. Beaucoup de monde à l’arrêt de bus, je suis en plein
dans l’heure de pointe.
En face de moi une manif de
motos, de scootys, de vélos je ne comprends pas pourquoi mais un peu plus loin
je me rends compte que lorsqu’un bus s’arrête plus personne ne passe et cela
fait une quantité étonnante de véhicules, surtout des deux roues, comme un
énorme bouchon qui se résorbe.
Rue Capitaine Marius Xavier un
vendeur de lait qui transporte un énorme bidon sur son porte-bagages et deux
plus petits comme des sacoches, klaxonne devant le portail de la belle maison
pour livrer le lait qu’il tire de ses bidons avec des quarts métalliques.
Je remonte la rue Candappa. Les
voisines du dessous ne sont déjà plus
sur le balcon.
Devant SITA il y a maintenant
deux femmes assises sur le trottoir et une troisième qui arrive à vélo. Elle me
sourit comme si elle me connaissait, mais moi je ne sais pas qui c’est.
Première lessive étendue.
Petit dèj.
Deuxième lessive étendue.
On part boire un thé rue Ranga
Pillai, angle MG road.
Véro veux acheter du fil nous
repartons par MGroad et en face de l’entrée de Goubert Market je prends la rue
Thiyagu Mudali toujours un peu sportive dans ce sens, une plongée entre le mur
et les auto-rickshaws.
Je laisse Véro devant son magasin
de mercerie et je file sur Mission pour essayer de me garer. Côté de l’hôtel
Corbelli sous le Don Giovani il est interdit de stationner mais on ne s’en rend
pas vraiment compte, pourtant ce matin il n’y que quelques motos. Comme cette
année ils ont découvert la fourrière je me méfie et je vais de l’autre côté
mais là les motos se touchent toutes, pas un cm de libre. Je vais donc dans la
rue Ranga Pillai en sens interdit, mais je trouve tout de suite une place. Je
déplace un peu un scooty et c’est parfait.
Lorsque je rejoins Véro au bout
de la rue Thiyagu Mudali sur Mission, elle n’y est pas. Je n’ai pas mon
téléphone la batterie était déchargée au moment de partir.
Je la vois à l’angle de la rue
Mission et de Nehru street en train de photographier un policier avec son képi à
la française.
On va chez Outfits pour commencer
à acheter des affaires pour les enfants avant que les touristes n’aient tout
pris.
Au retour à la moto, Véro va
directement voir si elle peut se faire épiler immédiatement. C’est possible. Je
rentre à l’appart.
Il y a la femme de ménage. Je
mets en ligne la dernière version des films sur Ariankupam, Cuddalore et je
m’avance dans celui concernant Villianoure. J’ai déjà choisi toutes les
séquences qui m’intéressaient, il ne reste plus qu’à enlever encore de la
matière pour que ce soit regardable.
Véro m’appelle, elle m’attend et
m’annonce qu’on va déjeuner avec quelqu’un à 12h30.
Au retour elle me dit qu’on va
déjeuner avec DJ qui l’a appelée pendant sa séance d’épilation.
On revient à l’appart en
attendant l’heure et on va à l’Aristo où l’on a rendez vous.
En passant sur Nehru street à
pied, on s’arrête pour regarder l’avancement des travaux de l’Indian Coffee
House qui est fermé depuis que l’on est revenu sur Pondy. Ça devrait ouvrir
cette semaine ou la semaine prochaine.
On arrive les premiers à l’Aristo
et l’on commande une bouteille d’eau fraîche.
DJ arrive peu après.
C’est avec beaucoup de simplicité
que la conversation s’engage sur différents sujets. On se retrouve entre gens
qui n’ont pas besoin d’autre chose que de s’écouter les uns les autres avec
l’envie de se connaître.
Il n’y a pas d’appréhension à se
découvrir, il y a du respect.
C’est un moment agréable, avec
quelqu’un de curieux qui a du vécu.
Visage très mobile, accentué par une moustache
discrète, un regard d’objectif avec de la lumière dans les yeux. Ça me paraît
assez normal pour un photographe.
Ah oui, rencontre de photographes
aussi, conscients, l’une et l’autre de combien il faut de patience, pour les
supporter lorsqu’on les accompagne.
Au cours de la conversation, on
parle d’Auroville et Véro se laisse convaincre d’aller voir l’intérieur du
Matrimandir. On le fera peut-être avant de repartir.
On se donne rendez-vous
samedi prochain pour déjeuner ensemble,
et en paix.
On revient à l’appart.
On passe beaucoup de temps sur
les ordis, ce qui me permet de terminer le film sur la ballade jusqu’à
Villianour . Je vais pouvoir l’encoder cette nuit et le mettre sur Youtube
demain.
Ce soir spaghettis fromage salade
de fruits et ensuite DVD.

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