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mardi 18 février 2014

Photographes

A l'Aristo avec Didier

  
Première nuit avec la clim.
Agréable.

Du coup je me laisse aller au bien être : lever 7h30.

La nuit n’a pas apporté de fraîcheur, j’ai tout ouvert dès 4h du matin et il fait toujours chaud dans l’appart.

Une femme occidentale est assise sur le trottoir devant SITA et elle fume une cigarette.

Arrivée rue Mission je me rends compte qu’il a encore plu cette nuit.

Le marchand de lait est assis avec son copain clochard, il n’y a plus de cagettes de sachets de lait.

Des touristes qui se veulent routards, cheveux longs,  sac à dos, sortent de la rue Savari et montent dans un petit car de touristes indiens qui les attend dans la rue Mission…

La femme aux sacs est encore là debout près de ses sacs.

En face sous un balcon un corps endormi. Je reconnais la couverture qui recouvre le corps que je vois en principe près de l’évêché.

En effet c’est bien lui car il n’est plus à sa place habituel.

Rue Petit Canal un homme dort sur le lit.

Quelques mendiants sur les marches pour la forme, on sent bien que la messe est dite et les dévots partis.

La petite marchande de lait fait ses comptes avec une calculette et son cahier de comptes. Elle aussi n’a plus de cagettes contentant les sachets de lait.

Sous le balcon de Church Gate un homme s’est abrité pour dormir.

La femme aux noix de coco est là avec sont enfant qui est habillé en tenue d’écolier, chemise blanche, et short bleu, il part pour l’école une bouteille d’eau dans une main et un sac dans l’autre.
Ça me fait plaisir de le voir scolarisé, c’est comme une bonne nouvelle. Même s’ils sont pauvres, l’Inde s’occupe de ses enfants, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire pour financer les assos.

C’est le camion Farm Fresh Banana qui est là ce matin.

Le petit débit de thé est ouvert.

La rue Ranga Pillai est toute sèche comme si la saleté de la rue avait déjà absorbé toute la pluie de la nuit.
Le mendiant du Hot Bread est parti, deux hommes le remplacent assis à sa place, ils discutent, l’un a enlevé ses chaussures.

Peu de monde au Hot Bread par rapport à tous les occidentaux que j’ai croisés en venant. Seulement une femme plongée dans le journal « The Hindu » et un couple d’hommes.

Le caissier me voit et me dit trente cinq. Comme ça ne me surprend pas il reprend : trente cinq correct ?
Je réalise qu’il s’amuse à faire l’effort de me dire le prix en français et je lui réponds oui trente cinq correct.
J’étais distrait parce que derrière la vitrine du comptoir le gâteau « Happy Birthday Monica » n’est plus là, mais les deux qui l’accompagnaient sont eux toujours là.

Je ressors et remonte le quai d’Ambour.

Toujours l’énorme tranchée qui diminue la voie de moitié. Un tracteur benne à l’arrêt la porte de l’école De Gonzague est ouverte et j’aperçois dans la cour les petites écolières en tenues blanches et bleues. Abel nous disait l’autre jour que lorsqu’il va chercher sa fille il ne la reconnaît pas parmi toutes ces petites filles avec la même tenue.
Bus, tempos se suivent et déversent leurs passagers. Beaucoup de monde à l’arrêt de bus, je suis en plein dans l’heure de pointe.

En face de moi une manif de motos, de scootys, de vélos je ne comprends pas pourquoi mais un peu plus loin je me rends compte que lorsqu’un bus s’arrête plus personne ne passe et cela fait une quantité étonnante de véhicules, surtout des deux roues, comme un énorme bouchon qui se résorbe.

Rue Capitaine Marius Xavier un vendeur de lait qui transporte un énorme bidon sur son porte-bagages et deux plus petits comme des sacoches, klaxonne devant le portail de la belle maison pour livrer le lait qu’il tire de ses bidons avec des quarts métalliques.

Je remonte la rue Candappa. Les voisines du dessous ne sont déjà  plus sur le balcon.
Devant SITA il y a maintenant deux femmes assises sur le trottoir et une troisième qui arrive à vélo. Elle me sourit comme si elle me connaissait, mais moi je ne sais pas qui c’est.

Première lessive étendue.

Petit dèj.

Deuxième lessive étendue.

On part boire un thé rue Ranga Pillai, angle MG road.

Véro veux acheter du fil nous repartons par MGroad et en face de l’entrée de Goubert Market je prends la rue Thiyagu Mudali toujours un peu sportive dans ce sens, une plongée entre le mur et les auto-rickshaws.
Je laisse Véro devant son magasin de mercerie et je file sur Mission pour essayer de me garer. Côté de l’hôtel Corbelli sous le Don Giovani il est interdit de stationner mais on ne s’en rend pas vraiment compte, pourtant ce matin il n’y que quelques motos. Comme cette année ils ont découvert la fourrière je me méfie et je vais de l’autre côté mais là les motos se touchent toutes, pas un cm de libre. Je vais donc dans la rue Ranga Pillai en sens interdit, mais je trouve tout de suite une place. Je déplace un peu un scooty et c’est parfait.

Lorsque je rejoins Véro au bout de la rue Thiyagu Mudali sur Mission, elle n’y est pas. Je n’ai pas mon téléphone la batterie était déchargée au moment de partir.
Je la vois à l’angle de la rue Mission et de Nehru street en train de photographier un policier avec son képi à la française.

On va chez Outfits pour commencer à acheter des affaires pour les enfants avant que les touristes n’aient tout pris.

Au retour à la moto, Véro va directement voir si elle peut se faire épiler immédiatement. C’est possible. Je rentre à l’appart.

Il y a la femme de ménage. Je mets en ligne la dernière version des films sur Ariankupam, Cuddalore et je m’avance dans celui concernant Villianoure. J’ai déjà choisi toutes les séquences qui m’intéressaient, il ne reste plus qu’à enlever encore de la matière pour que ce soit regardable.

Véro m’appelle, elle m’attend et m’annonce qu’on va déjeuner avec quelqu’un à 12h30.

Au retour elle me dit qu’on va déjeuner avec DJ qui l’a appelée pendant sa séance d’épilation.

On revient à l’appart en attendant l’heure et on va à l’Aristo où l’on a rendez vous.

En passant sur Nehru street à pied, on s’arrête pour regarder l’avancement des travaux de l’Indian Coffee House qui est fermé depuis que l’on est revenu sur Pondy. Ça devrait ouvrir cette semaine ou la semaine prochaine.

On arrive les premiers à l’Aristo et l’on commande une bouteille d’eau fraîche.
DJ arrive peu après.

C’est avec beaucoup de simplicité que la conversation s’engage sur différents sujets. On se retrouve entre gens qui n’ont pas besoin d’autre chose que de s’écouter les uns les autres avec l’envie de se connaître.

Il n’y a pas d’appréhension à se découvrir, il y a du respect.

C’est un moment agréable, avec quelqu’un de curieux qui a du vécu.
Visage  très mobile, accentué par une moustache discrète, un regard d’objectif avec de la lumière dans les yeux. Ça me paraît assez normal pour un photographe.

Ah oui, rencontre de photographes aussi, conscients, l’une et l’autre de combien il faut de patience, pour les supporter lorsqu’on les accompagne.
Au cours de la conversation, on parle d’Auroville et Véro se laisse convaincre d’aller voir l’intérieur du Matrimandir. On le fera peut-être avant de repartir.

On se donne rendez-vous samedi  prochain pour déjeuner ensemble, et en paix.

On revient à l’appart.

On passe beaucoup de temps sur les ordis, ce qui me permet de terminer le film sur la ballade jusqu’à Villianour . Je vais pouvoir l’encoder cette nuit et le mettre sur Youtube demain.

Ce soir spaghettis fromage salade de fruits et ensuite DVD.

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