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| Signature du contrat chez Félix |
Les autres photos sont là (avec quelques unes piquées à Gwen)
Une pensée pour Al&Ma qui
volent vers la France.
Le pain, selon le trajet
habituel. Il est un peu plus tard.
Les chiens bergers allemands sont
dans la rue, de retour de leur promenade.
Le marchand ambulant de sachets
de lait de la rue Montorsier a déjà fermé boutique.
Un groupe de 4 ou 5 jeunes ados,
sac à dos vêtus à l’occidental marchent devant moi. Je les dépasse. Bien que
n’étant pas dans la bonne direction, je me dis qu’ils vont peut-être au lycée
français puisqu’ils n’ont pas la tenue d’une école indienne.
La femme aux sacs s’active.
Tout le monde semble encore
endormi dans la rue Petit-canal.
Beaucoup de mendiants devant la
cathédrale, pourtant j’ai l’impression qu’il n’y a pas de messe.
La petite marchande de lait range
elle aussi ses cagettes de sachets invendus.
La femme aux noix de coco en face
du Surguru a une cliente.
Je croise un couple d’Indiens
occidentalisés, elle en short et marcel vert. Je pense que ce doit être des
Réunionnais en visite à Pondy.
Le petit débit de thé de la rue
Ranga Pillai est ouvert, mais sans musique.
Les bouses tellement écrasées
commencent à simplement colorer le goudron.
Le mendiant du Hot Bread est là,
son fichu sur la tête, il regarde au delà de toute cette merde.
Plein de touristes indiens et
occidentaux au Hot Bread, ils sont déjà tous en train de prendre leur
petit-déjeuner, ce qui fait qu’il n’y a pas de queue à la caisse.
Je comprends mieux pourquoi le mendiant au déambulateur
s’est posté devant le Hot Bread.
Retour par le quai d’Ambour
toujours éventré, ce ne n’est pas simple d’y marcher avec les tracteurs-bennes
stationnés, la circulation et les bouses. L’équipe des femmes se fait de
petites feuilles de bétel avant d’attaquer le boulot.
Un homme en équilibre sur deux béquilles,
qui le soutiennent sous les bras, pisse le long du quai.
Il est proche de la petite halle
et je me dis que cette halle sert sans
doute de refuge aux mendiants pour la nuit.
Un tricycle surchargé par une
quinzaine de bouteilles de gaz rouges. L’homme se dandine d’une jambe sur
l’autre pour le faire avancer.
À l’angle du quai et de la rue
Surcouf un rickshaw, dans lequel un homme dort un bras replié sur sa tête et
les pieds posés sur le guidon.
Rue Capitaine Marius Xavier près
du portail de la belle maison un chapelet de bouses. Étonnant !
Véro et moi on déjeune, les
enfants dorment encore.
Lorsqu’ils se lèvent et en
attendant qu’ils soient prêts, on décide d’aller chez Bata car ce matin en
partant au pain, je me suis rendu compte que la semelle de ma chaussure gauche
s’était coupée en deux.
On prend la moto et l’on emprunte
la rue Mission, devant le Surguru on est arrêté pour un contrôle de la moto. On
n’est pas les seuls, tous ceux qui ont une tête d’occidentaux subissent le même
sort.
Les gens qui effectuent le
contrôle ne sont pas sympathiques du tout. Ils nous demandent les papiers de la
moto et mon permis de conduire choses que j’ai évidemment.
Tout de suite ils nous disent que
notre situation est illégale.
De l’autre côté de la rue on voit
Babou le loueur du scoot et l’on va le voir. Il s’est fait déjà piquer 4 scoots
et il essaye de prévenir ses clients pour qu’ils ne tombent pas dans le piège.
Il nous dit que pour ce qui est
du scoot de Sabrina il ne faut pas le sortir aujourd’hui.
Les autorités remplissent un formulaire
et veulent me le faire signer, pour
l’instant je refuse et nous appelons Félix qui dit qu’il va venir.
Je finis par signer le papier,
ils me rendent les papiers et mon permis, lorsque je demande si je peux y
aller, ils me disent oui, mais ils gardent la moto.
Je me précipite pour récupérer
les clés.
On essaye toujours de gagner du
temps, ils me demandent de leur donner la carte professionnelle de Félix, ce
que je refuse, ça n’est pas un document officiel.
Celui qui paraît être le chef
nous prend en photo avec un tout petit appareil et nous demande de coopérer.
Le camion de la fourrière arrive
et Félix n’est toujours pas là. On le rappelle.
On essaye encore de gagner du
temps en disant que les sacoches sont à nous et qu’ils ne peuvent pas nous les
prendre.
On met du temps à les détacher.
Mais Félix n’est toujours pas là. J’ôte toutes les clés du trousseau sauf la
clé de contact. Je prends tout ce qui est à nous et à Félix.
Ils s’impatientent.
J’essaye de dire que ce n’est pas
normal parce qu’on a payé pour cette moto.
Le chef nous dit qu’on a intérêt
à coopérer sinon il va lancer une procédure contre nous et qu’après on n’aura
qu’à aller pleurer au Consulat…
Je donne la clé de contact, mais
pas celle du réservoir.
Ils prennent la moto et la monte
dans le camion fourrière dans lequel il y a déjà 4 scoots et 3 motos.
On voit notre belle Bullet rouge
partir avec un pincement au cœur.
On aperçoit Félix qui est là mais
qui ne tient pas à se montrer à ceux qui font le contrôle.
Il nous explique que ces gens du
« Transport Department » sont plus durs que la police et qu’il ne
pourra vraisemblablement jamais récupérer la Bullet qui appartient maintenant à
l’Etat Indien. Il est sur le coup lui aussi.
On revient à pied à l’appart avec
les sacs de la moto qui appartiennent à Félix.
A l’appart on récupère les
enfants, et on prend un rickshaw pour aller chez Félix lui porter le document
qu’ils nous ont fait signer et qu’on a oublié de lui donner.
On informe Antoine de la
situation, lui est plus optimisme et pense que Félix pourra la récupérer.
Lorsqu’on arrive, Félix est
toujours au téléphone et essaye vraisemblablement d’arranger le coup.
Il nous dit qu’il va nous donner
une Bullet ce soir vers 17h elle sera parfaitement en règle pour Pondy mais pas
pour le Tamil Nadu.
Lorsque les enfants seront
partis, il nous fera un certificat de vente comme quoi la moto nous appartient
et ainsi nous serons en règle. C’est ce qu’il aurait dû faire pour la rouge.
Ça me fait chier de ne plus
l’avoir, c’était une vieille Bullet que j’aimais bien une des dernières sur
Pondy.
On va enfin chez Bata où j’achète
les mêmes chaussures que celles que j’avais acheté, il y a trois ans et qui
viennent de rendre l’âme.
Puis on va déjeuner à l’Aristo
qui est juste à côté.
Ryan dort à même le sol sur des
coussins de fauteuil pendant presque la
totalité du repas, puis il mange un peu de riz blanc et une banane.
On revient, mais à l’appart Ryan
ne veut plus dormir et compte tenu de la chaleur, des horaires des magasins, on
ne peut pas sortir.
On attend qu’il soit 16h.
Puis on part en prenant un
rickshaw pour le marché Goubert.
D’un côté les photos, de l’autre
les fringues et écharpes chez Aroul tandis que Ryan dort dans son sac sur mon
dos. Une petite fille de 11 mois marche et danse tandis que pépère joue
l’occidental ramollo. Il nous fout un peu la honte.
On revient par la rue Barathi
pour avoir la dernière lumière sur le marché.
On se sépare.
Gwen, Ryan et S vont du côté de
Mission en descendant Nehru street pour passer par Nilgiris, Fabindia, et
Mamala Protein.
Nous pendant ce temps on continue
dans la rue Barathi pour aller chez Félix.
Lorsqu’on arrive, il est là et
tous les papiers sont prêts. Il me vend une Bullet d’occaz, en fait c’est celle
d’Alain, et ainsi je peux rouler dans toutes l’Inde sans problème sauf pour le
permis international qui n’est que toléré en Inde.
On passe mettre de l’essence.
On revient en passant par chez
Ibrahim store pour prendre du gee et on
rentre.
Dans la rue Candappa on discute avec
des gens qui ont aussi une Bullet à eux.
On leur raconte notre aventure et
ils nous disent qu’ils ont déjà eu la même.
En fait Félix va avoir un
redressement fiscal et s’il paie, il récupérera sa Bullet, mais en attendant,
pour nous, pour cette année c’est cuit.
La nouvelle Bullet est
relativement récente, vitesses à gauche, rappel des clignotants et du point
mort, frein à disque à l’avant, démarrage électrique, fini le kick. Un bruit de
Bullet moderne qui n’a plus rien à voir avec la rouge.
Par contre le côté sympa ce sont
les petites visières sur le casque et sur les clignotants tant à l’avant qu’à
l’arrière qui lui donne un petit air rétro.
Ça me fait chier de m’être fait
piquer cette vieille Bullet que je connaissais bien. L’Inde c’est plus tout à
fait pareil. Elle me manque déjà.
Je me dis que l’année prochaine
Félix l’aura peut-être récupérée, je sais qu’il y tient, et que je pourrais à
nouveau la conduire.
Lorsqu’on rentre à l’appart, les
enfants sont arrivés.
Antoine le proprio voudrait bien
nous aider, on lui dit qu’en fait ce n’est pas notre problème, mais celui de
Félix.
Repas du soir poulet aux oignons
et aux olives, bière.
Une bonne journée bien crevante
et un peu démoralisante.
Enfin je vais voir ce qu’elle
sait faire cette Bullet moderne. Pour l’instant il faut que je réapprenne à
passer les vitesses avec le pied gauche.
Les autres photos sont là (avec quelques unes piquées à Gwen)

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