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lundi 5 mars 2012

Tranquebar

Le fort danois de Tranquebar
Les autres photos sont ici

Ce matin on se laisse dormir pour récupérer un peu de la fatigue des deux premiers jours. Le troisième jour est souvent un jour plus difficile, aussi avons-nous décidé de ne pas trop nous fatiguer aujourd'hui.

Mais heureusement il y a le téléphone portable de Véro qui sonne à 7h45. C'est un faux n°. Certainement une intervention divine pour nous rappeler qu'il ne faut pas flemmarder en voyage.

On descend donc à 8h prendre notre petit-déjeuner avec les tickets de l'hôtel parce que c'est compris dans le prix de la nuit, c'est "complementary".

On attend longuement.

Des Indiens déjeunent à la table à côté de plats indiens ce qui va beaucoup plus vite.

Nous on attend. On ne sait pas très bien quoi parce qu'on a commandé hier au soir.

Arrive enfin une omelette chacun et un récipient contenant de la confiture. C'est tout, on attend la suite, au moins des couverts. Ce que je suggère à Véro, c'est de prendre de l'omelette avec sa main droite et de tremper le morceau dans la confiture. L'omelette n'est pas baveuse mais très crêpe.

Je vais chercher des couverts qui traînent sur les tables à côté mais il n'y a que des cuillères et des fourchettes.
Véro que tout ça met de mauvaise humeur le matin voudrait bien un couteau.

Une femme indienne prend notre parti et demande au serveur d'apporter des assiettes et couverts avec des couteaux, des serviettes en papier. Il revient avec tout ça plus des tranches de pain grillé à la poêle avec du gras récent ou ancien. On veut bien essayer une tartine mais on aimerait un peu de beurre.

Véro demande, il nous l'apporte.

Les Indiens sortent du restaurant et montent directement dans une voiture qui les attend et ils partent.
Pour eux la vie n'est pas compliquée. Ils arrivent le soir, dînent et se couchent à plusieurs dans une seule chambre. Le matin petit dèj et départ. Tout va très vite. Seulement le temps de se laver la main droite qui a servi de cuillère.

Je pense qu'il n'y a aucun plaisir pour eux de s'arrêter ainsi le soir, c'est simplement une nécessité. Ils prennent leur plaisir dans le voyage uniquement et les visites qu'ils font.

Impossible de manger la tartine grasse, surgraissée au beurre et empâtée d'une confiture infecte avec un parfum chimique de fruit.

On renonce même moi qui suis pourtant vorace au petit dèj.
On attend toujours le café qu'on a demandé hier soir. On le demande mais ce matin il n'y a que du thé. On veut bien prendre du thé.
Le serveur débarrasse la table, car on ne boit que lorsqu'on ne mange plus.

On boit notre thé et on décide qu'on va retourner chez notre pâtissier pour s'offrir quelque chose de bon à manger.

On remonte dans la chambre, la connexion Internet fonctionne mieux. Véro peut charger ses photos puis le blog.

On part vers 10h.

Arrêt à la pâtisserie, il y a aussi un marchand de thé juste à côté, on prend pâtisserie et thé.
Chez le marchand de thé il y a le faiseur de thé, le serveur qui nous apporte le thé car nous sommes assis sur  un banc et un caissier qui encaisse les 14R des deux thés. Je me dis que la marge doit être énorme pour que cette petite activité fasse vivre trois personnes.

On part en direction de Poompuhar qui est une ville à environ 30km au nord de Karaikal. Ce qui nous attire vers cette ville c'est son histoire, cette ville aurait disparu dans la mer et on retrouve ses restes à environ 7km des côtes. C'était une ville célèbre dans l'Antiquité qui faisait du commerce avec Rome.
Arrivée, on est un peu déçu parce qu'on ne retrouve rien de tout ça. La côte enrochée n'est même pas très belle. On voit quelques fouilles qui ont mis à jour un bassin portuaire de petites dimensions.
On décide de retourner sur Tranquebar par une petite route côtière qui semble directe entre Poompuhar et Tranquebar.

On prend la route dans le centre de Poompuhar et on file vers le sud. L'océan est à gauche et ça nous semble bien.
Mais on arrive dans un cul-de-sac, un petit port sans eau. Autour des fontaines des dizaines de pots en plastique de toutes les couleurs et des femmes occupées à les remplir et à les transporter.

On revient sur nos pas. Je suis un peu inquiet parce qu'on est perdu dans la nature et je n'ai pas fait le plein en partant ce matin.
On s'arrête souvent pour demander notre route à des gentils Indiens mais qui ne parlent pas anglais, on a l'impression quand même qu'ils savent ce qu'est Tranquebar ou Taragambadi.

On finit à nouveau dans un village cul de sac et il nous faut faire demi-tour. D'explication en explication on finit par arriver par une autre route dans ce même village cul de sac.
C'est la première fois que je vois des villages cul-de-sac. En fait on a l'impression en roulant que toute les terres de la région peuvent être inondées ou asséchées au gré des cultivateurs ce qui m'explique ces village cul de sac qui doivent être entourés de terres inondables.

Re demi-tours, on finit par trouver une petite route suite à une indication précise de l'un de nos interlocuteurs qui nous a parlé d'un chemin à gauche après un château d'eau.

Mais soudain on longe une rivière assez large et on se dit qu'il va bien falloir la traverser pour aller au sud.
En effet devant nous se dresse un pont étroit qu'il faut escalader et partager avec un énorme pipe line en son milieu, pas de garde fou.

Véro prudente dit je descends et je passe à pied. J'ai juste la largeur de la moto ma seule inquiétude est de monter la côte qui fait accéder au pont. 1ère et j'y suis. Il s'agit simplement de ne pas toucher le pipe-line pour rester bien dans la ligne.

Je passe sans autre problème et Véro prend sur elle pour traverser à pied. Il y a un petit village et on entend les gens dire en nous voyant américan, américan. On ne s'attarde pas.
Une dernière erreur vers un village cul de sac. On revient sur nos pas et on finit par trouver la bonne direction en demandant à chaque carrefour la bonne direction.

Il est 13h30 lorsqu'on arrive à Tranquebar et on va directement à l'hôtel "Bungalow on the beach" qui est un très grand hôtel et où on a décidé de s'arrêter pour manger.

On retrouve la civilisation donc des blancs mais pas beaucoup quand même.

On prend notre temps et on reste deux heures à déjeuner à l'ombre sur la terrasse.

Lorsqu'on a récupéré de notre ensoleillement de la matinée, on part à pied pour visiter Tranquebar.
Cette partie de la ville touristique est un peu une ville morte.

On remonte la rue principale jusqu'à la porte d'entrée. On s'arrête pour voir un petit temple protestant,  puis on revient voir le musée de la marine. Grand nom pour peu de choses mais quand même une chelingue, ces embarcations qui permettaient de débarquer ou d'embarquer les passagers des bateaux venant d'occident et de décharger ou charger les marchandises.
Le conservateur tente de nous émouvoir en ne faisant que nous parler du tsunami et nous montre des photos. C'est simplement une grosse inondation de la ville qu'on voit sur ces photos. L'impression qu'on a c'est qu'il n'y a pas eu beaucoup de dégâts ici.

On va voir le fort qui est ce qu'il y a de plus important. Dès le XVIème siècle les danois sont autorisés par le Nayak du coin à construire un fort et des entrepôts.
Un petit musée mal éclairé. Une architecture qui fait penser à une architecture saharienne. On fait le tour à pied, on visite les pièces qui recevaient les marchandises ou servaient de prison.

Il est 17h, on revient à Karaikal qui n'est qu'à 11km. On fait le plein de la moto parce que demain on a de la route à faire.

On rentre à l'hôtel et on règle notre note parce qu'on va partir de bonne heure.
On a passé une journée calme et sans vie par rapport à hier avec la foule de Valangani et de Nagore. En fait Tranquebar est un lieu touristique qui n'intéresse que les Danois ou presque. Les Indiens ne sont pas concernés et la vie n'y est pas présente.

Internet fonctionne bien Véro peut charger ses photos.

On va manger dans un petit restaurant près de l'hôtel qu'on a remarqué hier soir et qui se caractérisait vu de l'extérieur par une propreté maladive.

On ne va pas très loin parce que marcher dans Karaikal n'est pas très agréable, les égouts de chaque côté des rues sont à l'air libre. Je vous laisse imaginer.

On prend chacun un Roast Paper, sorte de crêpe qu'il faut manger avec des sauces improbables alors que ça pourrait être très bon avec du Nutella.
Ici pas de salade Véro n'aura pas à demander ce qu'il y a dedans et ne sachant que répondre le garçon de l'hôtel lui avait répondu, il n'y en a plus.

Vu de l'intérieur c'est toujours aussi propre. Finalement il vaut mieux un vrai restau indien, qu'un restau qui essaie de se faire occidental.

On revient à l'hôtel.

Préparation des bagages pour ne pas perdre trop de temps demain matin.

Demain on ne sait pas où l'on sera, peut-être qu'il n'y aura pas de blog.

L'étape prévue c'est Karaikkudi dans le Chetinad.

 

dimanche 4 mars 2012

Descente vers la pointe Calimere

Dans le miroir
Les autres photos sont là

Le réveille sonne à 6h, c'est dur parce qu'on dormait bien. Le lit de au moins 1,80m a un très bon matelas. On ne dort pas sur une planche et ça fait la différence.

On se prépare vite. On planque l'ordi et le kindle dans un placard.

En descendant on réveille le veilleur de nuit qui dort sur le sol de la réception avec quelqu'un d'autre.
Il se lève mais la porte est ouverte et le portail aussi est ouvert.

Dehors il fait déjà chaud je ne retrouve pas la petite fraîcheur du matin de Pondy.

On part, on ne s'est pas renseigné hier sur la direction, mais je me dis que la route d'hier soir qui menait à la plage, en passant le pont et en gardant l'océan à gauche on ne peut pas être dans la mauvaise direction.

J'essaye d'aller le plus possible vers l'océan et on se retrouve dans la zone de l'hôpital. Ce n'est pas la bonne route mais toutes les petites boutiques sont déjà ouvertes pour les familles qui viennent ici acheter de la nourriture pour leur parent hospitalisé, ou pour les malades qui sortent de l'établissement pour venir s'offrir un thé ou quelque chose à manger.

On commande  deux thés et on sort notre petit déjeuner acheter hier soir chez le pâtissier. On limite notre repas à un biscuit et au thé compte tenu de la propreté du lieu et des catarrheux qui viennent s'installer à côté de nous.

On reprend la route et assez rapidement des panneaux indicateurs nous indiquent la direction de Negappattinam.

La route n'est pas trop mauvaise.

Le soleil commence sa course pour la journée et on s'arrête plusieurs fois pour des photos.

On passe rapidement Nagore où on s'arrêtera au retour. On traverse Nagappattinam et on fonce vers Vélangani grand centre de pèlerinage chrétien.
Ce qu'on découvre c'est Lourdes au bord de la mer. Sauf que Lourdes est dans les choux parce qu'ici la vierge est apparue au XVIème siècle à un petit berger, et depuis, plusieurs autres apparitions et miracles ont confirmé la sainteté du lieu.
La particularité du lieu c'est qu'il attire les dévots de toutes les religions, chrétiens, hindous, musulmans affluent.
La basilique blanche, immense est le cœur de Velangani, toute la ville jusqu'à l'océan s'étale autour d'elle.

Tout est bien organisé, commerce oblige il y a même un parking pour les motos des pèlerins comme nous, à 5R la journée.

On se fond dans la foule, mais pour nous c'est aussi chiant que Lourdes, bien que ce soit dimanche et que l'église est pleine de monde et que les chants religieux baignent toute la ville à grands coups de haut parleur.
On visite le petit musée où les objets laissés par ceux dont le vœu a réussi sont présentés derrière des vitrines avec leur lettre de remerciement.
Il y a les objets sans valeur, puis les objets en argent, puis les objets en or. La hiérarchie de pognon est respectée. Normal, ou en argent ou en or il y toutes sortes d'objets, des médailles des chaînes, tous les bijoux existants, des stylos pour les réussites aux examerns, des petits berceaux pour les enfants désirés. Pour une fois les époux ne sont venus que tous les deux et on couché seuls dans un lit ce qui ne leur était sans doute jamais arrivé et miracle un bébé. C'est franchement étonnant. Il y a aussi de petites truelles peut-être pour avoir eu une maison. Des stéthoscopes pour des études de médecine réussies, des vrais ou des stylisés en argent ou en or.
Des représentations en or ou en argent de corps ou de membres guéris. Des cœurs aussi en or ou en argent offert par de jeunes mariés. Un vrai capharnaüm d'objet. 


On prend la rue qui mène à l'océan. Elle est bordée de marchands de tout ce qu'on peut vouloir dans la vie et même le reste jusque sur la plage avec aussi des manèges pour enfant qui tournent à la force de leur propriétaire.

Il y a aussi des vendeurs de cierges multicolores, pas de cierge blanc.

La boutique qui nous attire est celle qui propose aux pèlerinx de leur couper les cheveux pour que leur vœu se réalise. Couper les cheveux ça veut dire la boule à zéro pour les hommes et les enfants. Les femmes elles ne se font couper que les pointes.

C'est bien organisé. Passage à la caisse ou à la machine qui fournit un ticket. Après il suffit d'attendre son tour en s'asseyant sur les bancs au milieu de l'immense pièce. Sur les bords des tondeurs si l'on peut dire.
Ils mouillent les cheveux et presque en un rien de temps avec un rasoir coupe chou ils vous mettent la boule à zéro.

Des enfants hurlent, des familles s'amusent à passer chacun à leur tour. Les enfants après se touchent la tête pour voir certainement si c'est vrai.

C'est le meilleur moment de la visite à Vélangani.

Une boutique restaurant vent des cochons d'Inde qui viennent c'est certifié, d'Australie, on n'arrête pas la mondialisation. On ne demande pas plus de précision parce qu'il nous semble que c'est pour être mangé et qu'ils sont là, comme on choisit son homard.

Une femme vend une sorte d'onguent jaune que les fraîchement tondus se passent sur le crâne ce qui les fait ressembler à un œuf.

On reprend la moto et on repart à la recherche d'un hôtel où l'on pourra pendre un petit déjeuner, au hasard on s'arrête à l'hôtel Seagate et son restaurant le Restaurant Family.
On y entre, il fait noir comme dans une cave, toujours cette peur d'éclairer.
On s'installe à une table où il y a déjà un couple. Lui mange un dosaï, elle rien.
On commande du thé, un lassi et tartine beurre confiture pour moi.

Tout est très bon et les toilettes sont relativement propres.

Il est 9h du matin et on reprend la route pour la pointe Calimère.

On traverse des paysages divers, une immensité de  champs de riz après le moisson, on imagine en janvier quand tout est vert ce doit être un véritable océan. On est dans la delta de la Cauvery et on traverse de nombreux ruisseaux. L'eau est aussi à fleur de sol. Puis tout à coup c'est un paysage de savane avec de petits arbres africain Tout est extraordinairement plat et la route est bonne c'est un plaisir à moto, plein de virages qui s'enchaînent et pas trop de circulation.

On traverse quelque chose qui ressemble à d'anciennes salines. Il y a comme aux environs de Karaikal des chevaux qui comme les vaches et les chèvres vaquent au bord de la route.

Soudain on a un paysage étonnant c'est comme un gaufre immense avec sur chaque croisement un petit tas blanc de sel à perte de vue.
Des gens travaillent là. Les uns dans le creux de la gaufre ratissent le sel. D'autres hommes ou femmes transportent sur leur tête des récipients ronds de sel. Au bord de la route le sel est mis dans des sacs jaunes de 50kg que transportent des camions. Des femmes assises près des tas remplissent de petits sacs en plastique transparent d'environ 1Kg.

On s'arrête pour regarder ce travail magnifique et ce décor exceptionnel comme une œuvre d'art abstraite.

Puis on passe une rivière et c'est une forêt qui nous accueille. Des singes en quantité au bord de la route nous regardent passer surtout là où il y a des casse-vitesse ça doit les amuser.

Enfin on arrive à la pointe Calimère. Un village de pêcheurs et l'océan devant, un bout du monde comme on aime.

On revient pour s'arrêter dans un guest V.M.Thandapani que Véro a aperçu à l'aller. C'est fermé, on réussit à se faire ouvrir et on peut déjeuner mais il n'y a rien. Tout est fait pour attirer les clients, mais le restaurant est en construction. On va nous servir sur une table qui sert vraisemblablement pour le petit-dèj. On nous ouvre une chambre pour les toilettes. Il y a des affaires à l'intérieur. Les gens sont gentils pour nous faire patienter on monte sur la terrasse en travaux et ils nous montrent tout le paysage alentour avec l'océan et ses dauphins, un no man's land entre terre et océan où les oiseaux migrateurs s'installent en janvier et la forêt ou des animaux sauvages peuvent être vus.

Ils nous montrent un DVD puis un document fait par l'Etat indien sur la région. Véro est fatiguée. Nos noodles arrivent dans une petite boîte métallique et on monte les manger près des chambres. Ce n'est pas mauvais, ça ne pique pas.

On les remercie et on les laisse pour remonter. Il est 13H

En route on s'arrête pour voir l'empreinte des pieds de Sri Rama ; C'est un petit temple qui recouvre effectivement deux empreintes de pieds mais je veux bien me faire hindou si c'est réellement un dieu qui les a laissées.
Une sorte de tourelle nous permet de voir toute la région qui est magnifique.

On remonte le même paysage de saline, de savane, de rizière. Sur la route, je pousse un peu la moto et un Indien se prend au jeu, je veux le laisser doubler mais lui veut que je continue à rouler vite pour nous suivre.

On le fait encore un peu puis on se perd.

Nouvel arrêt à Velangani au restaurant Family de l'hôtel Seagate pour un dessert et pour boire et pour les toilettes.

On repart pour s'arrêter à Nagore où il y a aussi un dargha ou git un saint musulman du 23ème descendant en directe du prophète.

La merveille de la journée.

On  a un peu hésité après avoir vu le dargha de Karaikal dont je vous ai parlé hier. C'était sur la route.
Nagore entre Karaikal et Nagappattinam. Je m'arrête dans la rue principale pour demander et les gens comprennent le mot dargha et se montrent très gentils pour nous indiquer où il se trouve. On a toujours un peu des a priori avec les musulmans.

De gentillesse en gentillesse on y arrive. C'est un ensemble imposant ouvert dans lequel on peut entrer.

Je cherche un endroit pour mettre la moto quand un barbu me fait des signes pour m'indiquer où l'on gare les motos. Il fait plus que des gestes, il me suit jusqu'à ce que j'arrête.

On attache les casques, on pose les chaussures et le barbu est toujours là et il nous fait signe de la suivre. On pénètre dans un premier hall avec des boutiques de chaque côté. Au bout on se rend compte qu'on a passé une première enceinte. Il y a beaucoup de monde des gens debout qui marchent des gens assis à même le sol, des pigeons enfermés dans une cage et on pénètre dans la partie suivante composée de centaines de piliers qui soutiennent des voûtes comme des alvéoles. Sur la gauche il y a des portes en argent fermées.

L'homme nous fait acheter pour 20R d'offrandes à faire. On le suit toujours dans cette partie qui est assez grande à la fois sombre et lumineuse. Il partage les offrandes entre Véro et moi et nous sépare ce qui ne m'étonne pas trop pour des musulmans.

Je pénètre dans une porte d'argent ouverte et j'ai lu dans la guide qu'on accédait au mausolée par 7 portes d'argent. Je pense donc être dans la bonne direction.
On me fait asseoir et un homme jeune vient et commence à me demander mon nom et avec une sorte de balai me touche la tête tout en disant des prières.
On amène un cahier dans lequel il veut que j'écrive mon nom. Je regarde le contenu du cahier et je vois que ce sont des dons qui sont notés avec montant et nom du donateur. Je connais bien cette arnaque pour l'avoir subie souvent avec les bouddhistes du Sri Lanka. Comme par hasard les sommes sont énormes 25000R, 50000 etc.
Je lui dis qu'il n'est pas question que j'inscrive mon nom et que je paie quoique ce soit. Je suis entouré de toute une équipe de jeunes musulmans, mais je n'ai même pas pensé à avoir peur ou à appréhender quoi que ce soit je me lève et je sors. Et j'entends en anglais : attend écoute moi. Je n'attends rien je ressors de ce guet-apens et je retrouve Véro dans le hall aux piliers qui se marre et me demande si j'ai subi comme elle l'arnaque au fric. Pour elle ça a été un peu plus dur parce que je pensais que ce serait des femmes qui seraient avec elle mais apparemment pour le fric l'islam ne fait plus la distinction. C'était le méchant barbu qui voulait lui piquer du fric. Véro bonne poire voulait bien donner 100R mais  lui voulait des euros, puis devant sa détermination 500R, puis finalement il se contenterait de 100R. Véro ne lui a rien donné et elle a dit qu'elle voulait retrouver son mari. Tout le monde autour d'elle a alors disparu et nous nous sommes retrouvés.

Ça commençait très très mal et nous étions sur le point de repartir mais ce que nous avions sous les yeux relevait d'un palais des mille et une nuit en miniature, une architecture étonnante et colorée.

Personne ne semble plus faire attention à nous et on décide d'avancer encore davantage. On arrive dans une cour ou de mini caravansérails permettent aux gens de s'asseoir ou de se reposer. On traverse complètement l'ouvrage et on ressort du côté où il y a un grand bassin pour les ablutions et une salle pour se faire raser la tête lorsqu'un vœu a été exaucé. Pas de différence entre cathos et musulmans sur ce point. Le saint enterré ici faisait aussi des tas de miracles.

On revient à l'intérieur et les gens qui sont là sont étonnés de nous voir et sont tous très accueillants avec nous.
Une femme emmène Véro dans un lieu réservé aux femmes, là où elles se découvrent un peu et montrent leur visage. Les gens se laissent photographier mais encore plus  étonnant pour de musulmans, ils veulent être photographiés.

On attend avec tout ce monde, assis comme eux on attend que la lumière baisse pour les photos. On reste ainsi plus d'une heure et on fait partie des lieux. Les gens viennent nous parler, de leur famille. Des filles voilées adolescentes demandent à Véro son nom.

Il y a chez ces musulmans quelque chose qui tient du comportement indien  et qui les rend sympathiques.

Une sorte de gardien de la révolution iranienne habillé dans une tenue militaire et tenant un grand et gros bâton à la main vient dire à Véro qu'il ne faut pas croiser les jambes dans ce lieu. Elle s'exécute et reste assise les jambes écartées.

On revient vers l'entrée là où il y a la moto et je vois un Indien sur une Enfield qui boit un jus de citron. Je lui dis qu'il a une belle moto et je lui montre la nôtre qui en jette malgré son âge. On se met à parler. Sa grand mère qui était de Karaikal était française à l'époque, mais le français s'est perdu.
Il ne nous conseille pas de boire un jus de citron ici sauf si on donne notre minérale, ce qu'on fait.

On se sépare et on retourne dans ce petit palais merveilleux pour les photos avec la lumière qui commence à être bien, il est près de 17h.

Puis on récupère nos chaussures et on fait le tour extérieur. Le dargha est bordé de commerces de toute sorte et aussi de petits restaurants.

On reprend la moto et on revient, on se rend compte que c'est à 20mn de Kairikal.

C'est un endroit à ne pas manquer. Il faut faire attention à l'arnaque à l'entrée et c'est bon.

À l'hôtel je commence le blog pendant que Véro se douche

Puis on va dîner dans un petit restau en ville Le Mauriya. La raÏta est très bonne et la pizza aux champignons contient plus de poivron que de champignons.

À l'hôtel il y a beaucoup de motos et de voitures peut-être que comme c'est dimanche chacun vient au restaurant.

Je regarde France Irlande pendant que Véro trie ses photos. Pas terrible le match, par contre très bonnes les photos.

Elle n'arrive pas à les charger ce soir la connexion Internet rame. Vous aurez le blog demain matin si la connexion fonctionne mieux.

On a réusi a faire dans la journée Toulouse Albi aller retour quand même, ou Voiron Lyon et on est crevé.
 

samedi 3 mars 2012

Cap vers le sud

Sur la plage de Karaikal

(et j'ai mis plus d'une heure à tout télécharger, alors y'a pas de légendes car ça m'aurait pris encore au moins 1 heures vue la connexion ...)

Lever 7h30.
Le pain chez BS, toujours le même prix et les niches ne sont pas éclairées.

On déjeune.

Dès 9h15 je vais chez le repasseur. Il est là. On va ensemble dans une maison qui est juste à côté chez M. Drapeau. Peut-être que si j'avais su j'aurais pu les récupérer hier soir.

On finit les sacoches et je descends le chargement dans le hall.

Il y a la moto des voisins et on pense qu'ils sont partis en vacances, la porte est fermée. Le proprio nous dit que ce n'est que le lycée français qui est en vacances, les autres écoles indiennes fonctionnent.

Ça nous fera moins de monde sur la route.

Je ne peux pas ou je pourrais difficilement conduire avec mon sac à dos sur le ventre et le sac de réservoir.
Véro a l'idée d'attacher nos sacs à dos sur les sacoches avec les sangles que nous avons apportées.

Remontée dans l'appartement. Ces deux étages c'est finalement un bon test, lorsque nous ne pourrons plus les monter je ne vois pas l'intérêt de continuer de venir.

Les proprios nous regardent avec étonnement. Ils ne doivent pas comprendre qui sont ces petits vieux retraités qu'ils attendaient.

C'est parti. Il est 10h.

La moto est un peu plus lourde mais ce n'est pas gênant. Le sac de réservoir change l'utilisation du guidon, mais je vais m'y faire.

Pour rouler c'est plus agréable d'avoir des sacoches qu'une valise et un sac sur le porte bagages.

Que dire d'autre, on connaît la route jusqu'à Chidambaran.

Arrêt thé à Cuddalore.

Arrêt déjeuner à Chidambaran un gâteau dans une pâtisserie et un quart de jus de pomme.

On repart à 12h20  on a pile fait les 60km annoncés. Pour la suite ça varie de 180km depuis Pondy à 4h ou 3h de route c'est à dire 120 ou 90 km. Tout ça n'est pas très précis et change en fonction des interlocuteurs et des documents.
Je préfère avancer en pensant que 4h devrait être le temps raisonnable, peut-être 5.

On s'arrête boire à notre bouteille d'eau à 20km de Tranquebar comptoir danois.

Les panneaux indiquent que Karaikal n'est qu'à 11km de Tranquebar on file donc sur Karaikal où l'on arrive à 14h.

Toute cette route, toute cette région nous ont fait penser à l'Est du Sri Lanka. Un vrai plaisir.

La sécheresse et l'eau de mer et des rivières qui se mêlent et s'infiltrent dans les terres. Un paysage où les éléments se mêlent.

On trouve assez facilement la rue du Dr Ambedkar et l'hôtel Kumaran Résidency, C'est L qui nous l'a conseillé. C'est un peu cher pour notre budget de routard 2000R, 30€, mais à notre âge on a besoin de repos.

L'accueil est Indien, c'est-à-dire une peu incompréhensible, mais il y a une chambre qui nous convient. Comme on reste plusieurs jours ils veulent nous faire payer une avance de 5000R. Je refuse je leur donne 2000R, comme ça nous sommes libres de faire ce que nous voulons.

Une douche et la clim, TV5 pour récupérer et la lecture du guide pour se remettre dans la tête ce qu'il y a à voir ici.
Aucun des guides qu'on trouve en France ne donne d'information sur Karaikal, c'est toujours notre guide de Pondichery de Georgette David qui en parle. C'est aussi notre histoire.

On sort pour essayer de trouver un endroit qui donne satisfaction à notre estomac. Il est 16h et le petit dèj est loin. Il fait une chaleur limite du supportable, plus sèche qu'à Pondi, on transpire moins.

On suit Church Street par laquelle nous sommes arrivés et qui m'a semblé, bordée d'arbre et donc ombragée.

On y rencontre un homme de type indien mais qui parle parfaitement français pour la bonne raison c'est qu'il est né en France.
Il commence par nous raconter toute sa vie, il est avec sa femme et ses deux enfants, dévorés par les moustiques, ils habitent Grace près de Nice, ils voyagent en voiture avec un chauffeur super gentil, ils sont ici pour faire voir leur dernier enfant à sa mère qui habite Karaikal et qui est là, il nous la présente ainsi que sa tante qui est avec…
C'est la première fois qu'il vient en Inde et il a pris un coup sur la tête.

On demande à la mère si elle connaît une pâtisserie, il nous dit oui, ils y vont justement, hier soir ils ont mangé un gâteau pâte feuilletée dans une très bonne pâtisserie, demain ils partent pour le Kérala et ensuite Pondy, ils ont détesté Chennai, Air France leur a perdu deux valises qu'ils ont retrouvées…

Il nous saoule, heureusement une pâtisserie surgit dans la rue où l'on est avec eux. On leur dit que c'est bon, on ne va pas plus loin ça ira pour nous.

Ouf le calme. On prend des parts de tarte à pâte feuilletée fourrée de plein de choses bonnes et on se régale en buvant en même temps un coca assis sur une chaise mise à disposition des clients, pas de table.

On décide de revenir pour en prendre pour notre petit dèj de demain matin parce que nous partirons vers 7h et l'hôtel ne le sert qu'à partir de 8h.

On poursuit dans cette rue et je vois un homme au look français mais avec une tête d'Indien, du coup je lui dis bonjour et il s'arrête, il est de Marseille et parle français avec un accent italien.

On en profite pour lui demander où est la grande mosquée et le petit marché qui l'entoure. Il cherche à nous expliquer et puis dit venez.

Il nous prend dans sa voiture avec chauffeur et nous y dépose. En passant il nous montre le temple de la fête de la mangue et nous fait promettre d'y aller aussi. Il est là pour des affaires de famille.

On va voir la mosquée à l'extérieur et le dargha qui lui fait face où est vénéré le 27ème descendant du prophète qui finit ses jours ici en faisant de nombreux miracles.
Un petit marché jouxte ce dargha mais il est trop tôt pou que tout soit ouvert, ici la vie reprend après 17h30.

On revient à l'hôtel pour prendre la moto parce que Véro fatigue un peu, surtout son dos.
Je veux que nous fassions une balade le long de rivière Arselar qui se jette dans l'océan au niveau de Karaikal.
On a bien fait de prendre la moto, le guide parle de promenade, mais ça fait bien 3km le long de la rivière. Une fois passé le pont du chemin de fer, la rivière se transforme en port où sont arrimées de grosse barques et de petits chalutiers qu'on voit entrer dans l'estuaire et remonter la rivière dans la lumière du soir c'est un régal.

La promenade se termine et c'est la plage immense. De grands panneaux publicitaires interdisent la baignade et illustrent le danger en présentant les corps des noyés rejetés par la mer. Dissuasif. Même information au sud de Pondichery à l'hôtel Kailash, c'est courageux d'interdire à ses hôtes de se baigner. Au Sri Lanka l'océan est tout aussi dangereux, mais aucune information n'est jamais faite, pour ne pas effrayer le touriste. Pourtant les cas de mort existent, de personnes sauvées de justesse, nous-même on peut en recenser une dizaine.

Comme tous les gens d'ici on va au bord de l'océan et on s'assied en regardant l'eau. Des femmes et des enfants se trempent les pieds dans l'eau.

On revient en ville pour voir le petit marché près du dargha.
Véro prend des photos. Bien qu'il y ait beaucoup de musulmans et de femmes voilées de noires, personne ne lui dit rien pour les photos au contraire ils semblent contents.

On repasse à la pâtisserie prendre notre petit dèj pour demain matin puis on rentre à l'hôtel où l'on va dîner ce qui sera moins fatigant.
J'écris le blog en me dépêchant parce que nous n'avons qu'un ordi et Véro attend pour voir ses photos et je sais qu'elle est impatiente parce qu'elle sait qu'elle en a quelques unes de réussies.
Elle écoute TV5 en attendant j'ai l'impression que c'est une émission de Champs Elysées.

Je lui passe l'ordi je le reprendrai peut-être si le repas nous réserve une surprise. Il paraît que Karaikal  est réputée pour sa cuisine raffinée.


vendredi 2 mars 2012

Veille de départ en trip

Une aquarelle de mangrove

Je ne réveille qu’à 8h, l’heure à laquelle Véro voulait que je l’appelle. Je file chercher le  pain. Sur les marches de la rue le proprio arrose une merde d’oiseau qu’il frotte ensuite avec son pied.

À la fontaine, une femme se baigne dans le bac de 10cm de haut.

Au pain pas de nouveaux messages désagréables, les niches ne sont pas éclairées, Véro maintenant s’est faite à l’idée et puis on part.

Au moment de payer, on me montre l’écran pour me dire que le prix du pain est passé à 39R que finalement on a arrondi les 38,50 de la caisse à 39R. Jusqu’à ce jour on m’avait dit 38 et j’avais bien redemandé le jour où j’avais eu un doute en voyant le ticket de caisse. J’avais trouvé sympa d’avoir fait un geste le client supportait 3R de taxe et eux à 0,50.
Aujourd’hui c’est 39. Je n’ai que 38 et je donne donc 40, on a la monnaie pour me rendre 1R.

Autant dire que la baguette est passée à 40R et peut-être un bonbon comme à Nilgiris.

En revenant je me dis que j’avais décidé en janvier de payer 35R avec des billets pour qu’ils me rendent 5R que je donnerai tous les jours à un mendiant. J’avais donc décidé que la baguette me coûtait 40R.
Puis avec la taxe, la part du pauvre s’est réduite à 2R et aujourd’hui à 1R.

Je fais le café et réveille Véro. On a juste le temps de déjeuner et la masseuse arrive.

Je débarrasse tout et je file à la Karnatak Bank pour y être bien à 9h30.

La banque est juste en face du loueur de motos et de scoots devant le temple sur Mission street.

Le personnel est bien à l’heure. Le lourd rideau de fer est décadenassé, puis la grille déverrouillée et on peut entrer, d’abord les employés et à leur suite les clients.

Nous sommes trois à rester devant la banque tandis que les employés passent de l’autre côté et se dirigent vers leur bureau.
Il fait chaud dans ces locaux, ils mettent tout de suite l’éclairage et la clim mais il faut un petit moment pour qu’on la sente. Je suis assis sur une banquette faite d’une sorte de velours rouge devant la caisse. A côté de moi il y a une occidentale qui ne parle que anglais et je me demande si ce n’est pas l’Irlandaise que nous avions rencontré dans la maison voisine lors de l’inauguration et qui serait une amie de Y&P.

L’employée qui a vu Véro hier s’installe à son bureau, elle a plusieurs sacs et sort de l’un des pochettes et des documents ainsi que des tampons qu’elle essaye.

Passe devant moi l’Occidentale, qui semble avoir un document périmé valable 6 mois. Mais l’employée fait le nécessaire pour que ça marche. L’occidentale ressort sourire aux lèvres en remerciant beaucoup l’employée pour son efficacité.

C’est mon tour, j’ai juste à signer le chèque qu’elle passe à un collègue à la table à côté qui enlève une vieille machine à écrire pour dégager une imprimante. Je perds de vue ce qu’il fait avec le chèque, il me semble qu’il rentre des informations sur un clavier et écran d’ordinateur.

Petit à  petit d’autres femmes et d’autres hommes sont arrivés.
Un homme en dhoti blanc est un client comme moi et les autres des employés qui s’occupent à diverses tâches pour remettre le bureau en route.

Deux femmes parlent avec l’employée qui s’est occupée de moi je ne sais pas si ce sont des collègues ou des clientes. Je vois qu’elles parlent de boucles d’oreilles et qu’elles se racontent des histoires du quotidien certainement concernant leur vie, leurs enfants.

La caisse est toujours fermée. Un homme apporte des choses derrière  ce bureau, peut-être des liquidités.

Maintenant toute la banque est en état de fonctionner. Une femme vient se mettre derrière le guichet de la caisse. L’homme à qui l’employée avait remis le chèque m’appelle pour me donner un jeton et me fait signe que c’est pour la caisse.

L’homme en dhoti est déjà devant la caisse et il lui est remis des billets, puis c’est le tour d’une des femmes qui discutaient et qui appelle vraisemblablement son mari et lui fait signe trois avec les trois doigts, l’index, le majeur, l’annulaire. Ici le pouce ne compte pas quand on veut préciser un chiffre avec la main.

Après c’est mon tour, je donne le jeton à la caissière, puis un moment après elle m’en montre deux et me demande lequel est le mien. Ce sont les mêmes à première vue. Elle décide d’en choisir un. Je regarde que ça correspond bien au chèque de K qui vient de lui être donné par un sort de passe-plat entre l’employée et elle.

Elle compte le montant qu’elle fait ensuite vérifier deux fois par une machine. C’est bon. Je peux repartir avec l’argent. Tout ça a pris une demi-heure.

Véro n’a pas fini son massage. La femme de ménage arrive. Je range tout.

Le massage se termine.

On va mettre le linge à sécher sur la terrasse

On passe chez Focus acheter des cartes postales pour les enfants et on les écrit à la poste. Véro se trompe et écrit sur la partie adresse. On va acheter des enveloppes qu’il faut découper au format de la carte et que je collerai avec la colle de la poste.

Je pose Véro chez l’ostéo et je vais à la poste. Je note l’adresse sur les enveloppes et je vais au guichet pour acheter des timbres. Il y a devant moi des Françaises qui achètent une quantité de timbres impressionnante pour toutes les cartes postales pour les copines.
Au guichet ce n’est plus la demoiselle des postes, mais un homme très aimable et qui prend les Françaises et moi-même mon tour venu, en considération.

En repartant je vois les deux couples de Français léchant leur cinquantaine de timbres sans colle. Ils doivent être de passage et ne savent pas que la colle est à l’extérieur.

Il y a une personne près du pot de colle bleue. Ce doit être un habitué car je remarque qu’il a une bonne technique pour prendre ce qu’il faut de colle et pas plus et au bon endroit là ou elle est encore bien fraîche. Ensuite il frotte longuement sur la partie à encoller, c’est une enveloppe comme moi. Il se nettoie le doigt en le frottant contre le rebord de la table métallique, puis il reprend un peu de colle pour le timbre.

Après l’avoir bien observé j’applique sa technique qui est très efficace. Je peux repartir avec presque pas de colle sur les doigts et des timbres collés et des enveloppes fermées proprement.

Je les glisse dans la boîte rouge. Je reprends la moto et je reviens à l’appart en attendant que Véro ait terminé.

Lorsque j’arrive devant l’ostéo elle vient de sortir. Il est 12h30 et nous décidons d’aller manger à l’Atithi.

On fait un bon repas de crudités, de légumes et de fruits puisque c’est un restau végétarien. Pour le moment c’est vraiment la meilleure adresse pour manger des légumes.

Véro salue l’ostéo qui vient aussi manger normalement ici.

Lorsque nous partons un car de touristes français s’installe dans la salle du restaurant, on est heureux de quitter l’endroit.

On revient à l’appart, on boit un bon café et on se repose comme un vieux couple de lions repus dans la chaleur de la savane.

On décroche le linge et on porte ce qui est à repasser chez le petit repasseur de la rue Montorsier qui va nous faire ça pour 19h.

On fait un saut à la bibliothèque de l’Alliance Française, qui a rouvert hier suite aux dégâts du cyclone.
C’est un endroit plaisant. Il y a beaucoup de livres, c’est la plus grande bibliothèque de livres français d’Inde.

On va manger une glace rue Ranga Pillai près du canal en sous sol. Ça ne fait pas très envie lorsqu’on rentre d’autant que personne ne s’occupe de nous parce qu’il y a un match de cricket Sri Lanka contre Australie.
La glace est bonne quand même et même très bonne.
On revient à l’appart pour préparer notre bagage pour le départ demain matin à l’aube.
On va avoir deux sacoches, un sac de réservoir et nos deux petits sacs à dos. J’espère que ça ne posera pas de pb avec le mien que je porte sur l’avant et le sac de réservoir.

On verra bien.

On fait un dernier tour à BS  pour voir si tout va bien et laisser des flyers et leur dire qu’on part. ça ne semble pas poser de pb.

On fait éditer chez Xérox le topo que j’ai fait sur le circuit.

On revient à l’appart. Véro monte et je vais faire le plein d’essence.

Je reviens on dîne et soudain Véro se souvient qu’on a oublié le repasseur. Il est 8h, j’y fonce, mais il n’est plus là. J’essaye de savoir s’il habite dans le coin mais non. Il faut revenir demain à 9h30.

Ce n’est pas grave, on partira plus tard.

À partir d’aujourd’hui je ne sais si vous aurez cette relation régulièrement mais on essayera.

jeudi 1 mars 2012

Chaud et poisseux

Tous les bistrots sont signalés ainsi, sur un fond tricolore bleu blanc rouge !!!!!!!


On se lève vers 8h après avoir passé une bonne nuit, dans la fraîcheur parce que le climatiseur ne s’est pas arrêté lorsque je le lui ai dit avec la télécommande.
Ça m’est déjà arrivé. Je ne sais pas pourquoi il faut maintenant appuyer deux fois sur le bouton arrêt pour qu’il s’arrête, alors qu’au début il ne fallait appuyer qu’une fois.

La nuit, à moitié endormi, il m’est difficile de compter jusqu’à deux.

Je vais à BS pour aller chercher le pain. Rien de spécial ce matin dans la rue.

Pour le pain pas de pb, pour le livre d’or, il est écrit dessus n’importe quoi avec des dessins d’enfants.
Ce qui est écrit, concerne à la fois BS et à la fois l’expo. Pour bien faire ils ont mis à côté le livre d’or de BS, et c’est la confusion.

Les commentaires sont dans le style : « Tout est bon ici sauf  les aquarelles » ou « Bof ».

En plus, on a arraché le stylo à 5R que Véro avait attaché au cahier. Impossible de casser le fil qui est celui qui sert justement à suspendre les aquarelles. Celui qui a fait ça a dû emprunter un couteau qui coupait mal car la ficelle a été broyée, effilée, avant de casser.

E me dit qu’elle veut voir Véro.

Les niches sont éclairées.

Je ne sais comment annoncer tout ce gâchis à Véro, car c’est bien la première fois que l’on voit une chose pareille.
Quel est ce besoin de méchanceté entre Français à l’étranger.

Des Français qui prennent plaisir à descendre une Française, car tous les commentaires sont en français.

Ici  on rencontre plein de gens curieux, sous l’influence de diverses philosophies ou croyances dont l’objectif est la maîtrise de soi pour se débarrasser du négatif en soi et ne voir la vie que sous une forme lumineuse.
Je me dis que cette agressivité qu’il est interdit de montrer pour passer pour quelqu’un qui sait, a ici la possibilité de s’exprimer, car certainement que sur le livre d’or de l’ashram ils doivent écrire que tout va bien et qu’ils sentent monter en eux la force positive et ici à BS, sur le livre d’or, ils se défoulent en en foutant plein la gueule à Véro. Quel courage.

Si je dis ça, c’est parce que j’ai lu tout Sri Aurobindo dans les années 60, Tout Krishnamurti dans les années 70, tout Karl Gustav Jung dans les années 80 et quand j’étais môme tous les Lobsang Rampa et je sais que ce qu’ils écrivent, était certainement très bien pour eux, mais il ne faut pas venir faire chier les autres avec tout ça.

Car à partir de là toutes les manipulations sont possibles et je crois que les gens ont un besoin réel de se défouler suite à leur stage de méditation ou de Yoga, et d’exprimer leur agressivité anonymement loin des maîtres qui en font peut-être autant d’ailleurs. Je crains que cela joue contre Véro.

Véro elle, pense qu’elle ne vendra rien dans ces conditions. 
Elle dit qu’un tableau parle à un acheteur avant qu’il ne l’achète et qu’il projette ce qu’il va en faire chez lui. Ici malheureusement tout est déjà mis en place et il est difficile, même si ça plaît et au contraire si ça ne plaît pas, d’imaginer une mise en scène chez soi. 

Elle me dit aussi que quand les gens ont le coup de cœur pour une œuvre, c'est parce que quelque chose dans l’œuvre leur a parlé, souvent un détail du tableau qui leur rappelle un souvenir, une anecdote, cela fonctionne comme une madeleine de Proust. 
Elle pense que la mise en scène de ses aquarelles va à l'encontre d'un rêve projeté. Tout est trop ficelé, trop organisé. Elle me dit : j'ai travaillé contre moi, j'ai verrouillé mes aquarelles.
Elle me donne l'exemple de ses 3 danseuses exposées dans une niche et mises en scène d'une manière un peu kitch, un peu brillante. Ces 3 tableaux sont ensemble et par le jeu de leur présentation forment un tout  indissociable et un ordre que l'on a peur de rompre. Cela va à l'encontre de toute démarche de vente. Elle est formelle là dessus. Elle me dit que pourtant elle connaissait ces règles mais que n'ayant jamais mis en scène son travail, elle n'imaginait pas à quel point cela verrouillerait son travail.
 
Ils regardent donc, s’ils regardent. Une amie B a passé du temps à BS comme pour faire  une étude de marché et elle s’est rendu compte que les gens ne regardaient pas les aquarelles. Ils entraient, achetaient, payaient, partaient.

Elles décorent si bien les lieux qu’elle en font partie.

Véro espère sans y croire que les quelques aquarelles non mises en scène pourront faire fonctionner dans la tête des gens leur imaginaire. Mais au fond, elle n’en est pas du  tout convaincue.

Le problème n’était pas du tout le même à Promenade, en majorité fréquenté par des Indiens et vraisemblablement en minorité par des Français. Les commentateurs soit étaient élogieux, soit s’abstenaient, mais il n’y a jamais eu cette agressivité.

Heureusement on part une semaine pour échapper à cet échec. Nous espérons que pris par les exigences de la route, on va même oublier tout cet investissement personnel et financier.



Après déjeuner, j’emmène la moto chez le laveur parce qu’aujourd’hui je dois aller payer le mois de mars chez F et lui demander de la vérifier pour le trip. Je veux qu’il la voit propre, pour lui montrer qu’on en prend soin, ce qui est vrai, mais propre ça fait plus vrai.

Je reviens à pied chercher Véro et nous commençons notre périple piétonnier par le distributeur automatique de billets. J’espère qu’il va distribuer des billets de 1000, heureusement il y a des clients devant moi.
Le principe du distributeur est simple, il ne peut donner au maximum que 40 billets et parfois il est chargé en billets de 1000 et parfois en billet de 500. Le pb c’est que 40 billets de 1000 ça ne fait pas la même somme que 40 billets de 500. Mais pour ma banque ce n’est pas le montant qui compte, mais le nombre de passage à l’ATM et chaque fois, quelque soit la somme, il me pique plus de 8€. J’essaye donc toujours de prendre les 40 billets de 1000 d’autant qu’on a un coffre dans l’appart.

Je regarde les gens qui opèrent devant moi, la machine leur donne bien des billets de 1000. Je viens d’économiser plus de 8€. Ouf !

On fait à pied toute la ville blanche car le laveur de moto est à l’autre bout. La moto est prête et nickel, pas chrome parce que justement sur les chromes, ils n’ont pas essuyé l’eau de lavage et il y a déjà des marques.

Ils me la font démarrer  parce que c’est une moto qui a horreur de l’eau, ça arrive, et je ne peux pas arriver à la faire démarrer. Ils sont jeunes et peuvent s’escrimer sur le kick.

Nous filons chez F car je me doute bien qu’il va vouloir me la garder un peu. La dernière fois 1h, ça a fait 4h je me dis pourvu que je la récupère ce soir.

Je lui règle jusqu’au 1er avril inclus. On part le 2 pour Chennaï prendre l’avion tôt le matin du 3 avril.

Je lui demande de vérifier en expliquant les petits défauts que je lui trouve, pas grand chose en fait.
Il faut la lui laisser 2h. Il est 11h, il me jure qu’elle sera prête à 13h. On viendra quand même un peu plus tard. On a fait 1000Km avec et il nous dit qu’on aurait dû la ramener à 500km pour vérifier l’huile. On a complètement oublié cette obligation avec tout ce que nous avons fait ces derniers temps. Ça n’a pas l’air si grave.

On revient par la rue Barathi, Véro demande à un petit réparateur de bijoux dans la rue s’il peut lui réparer un bracelet et un pendentif. Il peut. Elle, et lui se mettent d’accord sur le prix. Ce sera prêt à 16h.

On traverse le marché Goubert pour prendre du café. Puis on sort sur MG road on prend la petite rue en face qui mène à MS et on va à l’angle de Nerhu Street et de Canteen street prendre un stylo pour BS.

On suit Canteen Street en direction de Ranga Pallai pour aller à Nilgiris. On s’arrête pour boire un jus de fruit dans Ranga Pallai et on se rend compte que c’est aussi un grand magasin de fruits et de légumes.
On boit du jus de lemon sweet qui est un fruit entre l’orange et le citron. Le jus est à 30R ce qui est un peu plus cher que celui chez qui on va habituellement à l’angle de MG road qui vend le jus à 25R.

On revient en passant au Nilgiris on prend le minimum pour ces deux derniers jours.

On retourne à l’appart. Il est midi, on pose tout notre barda et on repart à BS.

Véro arrache les pages du livre d’or aux remarques dégueulasses et remet le stylo on ne sait pas jusqu’à quand il restera.

Les niches sont toujours éclairées.

Elle demande à parler à E qui m’a dit ce matin qu’elle voulait la voir. Il faut attendre, elle est avec quelqu’un. Au bout d’un moment on est fatigué de toujours attendre et l’on s’en va.

On va au magasin Fabindia dans la ville blanche en face de l’Alliance Française, Véro veut trouver des pantalons qui aillent avec les tuniques qu’elle a récupérées hier chez Aroule.

À peine sommes-nous dans la rue Suffren qu’une femme nous fait signe pour nous demander quelque chose.
En fait c’est une petite famille, le père, la mère qui est de type indien, et deux enfants en bas âge. Ils cherchent le restaurant le « Rendez vous » et nous demande si c’est bien.
Ce sont des gens qui ont vécu à Bengalore et qui maintenant sont en Suisse et sont ici en vacances.
On ne leur conseille pas le « Rendez-vous » qui est un restau très moyen avec des choses pas très bonnes.  Compte tenu de là ou nous sommes, nous leur conseillons le Satsanga.

Pendant que je leur montre sur le plan C s’arrête et discute avec Véro.
Je discute avec les Suisse qui compte tenu de l’emplacement du Satsanga vont aller aussi chez Fabindia.
Avec les enfants qui ont trois et six ans je leur conseille la plage Serenity Beach. Ils sont intéressés, ils ont un chauffeur, mais ils ne savent pas où il est. C’est l’Inde.

On se sépare. Je vais voir Véro et C.
Véro lui a raconté son aventure BS et C dit si c’est comme ça il faut tout enlever.

On ne va pas se précipiter, mais c’est aussi un peu ce qu’on pense. Véro n’est pas là pour se faire descendre chaque jour.

On verra au retour tous les délires notés sur le livre d’or. Les journées Darshan étant passées il y aura peut-être moins de folie.

Quand on se balade comme ça dans les rues de Pondy, Véro se dit que des gens comme nos amis Suisse L et Y et leur petite fille, de vrais gens dans la souffrance de vivre avec une vraie générosité parce qu’ils savent ce qu’est l’enfer, et donc la vie. Des gens comme Sri Loulou Misseye un vrai spécimen d’authenticité lui aussi, nous manquent et nous aimerions bien les rencontrer au hasard des rues, pour avoir le bonheur de voir de vrais gens dans la vraie vie.

Fabindia, la famille Suisse (pas nos amis, ceux qu'on vient de rencontrer) est là aussi. Véro cherche des couleurs assorties, puis après des tailles, tout est toujours mélangé même dans un magasin qui se veut au top.

Elle trouve deux pantalons, dont la forme et la couleur lui conviennent.

On va au Satsanga on retrouve la famille Suisse.
Aujourd’hui c’est un peu long.
Véro en profite pour aller discuter avec la femme Suisse tandis que le papa court après les enfants dans l’espace terrasse en herbes du Satsanga.
Ils sont à la Maison Perumal, ça donne tout de suite une idée de leurs finances, mais malgré tout ils trouvent que  les repas y sont chers. À la maison Perumal il y a un chef qui prépare chaque jour un repas avec ce qu’il trouve et c’est le repas du jour. Très bon, très cher, mais ça ne convient pas forcément quand on a des enfants.

 Après le repas, on part à pied à la Karnataka bank. Véro recommence à avoir mal au dos. Je porte son sac et on marche lentement.
C’est dans Mission Street près de Diva.

Véro présente son chèque, son passeport, jusqu’à la caisse tout se passe bien. À la caisse, le caissier constate qu’il n’y a pas le montant du chèque sur le compte. Mais il y a un chèque qui a été remis pour compléter, mais il n’est pas encore encaissé.
Il faudra revenir demain matin à 9h30 à l’ouverture.
Véro a massage à 9h, elle demande si je peux venir avec son passeport. La personne sera là, elle me reconnaîtra et il n’y aura pas de problème. Espérons.

De la on va chez F. La moto est prête. On la prend et on rentre à la maison.

Un café, avec la nouvelle cafetière. Au moment de la laver je me rends compte qu’il devait y avoir tellement longtemps qu’elle était en stock que le filtre est percé par de la rouille.
C’est l’Inde. L’an dernier nous avions acheté un wok et on s’est aperçu en le déballant que le rebord était voilé, mais le couvercle en verre allait quand même.

Puis Véro va se reposer tandis que je m’attaque aux comptes en ce début de mois.


On prend la moto vers 18h pour passer chez le couturier, puis après  nous nous rendons au 73 rue Pérumal pour l’inauguration de la nouvelle galerie ArtBeat.

On rencontre toujours les mêmes personnes, c’est le milieu artistique pondichérien.

K s’excuse encore pour l’histoire du chèque. On revoit Abel et Ejoumalé et leur compère Rajkoumar.
On fait la connaissance d’une Toulousaine d’origine qui a  un atelier de peinture à Pondy et qui vit ici avec son mari  prof au lycée français depuis 12 ans.

On discute longuement.

Puis on rentre, un peu fatigué de notre journée. Car la chaleur est revenue où plutôt je pense que le taux d’hygrométrie a beaucoup augmenté on ruisselle quoi qu’on fasse. On passe d’une chaleur d’été à l’atmosphère poisseuse du Sri Lanka.