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vendredi 4 mars 2016

A Kalapet. La mise à l'eau.






Lever 7h.
On se réveille de plus en plus tôt. On a récupéré de nos fatigues de Varanasi et Kumbakonam.
A chaque fois ce genre de sortie ça ne nous laisse pas indifférents et souvent on en prend plus qu’il  ne faudrait pour rester neutre.
Comme dit un ami rencontré chez Aroule au marché Goubert : quand on revient de Varanasi, Pondy ça semble calme et lisse.

Je vais au pain.
Le soleil est moins fort il y a quelques nuages.
La rue Mission est vide, Pondy s’éveille.

Le marchand de lait est là avec sa caissette pleine de sachets de lait.
Ibrahim Store est ouvert.

Ce sont les seuls qui ont commencé leur journée.

Devant la villa Lafontaine la bonne nettoie la rue avant de la laver et de dessiner son kolam matinal.

Rue Petit Canal une jeune femme en sari orange vide près du parapet, mais de l’autre côté de la chaussée, un seau d’épluchures et regagne sa tanière faite d’une toile le long du  canal.

Un homme assis sur le trottoir s’éveille à côté de son vélo à plateau. Un autre près de l’angle  de la rue Sainte Thérèse dort encore.

Pas d’écolière ce matin devant l’école du cœur de Marie.

La mendiante du pilier du milieu du portail de la cathédrale est en place, un chant s’échappe jusqu’à la rue puis s’efface sous le bruit pétaradant d’un moteur d’auto-rickshaw.

Deux mendiantes sont installées sur les marches de la librairie Focus. En face de l’autre côté de la rue, trois autres  sont assises sur le trottoir.

Un homme sur les marches de Church Gate fume une bedee.

La boutique du cordonnier est fermée par deux cadenas indiens qui brillent au soleil.

La marchande de noix de cocos n’est pas arrivée.

Ashok Laundry est fermé. Déjà deux hommes sont assis sur les marche de Kotak juste à côté, ils lisent des revues.

Les marchands ambulants en bananes chargent leur chariot de bananes qu’ils prennent dans des caisses en plastique empilées devant chez Nilgiris. Les premiers commencent à mettre la bâche sur les  bananes.

Rue Ranga Pillai le même homme qu’hier dort sur le plateau de son vélo.

Une bouse énorme éclatée a éclaboussé toute la largeur de la rue et je dois faire un détour en passant sur le trottoir pour ne pas marcher dedans.

Le bus de Sri Aurobindo Autocare Service n’est pas encore là, mais déjà dans le bureau, des personnes achètent leur ticket.

Toute la rue a été lavée devant l’hôtel Kaarthik et des voitures du Tamil Nadu sont stationnées devant l’hôtel Sun Park.

Un homme qui sort du Hot Breads avec du pain me tient la porte pour que je passe. Je me dis que ce doit être quelqu’un d’une guest house et qu’il a été bien formé pour la clientèle.

Une femme seule prend son petit déjeuner en lisant un quotidien.

C’est la caissière sympa dont le visage s’illumine d’un sourire et d’un bonjour dès qu’elle me voit. Ça me fait plaisir, je n’ai pas ça même à Aucamville.
Ce matin je ne sais pas ce que j’ai pris mais ce n’est pas le Poolish, je crois que c’est le brown farmer.
Ça fait 45 Rs.


Je reviens par le quai.
Là aussi c’est calme.
Je n’ai pas fait attention à la dormeuse de la station service parce que je remarquais que de l’autre côté de la voie sur une partie couverte du canal il y a de plus en plus de bus de touristes stationnés.

Le portail de la crèche de Saint Louis de Gonzac est ouvert mais il n’y a personne dans la cour.

Trois personnes sont assises à l’arrêt de bus.

Un tempo bleu s’arrête à l’angle de la rue Sainte Thérèse.

Le chariot de noix de coco est stationné sous la halle en face de la rue Vicomte de Souillac.

Je ne vois pas l’albinos.

Les bassets dorment sous la roue avant du scoot qui est garé sur le trottoir grillagé.

La lodgy et la bullet crème rue Surcouf.
Une brochette d’hommes assis sur les marches d’une maison en face du chantier rue Capitaine Marius Xavier,  regardent des femmes dont l’une transporte de l’eau dans un seau et une autre lave du matériel de cuisine au robinet de la rue.

Rue Candappa devant une maison après le nouvel immeuble une femme nettoie la rue avant de dessiner un Kolam, en face un homme arrose avec un tuyau des plantes en pots.

Les voisines sont sur leur balcon.



On petit déjeune.


Puis on part à pieds.
Dans le hall  on rencontre  Antoine qui part lui  aussi  et qui nous  dit qu’on lui règlera ce soir ce qu’on lui doit pour le mois de février. Il confirme  dimanche à 17h pour les photos  que Véro doit prendre de lui et de sa femme Sylvie.

On part pour le marché Goubert. Il fait chaud, mais on a besoin de marcher parce que sinon on passerait notre temps dans le séjour avec la clim.

Chez Aroule on lui laisse le pantalon de Véro pour qu’il change l’élastique de la taille.
On prend chez son  père qui a une boutique parfumerie-encens fourre tout, de petits flacons de parfum et dans une boutique voisine des bindees.
Puis on va chez le marchand d’épices qu’on connaît depuis des années et qui est heureux de nous voir car cette  année on lui a pris pas mal de choses.

On va ensuite chez Singaram rue Canteen, toujours à pieds  et ensuite on va déjeuner au Surguru qui est sur le chemin du retour vers l’appart.

Café et repos au frais.

Comme ce matin on a le choix entre la clim du séjour ou sortir.
Je propose à Véro d’aller au bord de l’océan, il fait chaud mais il y a de l’air. Je lui propose Kalapet sur l’ECR, on y est souvent passé, mais jamais on ne s’y est arrêté et jamais on n’est allé sur la plage de ce village.

On sort la moto et on y va.

Ce qui est amusant sur cette route, c’est qu’on quitte Pondichery la ville et Pondichery l’état. Pendant quelques kilomètres on est dans le Tamil Nadu, puis à Kalapet on est à nouveau dans l’état de Pondichery. Ça illustre bien ce qu’est l’état de Pondichery ici, des ilots perdus dans le Tamil Nadu, sans aucun lien

Dans le village on prend une rue qui semble aller vers la plage.
On laisse la moto juste au  bord et on part à pieds sur la plage.

La plage est recouverte d’embarcations de pêcheurs, sur le bord une route et des constructions pour poser le poisson tout ça montre qu’ici c’est un véritable travail avec une suite commerciale qui est organisée.

La plage plonge directement dans l’océan, les bateaux au bord ont la poupe comme suspendue au dessus  de l’eau.

On marche et Véro prend des photos, on s’arrête près d’une embarcation dont le nom marqué  sur  la coque est « Sri Friends » et j’ai bien envie de le traduire par « les copains d’abord ».
Des hommes l’entourent et ils sont comme une véritable équipe.

Juste à côté un bateau est en train d’être chargé, des hommes apportes des bouées blanches comme des bidons en plastique, de l’eau dans une bonbonne comme celle qu’on a à l’appart, de la nourriture, des lampes qui fonctionnent avec de petites bouteilles de gaz.
En le regardant de plus près on se dit que ce bateau est tout neuf. C’est comme une grande barque effilée à fond plat avec une proue très fine qui le différencie des autres embarcations qui paraissent plus  rustres.

On pose des questions, c’est effectivement un bateau tout neuf et qui prend la mer pour la première fois. On nous présente le capitaine et le propriétaire.
Chacun vérifie que tout est bien en place. Ce qui le différencie aussi des autres bateaux ce sont ses deux  moteurs hors bord Yamaha à la poupe. Rien à voir avec les moteurs des autres bateaux fixé à la coque et avec une hélice au bout d’une longue tige qui se soulève et que les pêcheurs plongent dans l’eau dès que le bateau a franchi la première vague, qui ici est un rouleau qui frappe le sable.

Le bateau va être mis à l’eau. Dès que tout est prêt, une dizaine d’hommes se répartissent autour de l’embarcation pour lui mettre la poupe face à l’océan en la faisant glisser sur le sable.

Petit à petit le bateau est mis dans la pente, juste là ou la vague vient mourir. Puis chacun pousse et le bateau monte sur l’eau. On sent une certaine appréhension parmi tous ces hommes parce que personne ne sait comment il va réagir. Ces instants d’interrogation et d’émotion lui font manquer la vague, il la prend un peu de travers, et celle-ci le détourne et le met parallèle à la plage. Chacun se précipite vers l’avant pour le réorienter face à la vague suivante.
Puis l’équipage saute à bord. Un des marin essaie de mettre le moteur en route en tirant le câble mais celui-ci ne démarre pas. Pour l’instant le bateau est dans cet espace entre deux vagues, celle qui revient et celle qui arrive. Le moteur ne démarre pas, le rouleau  se rapproche, enfin il démarre. Propulsé par l’hélice la proue est mise face à la vague et elle se dresse, se cabre, à une hauteur impressionnante et retombe, pique  dans l’ espace neutre qui permet d’attendre la prochaine vague. Encore quelques cabrioles, puis le bateau s’éloigne vers le large.
On applaudit, le propriétaire est tout heureux, son bateau tient la mer. On voit l’équipage faire des tests de direction, à gauche, à droite,  puis enfin s’éloigner.

Pendant ce temps une autre embarcation est arrivée de retour de la pêche. Le bateau fonce contre la plage, mais la pente est trop forte et dès que l’élan ne suffit plus des hommes accrochent un câble à la proue et ce câble relié à un treuil fixé sur un tracteur permet de monter l’embarcation sur  le plat de la plage.

Enfin le bateau « Sri Friends » plonge aussi dans l’océan sous la poussée de son équipage, mais lui ce n’est pas un bateau neuf et il se met face à la vague et n’en bouge pas. Il fonce droit dans l’océan, poussé par les mêmes moteurs Yamaha que le bateau neuf.

Ce sont les deux seuls bateaux de la plage équipés de ces moteurs, mais je me dis que petit à petit ils vont remplacer les longues tiges métalliques qui relient le moteur à l’hélice.

En plus de tout ça on profite de la vie de la plage, des hommes ravaudent des filets, d’autres préparent des bateaux, d’autres aident au déchargement de la pêche. Des enfants jouent, des chiens aboient et effraient Véro.
Des femmes assises viennent du Rajasthan, c’est ce qu’elles disent à Véro en anglais et elles lui  demandent si on est venu pique niquer sur la plage.

Sur la rue où est garée la moto des femmes jouent au  Sokatam, avec des dés en forme de prisme.

On revient en suivant une petite route qui longe la plage entre les maisons des pêcheurs. Ici les gens ont dû se prendre le tsunami en pleine gueule et ils sont revenus au même endroit.
Dès qu’on reprend la direction de l’ECR on croise un groupe de musiciens qui jouent du tambourin, déguisés en diables ou recouverts de couleur bleu, on ne comprend pas très bien ce qu’il font mais ils ont une urne pour demander aux gens de mettre de l’argent, à mon avis ils doivent avoir un pouvoir maléfique ou bénéfique et les gens donnent pour ne pas prendre de risque. Donc on donne.

Autrefois ce village se trouvait au milieu d’une forêt dangereuse, actuellement il n’y a plus de bois et c’est difficile de l’imaginer.

Au retour on croise des véhicules de gitans, un avant de moto qui est inséré dans une sorte de plateau caravane dans laquelle il y a la famille et aussi les effets.
On se dit qu’un jour il faudra les suivre pour mieux comprendre ces gens qui nous ressemblent tant.

Retour à Pondy en passant par le glacier de la rue Dupuy pour se réconforter après  toute la chaleur  de l’après midi. Chacun une boule qui est l’équivalent de trois boules en France. La glace est vendue au poids ce qui met la boule à 1,33€.

Retour à l’appart.

Salade de tomates, olives, avocat, fromage, pain, bananes.

Puis à la télé en VPN la fête de la chanson française.

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