Pages

vendredi 18 décembre 2015

On attend Internet

Rue Petit canal

Je finis par ne pas trop mal dormir. Je me réveille vers 7h, Véro est aussi réveillée.
Je descends pour aller au pain. Je prends une bouteille vide pour la remplir en bas à l’eau de la ville qui permet de faire la cuisine.
Au rez-de-chaussée il y a Antoine qui s’est levé à 4h du mat parce qu’il va tous les matins à la messe à 5h. Il m’ouvre la porte et je ne m’aperçois pas que j’ai oublié mes clefs.

Le ciel est un peu couvert, le soleil n’est pas encore trop haut.

La rue Mission est presque vide de circulation ce n’est plus la folle animation d’hier soir. Il est tôt pour les gens de Pondichéry pour la majorité desquels la vie ne reprend qu’à 10h..

Toujours les mêmes acteurs, les mamans et leurs progénitures qui attendent dans la rue que le cabinet du pédiatre ouvre. Le marchand de lait toujours avec son bonnet de ski.

Rue Petit Canal j’ai l’impression depuis ces trois jours qu’il y a moins de monde à vivre en plein air sur les bords.

Les marchands de Noël ont dressé des bâches bleues au dessus des trottoirs pour dormir dessous près de leurs marchandises.

Une dizaine de mendiants et mendiantes sur les marches de la cathédrale. Un empilement de caissettes en plastique contenant les sachets de lait montre que quelqu’un a vendu du lait ici, mais il n’y a toujours pas la petite marchande.

Il est trop tôt Ashok Landry n’a pas encore sorti sa planche à repasser.
Je traverse la rue Mission pour me rendre dans la rue Ranga Pillai. Pazamudhir est en train d’ouvrir.

Un livreur livre des bonbonnes d’eau à l’hôtel Kaartik.

Sur le quai rien n’est ouvert sauf le Cool Cat et Hot Breads.

Un couple petit déjeune dans la salle. Je prends un nouveau pain un  Farmer Brown pour essayer de trouver le meilleur.

Il n’y a pas la petite caissière. La salle à été réduite de moitié pour proposer aux clients toutes les spécialités de Noël, gâteaux de pains d’épice, friandises en forme de sapin de Noël ou de Père Noël.

Je ressors et remonte une partie du quai. Puis je prends à droite la rue Saint Ange et tout de suite à gauche la rue Capitaine Marius Xavier.
Le mur détruit par le cyclone est toujours dans le même état avec les graffitis et les énormes racines qui en ont pris possession.

Un peu plus loin j’essaie de voir ce qu’il reste du bidonville dissimulé derrière un mur, j’aperçois quelques personnes et j’ai l’impression qu’il n’y a plus de construction. J’irai voir, un autre jour, par la porte dans le mur ce qu’il en est exactement.

Les toilette douches publiques en face du fabricant de cercueils sont fermées.
Plus loin au robinet de la rue un chauffeur lave sa voiture. Le bâtiment industriel rejette toujours autant d’eau dans la tranchée qui évacue les eaux usées vers le grand canal.

Je rejoins la rue Candappa. C’est devant le portail fermé que je réalise que je n’ai pas pris les clés.

Je sonne, le temps que Véro vienne voir au balcon, Antoine a aussi entendu la sonnerie et vient m’ouvrir, ce qui va éviter à Véro de me jeter les clés par le balcon.
Chaque étage à la même sonnerie tout le monde entend la sonnerie des autres, c’est à l’intensité du son que l’on sait si c’est ou non chez soi.

On petit déjeune, salade de fruits en prime.

Véro se repose pendant que je m’active à ma toilette du matin. Puis je commence à préparer les affaires pour le trip moto de demain.

On va voir le nouveau magasin à l’angle de la rue Bussy et Capitaine Marius Xavier. C’est un petit magasin tenu par des musulmans, il y a tout ce que l’on peut désirer. Il y fait très chaud, pas de clim. On prend de l’eau et des biscuits pour la route demain.

On pose le tout au pied de l’escalier de l’appart et on va en moto chez Airtel
Cette fois notre insistance paisible semble être prise au sérieux. On reste longtemps car les responsables passent de nombreux coup de téléphone. Enfin on nous dit qu’un nouveau technicien va passer dans l’après midi pour nous connecter et si à 6h ce technicien n’est pas venu nous devrons rappeler la responsable du centre.

Nous repartons avec bon espoir cet fois-ci.

On pose la moto rue Candappa, on monte nos courses et comme il nous reste du temps j’accompagne Véro chez Fabindia.
Comme toujours elle trouve un pantalon qui lui plait, mais lorsqu’elle demande la taille au-dessous, ils ne l’ont pas. Retour bredouille.

Nous avons rendez vous avec F&M dans un restaurant japonais au 178 rue de Bussy. Nous les retrouvons au carrefour de Bussy et MG Road et nous allons ensemble au restau qui à côté du « De Bussy ».
C’est un nouveau restau qu’ils ont découvert et qu’ils nous font découvrir. C’est en effet un bon restaurant et l’on se régale avec des spécialités japonaises qui nous permettent d’avoir des goûts plus flatteurs pour notre palais d’occidentaux.

On revient à l’appart prendre le café. Il n’y a toujours pas d’électricité, la panne dure depuis midi et il est presque 2h
Je fais chauffer de l’eau sur le gaz.
Véro appelle L chez qui nous devons aller pour passer un mail sur internet pour lui demander si l’on peut venir compte tenu de la coupure d’électricité. L dit qu’elle n’y a pas de problème, son appartement est alimenté par des batteries. On y va avec F&M et arrivés chez elle le courant revient.
Puis on va visiter l’appartement de F&M qui est dans le quartier musulman du côté de la rue Barathi. Ils aimeraient en changer car il est très bruyant.

C’est en effet un très bel appartement avec de très belles pièces agencées d’une manière qui essaye d’être moderne, par rapport à notre appartement couloir, il fait mieux.  Mais c’est effectivement très bruyant et il est impensable de s’y détendre la journée et la nuit.

On revient à l’appart, notre nouveau  technicien Airtel n’a toujours pas appelé et on espère qu’il va venir dans cette deuxième partie d’après midi.

Véro l’attend pendant que je vais passer chez Félix pour récupérer les papiers de la moto et ensuite faire le plein.

Il est 17h et Félix n’est pas là. Comme d’habitude il revient dans les 5 mn. J’attends, il y a à côté de moi dans la rue un homme de type indien qui attend aussi. Il m’aborde en me disant que nous sommes frères. Comme il a l’air un peu allumé, je n’y prête pas trop attention, mais il insiste sur cette fraternité jusqu’à me dire : « Liberté, égalité, fraternité » et il me dit qu’il est Français.
Je lui dis que si nous sommes frères ce n’est parce qu’il est Français et moi aussi, mais c’est parce que nous sommes tous les deux des être humains.
Ça lui plaît comme réponse et il m’entreprend sur sa vie de jardinier et d’amis des animaux qui a laissé le commerce des hommes parce que les plantes et les animaux ne trahissent personne.
Je l’écoute.
Il me dit qu’il habite près d’Auroville juste en bordure,  mais qu’il n’est pas aurovillien parce qu’il a bien compris l’incroyable magouille du système me dit-il et il me précise qu’il a la même opinion en ce qui concerne l’Ashram.
Je suis assez d’accord avec pour Auroville et l’Ashram.  Comme il commence à me plaire, pour me rapprocher de lui je lui dis puisqu’il aime les animaux que je connais une femme qui habite près d’Auroville et qui s’occupe de chiens.

Il me regarde avec un étonnement qui transforme son regard d’allumé en un regard lumineux. C’est ma femme me dit-il.

Ma réserve se reconstitue, mais il m’apporte une preuve irréfutable il me montre une Royal Enfield Thunderbird rouge et me dit c’est sa moto qu’il a porté ce matin et qu’il vient récupérer ce soir car comme  toutes  les Royales Enfield elle un problème de démarrage. Je reconnais la moto et je la connais même bien parce que nous avons fait des sorties avec sa femme.

Mes réserves se lèvent tout à fait quand il me parle de leur activité passée à l’hôtel Dune. Ce qu’il me raconte tient debout.
Il est Français né à Saint Denis et est venu ici en 1998 ne supportant plus le racisme de plus en plus fort qu’il sentait envahir la société française.
Lui aussi est un peu étonné par notre rencontre qu’il rattache à de la synchronicité.

L’organisateur de la sortie de demain arrive. Belle Bullet, casque élégant et il vient se joindre à nous. On parle de la sortie de demain. Nous serons 21 motos. Il organise ça dans un esprit de rencontre entre les gens, ils font des sorties mensuellement et quelque fois le dimanche.
On s’est déjà rencontré dans d’autres sorties motos.

Félix arrive, j’ai un peu attendu pour rien, heureusement que j’ai rencontré mon ovni. Il me donnera les  papiers de la moto demain matin, et me rappelle d’être bien là à 5h30.

Je dis à J d’embrasser sa femme de la part de Véro et de moi et s’il ne nous situe pas bien il suffit de lui parler de la Bullet Rouge elle saura tout de suite qui nous sommes. Il me dit qu’il faut qu’on vienne leur rendre visite. Je lui promets que nous le ferons.

Je fais le plein. A la station de la rue Bussy et Barathi à chaque fois on ne me laisse pas faire la queue mais on m’invite à aller à une pompe où il n’y personne et chaque fois c’est une femme qui est pompiste. Je commence à soupçonner les indiens de ne pas vouloir être servis par une femme.

Je reviens à la maison. Le technicien Airtel n’est pas venu, la responsable qui nous a donné son téléphone ne répond pas. Véro a appelé L qui a pris avec son efficacité ordinaire le problème en main.

Un technicien devrait passer lundi matin parce qu’il détecte un problème sur la ligne et qu’il préfère que nous soyons là.
Puis la responsable Airtel rappelle, s’excuse explique qu’il y toujours une difficulté sur la ligne mais que dès demain matin le problème devrait être résolu.
Cette fois cela semble bien engagé mais on est en Inde, tout peut arriver.

On dîne d’une salade de riz tomates fromage pain et salade de fruits.

Il est 20h30, pas d’internet, pas de télé la pièce défectueuse n’est toujours pas arrivée...

On prépare les affaires pour le départ de demain matin et il ne nous reste plus qu’à aller bouquiner au lit.





2 commentaires:

  1. C'est super...un chouette livre qui s'ouvre et dont j'irai lire un épisode tous les matins,... c'est vivant, authentique, transportant...vivement la suite, et merci pour ce partage plein d'aventures et d(humanité

    RépondreSupprimer
  2. Coucou, je vois que la vie Indienne s'organise toujours aussi lentement et que le "demain" reste empereur au royaume des "peut être" !
    Bon courage à tous les deux et à bientôt....
    ps : ça me fait du bien de revivre cette atmosphère... Bizzzz
    DoM

    RépondreSupprimer

Faites nous un petit coucou ici ! N'oubliez pas de mettre votre nom ...