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lundi 28 décembre 2015

Le mariage

La bague au doigt

Le réveil à 6h30 parce que le taxi doit venir nous prendre à 7h30.
Pas de perte de temps, petit dèj et préparation pour être dans la tenue qui convient pour ce genre de cérémonie. Robes pour les filles, chemise blanche et Kurta pour les garçons.

Le taxi arrive, on le fait attendre un peu et à 7h40 on démarre pour le temple. La voiture est une vieille Tata blanche qui a fait son temps mais qui roule encore.

A cette heure et en cette période de vacances scolaires la circulation est relativement fluide.

Le confort du véhicule n’est pas au top, à l’arrière Véro a l’impression qu’il y a une roue qui se dévisse, moi devant j’ai une sensation de mal de mer à force de subir les redémarrages en quatrième.

Jipmer, puis le péage de l’autoroute et ce n’est pas la sortie tout de suite à droite comme je le pensais mais la seconde quelques kilomètres plus loin.

A peine sortie de l’autoroute et franchi les deux  fois dix dos d’âne qui sont collés l’un à l’autre pour nous signaler qu’on n’est plus sur l’autoroute, on  arrive au temple d’Irumbai.

Aucune voiture sur l’espace devant le temple, seulement une ou deux motos. On s’étonne, on s’inquiète en se demandant si nous sommes bien au bon endroit.

Je m’avance vers l’enceinte, je laisse mes chaussures sur le seuil. Il y a là un homme qui téléphone qui semble complètement affolé et qui me dit : « il n’y a personne, il n’y a personne ». Il me confirme que c’est bien ici qu’il doit y avoir le mariage entre 9h et 10h30.

On laisse nos chaussures et on pénètre tous dans l’enceinte du temple.
Un auto rickshaw arrive l’homme nous dit que c’est son accessoiriste qui apporte les fournitures nécessaires à la célébration du mariage. Lui essaye toujours de joindre quelqu’un avec son téléphone.

Enfin un mini bus arrive plein de gens qui semblent eux aussi venir au mariage. Une femme me demande si on sait où est Pichaya parce qu’on n’arrive pas à le joindre.

En attendant on fait tous le tour du temple dont l’intérieur de l’enceinte est décoré de magnifiques peintures et de bas reliefs. Ce temple est célèbre bien qu’éloigné de tout parce qu’il est lieu de conservation des restes d’un saint.

Une voiture avec deux rubans sur le capot arrive. Ce sont les mariés, mais on ne les reconnaît pas parce qu’on ne les connaît pas, on est invité par l’oncle et la tante du marié, et parce qu’ils sont vêtus normalement lui en bermuda et en T-shirt. Ça fait partie de la cérémonie, ils vont être cachés pour que personne ne les voit pendant la préparation du mariage.

Le temple est bordé sur son côté Est d’un magnifique bassin, d’autant plus beau que les pluies l’ont bien rempli.

Les musiciens se sont installés dans la cour, deux tambour et deux longues trompettes. Ils sont assis sur le sol pour jouer.

Le photographe officiel est en place et officie déjà en prenant quelques invités.

Petit à petit tout s’organise et tout s’installe, l’homme du début est en fait le grand prêtre qui va officier pour le mariage. Il n’appartient pas au temple, je pense qu’il a dû être demandé par la famille. Il étale devant les sièges réservés aux mariés tout son nécessaire à mariage. Des pots colorés, de petites lampes en terre dans lesquels des mèches sont allumés, des noix de cocos, des bananes, des fleurs de jasmin, les pétales de roses, de petits récipients en terre qui contiennent toute sorte de graines, des pelotons de ficelles, et le lien qui va unir les mariés et que le marié passera autour du coup de la marié. J’en oublie certainement. Toutes ces fournitures et ustensiles délimitent un rectangle que ne pourront franchir les invités, quoique !

Dans la grande cour du temple un dais a été tendu entre des échafaudages pour apporter un peu d’ombre lors de la cérémonie. Aujourd’hui le temps est légèrement couvert et le soleil n’est pas trop violent.

Par une petite porte on franchit  le mur d’enceinte pour arriver derrière le temple où il y une sorte de hangar ouvert sous lequel ont été dressés rapidement des tables des chaises et une cuisine ambulante pour offrir un petit déjeuner indien composé notamment d’idly et de Poory, et toujours de sauces aux couleurs étonnantes, le tout posé sur une feuille de banane évidemment. La famille du marié est installée là en toute simplicité et malgré leurs saris magnifiques et multicolores les femmes de Londres, Paris ou Pondy mangent avec leur main avec une dextérité à laquelle je ne pense pas parvenir un jour. Comme je n’ai pas pris nos couverts Nature et Découverte, on mange nous aussi avec les mains surtout ce qui n’est pas trop compliqué à prendre avec les doigts.
A la fin pour clore ce petit déjeuner café au lait sucré dans une petite tasse en carton.

A la sortie un baquet d’eau avec des petites tasses en carton permettent de se rincer la main droite sans tremper ses mains dans le bac.

La cérémonie a commencé, pendant que les membres de la  famille prenait encore leur petit déjeuner, de tout façon c’est tellement long disent les connaisseurs…

Les mariés enguirlandés sont noyés sous des colliers de fleurs qui recouvrent tout le haut de leur corps.
Le prêtre dans un anglais approximatif dit aux mariés qui vivent à Londres tous les gestes qu’il faut faire, toutes les attitudes qu’il faut adopter, tout en débitant des prières certainement comprises que de lui même. Par moment,  il fait des signes au musiciens et la musique prend un rythme différent du rythme lancinant qui accompagne la cérémonie.

Pendant ce temps les invités et les parents discutent et échangent des nouvelles ou font des commentaires sur l’action qui se déroule.
Avec une heure de retard l’oncle du marié arrive. L’heure n’a pas d’importance le principal c’est qu’il soit là, personne ne s’en formalise.

En signe de respect les mariés mettent du santal sur les pieds de leurs parents.Le père du marié donne un billet, geste  symbolique,  au prêtre qui le range parmi son matériel.

Beaucoup prennent des photos ou filment avec leur téléphone portable. La guest de Pichaya est là, il y a toujours chez lui confusion entre client et ami, c’est ce qui le rend sympathique, où il n'y a pas de confusions ses guests sont forcément ses amis.

Pichaya a décidé qu’il serait le peintre officiel de la cérémonie et il jette sur du papier les couleurs et les formes qu’il ressent sur le moment. Ça ne ressemble à rien mais c’est tout lui. Je trouve extraordinaire cette qualité qu’il a d’exprimer sans retenu ce qu’il veut exprimer sur le moment.

La cérémonie se déroule toujours, le marié passe le lien autour du coup de sa femme et tout le monde jette du riz pour leur porter bonheur. Le couple tourne autour des accessoires du prêtre guidé par le petit frère qui est aujourd’hui son petit cousin.
Des offrandes ont été apportées des pommes, des bananes, des ananas, ce qui agrandit le périmètre des accessoires.

Puis les mariés s’éloignent et vont dans une petite chapelle ou les prêtres du temple prennent le relai. Cette cérémonie n’est pas très longue, c’est certainement pour une offrande au dieu du temple Siva en l’occurence.

Les mariés reviennent à leur point de départ. La cérémonie est terminée et déjà des employés commence à démonter les dais, il est 10h40 l’horaire a été respecté.
Dès le début j’ai pressenti que ce prêtre syndicalistes respecterait les horaires pas question de faire dès heure supplémentaires, et aussi pas question de ne pas se tenir dans le cadre horaire prévu par l’astrologue.

Le taxi nous ramène rue Candappa où l’on se pose un peu.

Puis on va déjeuner Villa Sahnty pour leur faire connaître un bon restaurant indien.

On revient prendre le café à l’appart et se reposer.

Vers 16h on reprend la rue Mission, puis Nerhu street pour récupérer la montre qui à l’air de marcher. Ensuite on va chez Jaya Emporium pour acheter du galon. C’est un très vieux magasin où l’on trouve tout ce dont on peut avoir besoin et qu’on ne trouve pas ailleurs.

On achète un calendrier 2016 avec les fêtes notées dessus.

On revient par MG Road avec une halte au Pazhimudir prendre des tomates.

Vers 19h30 on va à l’Ananda Inn pour la dernière partie du mariage. C’est un très bel hôtel et l’on va au salon Versailles qui est réservé pour la soirée.

Tout le monde a changé de tenue. Comme d’habitude l’accueil de la famille Manet est à la fois respectueux et familier. On se sent tout de suite bien et accueilli.

L’arrivée des mariés est  annoncé par un maître de cérémonie pour que chacun puisse les applaudir. Ils vont s’installer sur les trônes qui les attendent. Après une courte cérémonie, et quelques photos, ils reprennent place parmi les invités.
On passe au repas, un buffet organisé avec différents plats bien notés pour que chacun puisse faire un choix en toute connaissance.

On mange avec la famille L&A.

Dessert indien.

Les gens commencent à partir et l’on s’en va aussi car la clim est féroce, elle est prévue pour des gens qui restent en veste toute la soirée.

A la sortie nous attendent les cadeaux habituels.


On se couche volontiers car la journée à été rude.

Les photos du mariage sont ici

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