![]() |
| Dans les rue de Vaithikuppam pour Massi Magam |
Ce matin ce n'est pas le réveil qui nous sort du sommeil. Ce n'est même pas les
corbeaux qui se montrent discrets peut-être à cause de la chaleur.
Ce qui me fait le plus
bizarre le matin lorsque je sors de la chambre où il y a la clim pour la
nuit, c'est de sentir dans le couloir et dans la salle de bain le carrelage
chaud. Pour moi un carrelage c'est toujours frais sous les pieds.
Véro se lève en même temps que moi.
Je vais au pain.
Je vois en bas que le proprio a déplacé le carton de bière
vide, ça veut dire qu'il a compris qu'on en voulait d'autres.
Je suis rassuré car ce soir on a des amis.
A l'angle de la rue Mission il y a la benne d'un tracteur qui
est là, à l'arrêt.
Les détritus qu'elle contient se trouvent juste à hauteur de
mon nez. Ce n'est pas une surprise agréable.
Les deux voitures habituelles maintenant garée le long du
trottoir, la petite Suzuki et l'Innova de Toyota.
A l'angle de la rue Montorsier le marchand de lait avec deux
potes.
C'est calme ce matin.
Rue Petit Canal un homme est assis en train de sortir de sa
nuit, et dans le canal je vois un enfant qui joue. Il ne risque pas de se
noyer, ce qui m'effraie, c'est l'idée de le voir patauger dans le mince filet
d'eau qui coule tout au fond comme dans une rigole, et qui doit contenir tous
les microbes, bactéries, virus et autres qui existent. C'est sûr que s'il
survit à tout ça il n'aura pas de
problème de vaccination.
Rue Sainte Thérèse, il n'y a personne sur le trottoir. Le
rickshaw seul est toujours rangé un peu plus haut dans la rue.
Pas de mendiant ni de mendiante sur les marches qui mènent à
la cathédrale. Assis sur les marches et discutant, un conducteur d'auto-rickshaw
et un autre homme.
Une femme balaie les feuilles devant le grand portail, un homme fait de même vers la petite
porte où se tiennent habituellement les mendiantes.
Devant sur la route la petite marchande de lait, en sari
mauve et sa pile de cagettes.
Sur les marches de Cute Kitchen un homme est assis, posée à
côté de lui une bouteille d'eau. Je n'ai pas l'impression qu'il ait passé la
nuit ici, il n'y a pas d'autres effets.
De l'autre côté du croisement, le petit garçon de la
marchande de noix de cocos dans sa tenue d'écolier indien, avec son badge qui
pend à son cou, aide sa maman à enlever les pierres qui sont posées la nuit sur
les bâches qui recouvrent les noix de coco.
Six charrettes des 4 saisons, chargées de bananes entourent
le Nilgiris. Les bananes prennent bien la lumière du matin et ça fait comme un
coin lumineux.
Rue Ranga Pillai. Devant Pazimudhir un homme découpe une
pastèque soit pour le jus, soit pour les salades de fruits qu'on peut acheter
ici.
Le bureau de Sri Aurobindo Autocares Service est ouvert.
Le gardien du Sun Park complète son cahier.
A l'angle avec le quai je suis surpris par un corps allongé,
maigre, sale, barbe et cheveux en batailles, sur le dos, les jambes relevées et
pliées aux genoux.
J'ai un mauvais pressentiment dont je me rends compte
lorsqu'il bouge une jambe. Il est vivant. N'importe qui pourrait l'écraser là
où il est. D'ailleurs lorsque je passe à ses cotés pour prendre le quai, un car
aux flancs en inox me frôle et s'arrête juste devant moi. Je dois le contourner
par sa droite en marchand au milieu de la rue.
De nombreuses motos garées au côté du Cool Cat.
Une femme blonde prend son petit dèj.
Je prends mon pain.
C'est la belle petite caissière qui est là en tunique
blanche avec des fleurs roses et un châle rose à poids blanc. Toujours ses
malheureuses lunettes qui la défigurent.
Elle a pris de l'assurance avec les clients; un employé
prend mon pain pour le trancher.
Forty, me dit elle sans autre forme de procès. C'est bien
une Indienne. Je lui donne cent et elle me rend un billet de cinquante et un de
dix, avec ma note. Puis elle passe au client suivant.
Je reviens par le quai.
L'homme allongé est toujours à l'angle avec la rue Ranga
Pillai.
La femme aux rickshaws juste avant la station service est
assise sur sa couche sur le trottoir et elle aussi essaye de se sortir du
sommeil. Derrière elle un homme en dhoti orange fait des exercices en levant
les bras, ou s'étire pour se réveiller.
Depuis deux jours lorsqu'on passait le matin devant l'arrêt
de bus pour nous rendre à Massi Magam, j'ai bien vu qu'il n'y avait pas le
clochard jésus.
Ce matin non plus, le coin est propre.
J'ai le sentiment qu'on peut dire pudiquement qu'il a
"disparu". Les dernières fois où je l'avais vu endormi il ne m'avait
pas fait une bonne impression.
C’est usant, même si on se blinde, cette vie au delà de la
pauvreté, au delà de la misère alors que l'Inde est le troisième pays pour le
nombre des milliardaires.
Rentrer et retrouver les problèmes de gens au ventre plein,
c'est malgré toute la cruauté de notre monde moderne, un peu différent.
L'hypocrite dissimulation de la mort et de la souffrance apporte
un peu d'oxygène qu'ici on n'a pas.
Je croise un homme à vélo avec deux bouteilles de gaz rouges
pendues de chaque côté de son porte-bagages.
Je croise aussi le livreur de bouteilles de gaz rouges,
debout sur ses pédales pour faire avancer son engin surchargé aujourd'hui d'une
bouteille de gaz supplémentaire couchée sur toutes les autres.
Rue Surcouf un homme balaie la rue devant la petite maison
bleu et verte sur la droite.
Rue Capitaine Maurice Xavier, ce sont les deux chantiers de
construction qui défigure la rue.
Rue Candappa.
On petit déjeune.
Je marque un temps d'arrêt ici parce que Véro pense que
certaines personnes ne commencent à lire
qu’à partir d'ici.
Moi ça m'étonne, car soit on lit, soit on ne lit pas.
Véro pense qu'il y a une certaine catégorie de personnes qui
sautent le début qui ne présente aucun intérêt pour elles, ce n'est que de la
vie telle qu'elle est au quotidien, pour venir à partir de cette marque
"On petit déjeune", voir ce que je vais dire et si je vais dire des
choses désobligeantes.
Du coup aujourd'hui ça m'amuse de penser à ça.
Je ne parle que des gens que je vois.
Il y a des gens que je rencontre dans la journée et qui
n'ont aucune importance dans ma vie. Je les croise, point.
Je les oublie aussitôt et c'est parfois le soir lorsque Véro
relit le blog qu'elle me dit tiens tu n'as pas parlé de telle ou telle
personne.
Ces personnes sont sorties de ma tête parce qu'elles n'y
sont jamais entré, ni pour me faire du bien, ni pour me faire du mal et je ne
vois pas pourquoi j'en parlerai.
J'espère que Véro se trompe et que personne ne lit ce blog
simplement pour savoir si je parle d'elle ou d'une connaissance.
On part faire des courses.
Des courses chez Pothys pour le départ.
On gare la moto dans le sous sol et on grimpe les étages par
l'Escalator.
Pothys1, Pothys3, Pothys5, Pothys4 et la descente Pothys3,
Pothys1, le sous sol.
Après les caisses au 4ème j'attends Véro qui a oublié
quelque chose.
Une Franco Pondicherrienne accompagne un couple français
blanc qui eux aussi ont oublié quelque chose et hésite à retourner.
La Franco-Pondicherrienne leur explique qu'ils vont devoir
laisser toutes leurs affaires pour pénétrer à nouveau dans la partie super
marché, elle, elle peut le faire parce que le gardien la connaît, mais pas eux.
C'est n'importe quoi parce que Véro vient de retourner dans
les mêmes conditions et le gardien s'en fout, il n'est pas là pour ça.
Je me demande pourquoi ces gens veulent toujours faire
croire que pour eux ici il n'y a pas de problème parce qu'ils connaissent et
sont connus, alors que ce n'est pas vrai ils ne connaissent pas mieux que les
autres et sont au même régime que tout le monde.
Tout ne tient pas dans les sacoches de la moto.
On met ce qu'on peut. Véro a deux grands sacs qu'elle met
entre nous et moi, je mets mon sac à dos en sac à ventre.
C’est chargés comme des mulets que nous revenons à l'appart
tout poser.
Boire de l'eau fait partie des rituels de la journée mais
avec la chaleur c'est devenu une obligation.
On va déjeuner au Surguru pour riches, rue Nehru parce qu'on
sait que la clim y est efficace.
Clim ce matin à Pothys, clim à midi au Surguru.
Il est 13h et il y a beaucoup de monde et les gens arrivent.
Le service est toujours lent, mais le serveur nous presse un peu dès qu'on est
servis, parce qu'une bonne partie de Pondy vient se mettre au frais.
En sortant il y a des gypsies avec leurs sacs en tissu. Véro
est intéressée d'en prendre plusieurs. Elles sont deux et elle en prend cinq à
chacune en négociant un bon prix.
On revient à l'appart pour se reposer sous les ventilos qui
depuis quelques jours ne brassent que l'air chaud. C'est notre transpiration
qui nous donne l'impression de frais.
Café.
Photos et blog.
Cuisine et je balaie l'appart parce que depuis bientôt un
mois il n'y a plus de femme de ménage qui est au dire des proprios est malade.
Evidemment on imagine, avec notre esprit retord, toutes les hypothèses sur ce
qui peut rendre une belle femme de ménage, très travailleuse, malade, loin de
son village, de son mari alcoolique et de ses grands enfants, enfermée 24h/24
chez des gens très catholiques.
Pendant ce temps Véro a bien avancé pour son repas.
Douche pour être en état de recevoir malgré la chaleur.
Un peu de frayeur car la clim ne fonctionne pas immédiatement,
puis elle se met à faire du froid sur 18°.
Apéro bière, Poulet champignons
olives avec des pâtes et des aubergines et un vin rouge Réserve, gâteau au
chocolat.
C’est ce qui est au menu.
C’est ce qui est au menu.
On espère que les invités seront satisfaits.

Je vous rassure Veronique et Jno .je lis du début à la fin .Vous me permettez ainsi d'être encore un peu là bas .Merci .Bonne soirée .Amitiés.Françoise
RépondreSupprimer