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vendredi 6 mars 2015

Jour de courses et longue soirée.

Dans les rue de Vaithikuppam pour Massi Magam


Ce matin ce n'est pas le réveil qui nous  sort du sommeil. Ce n'est même pas les corbeaux qui se montrent discrets peut-être à cause de la chaleur.
Ce qui me fait le plus  bizarre le matin lorsque je sors de la chambre où il y a la clim pour la nuit, c'est de sentir dans le couloir et dans la salle de bain le carrelage chaud. Pour moi un carrelage c'est toujours frais sous les pieds.

Véro se lève en même temps que moi.

Je vais au pain.
Je vois en bas que le proprio a déplacé le carton de bière vide, ça veut dire qu'il a compris qu'on en voulait d'autres.
Je suis rassuré car ce soir on a des amis.

A l'angle de la rue Mission il y a la benne d'un tracteur qui est là, à l'arrêt.
Les détritus qu'elle contient se trouvent juste à hauteur de mon nez. Ce n'est pas une surprise agréable.

Les deux voitures habituelles maintenant garée le long du trottoir, la petite Suzuki et l'Innova de Toyota.

A l'angle de la rue Montorsier le marchand de lait avec deux potes.

C'est calme  ce matin.

Rue Petit Canal un homme est assis en train de sortir de sa nuit, et dans le canal je vois un enfant qui joue. Il ne risque pas de se noyer, ce qui m'effraie, c'est l'idée de le voir patauger dans le mince filet d'eau qui coule tout au fond comme dans une rigole, et qui doit contenir tous les microbes, bactéries, virus et autres qui existent. C'est sûr que s'il survit à tout ça il n'aura pas de  problème de vaccination.

Rue Sainte Thérèse, il n'y a personne sur le trottoir. Le rickshaw seul est toujours rangé un peu plus haut dans la rue.

Pas de mendiant ni de mendiante sur les marches qui mènent à la cathédrale. Assis sur les marches et discutant, un conducteur d'auto-rickshaw et un autre homme.
Une femme balaie les feuilles devant le grand  portail, un homme fait de même vers la petite porte où se tiennent habituellement les mendiantes.
Devant sur la route la petite marchande de lait, en sari mauve et sa pile de cagettes.

Sur les marches de Cute Kitchen un homme est assis, posée à côté de lui une bouteille d'eau. Je n'ai pas l'impression qu'il ait passé la nuit ici, il n'y a pas d'autres effets.

De l'autre côté du croisement, le petit garçon de la marchande de noix de cocos dans sa tenue d'écolier indien, avec son badge qui pend à son cou, aide sa maman à enlever les pierres qui sont posées la nuit sur les bâches qui recouvrent les noix de coco.

Six charrettes des 4 saisons, chargées de bananes entourent le Nilgiris. Les bananes prennent bien la lumière du matin et ça fait comme un coin lumineux.

Rue Ranga Pillai. Devant Pazimudhir un homme découpe une pastèque soit pour le jus, soit pour les salades de fruits qu'on peut acheter ici.

Le bureau de Sri Aurobindo Autocares Service est ouvert.

Le gardien du Sun Park complète son cahier.

A l'angle avec le quai je suis surpris par un corps allongé, maigre, sale, barbe et cheveux en batailles, sur le dos, les jambes relevées et pliées aux genoux.
J'ai un mauvais pressentiment dont je me rends compte lorsqu'il bouge une jambe. Il est vivant. N'importe qui pourrait l'écraser là où il est. D'ailleurs lorsque je passe à ses cotés pour prendre le quai, un car aux flancs en inox me frôle et s'arrête juste devant moi. Je dois le contourner par sa droite en marchand au milieu de la rue.
De nombreuses motos garées au côté du Cool Cat.

Une femme blonde prend son petit dèj.
Je prends mon pain.

C'est la belle petite caissière qui est là en tunique blanche avec des fleurs roses et un châle rose à poids blanc. Toujours ses malheureuses lunettes qui la défigurent.
Elle a pris de l'assurance avec les clients; un employé prend mon pain pour le trancher.
Forty, me dit elle sans autre forme de procès. C'est bien une Indienne. Je lui donne cent et elle me rend un billet de cinquante et un de dix, avec ma note. Puis elle passe au client suivant.

Je reviens par le quai.

L'homme allongé est toujours à l'angle avec la rue Ranga Pillai.

La femme aux rickshaws juste avant la station service est assise sur sa couche sur le trottoir et elle aussi essaye de se sortir du sommeil. Derrière elle un homme en dhoti orange fait des exercices en levant les bras, ou s'étire pour se réveiller.

Depuis deux jours lorsqu'on passait le matin devant l'arrêt de bus pour nous rendre à Massi Magam, j'ai bien vu qu'il n'y avait pas le clochard jésus.
Ce matin non plus, le coin est propre.
J'ai le sentiment qu'on peut dire pudiquement qu'il a "disparu". Les dernières fois où je l'avais vu endormi il ne m'avait pas fait une bonne impression.

C’est usant, même si on se blinde, cette vie au delà de la pauvreté, au delà de la misère alors que l'Inde est le troisième pays pour le nombre des milliardaires.

Rentrer et retrouver les problèmes de gens au ventre plein, c'est malgré toute la cruauté de notre monde moderne, un peu différent.
L'hypocrite dissimulation de la mort et de la souffrance apporte un peu d'oxygène qu'ici on n'a pas.


Je croise un homme à vélo avec deux bouteilles de gaz rouges pendues de chaque côté de son porte-bagages.
Je croise aussi le livreur de bouteilles de gaz rouges, debout sur ses pédales pour faire avancer son engin surchargé aujourd'hui d'une bouteille de gaz supplémentaire couchée sur toutes les autres.

Rue Surcouf un homme balaie la rue devant la petite maison bleu et verte sur la droite.

Rue Capitaine Maurice Xavier, ce sont les deux chantiers de construction qui défigure la rue.

Rue Candappa.

On petit déjeune.

Je marque un temps d'arrêt ici parce que Véro pense que certaines personnes ne  commencent à lire qu’à partir d'ici.
Moi ça m'étonne, car soit on lit, soit on ne lit pas.

Véro pense qu'il y a une certaine catégorie de personnes qui sautent le début qui ne présente aucun intérêt pour elles, ce n'est que de la vie telle qu'elle est au quotidien, pour venir à partir de cette marque "On petit déjeune", voir ce que je vais dire et si je vais dire des choses désobligeantes.
Du coup aujourd'hui ça m'amuse de penser à ça.

Je ne parle que des gens que je vois.
Il y a des gens que je rencontre dans la journée et qui n'ont aucune importance dans ma vie. Je les croise, point.
Je les oublie aussitôt et c'est parfois le soir lorsque Véro relit le blog qu'elle me dit tiens tu n'as pas parlé de telle ou telle personne.
Ces personnes sont sorties de ma tête parce qu'elles n'y sont jamais entré, ni pour me faire du bien, ni pour me faire du mal et je ne vois pas pourquoi j'en parlerai.

J'espère que Véro se trompe et que personne ne lit ce blog simplement pour savoir si je parle d'elle ou d'une connaissance.


On part faire des courses.
Des courses chez Pothys pour le départ.
On gare la moto dans le sous sol et on grimpe les étages par l'Escalator.
Pothys1, Pothys3, Pothys5, Pothys4 et la descente Pothys3, Pothys1, le sous sol.

Après les caisses au 4ème j'attends Véro qui a oublié quelque chose.
Une Franco Pondicherrienne accompagne un couple français blanc qui eux aussi ont oublié quelque chose et hésite à retourner.
La Franco-Pondicherrienne leur explique qu'ils vont devoir laisser toutes leurs affaires pour pénétrer à nouveau dans la partie super marché, elle, elle peut le faire parce que le gardien la connaît, mais pas eux.
C'est n'importe quoi parce que Véro vient de retourner dans les mêmes conditions et le gardien s'en fout, il n'est pas là pour ça.
Je me demande pourquoi ces gens veulent toujours faire croire que pour eux ici il n'y a pas de problème parce qu'ils connaissent et sont connus, alors que ce n'est pas vrai ils ne connaissent pas mieux que les autres et sont au même régime que tout le monde.


Tout ne tient pas dans les sacoches de la moto.
On met ce qu'on peut. Véro a deux grands sacs qu'elle met entre nous et moi, je mets mon sac à dos en sac à ventre.
C’est chargés comme des mulets que nous revenons à l'appart tout poser.

Boire de l'eau fait partie des rituels de la journée mais avec la chaleur c'est devenu une obligation.

On va déjeuner au Surguru pour riches, rue Nehru parce qu'on sait que la clim y est efficace.
Clim ce matin à Pothys, clim à midi au Surguru.

Il est 13h et il y a beaucoup de monde et les gens arrivent. Le service est toujours lent, mais le serveur nous presse un peu dès qu'on est servis, parce qu'une bonne partie de Pondy vient se mettre au frais.

En sortant il y a des gypsies avec leurs sacs en tissu. Véro est intéressée d'en prendre plusieurs. Elles sont deux et elle en prend cinq à chacune en négociant un bon prix.

On revient à l'appart pour se reposer sous les ventilos qui depuis quelques jours ne brassent que l'air chaud. C'est notre transpiration qui nous donne l'impression de frais.

Café.

Photos et blog.

Cuisine et je balaie l'appart parce que depuis bientôt un mois il n'y a plus de femme de ménage qui est au dire des proprios est malade. Evidemment on imagine, avec notre esprit retord, toutes les hypothèses sur ce qui peut rendre une belle femme de ménage, très travailleuse, malade, loin de son village, de son mari alcoolique et de ses grands enfants, enfermée 24h/24 chez des gens très catholiques.

Pendant ce temps Véro a bien avancé  pour son repas.

Douche pour être en état de recevoir malgré la chaleur.

Un peu de frayeur car la clim ne fonctionne pas immédiatement, puis elle se met à faire du froid sur 18°.

 Apéro bière, Poulet champignons olives avec des pâtes et des aubergines et un vin rouge Réserve, gâteau au chocolat.
C’est ce qui est au menu.

On espère que les invités seront satisfaits.




  

1 commentaire:

  1. Je vous rassure Veronique et Jno .je lis du début à la fin .Vous me permettez ainsi d'être encore un peu là bas .Merci .Bonne soirée .Amitiés.Françoise

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